‹ Mémoire de l'évêque des Trois-Rivières sur les difficultés religieuses en Canada [microforme]Chapitre 25 sur 85 · CES · texte numérisé non relu

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sur leurs ouailles, au sujet du vote électoral. C'est assurément l’un des plus grands scandales donnés à nos religieuses populations. [l est bien regrettable d'avoir à dire que c'était avec l’assentiment au moins tacite des prêtres de l'Université, qui n’ont pas eu un mot de blâme pour'une telle conduite de leurs professeurs, lorsqu'il leur était si facile de les arrêter dans cette triste voie. Bien loin de là, quelques uns ont été jusqu'à les en féliciter.

Ces faits, Eminentissimes Seigneurs, sont plus que suflisants pour expliquer comment l’Université Laval a perdu la confiance et les sympathies de la grande majorité pour ne pas dire de la presque totalité du clergé de la province, et d’un grand nombre de nos meilleurs catholiques.

Ils expliquent en même temps pourquoi les protestants et les francsmaçons leur sont devenus favorables. Car que pouvaient-ils espérer de plus d’une institution catholique que d'avoir quelques-uns des leurs assis dans ses chaires et d'y donner un enseignement pour le moins rationaliste, c'est-à-dire, que des “lèves de toutes croyances pouvaient également entendre.

Ce sont ces faits qui subsistent depuis des années, et contre les quels les évèques ont en vain réclamé, qui ont contribué plus que tout le reste à rendre l'Université impopulaire, et à produire le malaise profond qui règne parmi les catholiques de la province, et qui ont aussi grandement contribué à produire les difficultés qui ont surgi au sujet de la Nuccursale, Je suis intimement convaincu que si l’Université Laval eût pleinement répondu aux espérances que l'on avait reposées en elle, et donné complète satisfaction au sentiment catholique de la province, nous n'aurions point eu les difficultés si regrettables qui ont si souvent agité les esprits depuis une quinzaine d'années, et que cette institution en aurait grandement bénéficié.

Au jugement de la presque totalité du clergé, tant séculier que régulier et des catholiques les plus éclairés de la province, ces tendances libérales d'un certain nombre de professeurs tant laïques que prêtres de cette institution constituent un véritable danger pour l'avenir religieux de notre pays, en l'inclinant à suivre la voie qui a conduit la France et la Belgique dans l’abime où

‘ nous les voyons si péniblement se débattre aujourd’hui.

Dans l'exposé des faits et des observations contenus dans ce mémoire, j'ai accompli un devoir qui m'a été excessivement pénible et devant lequel j'ai reculé longtemps ; la conviction que le bien de l'Eglise du Canada le demandait, a pu seule me décider à surmonter la répugnance que j'éprouvais. J'ai tout exposé avec la plus scrupuleuse exactitude et conformément à la vérité autant qu'il m'a été possible de la connaitre.

Maintenant, en conformité à ce que m'a dit le St, Père dans l'audience que

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Sa Sainteté a daigné m'accorder, de mettre par écrit ce que j'avais à dire sur les difficultés de notre province, et de le remettre à Son Eminence le Card. Préf. de la Propagande ou à quelqu'un des Cardinaux de cette S. Congrégation, je dépose le tout entre vos mains, Eminentissimes Seigneurs, en vous priant d'étudier avec patience et bonté ces causes du mal dont souffre l'Eglise du Canada, et de les faire connaitre au Père commun de nos âmes, afin qu'il puisse y appliquer le remède le plus efficace pour en opérer la guérison.

Quelque soit ce remède, je l'accepterai pour ma part avec une parfaite soumission et je m'y conformerai avec la fidélité la plus sincère.

Le tout humblement soumis,

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