IT. III
Mandement de Mgr. E.-A. Taschereau Archenéque de Québer, promulguant la réponse du Souverain-Pontife à une adresse présentée pur Mer. l'Evéque des Trois- kivie-
res ÉLZÉAR-ALEXANDRE TASCHERAU,
Par la miséricorde de Dieu et la grâce du Naint-Niége Apostolique, Archevêque de Québec, Assistant au Trône Pontifical.
Au Clergé Séculier el Régulier, aux Communautés Religieuses et 4 tous les Fidèles de
l'Archidiocèse de Québec, Nalut el Bédédiction en Notre-Seigneur.
Durant un récent voyage à Rome, Notre Vénérable Collègue, Mgr. l'Evèque des Trois-Rivières, a présenté au Naint-Père une adresse dans laqueile il exposait les sentiments d'affection et de dévouement que le clergé et les fidèles de cette Province ont toujours eus envers le Saint-Siège : il a fait aussi connaitre les mesures que les Evéques ont prises de concert, pour prémunir leurs diocésains contre les erreurs du lbhéralisme catholique. Vous allez bientôt entendre la lecture de cette adresse, ainsi que de la réponse qu'y a faite le Naint-Père, Comme ces deux documents sont assez clairs par eux-mêmes, je n'y ajouterai qu'un petit nombre de remarques.
Dans l'adresse vous trouverez, Nos Tres Chers Frères, plusieurs extraits assez longs de la pastorale collective des Evêques de cette Province, en date du 22 septembre 1875. Ces extraits nous donnent la clef de Ia réponse du Saint: Père, qui, sans nommer cette pastorale, en résume et en approuve avec éloge, la doctrine sur le libéralisme catholique et sur la nature, la constitution, l'autorité et les droits de l'Eglise. Il loue aussi le zèle et l'accord avec lesquels les Evêques de cette Province se sont eflorcés de vous prémunir contre les astucieuses doctrines de ce libéralisme catholique “ d'autant plus dangereuses que les autres, dit- “il, que cachées sous une apparence extérieure de piété, elles trompent beau- “ coup d'âmes honnêtes.
“ Vous le reconnaitrez facilement disent les Evèques, dans leur pastorale “ collective, à la peinture qu'en a faite souvent le Souverain Pontife ; 10 Efforts “ pour asservir l'Eglise à l'Etat: 20 tentatives incessantes pour briser les liens “qui unissent les enfants de l'Eglise entre eux et avec le clergé ; 80 allianc® ‘# monstrueuse de la vérité avec l'erreur, sous prétexte de concilier toutes choses et d'éviter des conflits ; 4o enfin, illusion et quelquefois hypocrisie, qui, sous “ des dehors religieux et de belles protestations de soumission à l'Eglise, cache ‘un orgueil sans mesure, ”
En vous parlant ainsi, N.T. C.F,, le Naint-Père et vos Evêques n'ont en vue que le salut de vos âmes ; l'Eglise, comme une bonne mère, ne croit pouvoir mieux vous témoigner son affection, qu'en vous exposant les vérités que vous avez à pratiquer, etes erreurs contre lesquelles vous devez vous mettre en garde, non seulement dans votre vie privée, mais‘aussi dans votre vie socinle et politique
En ce qui regarde uniquement l'ordre temporel, l'Eglise respecte et même protège la liberté d'opinion et d'action de ses enfants, dans les limites toutefois de la vérité, de la justice, de la charité; car la véritable liberté n'est pas dans une licence effrénée. Mais, comme vous le savez, N.T. C. F, il y a des questions qui touchent aux intérêts spirituels de vos âmes, et l'Eglise n'y peut demeurer indifférente. Et certes! personne n’est plus intéressé que vous mêmes à reconnaitre et à défendre au besoin, cette salutaire vigilance que l'Eglise doit exercer sur tout ce qui peut mettre en danger votre salut éternel. En toute occasion, conduisez vous avec tant de prudence, de modération, de vérité, de justice et de charité, que votre conscience n'ait ensuite rien à vous reprocher.
La benédiction Apostolique que le Saint-Père nous donne à tous aveë tant d'affection, doit être, N. T. C. F., un nouveau motif de nous attacher de plus en plus à aimer et à suivre celui à qui Jésus-Christ a confié le gouvernement de son Eglise. Prions sans cesse pour ce père bien-aimé, aujourd’hui victime de la plus cruelle et de la plus injuste persécution, et efforçons-nous de le consoler par notre docilité et notre affection.
Sera le présent mandement, avec l'adresse présentée au Saint-Père et la traduction de la réponse, lu et publié au prône de toutes les églises et chapelles où se fait l'office public, et en chapitre dans les communautés religieuses, le premier dimanche après sa réception.
Donné à Québec, sous notre seing, le sceau de l’Archidiocèse et le contreseing de notre Secrétaire, le 27 octobre mil huit cent soixante seize.