C.-A. COLLET, Ptre
Secrétaire.
Extrait de la Lettre Pastoraie de Mer. Fabre Er. de Montréal publiant le Bref Apostolique du 18 Septembre 1876.
À la suite des élections de 1875 et des scandaleuses discussions qu'elles occasionnèrent,, les Evêques de la Province de Québec adressèrent à tous les fidèles confiés à leurs soins, sous la date du 22 septembre de la même année, une Lettre Pastorale Collective, dans la quelle ils traitaient de la Constitution et des droits de l'Eglise et signalaient les dangers du libéralisme Catholique. Jette Lettre accueillie avec respect, fit cesser les clameurs et les discussions. Mais certains esprits gênés dans l’exécution de leurs projets, par l’enseignement qui y était donné, entreprirent bientôt d'en atténuer la portée et la valeur
en insinuant qu'elle ne contenait pas la véritable doctrine et qu'elle pourrait même être condamnée à Rome, C’était un nouveau scandale, non moins grand que celui que les Evêques avaient voulu arrêter par leur Lettre Collective, puis qu'il avait pour conséquence, non seulement d’affaiblir l'autorité de vos premiers pasteurs, mais encore d'entretenir dans bien des âmes les doutes et les inquiétudes les plus graves. Pour porter remède à ce scandal& les Evêques de la Province crurent devoir recourir à l'autorité du Vicaire de Jésus-Christ. Ils députèrent aupres du St. Siége, Mar. Laflèche, Evêque de Trois-Rivières, avec la mission spéciale d'exposer au Naint-Père l'état de l'Eglise dans cette Province, de lui soumettre l'enseignement donné par les Evêques au Clergé et aux fidèles
et en particulier la Lettre Pastorale du 22 septembre 1875.
Mer Laflèche sut remplir cette importante mission avec un zèle et une
hdélité au-dessus de tout élowe, ;
C'est après avoir connu le but du voyage de notre vénérable Collegue, apres avoir recueilli de ses lèvres les renseignements nécessaires, après avoir examiné la Lettre collective du 22 septembre 1875, que NN. P.le Pape en réponse à une Adresse très-remarquable, daigna lui remettre le Bref Apostolique que nous portons aujourd'hui à votre connaissance. C’est un document d'une très-haute importance sous les circonstances que nous venons de vous exposer,
Le premier point qui ne manquera pas d'attirer votre attention, N. T. CF.
en attendant la lecture de ce document, c’est l'éloge et l'approbation que le Naint-Père daigne accorder aux Evêques de cette Province au sujet de la doctrine qu'ils ont enseignée sur les droits de l'Eglise, et au sujet du zéle qu'ils ont déployé pour prémunir les fidèles contre les dangers du libéralisme catholique. # Nous nous Sommes vrincipudement réjo ui, dit le Naïint-Père, du soin que vous prenez ‘ d'inculquer au peuples les saines doctrines et de lui expliquer ce qua regarde la nature, lu
* constitution, l'autorité, les droits de l'Eglise, dont on a coutume de pervertir très sublile- * ment la nolion pour tromper les fidèles : el nous avons dù louer le zèle avec lequel vous
“vous êles efforcés de prémunar le peuple contre les astucieuxses erreurs du libéralisme dit
* catholique ”.
Nous laissons de coté tout ce qu'il y a de particulièrement élogieux et consolant dans ces paroles pour vos premiers Pasteurs, et nous ne voulons y voir pour le moment que le jugement du Vicaire infaillible de Jésus-Christ, approuvant leur doctrine et louant leur zele. Remarquez, N. T. C. F, que ce jugement ne fut pas porté à l’orcasion d'assertions vagues et sans fondement, mais sur un fidèle exposé des faits, appuyé de preuves authentiques, et en particulier, après un sérieux examen de la Lettre Pastorale collective des Evêques de cette Province, en date du 22 septembre 1875, qui est comme un résumé de leur enseignement et de la sage direction qu'ils ont donnée au clergé et aux
lideles. C'est donc un événement d'une haute importance pour notre Province, que ce coup d'œil du Vicaire de Jésus-Christ sur les travaux et les luttes de vos l'asteurs pour la défense des droits sacrés de l'Eglise : que ces remarquables paroles qu'il a daigné leur adresser pour soutenir et fortilier leur courage : un évènement qui doit remplir de joie et de reconnaissance le cœur de tous les fidèles. Les conséquences de ces paroles de N. K. P. le Pape sont faciles à saisir, Tout ce que les Evêques ont enseigné dans leur Lettre collective, si remarquable par sa clarté et sa précision, touchant le pouvoir et les droits de l'Eglise, le libéralisme-catholique et le rôle du clergé dans la politique, les devoirs de la presse et la saïhteté du serment, est la véritable doctrine de l'Eglise. Le zèle qu'ils ont mis à repousser les erreurs du libéralisme dit catholique, afin de les faire disparaitre de notre religieuse Province, était selon l'ordre et conforme au devoir de la vigilance pastorale, Nous aimons à vous signaler spécialement ces conséquences pour qu'elles n'échappent à personne, parce qu'elles réduisent à néant tous les doutes, toutes les malheureuses insinuations que l'on a cherché à répandre parmi vous, dans le but d'affaiblir l'autorité de l'enseignement de vos Pasteurs; parce qu'elles sont de nature à rétablir le calme et la paix dans les esprits, et à démontrer une fois de plus que la confiance que vous reposez dans seux que l'Eglise à préposés à la garde de vos inté-
rêts spirituels, est bien méritée.
Après cette approbation donnée à la doctrine enseignée par vos Evèques, après cet éloge de leur zèle, N.N. P. le Pape nous indique les marques et le caractère du libéralisme-catholique, qui cherche depuis plusieurs années à S'implanter dans l'Eglise comme les mauvaises herbes dans un champ. * Les “ astucieuses erreurs du libéralisme, dit-il, sont d'autant plus dangereuses que, par une “apparence extérieure de piélé, elles'trompent beaucoup d'hommes honnétes et les entrainent “ à s'écarter de lu saine doctrine”. Ces paroles et celles qui les suivent sont pleines de lumière. Elles nous révèlent la forme la plus ordinaire de cette erreur, les points sur lesquels elle dirige le plus souvent ses attaques et ses effets ruineux dans les âmes. Partout, ceux qui sont imbus de ces dangereuses erreurs protestent de leur foi, de leur soumission à l'Eglise, de leur dévouement à la défense de ses droits. Ils parlent au nom de la prudence, de la sagesse, de la charité, de la paix, au nom méme des plus chers intérêts de l'Eglise, et sous ces dehors séduisants, se font les apôtres et les défendeurs d’une tolérance qui aurait pour résultat d'empêcher l'Eglise de Jésus-Christ d'affirmer la vérité en face de l'erreur. La lumière de la vérité les effraye, et même, lorsqu'elle descend des hauteurs sereines de Ja Chaire Apostolique, elle leur semble menaçante comme la foudre. Ce qu'ils aiment, c’est un langage mitigé qui n'offusque point l'erreur, c'est un demi-jour qui est comme l'alliance de la lumière et des ténèbres. Le droit de l'Eglise et de la vérité ne leur paraissent pas tellement sacrés qu'ils ne puissent être sacrifiés pour le bien de la paix, et les restrictions
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et les entraves que le pouvoir eivil met souvent à sa liberté ne sont à leurs veux qu'un tempérament nécessaire à la grande puissance dont Jésus-Christ l'a investie. Mais leurs idées, leurs principes sont-ils signalés comme dangereux et repoussés par ceux qui sont chargés de conduire l'Eglise, ils montrent alors une ténacité dans leurs opinions, une obstination qui étonne et qui n'a d'égale que la subtilité qu'ils savent employer pour interpréter toujours en leur faveur les décisions qui les condamnent. C’est toujours ainsi, au moyen de demonstration de zèle pour les intérêts de l'Eglise, que les fauteurs du libéralisme-catholique trompent beaucoup d'hommes honnêtes, et qu'ils les amènent à partager leurs erreurs: c'est sous les apparences: extérieures de la religion, de la piété qu'ils sement l'ivraie dans le champ du pere de famille. Nous n'hésitons pas, N. TC. F, à dire hautement que ceux qi propagent ces erreurs trahissent l'Eglise leur mère, qu'ils trahissent les intérêts catholiques, et nous ajouterons avec l'Apôtre Nt.-Jacques, que leur sagesse ne vient pas d'en haut, mais qu'elle est une sagesse terrestre, charnelle et diabolique : “ Von est enimasta sapientia desur-
sum descendens, sed terrena, anèmalis, diabolica. (St.-Jacq., TT. 15).
Pour se convaincre que le libéralisme catholique est une véritable trahison envers l'Eglise, il suffit de considérer les funestes effets qu'il produit. C’est un moyen sûr de l'apprécier, de le juger: car, nous dit Jésus-Christ, parlant de ceux qui viennent à nous sous de trompeuses apparences, c'est à leurs fruits que vous les reconnaitrez : “ £x fructibus eorum cognoscelis eos.” Or, quels sont les fruits, les eflets des doctrines du libéralisme catholique ? Notre Naint-Père le Pape les signale dans les termes suivants : *“ Æles affaiblissent la foi, rompent l'unité, divisent les forces catholiques et fournissent un aide très-efficace aux ennemis de l'Eglise, qui enseignent les memes erreurs, quoique avec plus de développement et d'imprudence, et amènent insensiblement les esprits à partager leurs desseins pervers. ”
Ces paroles du Vicaire de Jésus-Christ sont si claires, si formelles, qu'elles r'ont besoin d'aucune explication. Les doctrines qui produisent ces funestes
effets sont jugées.
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