‹ Mémoire de l'évêque des Trois-Rivières sur les difficultés religieuses en Canada [microforme]Chapitre 59 sur 85 · LETTRE DE MGR. J. LANGEVIN EV. DE ST-GERMAIN DE PIMOUSKI · texte numérisé non relu

LETTRE DE MGR. J. LANGEVIN EV. DE ST-GERMAIN DE PIMOUSKI

Evêché de St-Germain de Rimouski 21 Janvier 1881.

Mgr l'Archevéque de Québec.

Monseigneur,

Je partage l'opinion de Mgr. Laflèche sur l’opportunité de faire amender la loi électorale à propos de la prétendue ‘“ Influence indue spirituelle”: car, Si le

première se charge de cette mesure, ou s'engage à l'appuyer, je suis persuadé qu'elle sera facilement adoptée.

Quant au danger que telle modification, où plutôt eylivation, de la loi électorale, ne soit pas ratifiée par le Gouverneur Général où par la Reine, je le crois imaginaire. D'ailleurs, s'il était réel, il existerait toujours, et à ce compte-là, nous aurions demandé une chose impossible et inexécutable par notre déclaration collective, ce serait assez curieux.

Je prends note de la persuasion où est v. G, que, si cet amendement désiré et demandé par tout l'Episcopat de la Province éprouve de l'opposition, ce sera de la part de nos libéraux. J'en conclus, pour mon compte, que leur libéralisme n'est pas simplement politique, et qu'il est beaucoup plus dangereux que quelques-uns ne semblent penser.

Je suis, au reste, d'avis que, sur des questions si importantes, il n'est pas possible de nous entendre par lettres, sans avoir l'occasion d'en délibérer ensemble et d'échanger mutuellement nos sentiments et nos vues, hormis le cas où il y aurait unanimité où quasi-unanimité.

Veuillez agréer etc, (Nigné) f JEAN, Ev. de NS. G. Rimouski

LETTRE DE Mar. MOREAU EVEQUE DE ST. HYACINTHE,

St. Hyacinthe, 23 Janvier 1881,

A Mpgr. L. F. Laflèche,

Evéque des Trois-Rivières.

Monseigneur.

J'ai reçu hier la lettre de Votre Grandeur du 21 courant, et la brochure dont elle a bien voulu l'accompagner. Merei à Votre Grandeur de cette bienveillante attention.

Je parcourrai cette brochure, dont j'ai déjà lu quelques extraits dans les journaux, avec d'autant plus de plaisir et d'intérêt, qu’elle traite d’une ques: tion actuelle très-importante et que je la sais sortie de la plume facile de Votre Grandeur. Que le ciel vous récompense au centuple, vénéré Seigneur, de votre zèle si édifiant pour vos co-provinciaux et pour tous les fidèles du Canada, à revendiquer avec une telle fermeté et sûreté de principes, les droits sacrés inaliénables de l'Eglise et les saintes immunités de ses ministres.

Je suis entièrement de l'avis de votre Grandeur, que le temps est arrivé pour l'Episcopat de cette Province de solliciter vivement un amendement à la

loi des élections sur l’article de l'influence indue, afin que des scandales comme ceux de Charlevoix et de Berthier ne se renouvellent plus. Les circonstances, à

mon avis, ne peuveut être plus favorables pour obtenir de notre Législature

Provinciale une déclaration de principes qui mettra fin aux menées de-nos pauvres catholiques libéraux.

Veuillez me croire bien respectueusement, de Votre Grandeur, Le tout dévoué et bien humble serviteur, + L. Z. Ev. de St-Hyacinthe.

LETTRE DE Mar. ANTOINE RACINE, EVEQUE DE SHERBROOKE.

Sherbrooke, 24 Janvier 1881.

A Monseigneur L. F. Lafléche,

Evéque des Trois-Riuières.

Monseigneur,

J'ai reeu un exemplaire de la brochure intitulée : “ L'influence indue (spirituelle) devant la liberté religieuse et civile”; je vous prie d'agréer mes remerciements et mes félicitations.

Vous avez magistralement démasqué les artilices au moyen desquels plusieurs catholiques, sous le prétexte séduisant de mieux servir l'Eglise, sont entrainés hors de la voie de la vérité catholique. Vous leur avez démontré, dans des articles pleins de vigueur ; qu'il faut remonter jusqu'à la source de Ja vérité, et qu'il faut chercher la vérité là seulement où elle peut se trouver, e.-à-d., dans l'enseignement de l'Eglise.

Ces articles sont propres à éclairer l'opinion publique sur cette grave question et à la préparer au changement demandé par les Evêques dans leur “ Déclaration du 26 Mars 1877." : ‘a suite du jugement de la Cour Suprème, sur l'élection contestéé de Charlevoix.

Dans mon humble opinion, si rien (d'ici là) n'y met obstacle, il faut profiter de la prochaine réunion des chambres pour obtenir l'amendement de la loi électorale, sur ce point important.

Veuillez agréer Monseigneur, L'hommage de mes sentiments dévoués en N. K. J. C.

+ ANTOINE, Ev. de Sherbrooke.

= LOT me LETTRE DE Mar. DOMINIQUE RACINE, EVEQUE DE CHICOUTIMI.

Chicoutimi, 25 Janvier 1881.

À Sa Grandeur Myr. Laÿlèche, Evéque des Trois-Rivières.

Monseigneur,

Veuillez agréer mes sincères remerciements pour l'envoi de la brochure “ L'influence indue ” et de la lettre qui l'accompagne.

J'ai lu avec le plus vif intérêt les belles pages de cette brochure et je félicite bien cordialement celui qui les a écrites. Elles porteront, j'en ai l'espoir, les heureux fruits que vous en attendez. Mais Nos Seigneurs doivent-ils par de nouvelles démarches préparer les ministres du gouvernement de Québec à faire voter, à la prochaine session du parlement provincial, un amendement à la loi électorale quant à la partie qui concerne l'influence spirituelle indue ? Cette

question a été poste le printemps dernier dans une réunion des Evèques tenue

à l’Archevèché et, si ma mémoire est fidèle, tous ont été unanimes à décider qu'il faillait s'en tenir à la “ Déclaration des Evéques.” Or je ne vois aucune raison propre à nous faire revenir sur cette décision. Loin de là, les articles si claire et si pleins de logique publiés dans un journal de votre ville. maintenant réunis en pamphlet et que l'opinion publique vous attribue, font assez voir aux ministres, aux députés et au public en général que les Evêques de la Province désirent plus que jamais voir amendée notre loi électorale. Toutefois, si nos Seigneurs croient dans leur sagesse que Île tempus loquendi est arrivé, je ne me séparerai pas d'eux. :

J'ai l'honneur d'être, Monseigneur, de Votre Grandeur Le très-humble serviteur,

* DOMINIQUE, Ev. de Chicoutimi

LETTRE DE Mer. J. T. DUHAMEL, EVEQUE D'OTTAWA. Evêché d'Ottawa, le 25 Janvier 1881 À Sa Grandeur Mar. Lafièche, Evéque des Trois- Riviéres.

Monseigneur,

J'ai reçu et lu avec plaisir le pamphlet intitulé ‘“ L'influence Spirituelle Indue ” que V. G, m'a envoyé en même temps que votre lettre du 21 courant

Ce petit livre devra nécessairement éclairer l'opinion publique et j'espère que, s’il est lu par ceux qui sont tentés de donner à l'Etat un pouvoir qu'il n’a pas et qui devrait tourner au détriment de l'Eglise, les vrais principes que doivent admettre les catholiques sur la matière dont il traite seront mieux connus, plus appréciés et mieux suivis.

Je partage pleinement l'opinion de V.G. sur l'opportunité évidente de demander au minstère de Québec de faire les changements nécessaires à la loi électorale. V, (. en parlera sans doute aux Evêques à la prochaine assemblée : je me ferai un devoir d'appuyer uñe résolution en conformité de cette opinion.

Avréez Monseioneur l'assurance de mon dévouement.

+ Jean Thomas, Ev. d'Ottawa.

LETTRE DE Mer E. A. TASCHEREAU, ARCHEVEQUE DE QUEBEC

Archevêché de Québec, 2 Février 1881.

A Mgr. L. F. Lafièche,

Evéque des Trois-Rivières.

Monseigneur,

Je n'empresse de communiquer à Votre Grandeur le résumé des réponses faites à ma lettre du 23 Janvier dernier, sur l'opportunité de demander au gouvernement provincial l'amendement de la loi électorale qui concerne l'influence spirituelle indue.

Mgr l'Evêque des Trois-Rivières, 21 Janvier : “ Je crois le temps venu.”

Mgr de Rimouski, 26 Janvier : “Je partage l'opinion de Mer Latlèche. ”

Mgr d'Ottawa, 26 Janvier: “Je partage pleinement l’opinion de Mgr des Trois-Rivières. ”

Mgr de St-Hyacinthe, 29 Janvier: * I] me semble que le temps est arrivé “ de presser nos députés de se mettre en mesure de faire droit à ce que nous “eur avons demandé dans notre protestation contre le jugement de Ja Cour “ Suprême. ”

Voilà donc quatre voix pour l'aflirmative, les quatre autres sont pour la négative.

Mer de Montréal, 26 Janvier, répond à l’Archevéque: “J'adhère pleine- “ ment à l'opinion que V. G. exprime dans sa lettre du 23 janvier. ”

Mor de Sherbrooke, 28 janvier : “Je suis d'opinion qu'il ne serait pas pru-

dent de presser l'amendement demandé par les Evèques dans leur déclaration ‘ du 26 mars 1877, ” avec la chambre telle que composée aujourd'hui. ”

Mgr de Chicoutimi, 28 Janvier: ‘J'ai répondu à Mer des Trois-Rivières que je m'en tenais à la décision unanime des Evêques prise le printemps dernier (1 Juin 1880), à l'Archevêché : mais que si NN. NS. croyaient devoir revenir sur cette décision, je ne me séparerais pas d'eux. ”

Pour ma part, plus j'y pense, plus je me confirme dans l'opinion que le temps le plus opportun n'est pas venu. Je doute fort que le ministère apprenant que l’Épiscopat est également divisé sur l'opportunité de la mesure, veuille se charger de la faire passer. Un ministre a dit à quelqu'un qui mé l'a répété: “Ni les Evêques demandent unanimement la mesure, elle passera probablement, mais nous leur en laisserons la responsabilité pour l'avenir. ” Cette parole doit nous donner à réfléchir sur les conséquences que cet homme d'Etat prévoit. Pesons bien ces “onséquences, de peur que nous et nos successeurs n'ayons un jour à regretter d'avoir empiré le mal en voulant Je guérir.

Depuis notre déclaration collective du 26 mars 1877, trois faits me paraissent avoir considér:blement modifié notre position.

1°. Les instructions du Nt-Niége transmises par Mgr Conroy, recomimandaient au clergé de setenir en dehors des partis politiques. À cela se rapporte la consultation que j'avais faite à la suite du procès de Charlevoix sur la conduite à tenir envers ceux qui avaient suscité ce proces. Nans nous donner de

réponse directe, la Propagande nous recominande de veiller à ce que de sembla-

bles plaintes ne puissent se répéter.

2°. Notre circulaire du 11 Octobre 1877, fidèle écho des instructions du St- Siège, tend à rendre impossibles les plaintes pour influence indne spirituelle, et par conséquent, inutile la modification d'une loi bonne d'ailleurs. En venant aujoud’hui demander cet amendement, nous confessons implicitement que nous ne voulons ou ne pouvons pas mettre à exécution les instructions du St-Siève et notre circulaire. Nous nous exposons à donner occasion aux protestants, aux libéraux et à plus d'un conservateur de lire et d'écrire bien des injures à l'Episcopat et à l'Eglise catholique, de faire bien des récriminations, de concevoir des jalousies qui tôt ou tard porteront des fruits empoisonnés, et tout cela pour arriver à un état de choses qui existerait de fait, sinon de droit. si les instructions du St-Niége et les nôtres étaient fidèlement observées dans toute la province. Ne serait-ce pas payer trop cher pour avoir ce qui est déjà à notre portée!

3°. L'élection de Berthier est le troisième fait qui a modilié notre position. ‘* Les curés, dit Mgr de Sherbrooke, dans sa lettre da 28 Janvier, ont désobti ‘ publiquement et scandaleusement aux ordonnances des Conciles et des Evé- “ques. Je demande si en présence de tels actes de désobéissance non punis, s'il

ae 18 AE cm

“n'y a point une peine grave à infliger à tous ceux qui à l'avenir au mépris ‘ des ordonnances épiscopales jugent ex cathedra inconsulto episcopo, que les hom- “ mes de tel parti politique ne peuvent recevoir les sacrements ? ”

Je suis bien pour cette mesure de rigueur, mais nous serons dans un curieux dilemme si nous demandons l'amendement de la loi: si nous punissons, pourquoi demander la révocation d’une loi qui défend ces actes ? Ni nous ne puissons pas, c’est que nous ne voulons où ne pouvons pas arrêter ces désordres.

Mgr. de Sherbrooke est d'avis que nous demandions au Cardinal Préfet une direction qui nous mette d'accord. Je souscris volontiers à cette proposition.

Je prie V. G. d'agréer l'assurance de mon dévouement.

f E. À. ARCH. DE QUÉBEC.

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