‹ Mémoire de l'évêque des Trois-Rivières sur les difficultés religieuses en Canada [microforme]Chapitre 62 sur 85 · LETTRE DE L'HON. M. MATHIEU, JUGE DE LA COUR SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

LETTRE DE L'HON. M. MATHIEU, JUGE DE LA COUR SUPÉRIEURE

Joliette, 26 octobre 1881.

A Monseigneur Laflèche Er. des Trois- Rivières.

Monseigneur,

J'ai reçu dans le temps, votre lettre datée du 6 mai dernier, dans la quelle vous me remerciez des efforts que j'avais faits pour faire régler la question de l'influence indue cléricale et pour faire amender l'acte électoral de Québec conformément aux principes catholiques tels que définis par le N. Père Pie IX dans le Syllabus, et vous m'engagiez à ne pas aller plus loin et à renoncer à cette mesure, puisque ceux qui l’avaient demandée, y renonçaient pour le présent.

J'étais sous l'impression que les Evèques de la Province étaient unanimes à demander la passation de cette mesure ; mais sur une remarque du Premier Ministre, dans un Cancus du parti auquel j’appartenais, j'ai cru devoir communiquer avec Mgr l’Archevèque et aussi avec mon Évêque diocésain, l'Evêque de St. Hyacinthe. Ces deux Révds. Seigneurs m'ont répondu qu'ils considéraient que le temps n'était pas opportun pour présenter une telle mesure. J'ai écrit à Votre Grandeur et je l'informais de la réponse que j'avais reçue de Mgr l’Archevéque et de Mgr l'Evéque de St. Hyacinthe, et c'est sur cela que Votre Grandeur m'a de suite répondu par sa lettre du 6 Mai dernier commençant par ces mots : ‘ Ad empossibile nemo tenetur.”

J'ai regretté beaucoup cette crainte de la part de Mgr. l’Archevéque et de l'Evêque de St. Hyacinthe au sujet de cette meusure, qui, dans mon humble opinion, aurait été facilement adoptée par la Chambre, si l’on eut été sous l'impression que les Evêques étaient unanimes sur ce point.

Je l'ai regretté beaucoup parce que j'ai éprouvé combien cette loi rend fausse la position des catholiques désireux de se soumettre aux enseignements de l'Eglise.

Depuis ce temps, je ne sache pas que Votre Grandeur ait fait aucune démarche pour faire modifier cette loi.

(us

J'ai l'honneur d'être, de Votre Grandeur, le très humble et obéissant servi-

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