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civile, les rapports de ces deux sociétés, la subordination de l'Etat à l'Eglise ou de César à Dieu, dans les choses mixtes, et leur complète indépendance dans leMhoses de leur domaine propre. Cet exposé de principe, dans une telle circonstance, ne manquerait pas de vous grandir dans l'opinion de tous les véritables catholiques, des honnêtes protestants, et de tons les hommes bien pensants et éclairerait en même temps un grand nombre de personnes qui n'ont jamais eu occasion de s'occuper de ces sortes de questions.
Si vous pensez qu'il est plus avantageux d'en faire une question ouverte et de la faire proposer par quelque député, je vous conseillerais de vous adresser à Mr. Mathieu de Sorel. Ilest peut-être mieux préparé que tout autre, par les études qu’il a faites pour défendre les prêtres aceusés dans la contestation de Berthier, et il a pu juger par lui-même des funestes conséquences qu'entraine nécessairement cette ingérence de l'autorité civile dans le domaine religieux.
Si la question n'est pas réglée avant les prochaines élections, il pourrait arriver que les libéraux s'en serviraient comme d'une arme redoutable contre les conservateurs. [ls ne manqueront pas de dire, s’ils sont un peu habiles, que ce sont les conservateurs qui ont fait passer cette loi de l'influence indue, et que maloré les interprétations funestes qu'elle à reçues, et les réclamations desivèques contre les jugements qui l'ont étendue au domaine religieux, en violation des droits de l'Eglise, ces mêmes conservateurs l’ont constamment maintenue, et ont ainsi refusé à l'Eglise la protection à laquelle elle à certainement droit.
Je pense bien que vous rencontrerez devant vous toute l'influence occulte de la franc-maçonnerie ; qui est déjà énorme dans notre pays, beaucoup plus qu'on ne le croit, et qu'il pourrait se former une alliance avec le fanatisme pro testant et les libéraux radicaux !
Je ne doute pas cependant que vous ne triomphiez de cette opposition qui peut-être aussi ne surgira pas. Quand les principes auront été exposés bien clairement, les honnêtes protestants comprendront qu'ils y sont intéressés comme les catholiques ; et il sera difficile pour les catholiques libéraux de s'opposer ainsi carrément à la liberté de l'Eglise demandée par les Evèques et la grande majorité de leurs co-religionnaires.
infin je prie le Seigneur de vous donner son Esprit de lumière et de force pour mener cette affaire à bonne fin, et de vous accorder selon votre demande les gräces d'état, à vous et à vos Honorables collègues, et surtout la grâce d'y être bien /idele.
Veuillez agréez l'assurance de ma plus haute considération, Monsieur le Ministre, et me croire, Votre tout dévoué Nerviteur.
LA
+ L EF. Ev. DES TRoIS-RIVIÈRES.
IT. ZT.
LETTRE DE MGR LAFLÈCHE À M. MATHIEU, Ecr. M. P. P.
Séminaire des Trois-Riviéres, 6 Mai 1881.
M. Mathieu, Ecr. M. P. P.
Mon cher Monsieur,
Ad impossibile nemo tenetur.
Merci de votre bonne volonté ; le bon Dieu vous en tiendra compte, j'en ai la confiance, et persévérez dans ces sentiments chrétiens qui vous font tenir fermement à la liberté du culte catholique et au respect des droits sacrés de l'Eglise. De mon côté j'ai fait ce que j'ai pu pour obtenir le redressement d’une loi, dont l'interprétation a été jugée par les Evêques de la province une violation de cette liberté et de ces droits garantis par la constitution ; j'ai travaillé à démontrer la vérité et l'exactitude de ce jugement et à éclairer à ce sujet l’opinion publique; cinq évêques sur huit ont approuvé mes vues sur la convenance de faire régler au plus tôt cette grave question; la députation y était préparée et l'aurait réglée sans difficulté, d'après ce que j'ai appris de bonne source ; et vous êtes vous-même de cette opinion. Et voilà que ceux qui ont demandé l'amendement de cette loi, s'y refusent pour des raisons que j'ignore et des craintes que je ne crois pas fondées ; mais cependant. que je respecte, à cause de l’auturité dont ils sont revêtus.
En conséquence, je n’insisterai pas davantage à cause des inconvenients qui pourraient en surgir. Cependant il demeure constant que les Evêques de la Province n'ont pas changé d'opinion sur la funeste interprétation de cette loi et qu'ils désirent encore la voir amendée. Voilà l'essentiel pour les députés. La question d'opportunité, ils peuvent la juger comme les évêques, et je pense qu'il aurait été mieux de ne pas les consulter à ce sujet le printemps dernier, et d'agir. C’est encore mon avis. La députation connaissant l'opinion des évêques sur la perversité de cette loi telle qu'interprétée et leur désir de la voir amendée, devra la faire amender aussitôt qu'elle croira la chose possible, sans leur en parler davantage. 4
Je regrette profondément que les chefs conservateurs n'aient pas compris cela, et n'aient pas réglé cette question avant les prochaines élections.
Fasse le ciel qu’ils n'aient pas alors à le regretter!
Sur ce, je prie Dieu de vous avoir en sa sainte garde et je demeure, Votre tout dévoué serviteur, f L. EF. Ev. pes TROIS-RIVIÈRES,
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