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LES LOIS DU MARIAGE

La Gazette de Montréal a publié récemment, sous une signature anonyme, une lettre remarquable relativement aux fois du mariage. Voisi la traduction de cette lettre :

“ En réfléchissant sur les discussions et les malentendus qui le bill Girouard a suscités l’année dernière et qui viennent de se réveiller avec plus de vivacité que jamais, n’y at-il pas lieu de s'étonner de ce qu'une question qui, si elle était considérée d’un point de vue large et élevé, réunirait dans une harmonie parfaite de vues et d'efforts toutes les confessions religieuses de ce pays, est devenue au contraire une pomme de discorde ?

Notre constitution proclame et protège avec franchise et loyauté la liberté de conscience et de culte en faveur des Eglises dont l'existence a été notifiée au pouvoir civil et reconnue officiellement par lui. Or, cette reconnaissance, d'après les lois de la logique, ne renferme-t-elle pas évidemment un aveu que les lois et les pratiques de chacune de ces Eglises dans leur condition présent, n'offrent rien qui mérite d’être blâmé, entravé, réformé comme contraire au lien social, par le pouvoir temporel ? Oui, sans doute. Aussi ce n’est que par une inconsequence regrettable, que le Code Civil de la province à maintenu certaines entraves, lesquelles présentement occasionnent de dangereux malaises.

Pourquoi donc ne pas proliter des circonstances actuelles pour effacer ces quelques taches qui déparent notre législation, et pour tirer sans hésitation les conséquences logiques de nos principes constitutionnels, en déclarant :

1. Que les Eglises reconnues par le pouvoir civil, chez les quelles le mariage est considéré comme un acte religieux, jouiront d’une liberté entière, en ce qui concerne les empêchements du mariage, leur dispensabiiité, les circonstancos requises pour sa célébration valide, les fiançailles, la séparation de corps entre époux, le jugement sur la validité du lien “onjugal, ect., etc. I suffirait que l'autorité reconnue comme compétente quant à ces différentes effets, notifiàt officiellement sa déclaration aux autorités temporelles lesquelles l’adopteraieut comme la base indiscutable de leurs propres conclusions en ce qui regarderait les droits droits civils, comme successions, pensions alimentaires etc. ete. Il va sans dire que pour assurer à la législation dans une pareille manière la gravité et la stabilité convenables, la discipline actuelle de chaque Eglise serait sanctionnée de manière à empêcher qu'on n’en modifie substantiellement les règles, lesquelles sont présumées conformes à la doctrine et à la prudence.

2. Que les dispositions du Code Civil en ce qui regarde les matières susdi-

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tes restent intactes pour tous les individus qui ne professent aucune religion, ou qui se rattachent à une dénomination religieuse ignorée officiellement par l'Etat, ou dont l'Eglise reconnait les tribunaux civils compétents en ves sortes de questions: ces personnes auraient mauvaise grâce à se plaindre. En effet, d'une part, l'Etat peut et doit pourvoir à ce que, sous prétexte qu'on ne se rattache à aucune église reconnue, on ne se marie pas en pleine civilisation comme les barbares dans les forêts ; et d'autre part, rien n’est ajouté aux obligations qui pèse déjà sur eux en vertu du Code Civil. La majorité de leurs citoyens travaillant à obtenir le plein exercice d'une liberté qui leur appartient en vertu d'un droit logique, et sans qu'eux-même aient à redouter le moindre inconvénient ; ne doivent-ils pas s'en réjouir et prêter un cordial appui à leurs nobles efforts ?

Dès lors, chaque église conserverait ses propres empêchements, selon sa croyance, sans gêner ses voisines et sans être gênée par elles ; le mariage entre beau-frère et belle-sœur resterait absolument indispensable dans l’église d'Angleterre, et dispensable dans l'Eglise Catholique Romaine, ete. ete., ete. Par là les dernières entraves qui diminuent la liberté constitutionnelle des cultes seraient brisées ; et la paix qui, grâce à Dieu, règne entre nos concitoyens appartenant aux diverses communions religieuses, reposerait sur une base de plus en plus solide.

Qu'il serait consolant de voir une proposition de ce genre, si vraiment libérale et pacifique, proposée et secondée respectivement par des membres de l'Eglise d'Angleterre et de l'Eglise Catholique Romaine, et obtenant un plein succès par l'appui unanime de tout les hommes politiques que les préjugés religieux ou irréligieux n'aveuglent point! Le monde civilisé applaudirait à la gouvernement. ?

Le)

sagesse et à la largeur de vues de notre

Cette expression d'opinion, venue d’un protestant, emprunte aux circonstances actuelles un caractère particulier.

La question en jeu est très grave. Elle implique nos droits civils, les paities essentielles de notre législation et la Constitution même.

Quoiqu'il en soit de tout cela, nous devons nous réjouir de voir des protestants reconnaitre et affirmer ainsi la saine doctrine, lorsque des journaux comme le Herald et le Free Press, refusant de rien comprendre. vont jusqu’à demander la reconnaissance du mariage purement civil.

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