REMARQUES
Eminentissimes Neigneurs, le document ci-dessus constate deux faits bien graves, 1. Le changement considérable que le Code civil du Bas-Canada, adopté par la législature en 1866, a fait dans l'ancienne législation française en vigueur jusque là, changement qui à altéré profondément les rapports de l'Eglise et de l’Etat. en subordonnant virtuellement la première au second, par les empiètements qu'il y consacre sur les choses les plus importantes, telles que le mariage, le droit de propriété, les immunités ete. ete.
Ces changements doivent surtout être attribués aux principes erronés des anciens auteurs gallicans que les coditicateurs avaient étudiés et aux codes modernes ‘dont ils voulaient se rappro‘her, plutôt qr'à une disposition hostile à l'Eglise. Car ces hommes étaient véritablement pie :x et animés de bons sentiments, et s'ils eussent été mieux éclairés sur les véritables principes des rapports des deux puissances, ils se seraient conformés à la direction qui leur aurait été donnée. Au moins telle est notre conviction.
2. L'autorité religieuse qui se personnifiait surtout dans l’Archevéque de Québec et son entourage, ne s'est point opposée à ces changements si préjudiciables à l'Eglise, et n’a point réclamé le maintien d:: l’ancienne législation que les codificateurs n'avaient pas mission de changer.
Nous croyons qu'avec un peu plus de vigilance et surtout plus de fermeté vis-à-vis de certains hommes d'Etat imbus des idées libérales, il eut été facile de prévenir ce mal et même de le réparer, au moins en partie, pour ce qui
regarde le mariage, en mettant à exécution le décret XIII du IV concile de Québec qui enjoint aux évêques de demander au gouvernement la correction
des articles du Code sur le mariage qui sont contraires à la doctrine catholique. .
Nous avens demandé nous même à l'Archevèque, il y a quelques années, de mettre à exécution ce décret, mais N. G. y a toujours vu trop d'inconvénients.
La même question de principe sur le mariage s’est encore présentée an parlement d'Ottawa, à propos du projet de loi pour légaliser le mariage entre beau-frêre et belle-sœur sans aucune mention de l'empêchement canonique.
L'Archevéque étant d'avis que les députés catholiques pouvaient voter en conscience pour une telle loi, Nous avons consulté le Saint-Siège à ce sujet, La réponse à été qu'aucun député catholique ne pouvait en conscience appuyer de son vote une telle loi. Tous les députés catholiques, comme un seul homme, se sont soumis à cette décision, aussitôt qu'elle teur a été connue. et le projet de loi a été retiré.
Si dans le parlement d'Ottawa où les catholiques sont en grande minorité, on à ainsi respecté le droit de l'Eglise. que ne pourrait-on pas obtenir au parlement de Québec où plus des sept-huitièmes de la représentation sont catholiques ?
Et c’est ce parlement qui a le droit de corriger le code, et qui peut, quand il le voudra, le mettre en accord avec tous les droits et privilèges de l'Eglise.
Nous croyons donc que Mgr. l'Archevèque de Québec est trop timide dans la revendication et le maintien des droits de l'Eglise. C'est aussi l'opinion de plusieurs de ses suffragants, de la masse du Clergé, et des Fidèles les plus éclairés.
C'est aussi ce qui lui vaut l'approbation et les sympathies des libéraux.
Nous croyons également que l'influence des prêtres libéraux de l'Archevéché et de l'Unirversité-Laval contribue beaucoup à entretenir Mgr l’Archevéque dans cette timidité et cette condescendance si préjudiciable à l'Eglise.
Vos Eminences Nous permettront de citer ici l’article suivant de la Minerve de Montréal du 9 février dernier, comme témoignant de la bonne disposition des protestants conservateurs dont la Gazette de Montréal est le principal organe.