GEST RS
ea PACE
uU n
la
— st) a — e
De la Politique. 1. Le Clergé doit dans sa vie publique et privée demeurer neutre dans les questions qui ne touchent en rien aux principes religieux.
II. Il doit néanmoins instruire le peuple de ses obligations dans l'exercice de ses droits civils, politiques et religieux: car tous doivent savoir que quand il Sagit du choix de Représentants en Parlement, de Muires, d'Officiers municipaux, de Commissaires d'école ete., ils doivent se prononcer cn faveur de ceux qui, de bonne foi, sont jugés eapables de défendre et de soutenir ces mêmes droits.
Des journaux. À. Quand il circule de mauvais journaux dans une paroisse, les confesseurs doivent obliger leurs pénitents à les renvoyer, car un mauvais journal a bientôt gâté l'esprit d'un peuple, comme une malheureuse expérience ne l'a que trop prouvé.
II. C'est à l'Evêque qu'il appartient de juger de la nature de ces mauvais journaux, et de dénoncer au clergé, où au peuple, ceux qn'on ne peut lire en conscience.
IT, Les Curés ne doivent ni nominer, ni désigner en chaire aucun de ces journaux qui pourraient se publier dans la province, sans y être autorisés par une direction écrite de l'Evéque.
IV. Il va sans dire que les propriétaires, éditeurs, imprimeurs et autres personnes qui contribuent directement et cflicacement à répandre ces productions, jugés par l'Evêque immomles, ou irréligieuses, sont indigues d'absolution.
V. Le besoin d'un journal français, pour propager les bons principes, se fait de plus en plus sentir. Ce journal rédigé par des laïques instruits et chrétiens produirait plus de fruits, qarce qu'il rencontrerait moins de préjugés que S'il était sous l'entière direction du Clergé. On aura donc à aviser aux meilleurs moyens à rendre
ce nouveau service à l'Eglise
En faisant cette dernière recommandation en faveur de la Presse catholique. les Evèques ne faisaient que se conformer à la direction donnée par l'illustre Pie IX aux Evèques du monde entier, dans son Encyclique Zuter Multiplices, au sujet de l'encouragement et de la protection à accorder aux écrivains et aux journalistes catholiques.
20. Extrait de la Lettre Pastorale des l’ères du 3me Concile Provincial, en
Nous devons vous faire connaître avant tout, N. TT, C. F4 quels sont, dans ces temps mauvais, les hommes qui en veulent à votre foi: et pour cela nous n'avons qu'à vous faire entendre la voix bien connue de notre immortel Pontife, Pie IX. qui nous dit à tous que ces terribles ennemis sont ceux qui armés du secours des sociétés secrètes (Les principaux chefs du parti libéral appartenaient à ces sociétés abominables), voudraient abolir tout culte religieux ; qui fouleut aux pieds les droits sacrés de l'Eglise en cherchant à la dominer injustement,..... qui ne craignent pas de publier, pour tromper les peuples, que le Pontite KRoimain et tous les ininistres sacrés de l'Eglise doivent être exclus de tout droit, et de tout domaine sur les biens temporels.
Ces funestes erreurs, et beaucoup d'autres aussi préjudiciables, se propagent duns le monde entier, d'une maniére vraiment alarmante, soit par les mauvais livres et les journaux irréligieux, soit par les discours impies qui se débitent dans les tribunes et les chaires de pestilence, Ce qu'il y a de plus déplorable, c'est qu'elles gagnent et pénètrent même dans les esprits religieux qui ne sont pas sur leurs gurdes, parce que ceux qui les proclament ont grand soin de cacher leurs noirs desseins sous les dehors de la religion qu'ils font semblant de respecter pour mieux tromper les simples,
Ce sont ces erreurs si séduisantes que le Chef Suprême des pasteurs ne cesse, depuis dix années, de signaler au monde entier, pour que les vrais enfants de l'Eglise ne s'exposent pas au danger d'y tomber. Nous ne faisons donc que nous conformer au désir du Vicaire de Jésus-Christ, en appelant aujourd'hui votre attention sur un sujet si important, et en règlant que les allocutions pontificales qui contiennent ces avertissements &; salutaires soient publiées à la suite des décrets de notre présent Concile, Vous les éconterez done, N. TC, F. avec une docilité filiale, ces avertissements paternels, lorsqu'ils vous seront expliques par vos pasteurs avec ce zèle que vous leur connaissez, et duat ils vous donnent la preuve chaque fois qu'il s'agit de pourvoir au bien de VOS Ames.
8.° Extrait de la Lettre Pastorale des Pères du 4me Concile Provincial en 1868. Nous le titre, Politique et Elections, se lit ce qui suit:
Des hommes qui veulent vous tromper, N.'T. CF, vous répètent que la religion n'a rien à voir dans la politique. Ne pouvant pas, où n'osant pas nier la vérité de ce jugement que J. C. doit un jour exercer sur tous les hommes, ils veulent en restreindre l'objet à la conduite privée. Ils admettent bien que, dans la conduite privée, il n'est pas permis de penser d'une manière déraisonnable, de parler comme un insensé, d'agir sans vérité, sans honneur et sans pudeur : ils veulent bien reconnaitre que le Clergé a raison de demander au nom de Dieu que l’on s'abstienne de ces énormités dans la conduite privée. Mais du moment quil s'agit de politique’ ces mêmes hommes nous accusent de tyrannie et de despotisme intolérable, parce que nous réprouvons l» license eftrénée de tout penser, de tout dire, de tout Juire,.,,,, 4,44, C'est ainsi que l'on s'efforce de détruire dans la politique toute idéé de justice, de vérité, de droit, d'honneur et de religion.
Or, dit Pie IX, là où la religion est bannie de la société civile, et la doctrine et l'autorité de la révélation divine rejetées, la vraie notion de Ja justice et du droit humain s'obscurcit et se perd, et la force matérielle prend Ja place de lu justice et du vrai droit. (Eneyc. 8 Dcé, 1864).
Ainsi l'on veut bannir Dieu de la société civile, et s'affranchir de sa loi sainte dans sa conduite publique. L'on oublie que le même Dieu qui doit juger les individus, est aussi celui qui juge les peuples. (PS. VII, Or
C'est depuis que l'on a commencé à semer ces doctrinss perverses, que notre pays, autrefois si paisible et si heureux, a été le théatre de scènes déplorables de violence, de désordres et de scandale de toute espèce dans les élections. Des hommes qui trouvent leur intérêt à égarer le peuple ont exalté sans mesure sa liberté et son indépendance pour mieux réussir à le faire servir d'instrument aveugle à leur ambition. Ils ont d'abord posé ce faux principe, contre lequel nous venons de protester, que la religion n'a rien à faire dans la politique : ensuite ils ont soutenu que pour vous déterminer dans le choix d'un candidat, vous n'aviez d'autre règle à suivre que votre bon plaisir et le caprice de votre volonté ; et enfin mettant de côté toute vérité et toute justice, ils en sont venus jusqu'à permettre de dire et d'oser tout ce que l'on croirait capable de tre triompher le candidat de son choix.
Erreurs monstrueuses, N. T, C. F,; et malheur au pays où elles viendraient à prendre racine. Malheur au gouvernement qui prétend régner sans Dieu : malheur au peuple qui dans l'exercice de ses droits politiques méconnait les lois imprescriptibles de la saine raison et de la justice.
Dans le 4me Concile les Pères firent un décret sur les élections politiques et administratives dans lequel ils tracent les devoirs du clergé et des fidèles en termes précis. C’est à ce décret que les instructions du St. office renvoyent le Clergé et les fidèles pour la conduite à tenir dans les élections.
49 Décret du ôtme Concile Provincial sur le Libéralisme Catholique, en 1878.
Liberalismus Catholicus paulatim in Santa Ecclesiam intronissus est, et in eu se dolose abscondit
sicut antiquus serpens in paradisum, ut imprudentes an ‘nas seducat, illas ad fructum arboris scientiæ boni et mali manducandum, insidiose impellendo.
Deo autem gratias agimus quod pessimus ille error parum comimunis sit in hac provincia.
Attamen ut omnino deleatur, et ne amplius spargatur, omnibus mandamus ut oves suis pastoribus pastores autem Vicario Christi et ejus doctrinæ firmissimo adhæreant, etc.
Enfin, en 1875, l'Archevèque et tous les Evêques de la Province jugèrent nécessaire de donner collectivement la remarquable Pastorale qui eut les résultats les plus heureux dans tout le pays, et qui obtint en 1876 l'approbation de Sa Sainteté Pie IX. (P. J. 2.)
Je prie humblement Vos Eminences de parcourir cette Lettre Pastorale du 22 Septembre 1875 ; rien, mieux que ce document, ne prouve combien tous les Evèques de la Province étaient alarmés des doctrines perverses qui menaçaient d'envahir le champ de notre Eglise provinciale.
Tel est, Eminentissimes Seigneurs, le résumé des enseignements et des directions donnés par les Evêques de la Province de Québec au clergé et au lidèles confiés à leurs soins pour les prémunir contre les dangers des erreurs modernes.
Tous ces documents épiscopaux concourent bien, avee ce qui a été dit précédemment de la presse libérale, à démontrer que {es doctrines perverses qui troublent l'Europe avaient réellement traversé l'Océan, et que depuis trente ans il y a eu au Canada un parti qui n’a cessé, et ne cesse encore de travailler à les propager dans les diverses classes de la société, avec un zèle et une constance dignes
d'une meilleure cause.
Quelques fouts tirés de notre histoire.
À ces deux voies de preuves, savoir; la presse libérale et l’enseignement épiscopal, concluant si clairement à l'existence, au Canada, des erreurs anti-religieuses qui désolent l’ancien monde, je pourrais en ajouter une autre qui n’auait pas moins de force, celle de faits tirés de notre histoire, Je me bornerai, Em. Neigneurs, à en signaler trois, bien propres, si je ne me trompe, à faire juver de l'intensité du mal: lo. celui de l’Institut Canadien; 20. celui du procès Guibord ; 30. celui des poursuites judiciaires contre les Curés pour influence spirituelle indue.
lo. Depuis plusieurs années existait à Montréal une so“iété littéraire, portant le nom d'Institut Canadien, qui comptait dans ses rangs un grand nombre de jeunes gens et d'hommes distingués, et à la quelle la jeunesse, au sortir des collèges, ambitionnait l'honneur d'appartenir.
Les chefs et les principaux menbres du parti rouge—non sous lequel est plus communément désigné chez nous le parti libéral, —comprirent quelle force ils pourraient tirer de cette institution pour la diffusion de leurs doctrines ; ils travaillèrent donc avec: énergie à y faire pénétrer leurs adeptes, et bientôt en 1850, se trouvant en majorité, ils purent donner à l’Institut Canadien la direction qu'ils avaient en vue.
Cet institut devint en pen d'années une véritable chaire de pestilence, par les discours et les Conférences prétendues scientifiques qui s’y débitaient, et par sa bibliothèque impie et voltairienne ouverte à tout le monde.
Re ce mn 1
Er
; re
Loge
L'autorité diocésaine, après avoir essayé en vain de les ramener dans le droit chemin et au but premier de l'institution, se vit forcée de censurer et de condamner cette société dévoyte et incorrigible, devenue une véritable école d'impiété et de démoralisation. Enfin un décret du St. Office en date du 14 Juillet 1869, condamna l'institut Canadien et mit ses productions à l’Index ; il fut, défendu à tout catholique de continuer à en faire partie sous peine d'excommunication. Cette sentence fut son coup de mort.
Pour se venger de ces condamnations portées par le Nt. Niège et par l'auto rité diocésaine contre l'Institut Canadien, l’un de ses chefs les plus importants et les plus avancés, écrivit un pamphlet aussi ignoble qu'impie qu'il intitula “ La grande guerre ecclésiastique ” dans lequel il déversa le mépris, le blaspheme, la calomnie sur tout ce qu'il ya de plus saint et de plus auguste dans l'Eglise. En voici quelques extraits :
“ La suprématie du prétre signifie toujours et partout l'esclavage de la pen-
sée : elle signifie par là même le servage politique. Qu'était devenue la natio-
‘ nalité italienne sous le régime papal ? Qu'est devenue l'intelligence humaine
sous la censure papale ? Pourquoi le domaine de l'esprit était-il devenu un désert comme la campagne de Rome ? Ntérilité partout !.........
+ L'infailibilité d'un homme sur les questions de mœurs est Ja plus erande
* aberration de l’histoire. C’est, a dit un illustre prêtre mort dans le sein de
* l'Eglise, c'est la plus grande insolence qui se soit encore autorisée du nom de
* Jésus-Christ. ”
Toutes les colères des libéraux ne purent empêcher le dit institut de tomber dans le discrédit et de périr misérablement.
2,0 Le procès de l’excommunié Guibord intenté à la fabrique de N. D. de Montréal par les mêmes hommes, eut un retentissement énorme dans tout le pays. Un membre de l'institut canadien avait refusé de se soumettre aux condamnations portées contre cette société, et d'en sortir. Etant mort dans cet état, et sans donner marque de ;repentir, la sépulture ecclésiastique lui fut refusée par l'autorité religieuse. Les libéraux avancés saisirent cette occasion d’attaquer l'Eglise dans l'un de ses droits les plus sacrés, linviolabilité de la sépulture chrétienne, droit garanti par la constitution du pays, et dont Elle avait tou-
jours joui sans contestation. Deux avocats, coryphés du parti libéral et adeptes “clés de l'Institut, MM. Rodolphe Latlamme et Joseph Doutre, se chargèrent de forcer la main à l'Eglise, et de l'obliger par l'autorité civile à laisser inhumer
en terre sainte l'infortuné Guibord qui en avait perdu le droit par sa révolte. Ils intentèrent en conséquence à la fabrique de Montréal un procès scandaleux autant que dispendieux, et en profitérent pour émettre dans leurs plaidoyers les doctrines les plus anti-catholiques sur la constitution et les droits de l'Eglise, et les blasphèmes les plus impies. En voici quelques extraits :