F E. À. ARCH. DE QUEBEC
Comme il est facile de le voir, Mgr. l’Archevéque n'a répondu à aucune des objections fondamentales contenues dans la récusation de l'Evêque des Trois-Rivières.
10. Il n'a pas osé prétendre qu'une Université où méine uu Archevéque püt couper légitimement les communications entre un Evêque et le St-Siège :
20. Il n’a pas soutenu que les droits inhérents à la charge d'Évêque étaient saufs dans la sommation faite à l'Evèque des Trois-Rivières au sujet d’informations données au St. Niège ;
30. Il n’a pas établi que ces informations étaient des accusations, ou imatière de procês ;
40. Il n’a pas démontré que le Conseil de Surveillance universitaire avait juridiction sur les Evêques.
50. Il n’a produit ou cité aucune pièce qui lui communiquât, de la part du St. Siège le pouvoir de transformer ce Conseil en tribunal contre l’'Evèêaue des Trois-Rivières ;
60. Il n’a pas détruit la solidarité qu'il y a entre lui et l'Université au sujet des questions touchées par le Mémoire, n’a pas rejeté la responsabilité des “ Remarques ” publiées contre le Mémoire ;
To. Il n’a point fait voir qu'on peut être à la fois juge et partie dans un
débat, sans violer les règles de la justice, il établit sa compétence à présider un tribunal dans ces conditions ;
80. Il n’a pas expliqué les clauses VIII et XI de la Norma ou Règle du conseil de manière à prouver que le vote présidentiel n’est pas indispensable à une solution, et qu'en cas de divergence entre les Evêques la cause ne doit pas être portée à Rome ;
90. Enfin, il n’a pas démontré que les diverses parties du Mémoire sont divisibles, et qu’on peut porter justement et avec raison une sentence contre une partie du Mémoire sans juger le tout.
Le silence de l’Archevêque sur tous ces points capitaux indique assez l'irrégularité et l'injustice de la position dans la difficulté présente, et ne parle pas haut en faveur de l’Université.
Mais ce qui domine indubitablement toute cette affaire, c’est la déteriination arrêtée et imperturbable de cet institution et de son Chancelier de retenir à Québec absolument, malgré les plus fortes raisons, l'examen et l’appréciation des difficultés religieuses du Canada.
Cette prétention a de quoi nous surprendre, nous afliiger et nous effrayer tout à la fois.
On a dû remarquer que, dans ses lettres, l'Archevêque ne répond pas du tout à la proposition que lui fait l’Evéque des Trois-Rivières de demander ensemble une Délégation Apostolique avec mission d'étudier à fond les affaires religieuses du pays.
Comment donc le chef de l'Eglise pourrait-il remédier à nos souffrances si le Métropulitain aide an contraire l'institution dont on se plaint, à empêcher la connaissance entière du mal d'arriver jusqu'à Rome ?
Au Canada, on ne peut se dissimuler deux phases qui ont particulièrement marqué la lutte actuelle où l'Eglise a tant d'intérèt.
Pendant que l’Evêque des Trois-Rivières était à Rome occupé à préparer son Mémoire pour informer le St. Siège, on fit grand bruit à Québec pour l’effrayer, le détourner de son œuvre et même lui faire abandonner son siège épiscopal ; le Mémoire est à peine arrivé au pays que l'on fait à son auteur une guerre personnelle et implacable pour enterrer cette œuvre dans un Conseil
sompétent, présidé par un prélat adversaire. L'écho de cette persécution a ‘ini: la province.
Ces singuliers faits ont leur langage.
nel est maintenant l'esprit qui leur a donné naissance? Ce ne peut être assurément celui de l’amour du bien, de la charité et de la vérité. Il faut croire que le mal est plus grand qu'on ne le pense, tout ignoré qu'il soit du Métropolitain ; car de pareils symptômes ne naissent pas d'eux-mêmes.
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C'est pourquoi il nous parait nécessaire que l'action auprès du Souverain Pontife soit en raison directe de l'opposition faite aux renseignements dont le le St. Siège a besoin, en ces jours malheureux.
L'Evêque des Trois-Rivières a écrit, en conséquence, à Sa Nainteté Léon XLIL pour le prier humblement mais instamment d'envoyer au Canada, quand la chose lui paraitra possible et opportune, un nouveau Délégué Apostolique pour prendre une connaissance entière de nos difficultés religieuses, et lui en faire un rapport circonstancié et complet.
En attendant, l’auteur du Mémoire regarde comme un impérieux devoir de sa charge de refuter les “ Remarques ” publiées contre ses communications faites au St Niège, en rétablissant l’exactitude des faits et la rectitude des observations, dans l'intérêt de l'Eglise et de la patrie.
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LETTRES DE NN. SS. LES ARCHEVÊÈQUES DE MARTIANAPOLIS ET DE Sr BONIFACE APPROUVANT LE MÉMOIRE DE L'EVEQUE DES TROIS-RIVIERES SUR LES DIFFICULTES RELI- GIEUSES AU CANADA, 1882
Sault au Récollet, 20 Septembre, 1882.
Monseigneur,
J'ai lu votre Mémoire sur les Difficultés Religieuses au Canada, qui m'a vivement intéressé. Ayant été à même de suivre de près les évènements qui y sont consignés, et ayant même pris part à ces évènements, ce Mimoire me présente une histoire fidèle de ces Difficultés, qui nous ont si fort préoccupés.
Je dis avec raison une hisloire filèle, car tout y porte le cachet de l'authenticité; tout y est marqué au coin de la vérité; tout y présente l'empreinte de la charité et de la modération. Les détails nécessaires pour pouvoir apprécier à leur juste valeur les faits qu’il s'agissait de constater, y apparaissent sons leur vrai jour; et l'on n'y trouve pas ceux qui n'auraient pu qu'aigrir certains esprits mal disposés ou préjugés. Il ne s’y trouve assurément rien d'incertain ou d’exagéré.
Déchargé depuis plusieurs années du fardeau de la charge pastorale, et jouissant en paix du repos de la solitude, je puis, ce me semble, porter sans préoccupation un regard sur les temps orageux que j'ai traversés: et je puis en conséquence mieux apprécier vos sages et charitables ménagements.
En lisont cet excellent Mémoire, j'ai pu me convaincre de plus en plus que si le St. Siége a été mis en contradiction avec lui-même, on ne peut l'attribuer qu'aux ‘renseignements erronés qui lui ont été donnés. Or c’est là ce qui m'a aflligé davantage. Car le respect dû à ce Siège vénérable tient essentiellement au bien de la religion ; et tout est perdu, quand on n'a plus cette profonde vénération qui doit caractériser les vrais enfants de l'Eglise pour le Souverain Pontife.
Mais comme le St. Esprit l’inspire et le dirige, j'ai toujours esptré et j'espère plus que jamais qu’il lui fera connaitre quels sont ceux qui lui sont sincèrement dévoués, et qui travaillent tout de bon au triomphe et au maintien des saines doctrines. Je n'ai nul doute qu'il finira par rendre justice à ceux qui se sacrifient pour la défense des bons principes et le soutien de l'autorité.
Quant à l'humiliation qui revient aux laïques et au Clergé de cette province de toutes nos luttes avec les libéraux, je dois en prendre ma bonne part,
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ou plutôt je voudrais l’assumer toute entière sur moi seul; car je sais qu'il me serait bon de souffrir pour mes frères, d'autant plus que je n'ai plus rien autre chose à faire dans l'Eglise de Dieu.
J'ai l'honneur d'être bien véritablement, Monseigneur, De Votre Grandeur,
le très-humble et rei actueux serviteur, + IG. ARCH. DE MARTIANAPOLIS.
Mgr Luflèche, Ev. des Trois-Rivières.
Extrait d'une lettre de Mgr A. Tuché, archevéque de St Boniface.
St Boniface, 20 Octobre 1882.
Bien cher Seigneur et ami,
Il est plus que temps de répondre à la demande que vous m'avez faite, de vous donner mon appréciation sur le ‘“* Mémoire ” que vous avez présenté aux Cardinaux de la S. C. de la Prop. Comme je m'y attendais, ce document est très fort et très concluant. Il ne peut certainement pas être taxé d’exagération. J'aila confiance qu'il produira le résultat que nous en attendons, et éclairera la Congrégation sur l'état véritable de l'Eglise au Canada, cet sur les dispositions de ceux qui ont été représentés à Rome sous de si fausses couleurs.
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Après avoir étudié ce précieux document, je le trouve très fort, tout-àfait concluant ct de nature à faire la meilleure impression. Je vous félicite d'avoir eu jusqu'à ce point le courage de vos justes convictions. Le mémoire est digne de vous et de la noble cause, que vous défendez si courageusement. Vos convictions sont les miennes, et je pense comme vous, quoique je ne puisse pas le dire aussi bien que vous.
Faites-moi le plaisir de me tenir au courant de toute l'affaire, la plus importante en Canada, dans les interêts catholiques.
Je vous suis uni de cœur et d'affection, comme je le suis de convictions.
Votre frère tout dévoué en J. C.
f ALEX. ARCH. DE 8T. BONIFACE.
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