‹ Mémoire de l'évêque des Trois-Rivières sur les difficultés religieuses en Canada [microforme]Chapitre 84 sur 85 · RS D ESS · texte numérisé non relu

RS D ESS

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rectement et librement toutes les communications que leur conscience jugera opportunes.

Ce droit est attaqué dans l'Evêque des Trois-Rivières par Mgr. l'Archevéque de Québec, et par l'Université-Laval. Avant done de répondre aux deux dernières lettres de V.G., je veux traiter d'abord la question préjudicielle et fondamentale de pleine liberté épiscopale dans mes rapports avec le St-Niège

Agissant comme évêque, j'ai soumis à l'examen de la N. C. de la Propagane de un Mémoire sur les difficultés religieuses en Canada, La communication de ce Mémoire à l’Archevéque et aux évèques de la province, par un envoi fait à mon insu n'engage à aucun degré ma responsabilité devant les évêques et ne confère aucun pouvoir juridique au Métropolitain sur ce document, Il serait déjà exhorbitant au contentieux de désaisir le tribunal suprême d'une cause pour la ramener devant le tribunal inférieur, et encore plus, si c’est le tribunal que préside de droit un prélat à la fois juge et partie dans le débat. A plus forte raison est-il insoutenable qu'une autorité quelconque ait le droit de se jeter entre un évêque et le Nt-Niège, et d'essayer de transformer en une matière liti-

gieuse, des informations adressées d'office à la souveraine autorité ? Que deviendrait dans ce cas la liberté des évêques dans leurs rapports immédiats avec le chef de l'Eglise ?

La plainte, la contradiction, la justification ne peuvent donc se produire que là où s’est produite l'information ? Tous y trouvent justice et sécurité.

Je regarde en conséquence comme un procédé irrégulier canoniquement, la sommation que Mgr. l’Archevêque de Québec a cru pouvoir me faire au mois de Juillet dernier sur la demande de Mons. le Recteur de l'Université-Laval, Na Grandeur déclare Elle-même dans une lettre subséquente, qu'Elle s'attendait à une fin de non-recevoir. On ne peut dire plus clairement que l'Archevéque de Québes s'attribue à priori une juridiction sur les causes dont il sait que le St Siège a été saisi, et qu'il y a des questions sur lesquelles l’'Université-Laval s'arroge le privilège de couper les communications directes entre un évêque et le St-Siège. La réponse que vous avez obtenue et qui est signée par NS. E. le Card. Préfet de la Propagande ne justifie pas la tentative que vous avez faite contre moi, avant même d'en référer à Rome ; et depuis cette réponse mes droits d'évêèques restent dans leur intégrité.

J'ai adressé mon mémoire uniquement au Nt-Niège entendant user de mes droits d'évêque, je l'avais écrit avec la permission formelle du Souverain Pon-

tife, et j'en ai déposé un exemplaire aux pieds de Sainteté, et le souverain Pontife après l'avoir reçu, m'a promis de le faire examiner. Dès lors que S. E. le Card. Préfet de la Propagande, refuse de soumettre mon mémoire à l'examen de cette S. Congrégation, malgré les demandes réitérées que je lui en ai faites, et expédie sans m'en prévenir, à l'Archevêque et aux évêques du Canada, les

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exemplaires que je lui avais remis pour les Eminentissimes Cardinaux de la Propagande ; j'aurais le droit rigoureux et indéniable de retirer purement et simplement mon mémoire, En ne le faisant pas, je cède librement de mon droit et j'entends que le principe même de ma liberté reste intact.

Je dois piotester tout d'abord contre la double prétention de Mgr l'Archevêque et de l'Université-Laval; et je le signalerai avant tout dans l'enquête

générale que je vais provoquer.

Maintenant je veux répondre aux deux lettres que V. CG. m'a fait l'honneur de m'adresser dans l* courant du mois d'Octobre. Dans la première, Elle me cite devant le Conseii de Haute Surveillance pour y faire preuve d'une aflirmation générale, tirée d’une pièce justificative de mon mémoire. et portant sur trois professeurs de la faculté de théologie de l'Université-Laval. Elle me somme en même temps, de produire les noms de ces trois messieurs. Enfin Elle m'invite à fixer l'époque, où il me sera possible d'assister à une réunion de Conseil.

Dans la 2ième V. G. m'informe que la * Vorma Consilii” doit régler la constitution et les attributions du Conseil, le mode de procédure et la sanction des décision, qui peuvent être prises.

J'ai le regret de déclarer à V. G., que je suis en désaccord avec Elle sur ces points.

Par déférence pour S. E. le Card. Siméoni, Préfet de la Propagande, j'ai consenti à faire au Conseil épiscopal de Haute Surveillance universitmre les communications que j'étais libre de faire au St-Siège uniquement, ses règlements et les prétentions universitaires ne pouvant en rien limiter mes droits d'évêque, sur n'importe quel sujet. Mon Mémoire doit être examiné tel qu'il a été présenté, dans son ensemble et dans ses détails. C’est un exposé général qui ne peut être divisé. Si donc le Conseil de Haute Surveillance en est saisi, il doit avoir une juridiction assez ample pour juger la question universitaire, telie que lai posée, je veux dire dans toute son étendue, et par conséquent dans tous ses rapports avec les diflicuités religieuses en Canada.

Du reste, c'est le seul sens que je puisse donner à ces paroles signées par NS, Eminence le Card. Préfet : “ Amplitudo tua eidem Consilio Universitario interesse debet, et probare quidquid in Pro-Memoria asseritur contra universitatis regimen ejusque autecessores. ” Tout ce qui est avancé dans mon mémoire, est exprimé en affirmations générales, qui s'étendent aux facultés, aux professeurs, aux doctrines aux actes de l'Université depuis l'origine de cette institution!

Je dois faire et je veux faire ia preuve aussi large que l'aflirmation dans une enquête universelle. C’est mon droit et V, G. ne saurait imaginer une hypothèse qui puisse m'en faire départir. Laisser donner le change, et rétrécir

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h une question d'ordre général aux dimensions d'une question personnelle serait 7 au-dessous de ma dignité et contraire au but élevé que ma conscience d'évêque LA s'est proposé, en exposant une situation d'ensemble au Kt-Siège sur les difficul TU tés religieuses de notre province eu sur les causes qui les ont amenées.

14 | I suit de là que contrairement à l'interprétation de V. G.:

‘1 à 1° La séance du Conseil de Haute Surveillance doit avoir un caractère que 1% ne prévoit pas la “ Norma Consilii” caractère exceptionnel comme la cause dont le | À Conseil sera saisi ;

"17 2° La juridiction du Conseil doit être assez étendue pour examiner tout 4: mon mémoire avec lequel, la question universitaire à des rapports nécessaires, pee 3° Mgr l’Archevèque ne peut présider le Conseil parce que Sa Grandeur Mi: sera personnellement mise en cause; car il est de toute justice que ses remar- 4 MR ques sur mon mémoire soiennt examinées contradictoirement à ce mémoire. Us 1 Personne ne trouvera admissible que dans de telles conditions Sa Grandeur, (4 : WP conserve les prérogatives, qui lui sont assurées par la Vorma Consilit: Art. VII (à maorilas absolula....…. sufficiat ad adoplandam sententiam, incluse voto Presidentis. Art. HA XIV. Ad Rectorem...…... el solium de assensu saltem duorum ex:tribus incluso voto Presiden- F: tis Consilii superioris querelæ deferuntur : Ce dernier article inutile si quelque Recdi teur avait à répondre pour lui-même, deviendrait révoltant dans la cause

actuelle ; ! | 4° Les trois Messieurs de la faculté de théologie, dont il est question dans he, l’'appendice, n'ont aucun droit particulier dans l'enquête générale, et ils ne parviendront point à se constituer une situation à part ; ils viendror: seulement à leur tour, à leur rang;

5° Comme moyen des preuves l'évèque des Trois-Rivières se réserve non- % seulement de prendre ‘‘/ectiones velpera in quibus, vel occasio publica, in quà et testes 1 corèm quibus traditæ fuerunt” (proposiliones contra fidem, vel malè sonantes ete.) (Nor- 6 ; ma: Art. XI,) mais encore et principalement de citer et faire déposer sous la foi ‘1 du serment, tous les témoins jugés nécessaires. Du reste, les témoins dont l’appendice de mon mémoire rapporte les dépositions, viendront prendre la responsabilité de leur témoignage écrit. Ainsi cessera l’étonnante prétention que l’on a émise de me rendre responsable de ces témoignages ;

6° Enfin, je ne puis admettre que les sanctions de la Vorma soient suffisantes dans une question si grave. Il importe peu que deux ou trois professeurs soient convaincus, admonestés, ou même écartés. Rien ne sera fait, si le personl f nel, l'esprit et les tendances ne sont ramenés du même coup dans les voies tra-

cées par la bulle d’érection.

Sans ces conditions que je viens de dire, je ne puis donner suite à la penpe sée que j'avais acceptée de remettre mon mémoire à l’examen des évêques ; Le mais dans ces conditions non-seulement j'accepte, mais je demande une enquéte générale et approfondie. Tout autre chose, Mgr, à votre insu et malgré vous

serait une intrigue, et je la repousse, Comme vous le voyez, une autorité plus haute, plus indépendante, doit présider à cette grande et nécessaire enquête, J'en avais la conviction en adressant mon mémoire uniquement au St-Siège, et je regrette que V. CG. ait cru possible de faire traiter nne telle question devant le Conseil de Haute Surveillance ; dans les limites étroites fixées par la Norma. Les proportions de la cause dépassent les attributions d'un Conseil ordinaire Mais voici une contradiction inexplicable! V. G écarte Elle.même sur un point capital cette Norma qu'Elle voudrait imposer: l'art. XI a cette clause finale ; Quod si inter episcopos ipsos, quo absit orialur hac in re diserepantiu, ullerius non procedatur donec sancta sedis oraculum habæalur,

Depuis la décision de S. E, le Card. Préfet de la Propagande, V. G. nous a communiqué ses Remarques sur mon mémoire, et ainsi Elle a pris position contre ce document. La dissidence entre nous est authentique. La Norma d'après vous reste la règle ; et cependant au lieu de référer la chose au Nt-Niège comme elle le prescrit vous retenez la cause malgré la Vorma. Cette Norma n'est donc point pour vous une règle inflexible, s'il y a quelque exception sur ces points, pourquoi l'exception, n'est-elle point spécifiée dans la lettre de son Eminence ? Au moment ou Non Eminence signait cette lettre, Elle ignorait sans doute l’attitude opposée prise par V. G. dans ses remarques sur mon mémoire, D'ailleurs si la clause finale de l'art, XI devait être suspendue ne serait-ce pas réellement un tribunal déguisé que l’on chercherait à préparer contre l'évêque des Trois- Rivières ?

Cette situation impossible a échappé à l'attention de V. G.; il suffit de la lui signhler pour qu'Eile recule devant une telle procédure si arbitraire, qui du reste ne sera pas acceptée.

La lumière est nécessaire pourtant et nous la désirons tous ardemment. J'espère donc que V. G. voudra bien dans ce but, m'aider à obtenir du St-Siège un Délégué Apostolique qui vienne régler nos différends.

Si ce haut représentant de l'autorité suprême est accepté de tous les évéques ; s’il a pour mission d'entendre tous les témoignages, et d'étudier à fond toutes les causes de notre désaccord ; je ne doute pas qu'il ne travaille avec succès à l'œuvre si importante de la pacification.

En finissant, Mgr. je dois déclarer à V. G. qu’il m'est impossible de laisser ignorer au Souverain Pontife comment l'Archerèque de Québec et l'Université- Laval entendent la liberté et les droits des évêques en Canada dans leurs rapports avec le Souverain Pontife; je prends des mesures pour faire parvenir à Sa Sainteté la lettre que j'ai l'honneur de vous adresser en ce momont.

Je demeure avec la plus haute considération, De Votre Grandeur le tout dévoué serviteur f L. F. Evèque pes TRoIS-RIVIÈRES.

Après cette lettre, il y eut un échange de correspondances qui portent en elles des explications lucides et suflisantes. Nous nous bornerons à les reproduire.

De

SA G. Mér. L'ARCH. DE QUEBEC A L'EV. DES TROIS-RIVIERES QUEBEC, 15 NOVEMBRE 1882

Mgr. L. F. Laflèche, Ex. des Trois-Rivières.

Monseigneur,

En réponse à la lettre de V. G. du 8 courant.

1°. Je ne me repents nullement d’avoir écrit comme je l'ai fait dans mes lettres du 16 et du 95 juillet. Je comptais sur la loyauté de V. G. pour connaitre au moins les noms des membres de la faculté de théologie que V. G. accuse de libéralisme ; à mon grand regret, j'ai constaté une fois de plus que les ennede Laval réclament le droit de tout affirmer contre elle sans le prouver.

2°, Votre Grandeur me cite une phrase tirée d’une lettre que lui a adressé le Cardinal Siméoni: ‘ Amplitudo tua eidem consilio universitario interesse ‘debet et probare quidquid in pro-memoria asseritur contra universitatis ‘ regimen et ejus ante cessores ”.

Ce court extrait isolé de son contexte ne laisse p*s connaitre au juste de que] mémoire il s'agit. D’après une lettre du Cardinal à moi adressée le 27 Avril et une autre du 14 Septembre au Recteur, je suis tenté de croire qu'il est question du mémoire relatif à l'établissement de la succursale.

20, Mais en supposant que le Cardinal parle du * mémoire sur les difficultés religieuses ” il se présente diverses remarques à faire.

(a) Il s’agit du conseil de haute surveillance établie par la bulle de Pie IX et dont les attributions et procédés sont réglés par la Norma sanctionnée par le St-Siège.

(b)—Il s'agit des assertions du mémoire contrà universitatis regimen et ejus ante cessores comme le dit la lettre, ou, en d’autres termes, de la foi et de la morale ou encore de l’enseignement et de la conduite des professeurs, seules matières de la juridiction de ce tribunal.

(c)—Le mémoire renferme en outre des assertions contre In propagande, le St-Ofice, Mgr Conroy et l’Archevèque ; ces accusés ne sont pas évidemment sous la juridiction du Conseil auxquel le Cardinal renvoie V. G.

(d)—1i y en a outre dans le dit mémoire des questions historiques et politiques dont on ne peut dire. Mundum tradit dit Deus disputationibus hominum.

Ces accusations fort distinctes les unes des autres, V. G. veutles mêler et les confondre ensemble pour échapper autribunal auquel le préfet de la propa-

int en duire.

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gande renvoie V. G. avec ordre d'y prouver tout ce qu'Elle a avancé contre l'Université et ses directeurs.

En limitant ainsi le champ à explorer, le cardins! qui connaissait parfaitement ce qu’il y a dans le mémoire, a distingué et exclu les autres questions. Veuillez agréer, Mgr, l'assurance de mon dévouement.

t E. À. ARCH. DE QUEBEC.

XT L'EVEQUE DES TROIS-RIVIERES A MGR L'ARCH. DE QUEBEC. { Evêcrté DES TROIS-RIVIÈRES, } 21 Novembre 1882.

Mer. E. À. Tuschereau, Archevéque de Quéher:.

Monseigneur,

Voici la réponse que j'ai l'honneur de faire à la lettre que Votre Grandeur

m'à adressé le 15 du courant :

do. V. G. commence par déclarer qu'elle ne se “repent nullement d’avoir égrit comune l’a fait daus ses lettres du 16 et du 25 Juillet. ”

Je regrette que ce soit là la seule réponse que puissent obtenir les considérations si graves que j'ai du Vous présenter sur mes droits d'évêque dans mes rapports avec le St-Siège. Mon regret est d'antant plus vif que votre première lettre du mois de Juillet était non une simple demande, mais une sommation en règle basée sur un mémoire uniquement destiné à la SN. C. de la Propagande pour l'information du St-Siège sur les difficultés religieuses de notre province. C'était porter atteinte au droit et à la liberté qu’à tout évèque de faire connaitre au Nt Niège ce qu'il croit utile au bien de la religion, sans que le Métropolitain, ou une université puissent intervenir et couper ces communications. Il ne me reste plus sur ce point qu'à informer V. G. que si des démarches de cette nature se renouvellent, le silence suflira pour me garantir, sans qu'Elle ait lieu de s'en étonner.

20. V. G. me représente ensuite que la seule phrase extraite d'une lettre signée de Son Eminence le Cardinal Préfet de la S. C. de la Propagande “ne laisse pas connaitre au juste de quel Mémoire il s'agit ”.

Le Mémoire sur les difficultés religieuses en Canada étant le seul que j'eusse alors présenté à la S. C. de la Propagande, je ne pouvais soupçonner qu'il s’élevât un doute sur ce sujet dans l'esprit de V.G. D'autant plus que Ja lettre de $. E. référait à la réponse qu'Elle envoyait en même temps à M. le’Recteur de l'Université au sujet de ce Mémoire. Æf in üs lerminis, hodie ipso, respondi Rectori universttatis Lavallensis.

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D'un autre côté V. G. savait par la lettre de M. le Recteur qu'Elle m'a communiquée que S. E. l'avait informée qu'Elle m'écrivait au sujet du même Mémoire je ne puis donc en réalité comprendre comment le doute à pu s'élevêr dans l'esprit de V. G. sur le Pro-memoria visé dans la lettre de N. E. le Card. Préfet. Quant au “ Mémoire relatif à l'établissement de la Suceursale ”, dont parle V. G., il ne pouvait en être question, parceque ce Mémoire n'existe point, je n’en ai ni fait ni pré enté à la S. C. de la propagande pendant mon séjour à Rome, parceque N. E. le Card. Préfet, m'a dit plusieurs fois que cette affaire était référée aux évêques de la Province ;

80. V. G. continue : “ Maïs supposant que le Cardinal parle du “ Mémoire sur les diflicultés religieuses ” etc.

Dans ce cas la première chose à faire était d'éclaircir le doute, et de savoir au juste de quel Mémoire N. E. entendait parler. Je suis étonné que V. G., sans éclaircir son doute et sur une simple supposition m'ait fait une nouvelle sommation si pleine d'assurance, fixant Eile-même l'objet du débat, le restreignant. à trois professeurs de théologie, et faisant dire au Cardinal ce qu'il ne dit pas. Je retrouve parfaitement dans votre interprétation les visées de l’université ; mais je n'y retrouve pas'la pensée du Cardinal ;

do. V. G. veut bien me rappeler l’origine auguste de la Norma J'espère, Mgr , que rien dans ma lettre du 3 Novembre ne rendait nécessaire cette leçon de respect. J'ai dit seulement et démontré que la Vormna n'avait pas prévu un cas exceptionnel comme le présent, et que par conséquent, elle ne pouvait sufhire. Mais en même temps V. G. ne daigne pas me dire quel e âpplication elle entend faire de la clause finale de l’article XI qui pou voit au cas d’une divergence d'opinion entre les évêques, en défendant d'aller au delà, et en ordonnant de s'adresser au Nt-Niège. V. G. se préparerait-Elle par hasard à violer résolûment sur un point de cette importance une règle pour laquelle, Elle réclame avec tant d'autorité le respect dû aux autres ?

50, V. G. distingue les différents sujets dont parle mon Mémoire, il y a des assertions contre l'université et ses Directeurs, des accusations contre la Propagande le St. Office, Mgr. Conroy et l’Archevèque ; des questions historiques et politiques etc.

J'observerai d’abord à V. G., que ces distinctions ne sont pas exclusives les unes des autres; elles ont des points communs elles rentrent les unes dans les autres sur des faits très-importants.

Voilà pourquoi j'ai élargi le champ de l'enquête et de la preuve à faire dans toutes l'extension que comporte la lettre de S. LE. et c'est par là que j'ai prouvé que les attributions d’un Conseil ordinaire ne suflisaient pas. V.G., au contraire a voulu le rétrécir aux limites étroites d’une question personnelle et le restreindre à trois professeurs de théologie, qu'Elle dit être accusés de libéralisme.

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J'observerai en second lieu que le mot accusation, ne se trouve point dans la lettre du Cardinal; ce mot appliqué aux expositions de faits qui sont dans mon mémoire est une outrance imméritée, car ce mémoire n’est ni un réquisitoire, ni un acte d'accusation, mais bien un exposé des diffiécultés religieuses de notre province et des causes qui les ont amenées, comme l'indique clairement letitre qu'il porte, et c’est comme évêque, et pour l’acquit de ma conscience, que j'ai fait cet exposé au St-Niège, parceque j'étais convaincu, comme je le suis encore, que là seulement pouvait se trouver le remède à nos maux. J'ai fait comme le malade, qui sonffre : il expose au médecin les divers symptômes de sa maladie, il en indique les diverses causes, autant qu'il a pu les connaitre, afin que le médecin ainsi éclairé puisse appliquer les remèdes les plus propres à ramener le malade à la santé.

V.G en réduisant le débat à une simple question personnelle concernant trois membres-de la faculté de théologie et laissant de côté le reste, fait comme le médecin qui ne voudrait tenir compte que d'un symptôme de la maladie de son patient. Voilà pourquoi dans la conviction où je suis que ce remède est insuffisant, j'ai demandé une enquête générale pour juger la question universitaire, telle que je l’ai exposée, je veux dire dans toute son étendue, et par conséquent dans tous ses rapports avec les difficultés religieuses en Canada car c’est le seul sens que je puisse donner aux paroles de la lettre de Son Eminence le Cardinal Préfet de la Propagande.

Non seulement V. G. réduit le débat à une question personnelle, mais Elle veut l'envoyer devant le Conseil ordinaire de haute surveillance, c’est-à-dire devant un tribunal dont Elle est Elle-même le président et qui ne peut prendre de décision par sa majorité, sans le vote de ce président; et cela après qu'Elle s'est Elle-même prononcée sur la question dans ses Remarques sur mon mémoire ! œ

Voilà pourquoi j'ai demandé encore que ce fut un Conseil exceptionnel comme la cause qu'il doit examiner et présidé par une autorité plus haute que l'autorité ordinaire: et puisque veus vous êtes constitué partie dans le débat par vos remarques sur mon mémoire, j'ai aussi demandé que ces remarques fussent examinées contradictoirement dans ce Conseil exceptionnel.

Ainsi V. G. voit que je ne refuse pas de faire la preuve qu’elle me demande, puisque je demande de la faire beaucoup plus large et plus complète, et dans un conseil pourvu à cet effet de toute la juridiction et de toute la liberté né3essaire pour l'entendre eflicacement. Et c’est en présence de ces faits que VW G. n'hésite pas à mettre en question ma loyauté, et à m'adresser cer paroles étranges. ‘“ À mon grand regret j'ai constaté une fois de plus que les ennemis de Laval réclament le droit de tout affirmer contre elle sans le prouver !

60, Il y e plus, V. G. prétend même que j'ai mis en accusation la $. C. de la Propagande, le St-Office etc.

Vous conuviendrez au moins qu'un évêque, qui veut accuser la N. C. de la Propagande, et les prélats qui en dépendent, ne peut agir avec plus de franchise ni plus d'utilité qu'en s'adressant à cette SN. Congrégation Elle-mëême. Cela prouve assurément que cette évêque est plus soucieux d'être véridique que d’être habile, et tient plus à informer exactement qu’à intriguer. Au reste, la S. C. de la Propagande est assez éclairée pour comprendre la partie des Mémoires qu'on Lui adresse, et assez puissante pour se défendre Elle-même. On s'étonnera sans doute qu'un Métropolitain, sans y être obligé par ses devoirs. ni autorisé par ses droits, ni invité par la N. Congrégation, pousse le zèle officieux, jusqu’à aider la S. Congrégation de la Propagande à comprendre les prélendues accusations dont on la charge dans les mémoires adressés à Elle seule.

Permettez-moi en finissant d'exprimer le regret que V. G. ne me promette pas son concours pour obtenir un Délégué Apostolique qui vienne provoquer et présider une enquête générale, comme je l'ai demandé.

Je connais trop les égards que je vous dois pour dire que vous cherchez à amoindrir l'enquête afin de détourner l'attention de nos supérieurs hiérarchiques, et d'échapper à la nécessité de faire la pleine lumière sur les causes de toutes nos diflicultés religieuses, ce qui est le seul moyen, je le repète, de ramener la concorde et la paix dans notre province. Mais je dirai que vous avez voulu constituer indirectement un #ribunal réel pour y faire paraitre en accus l'évêque des Trois-Rivières, sous le couvert de l'autorité de la Propagande, ce qui n’est certainement point dans la lettre de NX. Eminence, Cependant, je n'en demeure pas moins.

De Votre Grandeur, le très-humble et tout dévoué serviteur,

RP es - + L. F. EVEQUE DES TROIS-RIVIERES.

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Mer. L'ARCH. DE QUEBEC A L'EVEQUE DES TROIS--RIVIERES. QUEBEC, 25 NOVEMBRE 1882.

Mgr. L. F. Laflèche,

Ewv. des Trois-Rivières.

Monseigneur,

En réponse à la lettre de V. G. du 21 courant, 10. Les lettres du Cardinal, en date du 27 Avril, adressée à l’Archevêque et du 14 Septembre adressée au Recteur, sont si formelles et si explicites, que je ne puis admettre sans hésitation le sens donné par V. G. à la petite phrase isolée de son contexte, qui a été

extraite d'une lettre adressée à V. G. le 14 Septembre c.-à-d. le même jour qu'au Recteur.

20. Quant au mémoire sur les difficultés religieuses, je maintiens tout ce que j'en dis dans ma lettre du 25 courant.

30 V. G. me demande quelle application j'entends faire de la clause finale de l’article XI de la Norma. Dans cet article, il s’agit de la doctrine et non du fait. Mon avis est qu'il faut commencer par le commencement et finir par la fin. Quand la doctrine aura été examinée par les évèques en la manière prescrite au commencement de cet article, on verra ce qu'il y aura à faire conformément à la clause finale.

40. Il est plus facile d'aflirmer que de prouver que j'ai fait dire an Cardinal ce qu'il ne dit point, dans le petit bout de phrase cité par V.(G. J'ai travaillé sur la matière qui m'a été fournie sans essayer de deviner ce que peut cacher le contexte, car c'eût été peine perdue.

50. Votre Grandenr me menace de ne me répondre que par le silence, Elle trouvera bon sans doute que je mette fin à toute correspondance ultérieure «ur cette affaire, tant que cette menace n'aura pas été retirée.

Veuillez agréer, Monseigneur, l'assurance de mon dévouement.

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