‹ Mémoire de la baronne d'OberkirchChapitre 184 sur 220 · CHAPITRE xxxviir. 3S · texte numérisé non relu

CHAPITRE xxxviir. 3S

alors que je l'aime bien sincèrement, et toujouis, avec la même vivacité. J'attends avec impatience de tes lettres, chère Lanele, pour que je voie écrit de ta main que tu te sens mieux, et ce ne sera qu'alors que je bannirai toute inquiétude de mon àme. Tu sauras, sans doute, chère Lanele, par notre bonne et adorable maman, toutes les peines qui m'accablent, et toutes celles qui m'attendent. Je t'avoue que c'est un poids qui m'accable. Tous mes efl'orts pour les soutenir sont au-dessous de ceux qu'il me faudrait pour les supporter. La réflexion aigrit ma douleur; elle ronge mon cœur; que ne sera-ce pas dans ce terrible mois de février ! Juge, chère Lanele, que l'absence qui me menace sera de neuf mois, car, avant le commencement de novembre, je n'ose pas espérer de revoir mon cher mari. J'en serai éloignée à des milliers de werstes ; il sera exposé à tous les dangers de la guerre contre des barbares, à ceux de l'afïreuse maladie qui en est la suite, et à ceux de ce climat malsain qui n'épargne guère personne. Juge, après cette esquisse, des sentiments que mon àme doit éprouver. J'avoue que je crois qu'un mallieureux aux galères jouit de plus de calme que je n'en éprouve dans ce moment, car il soufi're seul, il ne sait aucun des siens dans le danger ; au lieu que moi je tremble pour les jours de celui pour la conservationduquelje sacrifierais volonliersles miens. Plainsmoi, chère Lanele, donne quelques larmes à mes peines; ta compassion en adoucira l'amertume. J'eni-

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