CHAPITRE XXXIX
parfaitement libre , mais après qu'elle se serait reposée un peu, il craignait de l'avoir fatiguée par ses exercices. Elle dormit environ un quart d'heure , puis elle dit d'elle-même qu'elle désirait parler au maréchal. ^
— Je sais ce qu'il va me demander, et j'ai des choses tristes à lui apprendre.
M. de Stain ville la pria de dire tout haut quelle était sa pensée.
— Vous vous préoccupez des affaires du temps , vous voulez savoir quel sera l'avenir de la France et surtout celui de la reine.
— C'est vrai, répondit le maréchal fort étonné.
Il courait alors en France et à l'étranger plusieurs prophéties de différentes personnes. Ces prophéties trouvaient assez de créance : celles de M. Cazotte , surtout. Bien des gens les lui avaient entendu prononcer, et il était impossible de nier leur existence. Mais elles annonçaient des choses si extraordinaires , on disait alors si impossibles, que la raison devait les repousser dans la classe des rêves et des exagérations. M. de Stainville, comme beaucoup d'autres, désirait un éclaircissement sur cette prophétie. Cette enfant d'outre-Rhin n'en avait certainement jamais entendu parler, il était curieux de savoir si ses paroles se rapporteraient à celles du visionnaire. C'était déjà un fait bien étrange que de voir sa pensée di» vulguée avant qu'il eût parlé.
En ce moment entra le marquis de Peschery, li(?u-