‹ Mémoire de la baronne d'OberkirchChapitre 190 sur 220 · II · texte numérisé non relu

II

tenant du roi à Strasbourg; on lui expliqua en peu de mots de quoi il s'agissait, et il prit place. Ce n'était ni un homme convaincu, ni même un homme bienveillant pour le magnétisme. Le maréchal répéta sa question.

— J'ai besoin de penser quelques minutes avant de vous répondre positivement, monsieur; ce sont des choses si graves et si singulièrement embrouillées encore.

— - Dites-moi d'abord si les prédictions dont j'ai connaissance , celles que j'ai entendu faire , sont véritables, s'il faut y ajouter foi ?

— En tout point, répondit-elle sans hésiter. Nous nous regardâmes tous; quant à moi, je vous

assure que le frisson me prit. J'avais justement lu la veille la fameuse prophétie de M. Cazotte, envoyée en Russie par M. de La Harpe, et que la grande-duchesse m'avait fait passer. i,

— Quoi ! dit le maréchal, tout arrivera ainsi qu'il j est dit. !

— Tout et autres choses encore. [

— Quand cela sera-t-il ?

— D'ici à fort peu d'années.

— Mais encore , ne pouvez-vous préciser le temps?

Elle réfléchit un instant, puis elle ajouta :

— Cela commencera d'éclater cette année même, et cela durera peut-être au moins un siècle.

— Nous n'en verrons donc pas la fin ?

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