‹ Mémoire de Priscille Quertier de Guernesey: conforme aux extraits de son journal et de ses lettresChapitre 1 sur 19 · LIBRARY · texte numérisé non relu

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PEÉ'FACE.

Lectetj», — La vérité représentée à un degré remarquable, par un bien jeune entant du Seigneur, un mémoire dans lequel son œuvre journalière est produite, par des extraits dans son journal quoique court, sera indiquée dans ce petit ouvrage. Celui qui aura le privilège de lire les pages suivantes, verra clairement que, dès ses tendres jours, elle était attirée et enseignée, par son Père Céleste, à marcher dans la voie de ses commandements ; et, d'une manière évidente, elle suivit la lumière de sa Parole, qui la fit passer des ténèbres à sa. merveilleuse lumière, et dans la glorieuse liberté des Enfants de Dieu, et après il pourra voir qu'elle se réjouissait dans la pensée que son séjour ici-bas ne serait pas long, mais que les rayons glorieux du Soleil de Justice étaient sa confiance et son soutien quand elle viendi^ait à passer la vallée de l'ombre de la mort, et pouvait en vérité dire, je ne crains aucun mal» car le Seigneur était son espérance et son salut, qui lui donna la victoire sur la mort, l'enfer et le sépulcre.

^' Oh ! combien est béni l'enfant du Seigneur, QuanE il est enseigné par son Père Céleste, Et conduit par la lumière de Jésus son Sauveur, n se réjouit dans Tespérance du repos qui lui reste."

iy PBÊFACE.

Ceux qui liront cette préface feront bien de parcourir les extraits de ce petit journal avec une profonde attention^ et, en les lisant, chercher à avoir leurs pensées assujetties et soumises à la voix du même esprit, qui a mené, conduit et gouverné cette jeune dévouée, et consacrée au service de son Dieu, et qui, par la grâce à elle accordée, pouvait adopter ce langage: "J'ai combattu le bon combat^ j'ai fini ma course, j'ai gardé la foi, au reste la couronne de justice m'est réservée, que le Seigneur juste juge me donnera en cette journée-là, non pas à moi seulement, mais à tous ceux qui auront aimé son avènement,"

Sa vie dans ce monde fut de courte durée, mais ce fut toujours celle d'un enfant doux et soumis, qui travailla au service de son Divin Maître, avec zèle et pei'sévéï'anco le reste du temps que le Seigneur lui accorda sur cette terre, après l'avoir éclairée par sa divine lumière.

Le cher sujet de mémoire désirait et souhaitait, tout particulièrement, que ce petit ouvrage fut publié, nonobstant la manière claire et distincte dont elle s'exprimait dans ses écrits, cependant on les a revisés tout en les laissant dans le sens qu'ils avaient et qu'elle voulait les avoir avant leur publicité, et aussi, après les frais d'impression défrayés, le résidu, s'il y en a, fut distribué aux pauvres.

MEMOnŒ DE PRÏSCILLE QïïEETIER

Lecteur,— J'ai eu le désîr, en écrivant ces pages, de raconter ce qui reste dans ma mémoire de ma conversion.

Premièrement, depuis Tannée 1864, le Seigneur commença à me faire éprouver une mauvaise santé, surtout pendant Thiver. Mais c'a été pour mon bien; gloire soit rendue à son saint nom. D'abord, le soir, quand je me déshabillais, je pensais que j'aimerais à jouir de la paix, et qu'ensuite j'exhorterais ceux de ma famille et d'autres, et il en est ainsi maintenant par la grâce de Dieu qui m'a été donnée. C'était la dernière journée de l'année 1868. Je ne m'habillai que l'après-midi, et je me couchai quand je le trouvai nécessaire, etj toute la soirée, je pensai et méditai sur le Sauveur. Je crois que j'avais médité pendant une heure, quand ma voix éclata tout-à-coup comme si j'eusse été en détresse, je criai : " Seigneur, Seigneur, j'ai péché, j'ai péché contre toi proprement," et je fus dans une grande angoisse d'esprit, mais je pensais à ses promesses: " Quand tes péchés seraient comme le cramoisi^ ils seront blanchis comme la neige, et quand ils

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seraient rouges comme le yermillon, ils seront blancs comme la laine;" et encore, " Celui qui a commencé son œuvre en moi ne tardera pas à l'accomplir." Je passai la nuit dans cet état^ me laissant entre les bras de Jésus. Le lendemain» Vendredi^ le premier jour de Tan, je ne me trouvais pas encore en paix> mais je la cherchais de tout mon cœur. Je restai dans cet état jusqu'à l'aprèsmidi du Dimanche^ alors il me passa sur l'esprit^ " Tiens ferme co que tu as^ de peur que personne ne prenne ta couronne." Cela m'encouragea beaucoup, et je passai le reste de la journée, avec cette consolation dans mon cœur. Le lendemain, puis le jour suivant, avant le déjeuner, il me passa dans l'esprit : Ne crains point, ma fille, tes péchés te sont pardonnes, mais je ne fis attention qu'à ces mots, ne crains point, ma fille, parceque que je ne croyais pas que mes péchés fussent pardonnes. Je cherchais encore de plus en plus, et pendant cette journéelà plusieurs passages se présentèrent dans mon esprit, ceux-ci : ^' Je ne vous laisserai point orphelins, je viendrai à vous," encore '^ Comme un père est ému de compassioa envers son enfant, aussi l'Eternel est ému de compassion envers ceux qui le craignent," aussi, " Rassure-toi," et enfin le dernier fut comme le premier, '^ Ma fille, tes péchés te sont pardonnes," et sur cela, je compris que c'était le Seigneur qui me parlait, et j'y ajoutai foi, mais pas une foi aussi vive que celle que je ressens maintenant, parcequ'elle s'est toujours augmentée de plus en plus, depuis que je reçus le précieux don de la foi. Je ne trouvais pas cette paix si profonde, quoique je fusse bien encouragée, et mon cœur s'attendrissait quand quelque passage me frappait, je le prenais pour moi-même, je croyais que le Seigneur me garderait jusqu'à ce que je fusse assez

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mûre pour la Jérusalem d'en-haut; je me rappelais de temps en temps des passages que je pouvais dire que c'était le Saint-Esprit qui me parlait, ils m'encourageait beaucoup, mais ma foi était encore faible. J'ai encore la mémoire de ce passage^ " Je te ferai être une colonne dans le temple de mon Dieu," et je crois qu'il en sera ainsi. Tout ce temps-là, j'étais en bouton, mais je mûris depuis le 4 Juin. Une après-midi, je fus comme ravie dans mon esprit, il me semblait que je voyais mon enterrement, et que les personnes présentes s'entredemandaient quel était mon nom, et où était mon âme, et j'entendis une voi:^ qui disait: Au cieL Depuis j'ai été si encouragée et si heureuse, que je voudrais que tous me suivissent. J'ai maintenant cette foi qui me fera croître et mûrir pour le ciel. O gloire, honneur, louange et force, soient rendus à Jésus qui seul m'a appelée 4es ténèbres à sa merveilleuse lumière, qui durera au siècle des siècles. Amen.

Le 5 Juin. — Je suis bien faible de corps, mais dans le même sentiment d'âme ; il me semble que je voudrais dire à tous, venez, suivez-moi, et vous ne perdrez pas la bonne part. Cette après-midi, il m'a été dit, '^ Une couronne de gloire est préparée pour toi," cela m'a encore plus encouragée à penser à cet aimable Sauveur.

Le 6. — Je suis mieux de corps et dans les mêmes dispositions d'âme. Le pasteur Lucas est venu me faire une visite après le service du matin, et il m'a encouragée à continuer dans ce bon chemin. Ma coupe est pleine, je puis dire. Seigneur élargis-la, afin qu'elle en coutienne d'avantage.

Le 7. — Je me trouve la même chose de corps et

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d'esprit ; il m'a été révélé, que je laisserai mon journal pour encourager d'autres à me suivre^ tandis que je posséderai la couronne de gloire.

Le 8. — On a regardé ma jambe, elle est un peu plus enflée que de coutume; j'en ai eu un peu d'émotion mais j'ai encore pu dire que la volonté du Seigneur soit faite^ ta grâce me suffit. Oh I je voudrais encore être plus remplie d'amour pour ce charitable Sauveur qui a donné sa vie pour moi, et pour tous ceux qui croient en lui ; et après la récompense de la vie éternelle.

Le 9. — La nuit dernière, je me trouvais en communion avec mon Dieu ; le passage ** Il veille et ne sommeille point," était beaucoup dans mon esprit ; mais Satan a voulu me faire croire que ce n'était pas ainsi, mais je sais qu'il a été et est menteur dès le commencement. O mon âme, que rendrai-«je à l'Eternel, tous ses bienfaits sont sur moi, mon âme loue-le, et le bénis â jamais. Je me trouve détachée des choses de la terre, j'aimerais mieux rester sur mon lit de maladie, aussi longtemps qu'il plaira au Seigneur, que de marcher dans les voies et les «vanités de ce monde, mais il faut que je tienne ferme et sois fidèle, *^ celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi-même j'ai vaincu, et suis assis avec mon Père sur son trône." J'ai la confiance qu'il mé donnera la grâce de persévérer jusqu'à la fin.

Le 10. — Un autre jour de passé qui ne reviendra plus, mais qui nous approcha tous du jour de la venue <lu Sauveur, jour où il bénira les siens, en leur disant : '^ Venez, vous bénis de mon Père, possédez en héritage le royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde ;" mais il maudira ceux qui n'auront point obéi à ses commandements, disant: *^Je ne vous ai jamais

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connU; retirez -vous de moi> vous qui faites métier d'iniquité." O puissions-nous tous être de ceux qui seront à sa droite^ afin de chanter ses louanges à jamais.

Le 11. — Je me suis éveillée la nuit passée^ et ce passage m*est venu à l'esprit^ *^ Encore un peu de temps^ et le monde ne me verra plus^ mais vous me verrez, parceque je vis, vous vivrez aussi.** O, je tarde à quitter cette terre pour chanter ses louanges, mais que la volonté du Seigneur soit faite et non pas la mienne; '^ Satan va comme un lion cherchant qui il pourra dévorer," il a voulu, me distraire de mon bonheur, mais le Seigneur est de mon côté, je ne crains point.

Le 12. — C'était ce passage qui m'est venu à l'esprit, " Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix, je ne vous la donne pas comme le monde la donne, que votre cœur ne soit point troublé ni crainrtif." " O mon âme, loue et b^nis l'Eternel pour tous ses bienfaits à jamais, c'est lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes infirmités, qui garantit ta vie de la fosse, et qui te couronne de gratuités et de compassions."

Le 13. — Dans l'après-midi, j'ai eu la visite d'un ami qui m'a beaucoup encouragé, et aussi ce passage : '^ Mes brebis entendent ma voix, je les connais, et elles me suivent, et je leur donne la vie éternelle, elles ne périront jamais y et personne ne pourra les ravir de ma main. Mou Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir des mains de mon Père. Moi et mon père, nous ne sommes qu'un." O ce Dieu est un Dieu d'amour et de compassions, car s'il n'en était pa3 ainsi^ la créature serait bientôt consumée. Les richesses de sa bonté envers elle, quoique si indigne^ sont inexprimables et sans fin. Mais il est dit que c'est

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par de grandes tribulations qu'on entre dans le royaume des cieux. Je puis reciter ce cantique :

" C'est ta grâce que j'implore, Viens, O Dieu, me soulager ; Ou, s'il faut souflaîr encore.

Descends pour m' encourager.

Donne moi la patience Dans les tribulations.

Et soutiens ma confiance Par tes consolations."

Le 14. — O mon âme^ prends courage à méditer de plus en plus avec zèle sur ce doux Sauveur^ car le temps est court, et on n'aura jamais assez fait pour lui; c'est tout par grâce: à lui soit toute gloire, tout honneur, toute louange et toute force au siècle des siècles. O que '^bienheureux sont les morts qui dès-à- présent meurent au Seigneur, oui, pour certain, dit l'Esprit, car ils se reposent de leurs travaux et leurs œuvres les suivent," puissions- nous tous être du nombre de ces bienheureux, là, il n'y aura aucun péché, ni aucune sorte d'impureté, ni de souffrance, ni de deuil, mais paix, joie et amour en notre Seigneur Jésus-Christ O j'attends le moment de jouir du bonheur là-haut, qui ne finira plus, mais il faut que je sois patiente, et que j'attende le temps de son bon plaisir, auquel il me dira: '^ C'est assez, monte ici." Quel changement ce sera pour moi de quitter cette terre de péché, pour jouir à jamais des délices dans la Canaan céleste.

Le 15. — Aujourd'hui, je me suis trouvée si encouragée que je puis dire comme David: " Ta parole me remet envie." Quelles douces paroles. ''Je suis le pain de vie," dit Jésus, sa présence est un rassasiement de joie. J'ai cherché une consolation dans les Saintes-Ecritures,

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et je me suis arrêtée sur ces passages : '' Continue à déployer ta faveur sur ceux qui te connaissent, et ta justice sur ceux qui ont le cœur droit, car Dieu ne nous a point donné un esprit de timidité, mais il nous a donné un esprit de force, de charité et de prudence." ** N'aie donc point honte du témoignage de notre Seigneur Jésus-Christ." J'ai cru que ces paroles étaient conformes à mon état, et je me trouve si en paix avec mon Dieu.

Le 16. — La nuit passée, ce passage **Tout œil le verra," était sur mon esprit. O quelle terrible chose pour ceux qui n'auront point accepté son précieux sacrifice, de comparaître devant leur Juge. Mon livre est une consolation à mon âme dans tous les états et dans le besoin, je le prends et j trouve des encouragements. L'Etemel est ma portion, dit mon âme, c'est pourquoi j'espérerai en lui ; l'Kternel est bon à ceux qui s'attendent à lui, et à l'âme qui le recherche. Il est bon d'attendre en repos la délivrance de l'Eternel. Il est bon à l'homme de porter le joug dès sa jeunesse, et aussi, les justes se réjouiront et s'égaieront devant Dieu, et* tresailleront de joie. O, comme il convient d'avoir une telle nourriture pour nous fortifier. Mon âme loue et bénis l'Etemel pour toutes ces douces consolations, car l'Eternel est près de tous ceux qui l'invoquent, de tous ceux qui l'invoquent en vérité.

Le 17. — J'ai toujours faim et soif de la justice, mais il est dit, ^' Vous tous qui êtes altérés, venez aux eaux, et vous qui n'avez point d'argent, venez, achetez, et mangez ; venez, dis-je, achetez sans argent, et sans aucun prix, du vin et du lait," il n'y a point de fin à l'accroissement de son règne. Et encore "Jusqu'à présent, vous n'avez rien demandé en mon nom ; demandez.

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et vous recevrez, afin que votre joie soit accomplie.*' O quelles paroles d'encouragement à aller au trône de la grâce> afin de demander chaque jour ce dont nous avons besoin. Je bénirai et exalterai. mon Dieu, autant qu'il me donnera la force et la grâce, car c'est tout par ses mérites, et pour nous, nous ne méritons rieu moins que la condamnation, mais ^' Dieu a tellement aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lai ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle." O l'amour incompréhensible de Dieu envers ses pauvres créatures ; rendons*lui toute la gloire, l'honneur et la louange au siècle des siècles.

Le 18. — Le Seigneur me donne par sa grâce les forces de résister aux flatteries de Satan. Je connais à ceci que tu m'aimes, c'est que mon ennemi n'a pas eu lieu d'éclater de joie à mon sujet, ** Tu m'as soutenu dans mon intégrité et tu m'as établi devant toi pour jamais," je puis dire comme David : " Oh ! combien j'aime ta loi, c'est ce dont je m'entretiens tout le jour." Je voudrais être encore plus remplie d'amour pour mon Dieu, qui mfi comble de tant de ses bénédictions, un tel nombre que je ne saurais les nombrer, je ne puis le louer assez ici-bas, mais quand je le ven*ai face à fisice, ce sera là que je le louerai comme il faut, en jettant à ses pieds ma couronne, qui m'est déjà promise si je suis fidâle. O si j'avais toutes les richesses du monde, que me serviraient-elles, maintenant que ma course sera bientôt finie? Mais si c'est la volonté du Seigneur de me rétablir pour sa gloire, je lui suis parfaitement soumise.

Le 19. — Je rends grâce à Dieu de ce qu'il m*a ainsi châtiée ces dernières années dans son amour, afin que je prisse plaisir en sa loi. Voici, oh ! qu'heureux est

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l'homme qu'il châtie ! Ne rejette donc point le châtiment du Tont-Poissani:. Le Sdigneur sait mieux ce qui m'est nécessaire, c'est jK)urqnoi je me confierai en lui ; dans ce monde il 7 aura toujours des combats et des épreuves^ mais après avoir été Hdèle jusqu'à la fin, plus grands nos combats et nos souSrances auront été ici^bas, plus grandes seront nos joies, et notre bonheur dans la Sainte Cité) car c'est pendant que nous sommes sur la terre qu'il faut travailler à notre saint; car au sépulcre où nous allons il n'y a plus rien à faire. O mon âme, prends courage, car encore un peu de temps, et celui qui doit venir, viendra, et il ne tardera point.

Le 20.— Un autre jour de Sabbat qui s'écoule, cette génération sera bientôt passée, et une autre prendra sa place ; ô mon âme, fais effort, car les jours s'écoulent comme une ravine d'eau qui ne revient plus, de sorte qu'à la fin de tes jours, tu puisses te reposer dans les bras de Jésus, qui t'a tant aimoo et qui a dit: '^Je t'ai aimée d'un amour éternel, c'est pourquoi je t'ai attirée par ma miséricorde;" ô quelles douces et précieuses paroles I elles sont un baume à mon âme. "Il 7 en a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus," jeunes et vieux sont appelés, c'est pourquoi faisons tous effort, car, avec Jésus on ne peut être trop tôt, ni trop longtemps ; et encore à la fin nous sommes des serviteurs inutiles. " O, mon âme, retourae en ton repos, car l'Eternel t'a fait du bien ; Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange, car tu es digne d'être exalté et glorifié à jamais."

Le 2L — ^^* L'Eternel est mon Berger, je n'aurai point de disette," il ne laisse point sa brebis s'égarer si loin qu'il ne l'a ramène, se réjouissant, comme il est dit dans la parabole de la brebis perdue : ''je vous dis, qu'il 7

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aura même plus de joie dans le ciel» pour un seul pécheur qui s'amende, que poar quatre^vingt et dix-neuf justes qui n'ont point besoin de répentance." Brebis égarée, reviens à Jésus, le seul bon berger, il n'attend que pour te faire grâce, et pour montrer sa miséricorde envers sa pauvre créature, que Satan éprouve et fait tous ses efforts pour la faire douter de ses promesses ; prenons courage, et fortifions notre foi, et le Seigneur nous donnera la grâce et la force de vaincre. '^ lietournez-vous vers moi et je me retournerai vers vous," car toutes les promesses de Dieu, sont Oui, et Amen, en notre Seigneur Jésus-Christ. Ce soir on m'a demandé une chose qne j'ai refusée, faute de bien penser ; je suis venue à y réfléchir, j'ai su que j'avais mal fait, j'ai pris mon livre et l'ai ouvert; une douce consolation s'est présentée à mon esprit, *^ C'est moi, c'est moi, qui efface tes iniquités, pour l'amour de moi» je ne me souviendrai plus de tes péchés, ô que l'£temel est bon, il est une forteresse au temps de la détresse^ et il connaît ceux qui se retirent vers lui."

Le 22. — Quand je lis ces belles et douces promesses qui me sont accordées, il me semble que c'est le Seign^jor lui-même qui me parle dans le cœur, ô qu'elles me sont précieuses, elles sont les avant-goûts de mon bonheur. ** Que votre cœur ne se trouble point, vous croyez en Dieu, ci'oyez aussi en moi;" ^^11 y a plusieurs demetyrea dans la maison de mon Père, si cela n'était pas je vous l'aurais dit; je m'en vais vous préparer le lieu; et quand je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé le lieu, je reviendrai, et vous prendrai avec moi, afin qu'où je serai, vous y soyez aussi." O mon âme est remplie d'amour pour ce Divin Jésus, parcequ'il m'a aimée le premier, et qu'il m'a donné la grâce de l'aimer.

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'^ Hors de moi, a-t-îl dit, vous ne pouvez rien faire,** cest pourquoi c'est par lui que nous sommes ce que nous sommes, et c'est à lui seul qu'appartient la gloire et l'honneur au siècle des siècles. '^ O j'aimerais mieux être à la porte dans la maison de mon Dieu, que d'habiter dans les tentes des méchants," car là même je serais rassasiée de sa douce présence, et serais sous l'ombre de ses ailes, à l'abri de tout péché ; car il rassemble ses enfants comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes* O que l'amour incompréhensible du Père Céleste est grand envers ses pauvres et indignes créatures I Je ne puis le glorifier assez pour toutes ses faveurs et ses bontés envers moi. Oh I ma coupe est pleine, je ne saurais raconter toutes ses miséricordes et ses bénédictions à mon égard.

Le 23. — ^J'ai tous les jours besoin de nouvelle nourriture, car l'âme ne vivrait pas; de même si on ne prenait pas de nourriture pour soutenir notre corps, il viendrait peu-à-peu à s'affaiblir et à la fin il mourrait: il en est de même de notre âme. C'était ma consolation ce matin. '' Quand vos péchés seraient comme le cramoisi ils seront blanchis comme la neige, et quand ils seraient rouges comme le vermillon, ils deviendront blancs comme la laine." C'est une telle nourriture que mon âme désire, et elle soupire de l'avoir dans le temps du besoin, car c'est cette nourriture (Jésus le pain de vie) qui fortifie, et qui m'encourage à passer ce monde de vanité avec humilité et avec crainte. Heureux quiconque craint l'Eternel et marche dans ses voies. O que c'est une chose agréable et magnifique d'avoir Jésus pour notre appui et notre ami. Vous, peuples, qui maintenant s'égaieQt et se réjouissent, qui passez le plus beau de vos jours dans la vanité de ce monde»

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sachez que Dieu vous amènera en jugement, et rendra à chacun selon ses œuvres. "Ne vous abusez point, on ne se joue pas de Dieu, car ce que l'homme aura semé, c'est ce qu'il moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair, moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l'Esprit, moissonnera de l'Esprit la vie éternelle."

Le 24. — Voici encore une fête de St. Jean qui m'est accordée de voir, ce sera peut-être la dernière. Il y a un an, je fiis capable d'aller à un thé à la chapelle de St. André ; il y en a un autre aujourd'hui, mais je n'en serai pas du nombre: je ne savais guère l'an dernier qu'à la prochaine St. Jean, dans le temps du thé, je serais malade sur mon lit, mais béni soit le Seigneur, car il fait toutes choses pour mon bien et pour sa gloire. " Toute chair est comme l'herbe, et toute sa grâce est comme la fleur d'un champ. L'herbe est séchée et la fleur est tombée, parceque le vent de l'Eternel a soufflé dessus ; vraiment le peuple est comme l'herbe, mais la parole de Dieu demeure éternellement." Nous courons très*rapidement vers la fin de notre carrière, la victoire sera bientôt gagnée, et tout le combat fini ; il ne restera donc plus qu'un parfait repos, et des plaisirs pour toute l'Eternité.

Le 25. — La moitié de l'année est déjà passée, on ne sait guère qui verra la fin ; c'est depuis le jour de Noël dernier que le Seigneur m'a accordé sa grâce, et m'a attirée à lui pour faire sa volonté, j'espère que je continuerai tout le reste de mes jours. Ma foi augmente, et je suis en paix avec mon Dieu, tout en réalisant ses précieuses promesses. ''Ils seront miens^ a dit l'Etemel des armées, lorsque je mettrai à part ce que j'ai de plus précieux, et je les épargnerai comme

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un père épargne son fils qui le sert." Oh ! que ce sont là des consolations précieuses pour celui qui les goûte et qui croit, c'est une paix et une joie qui surpassent tout entendement ; et encore " Je serai comme une rosée à Israël, il fleurira comme les lis des champs, et il jettera ses racines comme les arbres du Liban." Ce sont ces passages qui m'affermissent dans la foi et qui me rendent si ^heureuse et si contente de mon état, que je ne le changerais pas pour tous les trésors du monde. Mon âme bénit le Seigneur pour toutes ses bontés, même pour celles que je ne ressens pas encore, car il ne fait que me bénir tout le long des jours ; la mort et la vie sont encore devant moi, mais je m'attends plus à la mort, car si l'on est prêt pour mourir, on sera aussi prêt pour vivre, et le tout à la gloire de Dieu. J'ai plus pensé à mon départ, il y a quelques semaines, et cela, après ce qui m'était revenu à l'esprit, ** Ton âme te sera redemandée cette nuit," et je le prends pour un appel bien solennel à veiller sur la mort. Le Seigneur sait parfaitement ce qui est pour sa gloire, c'est pourquoi je désire que sa volonté soit faite.

Le 26. — Il m'est accordé de voir un autre jour, afin de raconter tous les bienfaits, dont le Seigneur me comble, et me fait tant dans mon corps que dans mon âme, je puis dire comme Job: "Tu m'as donné la vie, tu as usé de miséricorde envers moi, et par tes soins continuels tu as gardé mon esprit." O mon âme, continue et prends courage à servir le Seigneur, qui dit lui-même, "Mon joug est aisé et mon fardeau léger." O je lo trouve ainsi, car sitôt que je le cherche diligemment, il apparaît à mon âme, c'est une forteresse dans le temps de la détresse, et un secours fort aisé à trouver. Je n'ai plus maintenant qu'à espérer pour entendre sa voix

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douce et attirante me dire : " Bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses, entre dans la joie de ton Seigneur." Oh I je serai donc toujours avec les bienheureux, avec Abraham, Isaac et Jacob, et tous les saints prophètes, et avec l'innombrable compagnie des rachetés pour chanter à jamais ses louanges. O lecteur, écoute et comprends du cœur toutes les promesses de Dieu, afin de venir un jour me rencontrer dans l'immortalité et dans la gloire.

Le 27. — La nuit passée je songeais que j'étais comme dans un bain, et je mourus là, quand je me sentais affaiblir, je disais: Je suis heureuse, je suis heureuse, suivez-moi, suivez-moi! je me sentais mourir aussi tranquillement comme un oiseau et sans crainte, et ces paroles que je viens de dire étaient sur mes lèvres, puis quand tout a été fini, je me suis éveillée. Oh ! que le Seigneur est bon; il paît ses brebis jour et nuit; il les veille, et les garde des dangers qui pourraient leur arriver I L'amour incompréhensible du bon Berger, c'est un amour éternel. " Le mercenaire s'enfuit, parcequ'il est mercenaire, et qu'il ne se soucie point des brebis : Je suis le bon Berger, dit Jésus, je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent; comme mon Père me connaît, et comme je connais mon Père, je donne ma vie pour mes brebis." Je suis si remplie d'espérances et de consolations que je ne puis les raconter ; Seigneur, élargis mon cœur afin qu'il etx contienne davantage.

Le 28. — Quand je médite sur toutes les promesses, je me trouve si contente et si heureuse, qu'il me semble que je voudrais partir pour être hors des dangers de ce monde ; mais si je vis, c'est pour Christ et sa gloire, en me donnant sa grâce de plus en plus^ afin d'être fidèle^

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puisqu'il a dit: "Personne ne les ravira de la main de mon Père. Je suis à mon Bien-aimé^ et mon Bien-aimé est à moi." Que craindrais-je, quand même que je passerais la vallée de Fombre de la mort, son bâton et sa houlette sont ceux qui me consolent. Oh ! soyons fidèles, afin de nous rendre tons un jour chez nous, car nous n'avons point ici ** de cito permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir." O Eternité I Eternité si précîense à l'âme qui soupire à déloger, pour être avec Jésus, qui l'a rachetée et lavée par son sang précieux. Oh ! je ne désire plus de vivre, car je suis résignée de m'en aller cette fois, dans le repos qui est réservé au peuple de Dieu; mais que la volonté du Seigneur soit faite. Satan a éprouvé à me faire raisonner et à douter ; je lui ai dit : tu n'as rien à faire avec moi, retire-toi de moi, tu es menteur, gloire soit à Dieu ; je suis calme, ce passage m'est venu à l'esprit, " Je serai avec vous jusqu'à la fin du monde."

Le 29. — Je me trouve bien encouragée de voir que le Seigneur est tout près de moi pour me consoler par des passages qui sont justement proportionnés à mon état, quand je me trouve dans quelques inquiétudes. Il est digne d'être loué et exalté à jamais ; il est toujours près de ceux qui se retirent vers lui, et qui le cherchent de tout leur cœur; il attend pour leur faire grâce, cai* il ne veut qu'aucun périsse, mais qu'il se détourne de ses méchantes actions et qu'il vive. Ainsi, a*t-il dit, "Je ne prends point de plaisir en la mort du pécheur, mais en sa conversion et en sa vie." Oh pécheur, accepte donc ce Sauveur si compatissant et si doux qui dit: " Je ne mettrai point dehors celui qui viendra à moi.'' Je ne puis te faire comprendre l'amour de ce Sauveur à ses pauvres et indignes créatures qui espèrent en lui, il

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est leur aide et leur haute retraite ; viens donc à ce Sauveur, tandis qu'il est encore temps, car il est court. C'est aujourd'hui le jour du salut, demain peut-être sera-t-il trop tard, et tout sera fini ; . une fois le souffle éteint sans repentance, ce sera donc pour être pendant toute l'Eternité dans les peines éternelles. Oh! que ces paroles sont terribles ; elles font frémir le pauvre pécheur dans le fond du cœur, quand il pense que c'est pour toute l'Eternité, quand même on n'ôterait qu'une goutte d'eau par mille ans dans le grand océan, encore il viendrait à une fin, et ce ne serait qu'un petit commencement.

Le30. — Hier, je parlais du triste état du pécheur; mais aujourd'hui il faut que je dise quelques mots en faveur du chrétien. Le chrétien est dirigé et enseigné par le Saint-Esprit ; il est béni sur cette terre, il sait que Jésus est son appui, et quand il communique avec son Dieu, il sent des avant-goûts de son bonheur ; ce qui fait qu'il jouit toujours de sa paix et se réjouit dans toutes les bénédictions qui lui sont accordées ; et de plus, il se console dans l'espérance du bonheur qui ne finira jamais; une fois arrivé au port, ce sera donc pour chanter à jamais les Alléluias et les louanges à l'Agneau, qui seul a été l'auteur de régénérer son peuple. Quelquefois le chrétien bronche et se détourne, après il craint et s'humilie ; puis le consolateur vient ôter toutes ses craintes par des promesses où il y ajoute foi par grâce, car c'est un don de Dieu ; puis il se réjouit de le connaître, et de le trouver agir dans son cœur à l'encourager, à persévérer dans son service; ainsi il est si content et même si heureux qu'il semble vouloir déjà être à participer de ce bonheur. C'est là mon expérience et la vie du chrétien. Q^elle différence

PEISCILLE QTTEBTIEE. 21

dans le pécheur inconvertî : il n'y a point de paix pour lui, il ne la connaît point, parcequ'elle surpasse tout l'entendement de l'homme dans son état naturel, mais c'est seulement ceux qui la reçoivent et qui la goûtent, qui en sont témoins. Le chrétien ne peut pas faire comprendre tout ce qu'il ressent dans son cœur des efiets du Saint-Esprit. .. .

Le 1er Juillet. — Gloire soit à Dieu 1 le médecin est venu me faire une visite, il m'a trouvée un peu plus faible. Je suis très-contente de voir que chaque faiblesse et chaque jour me font approcher de la tombe; ma course sera bientôt finie, et la victoire gagnée, non pas par mes mérites, maïs par la grâce, qui est un parfait don de Dieu ; c'est pourquoi je n'ai pas sujet de me glorifier, car c'est Jésus qui a fait tout pour moi, et c'est à lui que toute la gloire doit être rendue; c'est lui qui est ma plus grande richesse, et tout mon contentement. Comme un père châtie son enfant par compassion et pour son bien, de même l'Eternel me châtie dans son amour, afin que je sache que je suis sous sa verge, et que je n'endurcisse point mon cœur après les vanités de ce monde ; il châtie tous ceux qu'il aime, et il frappe de sa verge tous ceux^qu'il reconnaît pour ses enfants. Je ne regrette pas de quitter aucune chose sur la terre ; c'est maintenant que mon âme soupire pour être avec mon doux Jésus, mais non ma volonté, mais que ta volonté soit faite, O Seigneur, et non la mienne.

Le 2. — Hier, au soir, j'eus une faiblesse, et j'appris une leçon, c'est qu'il ne faut pas attendre à être sous la verge du Tout-Puissant avant de penser à lui, car quand de tels moments arrivent, on ne peut prendre soin que du pauvre corps qui sera bientôt en poussière, et on laisse son âme qui est immortelle faire comme au

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hasard^ au lieu que si on a travaillé tant soit peu par sa grâce, le Seigneur n'abandonnera pas son peuple dans ces moments-là^ ceux qu'il a consolés par ses promesses, tandis qu'ils avaient les forces et le courage de marcher en avant ; car Celui qui était, qui est et qui sera éternellement est fidèle. Il nous faudra tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu'il aura fait, étant dans son corps. Je le dis encore, de ne pas attendre à être pris sous sa verge, afin que quand on se trouvera ainsi châtié, on puisse remettre son esprit sans crainte, ni doute, entre les bras de son Sauveur, comme une brebis dans les bras de son berger.

Le 3. — Je méditais la nuit dernière que nous sommes enfants de Dieu par adoption ; par Tesprit nous pouvons dire "Abba, c'est-à-dire: naon Père. C'est ce même esprit qui rend témoignage à notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu, et si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers, héritiers de Dieu et co-héritiers de Christ." O quelle belle et inexprimable promesse d'être appelés enfants de Dieu, et d'avoir accès à dire : mon Père Céleste, ô que l'Eternel aime ses enfants ; il ne prend plaisir qu'à les encourager à marcher selon ses commandements. On ne peut pas comprendre la grandeur de son amour envers ses créatures qui ne seront bientôt que poussière et néant. ^^ Lui qui a mesuré les eaux avec le creux de sa main, et qui a compassé les cieux avec la paume de ses mains, qui a renfermé dans le tiers d'une mesure la poussière de la terre, et qui a pesé au crochet les montagnes, et les coteaux à la balance," s'abaisser à les bénir, et encore plus, à la fin de leur carrière, de leur donner l'héritage des saints dans la gloire.

FBISGILLE aXTESTIEB. 23

Le 4. — C'était ce passage qui m'a été révélé aujourd'hui: "Vous êtes la lumière du monde; une ville située sur une montagne ne peut être cachée." Le chrétien est connu par ses œuvres ; il n'a point honte de confesser Jésus^ tout son plaisir est de parler de lui^ et de sa parole; il ne peut être cachée soit par ses œuvres, ou par parler souvent de son amour ; il voudrait que tons sentissent cet amour qu'il trouve dans son cœur, afin de n'être point confus quand le dernier jour viendra, jour auquel il nous faudra tous comparaître devant le Grand Juge, qui sera comme une brebis aux siens, et comme un lion à tons ceux qui l'auront renié : " Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père, qui est aux cieux ; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est aux cieux." Le mondain a honte de Jésus, parcequ'il ne lui a pas ouvert la porte de son cœur quand il a frappé, et continue à frapper encore par son amour ; il ne connaît rien de son amour, et il se trouve confus ; combien ne le sera-t-il pas, quand ce sera le Grand Juge des vivants et des morts qui le reniera pour toute l'éternité?

Le 5. — La nuit dernière, c'était ce passage qui m'a été révélé : *^ Convertissez-vous, et vous verrez la différence qu'il y a entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu, et celui qui ne le sert pas." Le méchant n'a point l'Esprit de Dieu demeurant en lui, c'est pourquoi il est dans la chair, et il ne comprend point ce qui est de l'Esprit ; mais le juste a cet Esprit au-dedans de lui, qui le vivifie et l'encourage tous les jours à pousser en avant vers le but de sa céleste vocation; c'est l'affection de la chair qui produit la mort, et l'affection de l'Esprit qui produit la vie éternelle. La

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chair n'est que poussière et une vapeur qui disparaîtra ; mais l'Esprit qui est au-dedans de nous est immortel. Comme Dieu est Esprit, nous lui serons faits semblables, en corps glorieux, quand le péché dans la chair sera détruit. A lui soit tout honneur, toute louange et toute gloire aux siècles des siècles.

Le 6. — Le passage suivant m'a occupée aujourd'hui : ^^ Si vous entendez sa voix, n'endurcissez point vos coeurs." Le Seigneur est toujours à frapper à la porte des cœurs, et si on lui ouvre, il entre, et ils communiquent ensembles comme deux amis. *' Dieu est Esprit, il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité." Personne n'a jamais vu Dieu, mais quand l'aiguillon du péché et de la mort seront ôtés, nous serons aussi des esprits semblables à lui, car nous le verrons tel qu'il est, lui qui est maintenant invisible; notre corps de corruption sera revêtu de l'incorruptibilité, afin que nous soyons rendus glorieux à chanter ses louanges.

"Tous la couronne en tête, La palme dans les mains, A chanter la conquête Du Sauveur des hmnains."

Il n'y aura plus besoin du soleil ni de la lune ; mais le Seigneur Jésus lui-même en sera la lumière perpétuelle et éternelle.

Le 7. — C'était cette consolation que le Saint-Esprit m'a révélée la nuit dernière: " Celui qui vaincra, je le ferai être une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira jamais, et j'écrirai sur lui le nom de la cité de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel, venant de mon Dieu, et mon nouveau nom." O ce sont là tous de précieux effets du Saint-Esprit, pour encourager ses enfants à persévérer dans la foi.

FBISCILLE QT7EBTIEB. 25

avec confiance^ et c'est d'ane telle nourriture que l'âme a besoin chaque jour^ afin de la maintenir vivante; car il faut être fidèle jusqu'à la mort avant de recevoir la couronne de vie promise à celui qui vaincra ; car, si on devient infidèle^ et qu'on ne cherche point à prendre cette divine nourriture, et qu'on n'ouvre pas la porte de son cœur aux influences du Saint-Esprit, l'âme finira par défaillir et enfin mourir ; c'est dans la persévérance que le juste trouve son salut, et si le juste n'est que difiicilement sauvé, comment le sera l'impie et le pécheur. O que le Seigneur me fasse la grâce de continuer, qu'il m'encourage, et me fortifie de plus en plus à être fidèle, à avoir confiance et foi dans toutes ses précieuses promesses données par son Saint-Esprit, qui sont toutes Oui et Âmen en notre Seigneur Jésus-Christ.

Le 8.— Je songeais la nuit dernière que j'étais comme en convulsions, mon esprit était sensible, et je disais : Je serai bientôt dans ma patrie céleste. Après je me suis éveillée avec ces paroles là sur mon esprit ; il me semble vraiment que je serai bientôt dans ma patrie céleste. O que ce sera glorieux I je jouirai alors de la plénitude de cet amour et de ce vrai bonheur pendant toute l'Eternité. Que le Seigneur aime ses enfants, il les avertit par son Saint-Esprit, afin qu'ils veillent et qu'ils soient sobres, de peur que Satan ne vienne comme un lion rugissant, faire tous ses efforts pour distraire et troubler la paix que l'âme goûte; mais il est dit: " Résistez-lui et il s'enfuira de vous." O que je voudrais être encore plus remplie d'amour pour mon Divin Jésus, car c'est lui qui m'a aimée le premier, qui m'a donné sa grâce et son don infini, afin de comprendre tant soit peu la valeur de son amour. A lui soit gloire et louange aux siècles des siècles.

26 HÊMOIBE DE

Le 9.-— C'est sur la parabole du roi et des noces que le Saint-Esprit m'éclaire en ce jour. Venez car tout est prêt^ tout le grand souper du roi est préparé : il appelle tous les pauvres^ les boiteux et les aveugles ; les conviés qui n'acceptent point l'invitation ne sont pas dignes de participer au souper du Roi ; et une fois la porte fermée ceux qui auront refusé de venir aux noces, crieront: *^ Seigneur^ Seigneur^ ouvre-nous ; mais il leur dira : Je ne vous ai jamais connus ; retirez-vous de moi, vous qui faites métier d'iniquité ; ils seront confus et diront^ N'avons^nous pas mangé et bu en ta présence ? " Mais tout sera fini, l'éternité de peines et de misères sera leur portion. O qu'heureux sont ceux qui sont appelés au banquet des noces de l'Agneau ! C'est tout en esprit et vie que ces paroles se présentent à nos cœurs; on a besoin de les ouvrir, afin de communiquer avec l'Esprit Saint, alors l'âme goûte cette donc« noumture offerte au souper du Roi ; prenons garde d'être trouvés sans la robe de noce, comme celui qui j était entré, car, quand le Roi le vit, il dit à ses serviteurs: liez«-le pieds et mains, emportez-le, et le jetez dans les ténèbres de dehors ; c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents ; ce sera là la confusion de ceux qui prennent de la nourriture sans la digérer.

Le 10.^«T-Le passage suivant s'est présenté à mon esprit : ** Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu," Il est venu en forme de chair, lui qui était sans péché, mourir sur la croix pour le détruire. " Comme par un seul homme (Adam), le péché qui produit la mort est entré dans le monde, et tous ont péché ; c'est pourquoi la mort a passé sur tou$ les hommes : mais par la mort d'un seul, qui est Jésus-Christ, nous avons la réconciliation avec Dieu,

FBISCILLE aiTEBTIEB. 27

et par sa résurrection nous obtenons la vie étemelle^ comme par un seul péché la loi est survenue pour faire abonder le péché ; mais où le péché a abondé» la grâce 7 a surabondé." Quand nous pensons à l'amour du Sauveur» d'être venu en chair, pauvre, né dans une crèche, dans une étable, n'avoir pas même où reposer sa tête, la croix et la couronne d'épine pour ôter l'aiguillon et la mort et du péché, afin que, par sa résurrection, nous ressuscitions aussi avec lui en corps glorieux. O quel amour pour les hommes, lui qui était avant toutes choses dans la gloire, de descendre des cieux pour mourir à la place des pécheurs, ses propres ennemis. Maintenant qu'il est à la droite de Dieu, son Père, il intercède pour nous et nous invite à venir à lui pour avoir la vie, afin que tous ceux qui l'accepteront participent au bonheur des rachetés.

Le 1 1. — Ce passage m'est venu à l'esprit : *' Dieu a fait deux grands luminaires; le plus grand pour dominer sur le jour qui est le Soleil, et le moindre pour dominer sur la nuit qui est la lune; il fit aussi les étoiles." Le soleil qui fait allusion à ce passage est visible, c'est pour la chair, mais le Seigneur qui est le Soleil, qui s'appelle le Soleil de Justice, est invisible, et c'est par sa lumière que l'âme est éclairée dans le chemin qu'il nous faut suivre* Celui qui a cette lumière ne bronche jamais, car elle illumine en tous temps; car c'est un soleil perpétuel. *' Je suis la lumière du monde, dît Jésus, celui qui me suit, ne marchera point dans les ténèbres; mais i] aura la lumière de la vie." Après que la chair sera en poussière, et que l'âme sera retournée à Dieu qui l'avait donnée, ce Soleil de Justice (le Seigneur) lui sera pour lumière, et sera aussi visible que ce soleil qui maintenant nous éclaire pendant le jour : et aussi nous

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lui serons semblables en corps glorieux, et nous chanterons le cantique de l'Agneau, disant, ** A celui qui nous a aimés, et qui nous a lavés dans son sang précieux : A lui soit gloire, honneur et force aux siècles des siècles. Amen.**

Le 12. — Je suis éclairée aujourd'hui par ces paroles : ^^ Nos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts; je suis le vrai pain vivant, qui est descendu du ciel, dit Jésus ; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement, et le pain que je lui donnerai, c'est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde." Le mondain se dispute peut-être comme le faisaient autrefois les Juifs. Comment peut-il nous donner sa chair à manger ? Ce n'est pas ainsi, c'est en esprit et vie que Jésus parle ; car la chair ne sert de rien, elle revient en poussière, c'est l'esprit qui vivifie. Nous ne sommes pas créés pour satisfaire à la chair, mais pour l'esprit qui demeurera à perpétuité. Ce pain qui nourrit l'esprit se trouve en sondant les Saintes-Ecritures, et quiconque en mangera vivra éternellement. Une fois arrivés dans la Cité Céleste, nous y jouirons pour toujours de nouvelles délices qui jailliront aux siècles des siècles. O je ne peux pas expliquer ce que contient mon esprit, mais je n'ai pas sujet de me glorifier, car ce que je suis c'est tout par grâce, ce n'est pas moi qui l'ai choisi, mais c'est Jésus qui m'a choisie, c'est lui qui me garde, et qui me préserve dans ses voies, il n'y a point de fin à l'accroissement de son règne ici-bas dans nos cœurs, de même il n'y aura point de fin à l'accroissement des délices, et des jouissances de ceux qui auront travaillé pour l'esprit.

Le 13. — Hier au soir j'eus une faiblesse; je ne savais pas ci c'était ma dernière, mais béni soit Dieu puisque

PBISCILLE QUEETIER. 29

c'a été sa volonté de me rétablir un peu. Je me trouvais heureuse et sans crainte, parce que l'Esprit du Seigneur était avec moi qui me disait " Je t'ai gardée jusqu'ici, et je te garderai aussi à l'heure de la tentation ;" je pouvais dire comme David, '* L'Eternel est mon Berger, je n'aurai point de disette." La moitié de la nuit s'est passée en sommeillant, et quand je me suis éveillée c'était ce passage qui m'a été révélé : " Vous tous les bouts de la terre, regardez vers moi, et soyez sauvés." Lecteur! as -tu reçu cette paix dans ton cœur ? sinon, écoute, il t'invite, il invite tous, tous les bouts de la terre à regarder vers lui pour être sauvés ; il ne mettra point dehors celui qui viendra à lui. O pense donc dans le fond de ton cœur, car c'est maintenant le temps favorable, tu ne puis pas dire si une heure te sera encore accordée; je le sais que nous n'avons aucune force de nous-mêmes, car je me trouvais bien et gaie pour moi, et je crois en moins de cinq minutes je fut prise à vomir et à être dans une grande faiblesse. Il est donc nécessaire de pouvoir se confier entre les mains de Jésus et de l'avoir à son côté, afin de donner de la nourriture à l'âme tandis que le corps n'a que le souffle.

Le 14. — Gloire, gloire, gloire ! O que je suis heureuse et contente. Le médecin m'a visitée, et m'a dit qu'il pensait que mon abcès s'attachait à mon foie ; ô je ne serai pas longtemps avant d'être avec mon Divin Sauveur, le voir face à face sera un rassasiement de joie qui durera pour jamais. Comme il est dit que jamais il n'est monté dans le cœur de l'homme ce (j[ue c'est que la Cité Céleste, je suis ravie comme hors de moi-même quand je pense que ce bonheur m'attend, et que je ne serai pas longtemps avant d'y participer.

30 MÊMOIBE J)E

O lecteur! je te souhaite aussi la possession de ce précieux bonheur^ afin que nous en jouissions ensemble pendant l'éternité ; ou si tu ne le possèdes pas^ il n'y a qu'un autre place qui est l'enfer à t'englouti^. Gomme j'ai été comblée ici-bas de tout mon nécessaire, et encore de plus, c'est que Jésus est mort pour moi afin que j'eusse part à la première résurrection.

Le 15. — Il m'a été dit " Cherchez l'Etemel pendant qu'il se trouve; invoquez-le tandis qu'il est près: car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes voies ne sont pas vos voies." Je suis venue à méditer que j'étais comme un épi de blé cultivé dans un champ, qui croît peu à peu, et après se trouve mûr, et alors le moissonneur viendra qui me rassemblera dans le grenier du Grand Maître. O si j'avais mille langues je n'en aurais pas encore assez pour raconter l'amour de Jésus envers moi. Que ce sera aimable pour tous ses enfants rachetés d'être tous d'un même accord à chanter le cantique de l'Agneau, et à jeter chacun sa couronne à ses pieds, en disant '^ C'est toi qui est digne de recevoir ces honneurs, car tu as été immolé, et c'est par tes seuls mérites que nous sommes sauvés." Ce cantique est sur mon esprit que je désire y ajouter

** Corne, let us join our cheerful songs, With angels round the throne ; Ten thousand Ihousand are their tongues, But ail their joys are one.

' Worthy the Lamb that died,' they cry,

'Tobeexaltedthus!' ' Worthy the Lamb ! ' our hearts reply,

' For he was slain for us.'

FBISCILLE QUEBTIEB. 31

Jésus îs worthy to receîve

Houour and power divine ; And blessings, more thon we can give,

Be, Lord, for ever thine !

The whole création join in one,

To bless the sacred name Of Him that sits upon the throne,

And to adore the Lamb."

En regardant ce soir i>ar la fenêtre5 je fais attention à une hirondelle qui vole, il me semble qu'elle vole si bien dans l'air, en louant son Créateur comme il lui est donné. O si j'avais les ailes d'une colombe, je m'en* volerais dans la place de mon repos, et je louerais là mon Créateur^ comme l'hirondelle le loue ici-bas en chantant sa petite chanson.

Le 16. — Je me suis trouvée bien &ible aujourd'hui; je n'ai pas eu le courage d'en écrire bien long, mais il n'est pas nécessaire de dire beaucoup de paroles avant de savoir que je suis encore heureuse et contente ; mon appétit est bien lent, et mes jambes enflent, mais je suis bien soumise à la volonté de Dieu, gloire soit à son saint nom. Ce passage m'a passé dans l'esprit ce matin; " Vous êtes le temple de Dieu où son Esprit habite." O quelles douces paroles pour ceux qui les reçoivent et qui les comprennent.

Le 17. — Je me trouve avoir plus de courage. Je médite que quand nos pères étaient encore sous la loi, leurs sacrifices étaient des taureaux et des boucs, mais les temps vinrent que ces offrandes n'étaient pas agréables à Dieu. Mais ensuite, Jésus son propre*fils dit : ** Me voici, ô Dieu, pour faire ta volonté." C'est lui-même qui s'est donné en sacrifice pour nous, et s'est livré entre les mains des méchants^ afin que ceux

32 MÊMOIBE D£

qui l'accepteront comme leur Sauveur reçoivent la vie étemelle, c'est un parfait don de Dieu, il n'y a qu'à ouvrir son cœur, et croire à toutes ses promesses, alors il entrera, et communiquera avec l'âme et l'éclairera dans le chemin qu'elle doit marcher. O l'amour incompréhensible de Dieu, de donner son Fils unique afin d'être livré entre les mains des méchants, pour nous qui étions des enfants de colère et de perdition, et aussi l'amour et le courage du Fils de se laisser outrager, battre et mener à la boucherie comme un agneau, et de ne pas même ouvrir sa bouche, lui qui avait tout pouvoir à son commandement. C'est afin de nous apprendre à être patients dans les soufirances et dans toutes les afflictions qui nous arrivent, afin de nous rapprocher de son caractère. Tous ceux qui auront eu part à ses souffrances, avec une entière soumission et avec reconnaissance, seront aussi faits participants de son bonheur, et de sa gloire.

Le 18. — Béni soit Dieu, je suis si encouragée, et si heureuse dans mon état ; je ne souffre pas beaucoup, mais il ne semble que j'ai des symptômes qui indiquent, s'ils continuent, que je n'en ai pas pour longtemps à vivre, gloire à celui qui fera tout pour mon bien. Je suis aussi encouragée à regarder maintenant ma vie comme un rien, parceque le Saint-Esprit m'éclaire bien souvent, qui est, comme je le prends, des avertissements que je ne suis pas pour de longs jours. Aujourd'hui ceci m'a touché, " Que votre douceur soit connue de tous les hommes ;" le Seigneur est proche, je m'attends à la mort, et s'il plaît au Seigneur de me prendre à lui, soit tôt ou plus tard^ j'ai la confiance qu'il me donnera sa grâce, afin de passer le Jourdain sans craintes.

Le 19. — C'était ce passage qui a occupé mon esprit :

FBISGII.LE QUEBTIEB. 33

Jésus dit : " Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort," mais c'est mort par le péché, car comme quand on sème en terre une semence de blé, si elle ne meurt point, elle ne porte point de fruit, mais si elle meurt, elle porte du fruit, de même il nous faut mourir à nos péchés, pour après porter les fruits de la justice; mais si on ne quitte point les vanités et les choses de ce monde, la semence n'est pas morte, et on ne peut point porter du fruit, car il faut être des sarments attachés au Cep, qui est Jésus, si nous voulons porter du fruit, car il a dit ^ " Hors de moi vous ne pouvez rien faire." C'est être éclairés de sa lumière pour croire à ses douces promesses, qui sont, à ceux qui j font attention et qui j obéissent, une paix et une joie dans l'âme, c'est celui qui la reçoit qui en est témoin, celui qui n'est pas éclairé de Dieu n'a pas cette paix, il ne peut point en parler du cœur et au fond il en devient confus. O la terrible confusion au dernier jour, pour ceux qui n'auront porté aucun fruit de justice, et qui se croyaient être purs, mais non pas par le sang de Christ.

Le 20. — Ce passage m'a été révélé: ''Qu'ils célèbrent donc la bonté de l'Eternel et ses merveilles parmi les fils des hommes,*" je puis dire que l'Eternel me comble de tant de bénédictions, que je ne puis les discerner. ,0 qu'il est bon à ceux qui le craignent, bienheureux sont ceux qui aimont sa loi, et qui la pratiquent avec espérance, et non pas seulement avec espérance, car on en ressent déjà les avant- goûts ici-bas de ce bonheur et du repos qui reste pour le peuple de Dieu.

'' Jésus, ta justice et ton sang Seront l'habit resplendissant,

34 HÈMOIBE Di;

Dont revêtu devant mon Dieu, Je paraîtrai dans ton saint lieu.

Mon âme, grâce à ce sang, Ne viendra point en jugement ; Pour moi ce sang a payé tout.

Je suis heureuse, je suis absoute.

Alors les bienheureux du ciel.

Les familles de l'Etemel, , Avec moi se réjouiront Et tous d'une voix chanteront.

Rendons tous d'un commun accord L'honneur à l'Agneau mis à mort, Dont le sang versé sur la croix Nous a lavés et nous a faits rois."

Mon esprit s'est occupé aussi de ces paroles, *' Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme» mais ce qui en sort/' car la langue parle de ce qui est dans Je cœur, c'est un petit membre qui allume quelquefois un grand feu, comme un petit morceau de bois peut allumer un feu dont on ne peut s'en rendre maître.

Le 21. — Je suis éclairée aujourd'hui sur ces paroles: " Qu'Abel était un homme craignant Dieu," les sacrifices qu'il offrait étaient les plus beaux et les plus charmants de son troupeau, ceux-là étaient des sacrifices agréables à l'Eternel ; mais Gain n'offrait que ceux qui ne lui valaient rien, les plus faibles, et les boiteux de son troupeau, il ne donnait point ses offrandes de bon cœur, et celles-là n'étaient pas agréables à l'Eternel, car c'est celui qui donne libéralement et de bon cœur qui lui est agréable, celui qui ne donne qu'à regret ferait mieux de garder ce qu'il a à soi-même. De même je suis convaincue que si on donne son cœur au service de Dieu, tandis qu'on est en vigueur et en santé et dans sa

PBISCIIXE QXTEBTIEB. 35

jeunesse^ avant que d'avoir mis son cœur dans les vanités et les plaisirs de ce monde^ ce serait là un sacrifice auquel l'Eternel prendrait plaisir, comme il prenait plaisir à ceux d'Âbel ; mais si c'est qu'on ait passé toute sa vie, soit quatre-vingts ou quatre-vingtdix ans dans le monde, puis quand on voit qu'il n'y a point moyen d'échapper à la mort, vouloir se donner au service de Dieu, c'est là un sacrifice presqu'à comparer à celui de Gain, quoique l'Eternel est si rempli* de pitié et de compassions envers ses créatures qu'il accepte encore de tels sacrifices.

Le 22. — Cette ligne de cantique a occupé mon esprit : " l'm bound for the land of Canaan." Je serai bientôt arrivée au port, à la rencontre de toute la bienheureuse compagnie qui y est arrivée avant moi, une fois arrivée avec cette compagnie, je serai donc aussi à rencontrer ceux qui voyageront après moi vers cette sainte Cité :

" Corne, sinners, wiU you meet us

On Canaan' s, peaceful shore ;

By the help of God, TU meet you ; On, &c.,

It will be a happy meeting, On, &c.

Our Jésus he will meet you. On, &c., Glory, Glory, Hallelujah ! On, &c..

Corne, sisters, will you meet us. On, &c..

Corne, brothers, will you meet us. On, &c."

LjB 23. — Ce passage a occupé mon esprit : " Je suis l'Alpha et l'Oméga, le commencement et la fin." O que j'ai été encouragée, mais Satan est venu afin d'éprouver à me faire douter de la bonté de Dieu envers moi, mais il lui a été dit : " Tu n'iras pas plus loin.'* O mon âme prends courage, n'écoute point Satan qui n'est qu'un menteur, remets ta voie sur l'Eternel et

36 HÊMOIBE DE

t'assure en lui, et il travaillera pour toi ; l'Eternel est Celui qui a fondé les cieux et la terre^ et toi, faible créature, il peut t'abattre dans un moment ; mais crie à l'Eternel dans le temps de ta détresse, et il t'en délivrera, l'Eternel sonde les cœurs et éprouve les reins, même pour rendre à chacun selon son train, et selon le fruit de ses actions. Il fait tout pour notre bien, ses voies ne sont pas nos voies ni ses pensées nos pensées, il éprouve ses enfants, afin de leur faire miséricorde, et qu'ils reconnaissent qu'il n'est qu'amour et que bonté.

Le 24. — J'ai beaucoup affaibli ces derniers quinze jours, j'ai lieu de croire que ce sera bientôt fini de moi. O que j'aime quand on me parle de ma fin, il me semble que je suis comme ravie de joie, quand je pense qu'une fois ma course d'ici-bas finie, je serai à jouir du bonheur, du vrai bonheur, dans la sainte cité avec tous les saints en la présence de Dieu et de l'Agneau,

" Pour toujours, toujours heureux.

Près du Seigneur Jésus

Où Ton ne se quitte plus."

O quelles précieuses promesses, il me semble que j'en goûte déjà les avant-goûts ici-bas.. Au milieu de la cité est l'arbre de vie, qui est pour la santé de tous ceux qui gardent ses commandements, et bienheureux ^sont ceux-là, car ils auront droit à l'arbre de vie, et ils entreront, par les mérites seuls de Jésus, dans la Cité, où les portes sont louanges, et les murailles salut; il n'y a qu'un chemin qui est étroit qui j mène, mais sa grâce peut suffire à tous pour passer ce chemin. Viens, lecteur, prends courage, fais un effort et donne ton cœur à Jésus et confie-toi en lui; sois veillant et attends-le dans le temps de ta détresse, et il viendra te délivrer par la foi en ses promesses^ si tu y fais

FBISGILLE QTJEBTIEB. 37

attention^ alors tu trouveras que son joug est aisé et son fardeau léger, après avoir obtenu sa grâce.

Le 25. — C'a été un jour très solennel, j'ai pris goût à mon dîner, mais il m'a causé une bien forte indigestion, telle que je pensais vraiment m'en aller dans la gloire. O que je me trouvais heureuse, il me semblait que j'y étais déjà, mais béni soit Dieu, qui en avait disposé autrement, encore pour un peu de temps, que ce soit pour sa gloire. O je me trouvais si calme et si tranquille dans mon âme, parceque Jésus était là, qui m'accordait sa grâce, en m'encourageant par ses promesses. Que l'Eternel est bon à Israël et à tous ceux qui lui ont donné leurs cœurs: il leur est une forteresse et une haute retraite à perpétuité.

Le 26. — L'après-midi, trois heures, je n'attendais que le moment de mon départ, je ne pensais pas que je serais aujourd'hui à écrire. Mon pouls devint plus faible. O que le Seigneur est puissant, il peut abattre la créature en un instant, presque au dernier souffle, et puis la relever. Au soir, je me trouvais aussi bien que les autres jours, et je pus continuer mon journal. O j'attends le moment de déloger pour être avec Jésus mon Sauveur, et avec la compagnie céleste, qui sont vêtus de robes blanches, blanchies dans le sang de l'Agneau ; j'ai été fidèle en bien peu de choses, mais j'ai confiance qu'il m'établira sur beaucoup. Quelles douces promesses, elles sont une paix et une joie dans l'âme ; elles surpassent tout ce que l'on peut faire comprendra.

Le 27. — Je me trouve si affaiblie aujourd'hui que je n'ai presque pas le courage d'écrire, sinon en faisant un grand effort, car il me faut confesser mon glorieux Maître, tandis que j'ai encore le souffle et l'êtrej je pense que si je continue à avoir de tels abattements, le

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cîel ouvrîra bîentôt ses portes afin que j'y entre pour contempler et pour jouir des délices qui se trouve dans le palais du Roi des rois^ où il y aura des choses toujours nouvelles, et cela pour jamais ; là il n'y aura point de souffrances, ni de deuil, mais toujours un rassasiement de nouvelles jouissances avec une allégresse éternelle.

" Oh ! that will be joyM, joyful, joyfiil, When we meet to part.no more."

Le 28. — Je me trouve avoir un peu plus de courage, quoique je m'affaiblis beaucoup. Le médecin m'a trouvée bien faible, je lui ai dit que je ne pensais pas que je serais encore longtemps. Il m'a répondu que non. J'ai été si réjouie et si contente, et encore, il a dit que Dimanche dernier c'était une fièvre intérieure que j'avais, et cela vient à la fin d'une maladie. Oh! c'est l'espérance du repos qui reste pour le peuple de Dieu, qui m'encourage et me fortifie ; je puis tout en Dieu qui me soutient et me fortifie. Il m'est venu une pensée qu'il y a eu des noces dans cette famille cette année, et qu'il y aura aussi un deuil pour mes parents et amis, mais pas pour moi, car je participerai au banquet des noces de l'Agneau, qui me revêtira d'une robe blanche, lavée et blanchie dans son précieux sang, là je jouirai avec la campagnie des saints, des plaisirs qui ne finiront jamais. Le 29. — C'est ici ma méditation : " Père, mon désir est, que là où je suis, ceux que tu m'as donnés y soient aussi avec moi, afin qu'ils contemplent la gloire que tu m'as donnée, parceque tu m'as aimé avant la création du monde." O que ce sont là des promesses qui ^ pénètrent dans l'âme de ceux qui les goûtent, ce sont des avant-goûts qui encouragent à pousser en avant, car le temps est court, il nous faudra tous partir soit tôt ou

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tardj il n'y en anra pas qui seront oubliés par la mort^ soit que nons vivions à l'âge le plus avancé, à la fin, il sera encore dit, un tel n'est plus. C'est pourquoi faisons to'us nos efforts, car, c'est afin de travailler à notre salut, que nous sommes sur cette terre, et pour nous préparer pour participer au bonheur et à la gloire qui sera accordée à ceux qui auront été fidèles au service de leur Dieu.

Le 30. — Je me trouve un peu plus dégagée, mais mes jambes sont beaucoup enflées. O je me trouve calme dans mon esprit, et je tarde à partir pour être avec mon doux Sauveur, afin de chanter ses louanges. Je puis dire que ta volonté soit faite. Jésus n'est qu'amour envers moi, en me favorisant d'une si douce maladie, en me sentant affaiblir et m'en aller un peu à la fois. O mon âme, loue et bénis ce doux Jésus, qui par son Esprit t'encourage toujours à faire effort, pour être comme une étoile brillante du firmament. Maintenant ce passage est mon soutien : *' Ne crains point petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le Royaume ;" que ces paroles sont un baume à mon âme, envoyées par un Père compatissant et miséricordieux envers le genre humain, qui est si rebelle et si ingrat ; s'il n'était pas ainsi^ que deviendrait la créature ? Elle retournerait bientôt à la poudre d'où elle est sortie,

" O God, I am thine ! What a eomfort divine, What a blessing to know, That my Jésus is mine, HaUelujah, send the Glory ! HaUelujah, Amen ! Hallelujah, send the Glory ! HaUelujah, revive us again."

Le SI. — Je me trouve plus faible que de coutume, mais je suis encouragée par ces paroles : ^* Ceux qui sont autour du trône, qui sont- ils et d'où sont-ils venus? Ce sont ceux qui sont venus de la grande tribulation.

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qui ont lavé et blanchi leurs robes dans le sang de l'Agneau." O que cela encourage à supporter avec une espérance joyeuse les épreuves^ les combats et les souffrances qui se rencontrent dans ce monde, dans la pensée qu'après toutes ces tribulations, un repos pendant toute l'éternité.

Le 1er Août — Un autre mois qui commence en un jour de Sabbat O que je suis encouragée. J'ai été si en communion avec mon Dieu la nuit dernière. J'avais mal aux dents. Il m'est survenu une si douce consolation, que je n'avais pas même la pensée de mon mal, mais c'est le Saint-Esprit qui m'éclaire à marcher dans le chemin, dans la vérité et dans la vie.

Oh ! how sweet to look up above the skies To see that there are pleasures to rise.

Et aussi la guérison de la femme, qui seulement toucha le bord des vêtements de Jésus, et qui fut guérie par sa foi. Voici le mois auquel on moissonne le blé, je serai peut-être de la moisson du Grand Maître, qui me rassemblera dans son grenier. O gloire, louange et actions de grâces soient rendues à Celui qui vit aux siècles des siècles. Amen.

Le 2. — J'ai été beaucoup encouragée aujourd'hui. J'ai eu ce petit verset sur mou esprit^ qui a été ma méditation,

" When we dévote our youth to God, 'Tis pleasing in his eyes ; A flower, when offered in the bud, Is no vain sacrifice."

J'ai eu la visite de deux de mes petites compagnes, et nous avons passé une très-agréable après-midi ensemble. Encore à la fin, ^' Je me trouvab inquiète en pensant si

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j'avais fait des choses qui étaient désagréables à Dieu» mais cette consolation m'a réjouie, ^' Que votre cœur ne se trouble points vous croyez en Dito, croyez aussi en moi, il 7 a plusieurs demeures dans la maison de mon Père, si cela n'était pas, je vous l'aurais dit, je vais vous préparer le lieu."

Le 3. — Un autre jour de passé depuis ma petite visite. O que les jours se passent, il s'en vont comme une ravine d'eau. Mon esprit s'occupe de ce sujet, *^ Je serai donc toujours avec toi, tu me prendras comme par la main, tu me conduiras par ton conseil, et puis tu me recevras dans la gloire." O mon âme, que ces paroles là sont douces, elles sont plus douces que le miel à mon palais. O poussons donc tous en avant, afin d'aller participer tous ensemble au bonheur qui reste après cette vie. pour ceux qui auront été fidèles, nous courons tous vers la fin de notre carrière, avec une rapidité que l'on ne comprend pas. Bientôt il sera dit de chacun de nous, un tel n'est plus; cependant tenons -nous prêts, et veillons et soyons sobres, afin que quand le père de famille viendra, qu'il ne nous trouve point endormis, mais qu'il nous trouve chacun avec sa lampe allumée, et veillant pour l'heure en laquelle il doit venir.

Le 4. — Le médecin est venu me visiter, il m'a trouvée bien mieux que Mercredi dernier, et a dit que parceque j'étais jeune, je pourrais encore durer un peu de temps ; mais c'est le Seigneur qui sait, et qui fait toutes choses, que sa volonté soit faite, puisque c'est pour sa gloire, soit que je vive encore un peu de temps, ou soit que je meure, afin d'être hors des misères et des inquiétudes de ce monde. C'est Jésus seul qui est mon tout, tout ce que j'ai de plus précieux ; il me remplit d'une si douce

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paix que je me trouve bien contente, ô îl faut que je sois patiente, et que j'attende son bon plaisir, pour quand il m'appellera disant: '^ C'est assez, monte ici." Oh I que ces paroles sont édifiantes et désirables, mais non pas ma volonté, Seigneur, mais que ta volonté soit faite.

Le 5. — C'est de ce passage que mon esprit s'occupe, '^ Quand mon père et ma mère m'auraient abandonné, toutefois l'Eternel me recueillera." O quand on m'ôterait tout ce que je possède ici-bas, j'ai encore un plus grand ami que ne serait mon père ou ma mère, car cet ami, qui eit mon doux Jésus, a donné sa vie pour moi et pour tous ; comment donc ne me donnerait-il point toute autre choses par dessus ? OJi ! on ne connaît point l'amour ni les bienfaits de Jésus envers ceux qui le craignent. Mon âme, marche en avant, confesse ton Maître tandis que tu as l'être, et après ton étoile en sera plus brillante, car, au sépulcre où tu vas, il n'y a plus rien à faire ; et quand ta dernière heure viendra, tu puisses te mettre entre les bras de ton Sauveur, dans la pensée que tu auras fait ton devoir en ayant confessé ton Divin Maître.

Le 6. — Je ne me suis point trouvée si forte cette après-midi, mais mon attente est toujours sur l'Etemel; c'est lui qui me délivre et qui me console. Si je n'avais pas l'espérance et la consolation que Jésus est avec moi, que son bâton et sa houlette sont mon soutien, je serais remplie de crainte en me voyant ainsi en maladie et n'étant pas prête pour la venue du Maître. Béni soit Dieu qu'il n'en est pas ainsi, mais que j'ai l'espérance et la consolation de jouir du bonheur qui reste après la mort et qui bannit toute crainte :

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" O ! they've reached the sunny shore, They will never hunger more, Ail their grief and pain are o'er

Over tliere.

O ! they need no lamp by niglit.

For their day is always bright, And their Saviour is their light,

Over there.

O ! the streets are shining gold,

And the glory is nntold,

'Tis our Shepherd's l^ssful fold,

Over there.

O ! they feel no chilling blast.

For their winter time is past; And the summers always last,

Over there.

O ! theyVe fought the weary %ht, Jésus saved them by his might.

And they walk with him in white,

Over there.

O ! we'll join the happy band.

But we wait our Lord' s eommand, Till we see his beckoning hand,

Over there."

Le 7. — Oh ! qu'il m'est venu à l'esprit un verset encourageant cette après-midi :

" See ! your sins are ail forgiven, I hâve paid the eountless sum ; Now my death has opened heaven, Thither you shall shortly corne."

Et ce passage aussi qui m'a été révélé : ^^ Que profiterait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il fait la perte de son âme, ou que donnerait-il en échange de

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son âme." O que l'âme qui recherche l'Eternel lai est précieuse, celui qui la touche touche la prunelle de son œil. Que ce sont là des paroles pour montrer l'amour qu'il a pour ses enfants ; personne ne peut comprendre son amour ni sa bonté envers ceux qui s'attendent à Lui, c'est lui qui m'a attirée par son Saint-Esprit. O, je suis contente de ce que je suis ; mon sort est une joie qui est permanente, mais la joie du monde finit par l'ennui.

Le 8. — Un autre jour de Sabbat pour ' travailler à mon salut m'est accordéi Je suis un peu abattue, je pense que c'est le temps qui m'est un peu contraire, c'est un signe que je ne suis pas bien forte, mais toutefois, mon âme, prends courage, je connais que le Seigneur t'afflige suivant sa fidélité. O, Eternel, que ta bonté me console, car je me confie en Toi. Ce doux passage est sur mon esprit, '^ Je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis." O lecteur, goûtes-tu cette promesse ? sinon, prépare-toi au plus tôt pour la rencontre de ton Dieu, afin que tu ne sois point trouvé coupable, car une fois que ta culpabilité * sera à son comble, il n'y aura plus moyen d'échapper au châtiment final, et ce pour toute l'éternité.

Le 9. — Je ne me trouve pas trop mal de corps; ô que l'Eternel me comble de bénédictions, je ne puis les discerner. Ma maladie n'est point pénible, mais en même temps l'appétit manque et mes jambes sont enfiées. Mon attente est que je m'en vais glissant vers la tombe, mais j'espère que le Seigneur me donnera sa grâce de passer la vallée de l'ombre de la mort, afin que la joie d'une âme qui s'en va jouir des délices de la Sainte Cité soit dans mon cœur. O tâchons d'être fidèles à la voix du Saint-Esprit, car c'est ce qui éclaire

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l'âme et qui la conduit dans le chemin de la vérité et de la vie.

Le 10. — Je me trouvé bien plus dégagée, et en même temps je suis satisfaite et calme. J'ai médité que la maison de l'Eternel n'a point été faite par la main des hommes, et même sur la terre, les hommes façonnent des choses bien jolies. Oh, combien ce sera des choses magnifiques qui auront été posées et faites par le grand fondateur et architecte dans les tabernacles éternels, ou les vers, ni la rouille ne gâtent rien, et ou les larrons ne percent ni ne dérobent O amassons-nous un trésor dans le ciel, car où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Quand l'âme sérieuse en sent les avant-goûts, elle peut dire, *' O si j'avais les ailes d'une colombe, je m'envolerais dans le lieu de mon repos," pour chanter les honneurs et les louanges à l'Âgneau qui est assis sur le trône.

Le 11. — Je suis à-peu-près la même chose. Ma méditation est, "Le vent souf&e où il veut et tu en entends le bruit, mais tu ne sais d'où il vient ni où il va, il en est de même de tout homme qui est né de l'Esprit." Le vent on ne peut voir, de même on ne peut pas voir ce qui est dans l'esprit, mais il faut être né de nouveau, par cet Esprit de Dieu, pour atteindre la vie éternelle. Car pour être en commimion avec Dieu, qui est un Esprit, il nous faut l'adorer en esprit et en vérité. Il nous a faits à son image pour dominer sur la création, et pour vivre toujours en sa présence ; cet Esprit doit être révélé en nous, avant que la cliair soit en poussière, si nous voulons participer au bonl^ëur qui est maintenant invisible, mais qui alors sera visible quand ce sera seulement l'esprit qui vivra.

Le 12. — Mon corps est bien pour moi ; au tnatin je

46 MiMOIBE DE

trouve toujours une nourriture pour mon âme, qui me remplit de joie^ et qui me console durant le jour. Aujourd'hui ma consolation est, *^ Tout est accompli ;** que ce sont là des paroles qui me sont précieuses. ^^ O mon âme, que rendrai-je à l'Eternel, tous ses bienfaits sont sur moi, je prendrai la coupe des délivrances, et je me confierai en lui," car il est fidèle, nous n'avons point à faire à un homme, qui ne tiei)t point à sa parole, mais à un Dieu qui a dit, " Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point." Ce qu'il a dit est la fidélité même et aura son effet.

Le 13. — C'est aujourd'hui mon jour de naissance (treize ans). Le temps est sombre, je crois qu'il a beaucoup d'effet sur moi, car je suis si abattue qu'il me semble n'avoir pas la force ni le courage d'écrire ; mais j'ai l'espérance qu'après un peu de fatigue et de combats, qui ne sont que pour bien peu de temps en comparaison du bonheur qui ne finira point, que cela m'encourage. Ma consolation est que les justes ne seront point abandonnés de l'Etemel, et ils se réjouiront et s'égaieront en ses bontés et en ses miséricordes ; c'est ce qui m'éclaire et qui me fait croire que je suis dans le bon chemin. Si j'avais mille langues je ne pourrais pas assez raconter l'amour de Jésus envers moi ; ô je ne le loue pas encore comme je devrais ! Il me fait quelquefois sentir que je désirerais déjà jouir de ce bonheur; mais que sa volonté soit faite, il faut que j'attende son bon plaisir.

Le 14. — ^Je commence ma quatorzième année avec cette injonction : '^ Fais, selon ton pouvoir, tout ce que tu auras moyen de faire, car au sépulcre où tu vas, il n'y a ni œuvre, ni discours, ni science, ni sagesse." O ce passage m'encourage tant à pousser en avant et à écrire

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mon journal ; j'espère que je continuerai autant que la grâce et la force me sera accordée^ il ne sera peut-être pas bien long, mais enfin, que je fasse selon mon pouvoir, tandis qu*il m'accorde par sa grande bonté le courage de le confesser. O lecteur, es-tu du nombre de ceux qui le confessent ? Sinon, demande lui sa grâce et son Saint-Esprit, car c'est en esprit qu'on sert Dieu, car le royaume de Dieu ne consiste pas en paroles, mais en vertu. Peut-être ignores-tu comment je puis écrire tous les jours ; ô c'est l'Esprit de Dieu qui m'éclaire chaque jour ; il n'j a point de fin à l'accxfoissément de son règne dans le cœur.

Le 15. — J'ai été beaucoup éclairée par le Saint-Esprit, qui m'a fait la grâce de pouvoir composer un cantique pour encourager mon âme, ainsi qu'il suit :

O mon âme ! loue ce bon Sauveur, Qui te donne tant de faveurs, Qui te console dans tes afflictions, Qui te bénit par ses consolations.

Loue-le, de tout ton cœur.

Car il est digne d'être en honneur

Sois, ce que ton talent possède, T /■ / m V' '

Honore ce Dieu, ce tendre Père.

Loue-le, par sa grâce et sa faveur,

Car la gloire est au Rédempteur,

Qui t'a sauvée dates péchés,

Qui t'a donné l'œuvre de le confesser à jamais.

Loue-le, avec zèle et ferveur.

Car tu n'auras jamais trop fait pour ce Sauveiu-,

n te châtie suivant sa fidélité,

Et puis il te couronnera dans la Sainte Cité.

Loue-le, avec foi et confiance.

Car il te donne de son abondance

48 MtHOIBE DE

Qui te console pendant cette vie.

Et puis» après la mort, la céleste patrie.

Et encore ma nourriture de ce matin, ^' Crois seulement.** O je sais et je comprends que si la force et le courage me manquent pour continuer mon journal, je n'aurai qu'à attendre patiemment, comme j'ai attendu le temps passé, il s'est trouvé tous lés jours des choses nouvelles, et il y en aura encore pour l'avenir peut-être de plus encourageantes. Que le Seigneur soit béni et exalté à jamais. Amen.

Le 16. — Aujourd'hui j'ai eu bon appétit; mais si je mûris pour le ciel ce ne sera pas par avoir meilleur appétit pour un jour ou deux que ma vie sera prolongée. Si c'est la volonté du Seigneur que je m'en aille, soit tôt ou tard, personne, ni mon appétit, n'empêchera que l'œuvre que le Seigneur désire ne soit accomplie; mais laissons tout entre ses mains, il travaille tout pour notre bien. Ma consolation est " Il ne s'est point trouvé de fraade dans sa bouche." O tâchons donc tous, vous et moi, de faire notre devoir et tout notre possible afin d'être revêtu du caractère de Jésus, pour être un exemple au monde, lui qui est venu souffrir à la place de tout le genre humain. Il a quitté son trône de gloire pour être ainsi traité, et non pas pour vivre une vie tranquille, comme II en avait le pouvoir.

Dieu est amour,

Mon âme le comprend,

Oh ! qu'il est doux,

A rame qui le ressent.

Oh ! pauvre pécheiu*

Si tu connaissais ton erreur,

FBISCUXE QITBBTIEB. 49

Tu ne pourrais plus attendre De venir à ce Dieu si tendre.

Il pardonne en tout temps

Le pécheur qui s'offi*e repentant,

Oh ! qu'il aime le sacrifice

D'une âme qui s'adonne à la justice.

Viens ! O pécheur inconverti,

Goûter ce que Dieu donne à ses amis,

n a pitié de celui qui le craint

Et fait grâce à tous les humains.

Le 17. — Je me trouve la même chose. C'est ce sujet qui m'éclaire : " Où irai-je loin de ton Esprit, et où fairai-je loin de ta face." Aucune chose n'est cachée à ses yeux, Lui, qui a mesuré les eaux avec le creux de sa main, peut voir ce qui se passe sur la terre d'un seul coup-d'œiL O le pécheur ne pourra se tenir caché, il aura de quoi crier aux montagnes: ^'tombez sur nous, et cachez-nous de devant la face de Celui qui est assis sur le trône." Mais pour ses brebis, elles entendront sa voix, car il est leur Dieu, elles sont le peuple qu'il paît, et les brebis qu'il conduit. O que ce sera une joie pour ceux desquels il est le bon Berger. Mon âme continue et persévère afin que tu sois de ces brebis, desquelles il est le Berger.

Le 18. — Ceci est le sujet de ma méditation: ** l'Etemel est ma force et mon libérateur, c'est en Lui que je m'assure." O qu'il aime l'âme qui se confie en Lui, Il l'éprouve quelquefois, mais c'est seulement pour la faire jouir d'un plus grand bonheur après qu'elle aura mis toute sa confiance en lui, puis quand elle voit qu'il vient la consoler, après l'avoir attendu, elle est remplie de joie de sentir qu'il est encore là à son côté pour la

50 HiMOISE DB

délivrer. Il est bon d'attendre en repos la délivrance de l'Etemel ; il est bon à l'homme de porter le joug dès sa jeunesse. O que c'est un sacrifice qui lui est agréable.

Oh ! qu'il est aimable,

Ce Sauveur si charitable,

De lui ime uourriture vient à l'âme,

Qui le recherche et le réclame.

Oh ! les profondeurs de ses richesses, On ne peut les comprendre qu'avec sagesse, EUes font l'âme venir en extase Quand sérieusement elle les repasse.

Oh ! qu'ime âme lui est agréable,

Qui &Lt son service avec courage,

Elle lui est si précieuse,

Qu'il l'éclairé quand elle est sérieuse.

Le 19. — J'ai été comblée de tant de bénédictions aujourd'hui que vraiment je suis reconnaissante^ mais pas comme je le voudrais^ car le Seigneur qui tient tout l'univers dans sa maiuj et moi, petit vermisseau, une chose de néant, n'ai guère de force pour me présenter devant un si bon et tendre Père Céleste, mais il accepte encore tontes prières qui sont faites avec le désir d'un cœur sincère, et avec une foi vivante. Ces paroles se trouvent dans mon esprit, "C'est ici mon Fils Bienaimé, en qui j'ai mis toute mon affection." O l'amour du Père envers des créatures si ingrates, qui ne font que l'offenser et l'irriter, de donner son Fils unique, afin que ceux qui seulement croient et regardent vers lui et le contemplent par la foi, soient faits participants du bonheur de la vie étemelle. Quel précieux don de son amour; il est inexprimable, chose que l'on ne peut comprendre dans tous ses mérites.

PSISCILLE QT7EBTIEB. 51

Le 20. — Je me trouve si remplie de joie en pensant an bonheur qui m'attend. Ces paroles pnt occupé mon esprit^ ^' Il est plas aisé qu'un chameau passe par le trou d'une aiguille^ qu'il ne l'est qu'un riche entre dans le royaume des cieux." Le riche se confie en son grand savoir et en ses richesses, mais il faut devenir pauvre en esprit^ "Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux." Si je pouvais faire comprendre au pécheur comme je le trouve facile et aisé, il ne serait pas longtemps à chercher de tout son cœur la grâce salutaire, qui nous fait devenir comme de petits enfants, et après confesser son grand amour. Mon sort est si désirable, je ne l'échangerais pas pour mille mondes toujours redoublés, avec cela je serais encore dans la peine et dans la misère, mais avec mon doux Jésus ce sera une joie permanente.

Oh ! corne to this happy land, To sing the praises of the Lamb; For he's mighty in power and virtue To Him, Glory and Hononr are due.

Oh ! Worthy, Worthy, Worthy, Is the Lamb that was slain To be hononred and proclaimed.

Oh ! Etemity of rest and joy,

Thou art willing to employ

AU créatures saved by grâce

Who now wait on him by faith.

Oh ! Worthy, Worthy, Worthy,

Is the Lamb that was slain

To be hononred and proclaimed. P. Q.

Le 21.— Ma méditation est: "Vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu." Quelle douce promesse à l'âme qui la reçoit, et une source de vie pour ceux qui se

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confie en l'Eternel^ parce qu'il est fidèle^ comme il dit à la création du monde^ ^' Que la lumière soit^ et la lumière fîit," et ensuite de tout l'univers, c'est par sa volonté que toutes choses subsistent et qu'elles ont été créées.

Le 22. — Il semble que mon corps va mieux/ que la volonté du Seigneur soit faite en prolongeant ma vie, afin que j'accomplisse l'œuvre qu'il me donne à faire, et de le confesser pour sa gloire. O Seigneur, combien j'aime ta loi, c'est ce dont je m'entretiens tout le jour, encore qu'il semble que mon corps va sur le mieux, je pense toujours à la mort, car c'est là tout mon plaisir. O mon âme, continue à prendre les jours comme ils viennent, et le Seigneur te donnera la grâce de travailler de plus en plus pour le glorifier, c'est à lui qu'appartient toute la gloire : *' Abattez ce temple, dît Jésus, et je le relèverai dans trois jours," mais il parlait du temple de son corps. Jésus s'appelle lui-même le temple, il parlait ici de sa crucifixion et de sa résurrection au bout de trois jours. C'était après sa résurrection que ses disciples se souvinrent qu'il leur avait dit cela : ** Abattez ce temple, et je le relèverai dans trois jours."

Christ est ma force et ma vie, C'est en lui que mon âme se confie, n m'éclaire dans la nécessité.

Qui m'encourage à le glorifier.

Oh ! qu'il est libre de donner sa grâce A l'âme qui désire èuivre ses traces, n est si doux et rempU de bonté Qu'il encourage à le confesser.

Oh ! l'âme, qui comprend son amour,

Peut aussi dire qu'il est doux ;

Car il se tient à la fidélité,

Et puis il couronne l'âme dans l'Eternité. P. Q.

FBISGILLE anEBTIEB. 58

Le 23. — Ma consolation est : '^ Je suis en mon Père^ et mon Père est en moi^ et moi en voas^ et vous en moi." Oh I quelles douces et précieuses promesses^ nous serons parfaits en amour^ et nous participerons au bonheur et aux jouissances célestes^ avec la compagnie des saints et de Jésus notre Sauveur^ qui nous rassasiera de sa présence. Vous justes, réjouissez-vous, et célébrez la mémoire de sa sainteté. O Seigneur, qu'il te plaise de me donner ta grâce, afin que je te célèbre comme il faut, et que je sois eu bénédiction, et tu en recevras toute la gloire.

Le 24. — Mon sujet est: '^Repais ton troupeau chaque jour, O Seigneur, car il s'attend à toi." Je puis dire que je m'attends à lui tout le jour, c'est sa grâce qui me suffit, sans lui je ne puis rien faire, l'âme a toujours besoin de nouvelle nourriture, afin de la garder vivante dans le calme et dans la joie. Lecteur, es-tu nourri de cette nourriture de l'Esprit de vie? sinon "fuis au plutôt la colère à venir," car tu ne sais si ce sera ou subitement ou autrement que ta vie te sera ôtée. O cherche donc ce bon Sauveur de tout ton cœur, tandis que le jour de grâce et de salut t'est encore offert; il frappe à la porte de ton cœur, ouvre-lui donc et fais effort, car ce n'est que les violents qui ravissent le royaume des cieux.

Le 25. — Ce passage pccupe mon esprit : " Ceux qui s'attendent à l'Eternel reprennent de nouvelles forces, leurs ailes leur reviennent comme aux aigles, ils cour reront et ne se se fatigueront point, ils marcheront, et ne se lasseront point" Il faut que le juste coure toujours vers le but de sa céleste vocation et fasse son devoir, car s'il vient à s'en relâcher et devenir peu-à-peu tiède et à son aise : '^ Malheur à ceux qui sont à leur aise en

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Sion," dit le prophète Amos. Marchons donc avec courage vers cette Sainte Sion^ afin que quand notre carrière ici-has sera finie^ nous ayons mis toute notre confiance en ses promesses qui sont^ Oui et Amen en notre Seigneur Jésus-Christ.

Le 26. — Je suis consolée sur ce doux passage: " Vivre c'est Christ^ et mourir m'est un gain." Car je serais à l'abri des pièges et hors des inquiétudes et des dangers de ce monde^ mais je puis dire que la volonté du Seigneur soit faite^ soit pour vivre ou pour mourir^ que ce soit pour son honneur et pour sa gloire. O j'espère être fidèle jusqu'à la mort;, et quitter cette terre avec un sourire de joie dans le cœur et goûter ces paroles : ^ J'ai combattu le bon combat de la foi^ ma course est finie, au reste il m'est réservé une couronne de gloire."

Venez tous autour de mon lit,

Voir un dernier soupir avec sourire,

Qui passe la mort pour jouir de la vie,

Avec tous les bienheureux dans la céleste patrie.

J'ai composé ce petit verset comme j'ai la confiance qu'il en sera ainsi dans la pensée que je n'en reviendrai pas» mais encore tout est possible au Seigneur.

Le 27. — Je me trouve mieux. Il y a quelques semaines j'étais si faible que je ne croyais pas vivre si longtemps, ma consolation est : " Je viens bientôt, tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne." Oh I il faut que je sois fidèle et que je tienne ferme, et que je pense à mon départ, car c'est l'hiver qui est devant moi, et j'ai cru qu'il me sera contraire ; mais enfin, tout est possible au Seigneur qui gouverne et commande le jour et la nuit selon son bon

FBISCILLX QUEBTIEB. 55

plaisir. H est aussi capable de me donner des forces, aussi de m'abattre dans un moment^ car ses pensées ne sont pas nos pensées^ ni ses voies nos voies ; cependant^ prenons courage à travailler à son service^ afin d'être affranchis de tout péché dans le temps auquel il nous appellera à quitter ce monde de vanité et à passer au monde invisible, ou rien ne se peut corrompre, ni souiller, ni flétrir pendant toute l'Eternité.

Le 28. — Je suis éclairée sur ces paroles: "Les renards ont des tanières, et les oiseaux de l'air ont des nids, mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête." Lui qui était le Roi de Gloire, qui tenait tout l'univers en sa main, de venir dans une si grande humilité et pauvreté, tout de même les mages d'Orient, qui avaient été avertis par une étoile de venir l'adorer, vinrent et adorèrent ce petit enfant, quoique dans la simplicité, et la pauvreté la plus humiliante, ils l'honorèrent comme le Grand Roi de l'univers, ainsi qu'il était, en lui présentant des dons, de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Vous pauvres, prenez courage en pensant à la vie de Jésus ; vous riches, soyez reconnaissants de tout ce que vous avez reçu et donnez libéralement aux pauvres dans le temps du besoin.

Le 29. — C'était ce passage qui m'a été révélé: "Que celui qui croit être debout prenne garde qu'il ne tombe," car il est bien facile de se laisser tomber peu-à-peu dans les voies du monde. Mais, mon âme continue à t'attendre sur ses précieuses et encourageantes promesses, sois fidèle jusqu'à la mort et tu recevras la couronne de vie. O que ce sont là des paroles dignes qu'on y fasse la plus grande attention, et de se tenir fidèle à la loi et aux voies de celui qui est la fidélité même.

56 MÊHOIBE DE

Jésus, mon plus grand ami, Sois toujours mou appui, C'est toi qui est le tout D'une âme que ta grâce absous.

Jésus, dont la nourriture

Me nourrira jusqu'à ce que d'être mûre.

Si je tiens à la fidélité

E{ en m' avançant dans la yérité.

Jésus, ta grâce m'est suffisante

Pour me donner de la confiance

En toutes tes précieuses promesses.

Qui sont fiâtes avec la plus grande sagesse.

Le 30. — C'est sur ce passage que mon esprit s'arrête, " Tu aimeras ton prochain comme toi-même." O que je désirerais que tous vivraient en amour les uns avec les autres; s'il en était ainsi, le monde serait déjà comme une réflexion du paradis sur la terre. Mais le pécheur qui n'a point d'amour pour son prochain qu'il voit, comment peut* il aimer son Créateur qu'il ne voit point, et s'il croit l'aimer et haïr son prochain, il est pire qu'un infidèle, car c'est là un des commandements d'aimer son prochain comme soi-même; nous avons été tous créés par le même Créateur, qui donne l'héritage de la vie étemelle à tous ceux qui auront demeuré en son amour ici-has, car au ciel ce ne sera qu'amour, paix et joie continuellement. Dieu est amour. A ceci on connaîtra ceux qui seront mes disciples, ils auront cet amour de Dieu répandu dans leurs cœurs. Or, il faut connaître et goûter cet amour ici-bas, si l'on désire en être faits participants dans le ciel, après que notre âme nous aura été redemandée.

Le 31. — C'est sur ces paroles que je me repose, **0

FBI8CIIXE QTTEBTIEB. 57

Seigneur quand habiterai-je dans ton Palais et contemplerai-je ta face^ afin d'être à l'abri de tous doutes»" car maintenant ce n'est que par la foi» mais tu es fidèle. Mon âme attends» et confie-toi de plus en plus en l'EtemeL O qu'heureux est l'homme qui se confie en lui. '^L'Etemel est ma portion a dit mon âme» c'est pourquoi j'espérerai en lui ; " mais ô mon âme sois patiente et accomplis ton œuvre avec courage et avec foi ici-bas, puis» quand le Seigneur le trouvera bon et profitable» il t'appellera pour habiter dans son palais de délices à perpétuité. C'est maintenant par la foi et par l'espérance» mais bientôt ce sera la vue môme de toutes les choses invisibles» et de voir Jésus dans sa beauté et dans sa magnificence» qui toujours nous comblera de nouvelles jouissances.

Le 1er Septembre. — C'est ce passage qui m'a été révélé» *^ Jeune homme réjouis-toi dans ton jeune âge» et marche où ton cœur te mène» mais sache que pour toutes ces choses Dieu t'amènera en jugement." Mon âme pense à ces paroles et sois sage et ne marche point selon le train du monde» mais garde-toi toujours à la fidélité d'être humble» et de taire le service du Seigneur avec sagesse et contentement; car lui être fidèle est tout ce qui rend l'âme heureuse et dans une paix que le monde ne connaît point : c'est une paix d'esprit qui se trouve dans le cœur» mais au mondain ses joies ne finissent que par l'ennui» car il est dit» *^ D n'y a point de paix pour le méchant"

Le 2. — C'est de ce passage que mon esprit s'occupe» ^' Je ne donnerai point ma gloire à un autre»" dît Jésus» Lui qui est le Roi des rois» et le Gouverneur de toute la terre qu'il a formée. A son commandement ne doit-on pas lui rendre gloire pour toutes choses» puisque c'est

58 HÊMOIBE DE

par lui qu'elles subsistent? qu'est-ce que la gloire de l'homme mortel? ce n'est qu'une vapeur qui disparaît dans un moment, mais la gloire qu'on doit à Jésus est permanente et digne d'être rendue aux siècles des siècles. Mon âme loue ce doux Jésus qui te comble de tons ses bienfaits, et sache à qui la gloire appartient, si ce n'est à Jésus le Tout-Puissant, qui seul est ta force et ta vie. O mon âme attends-toi aux consolations de ce Jésus, puisque le temps est incertain et que la mort est certaine, afin que tu te puisses reposer en toute confiance entre ses bras, et lui en rendre toute la gloire.

Le 3. — Ma consolation d'aujourd'hui est, '^ l'Etemel gardera Israël, il ne sommeillera point, et ne s'endormira point." Que ces paroles sont précieuses à mon âme; quel ami, il n'y en a point et il n'y en aura jf^ais de semblable, de veiller ainsi sur ses enfants. U est toujours près d'eux à les consoler et les encourager à pousser en avant avec confiance, car ce n'est pas l'Etemel qui abandonnera, mais c*est la créature qui se négligera. Il dit, ** Quand ton père ou ta mère t'auraient abandonné, je ne t'abandonnerai point:" quelles belles et encourageantes promesses. O qu'heureux est l'homme dont l'Etemel est le Dieu, car il le bénit et le fait prospérer. Pour moi je me confie en ses promesses, et je me trouve en paix et en sûreté ; je m'attends au bonheur, dont les Saintes-Ecritures m'éclairent, et je suis comblée de joie quand je pense qu'il durera à perpétuité.

Le 4. — Il me semble que mon corps va sur l'amendement Je suis éclairée sur ce passage : *' Comme par un seul péché tous sont morts, et par la mort d'un seul, qui est Jésus-Christ, nous avons la réconciliation avec Dieu, et par sa résurrection nous obtenons la vie éter-

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nelle." Courage à aller au pied de la croix accepter ce Bacrifice qui a été fait pour tous, tant les Juifs que les Grecs^ et donnons lui la gloire et les mérites en toutes choses^ car c'est lui seul qui est le médiateur entre Dieu et les hommes; cependant la créature n'est faite que pour le louer et Texalter^ et puis quand elle aura été fidèle jusqu'à la fin^ elle s'envolera dans la compagnie de tous les bienheureux.

Le 5. — Ma consolation est^ '^Moi^ l'EtemeU je t'ai appelée dans la justice, je te prendrai par la main et je te garderai, je te ferai être une alliance aux peuples et une lumière aux nations." Mon âme, quelles promesses pour te consoler et t'encourager : sois fidèle et cherche de plus en plus à faire ton devoir et à avoir une plus ferme confiance. O mon âme bénis l'Etemel et n'oublie pas un de ses bienfaits, c'est lui qui te fait prospérer et qui te donne des consolations par grâce, car c'est un don qu'il fait à ceux qui le cherchent et qui le craignent. O continue à lui être fidèle et tu recevras la couronne de gloire quand la mort aura perdu son aiguillon et le sépulcre sa victoire.

Le 6. — Je suis nourrie aujourd'hui sur ce passage, qui est si précieux, *^ Vous serez mes fils et mes filles, dit le Tout-Puissant" Mon âme, goûte de plus en plus ces encourageantes consolations et assure-toi en l'Etemel, afin qu'il te fasse la grâce de persévérer jusqu'à la fin. Si je n'avais pas Jésus maintenant je serais misérable, mais, par grâce, il m'a montré le chemin de la foi et je suis si contente de mon état O que le Seigneur m'a été un père qui a châtié son enfant avec douceur. '* Comme un père châtie son enfant pour son bien, ainsi il m'a châtiée," et m'a donné une œuvre de le confesser comme il est amour à ceux qui aiment sa

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loi et qui la pratiquent avec foi ; il n'est pas loin à chercher, il est dans notre bouche et dans notre cœur.

Le 7. — C'est ce passage qui a été ma consolation : ** Mais les débonnaires hériteront la terre et jouiront à leur aise d'une grande prospérité.'^ O j'espère que le Seigneur me bénira autant qu'il prolongera ma vie. Si elle n'est pas pour être encore bien longue^ eh bien I être avec Jésus me serait beaucoup meilleur^ mais qu'il dispose de moi pour sa gloire^ car c'est lui qui sait mieux ce qui m'est nécessaire: c'est pourquoi je me confierai en lui, il est mon plus grand ami, il se trouve dans le besoin. Mon âme tiens ferme, et cherche de plus en plus cet ami qui est si aisé à trouver» et qui dit '^ Mon joug est aisé et mon fardeau léger." O ainsi il est à ceux qui se tiennent à la fidélité, mais malheur à ceux qui se détournent, car ils crucifient Christ de nouveau.

Le 8. — C'est ce passage qui m'a été révélé, "Qu'y a-t-il entre Christ et Bélial." Je médite donc qu'elle différence il y a, c'est la lumière et les ténèbres : Christ est le Tout-Puissant, on ne peut rien op])oser à sa volonté, toutes choses lui sont possibles, et il est digne qu'on lui rende la gloire pour toutes choses, car c'est par lui qu'elles subsistent et qu'elles ont été créées. Mais Bélial, qui est le démon, va comme un lion cherchant qui il pourra dévorer. Fuyons ces mauvaises pensées et retournons à Dieu^ car il est le seul reAige qui peut rendre l'âme en paix.

Le 9. — C'est ici ma consolation, " O qu'heureux est celui à qui la transgression est quittée et dont les péchés sont couverts." O mon âme réjouis-toi de ce que ta goûtes ces promesses, si douces et si précieuses, et demande encore d'augmenter ta simple foi, car il n'y a

PBISCIIiIiE QT7EBTIEB. 61

point de fin à l'accroissement de son règne. '^ Jusqu'à présent vous n'avez rien demandé^ demandez donc afin que votre joie soit accomplie." Mon frère est venu de voyage, et quand la joie de le voir était répandue sur toute la famille, je pensais à la joie du Ciel ; ô combien demeurerons nous en amour là haut; là nous serons tous d'un même esprit, ob ne se séparera plus, et toujours remplis de paix et de joie.

Le 10. — Voici ma consolation d'aujourd'hui: "Qui croit en moi ne sera point confus." Que ce sont là des paroles d'encouragement qui pénètrent dans l'âme qui les goûte. L'£ternel est à ma droite, c'est Lui qui est mon conseiller, que craindrai-je ? C'est Lui qui me console et qui est ma haute retraite: mon âme, attends-toi sur l'Eternel, et te nourris de cette nourriture qui est celle de Tâme, de peur qu'à la fin ta ne sois trouvée confuse. O tiens-toi à la fidélité, et puis quand la vie du corps sera ôtée, tu j)Ourras rendre toute gloire, louanges et actions de grâces à celui qui t'a rachetée et lavée dans son précieux sang par son grand amour. Nous ne méritons que l'enfer, mais par grâce Christ est venu pour sauver ceux qui croiront à sa venue, et ce n'est que par ses mérites que le monde peut être sauvé.

Le 11. — C'est sur ce passage que je médite: *' Tu connais quand je m'assieds et quand je me lève. Tu découvres de loin ma pensée. Tu m'environnes, soit que je marche, soit que je m'arrête, et tu as une parfaite connaissance de toutes mes voies." O Dieu, sois miséricordieux envers ta créature qui est si prête à se détourner. O mon âme, prends garde à tes voies, car fu as affaire à un Dieu d'amour et de vengeance ; d'amour à ceux qui prennent garde à leurs voies, de

62 HÊMOniE DE

vengeance à ceux qui se détournent dans la vanité et qtti l'irritent^ les ténèbres seront leurs demeures^ mais continue à avoir la foi et l'espérance que tu seras nne brebis de son troupeau^ et le tout par les mérites de Christ notre Sauveur. A lui soit la gloire, la louange, llionneur et la force aux siècles des siècles. Âmen.

Le 12.— C'est ma consolation d'aujourd'hui: " Christ est le chemin, la vérité et la vie." O mon âme, entends et comprends que c'est lui seul qui est le chemin étroit et difficile qui mène à la vie ; prends courage, cours ce chemin avec foi, comme si tu le voyais ; car c'est la pure vérité, et sois tranquille et en paix. Je m'attends sur l'Etemel, et il me conduira par ce droit chemin ; il faut que je sois fidèle, de peur que je ne me détourne de ses voies, car la créature est si faible et en danger de tomber dans la tiédeur. Mais, ô mon âme, fais effort et continue à te confier en ses promesses, car il n'y aura pas un seul iota oublié. C'est pourquoi croissons dans la foi et dans l'espérance, que nul ne peut nous ravir de la main de son Père, et tenons à la fidélité, c'est elle qui héritera le bonheur.

Le 13. — C'est ce passage qui m'a été révélé: ''Et Jésus lui dit : J'irai, et je le guérirai." Quelle encourageante promesse pour celui qui la reçoit. Jésus vit la foi de cet homme et il lui fit cette réponse. O pécheur, si tu avais aussi la foi, il irait aussi à toi et te guérirait de ta plaie, qui est le péché, qui peut te tourmenter dans les flammes de l'enfer pendant l'éternité. Va donc à ce médecin qui t'offre un remède pour ta dangereuse et terrible plaie, lui qui est si aisé à trouver ; seulement crois et accepte ses promesses, sois-y attentif, car ce sont elles qui nous éclairent par le Saint-Esprit. Maintenant est le temps favorable, maintenant est le jour

PBISCILLE QUEBTIEB. 63

du salut. Il intercède à la droite de son Père : cours donc vers lui^ afin que ta confiance te mette à feibn, et que tu aies l'espérance de participer à la joie des bienheureux qui ne nous ont devancés que pour un peu de temps.

Le 14.— C'est ici ma consolation et où je suis éclairée^ *' Je sais une chose^ c'est que j'étais aveugle et maintenant je vois." Par la grâce qui m'a été donnée^ mon âme est si remplie de joie de ce qu'elle est éclairée, qu'elle a une place préparée dans la cité glorieuse, la Sainte Jérusalem, donc je suis en paix avec mon Dieu. Mon âme ne peut assez le louer et le bénir pour tous ses bien&its, car ils sont en si grand nombre qu'on ne peut les compter. O la bonté du Père céleste, elle est incompréhensible; il comble ses en&nts de ses biens. Il ne veut pas qu'aucun périsse, mais qu'ils se dé« tournent de leurs mauvaises actions et qu'ils vivent ; en leur donnant le pain de vie, qui est Jésus, afin de nourrir et de fortifier leurs âmes dans la foi, et ensuite les admettre dans la cité glorieuse.

Le 15. — Je me repose sur ce passage : " Que les en&nts de Dieu par adoption sont sa maison ;" et je suis en paix, parceque j'ai l'espérance que je suis une pierre de cet édifice, dont Jésus est la principale pierre de l'angle. Tous les chrétiens sont les membres, il en est le chef, et ils sont ainsi la Maison de Dieu en esprit : mais je le comprends mieux que je ne puis l'expliquer.

Le 16. — C'est sur ce sujet que je m'occupe aujourd'hui : '^ Or le juste vivra de sa foi." La foi est un parfait don d^ Dieu, et il m'a affligée afin que je m'humiliasse et que je vinsse à comprendre sa loi, et ây ajouter tant soit peu ma simple foL Avant que je

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fîisse affligée, je ne m'inquiétais ni ne comprenais gaère ce que la loi de l'Etemel était pour la pratiqaër. Mais maintenant qu'il m'a éclairée par son Saint-Esprit^ je prends tout mon plaisir à recevoir une telle nourriture chaque jour^ afin que je sois en paix et que je me repose sur l'Etemel^ qui est mon soutien et mon guide, qui me conduit dans ses parcs herbeux, et qui me rassasie de joie dans l'assurance qu'il y a un repos qui reste pour le peuple de Dieu.

Le 17. — C'est ici le sujet dont je suis occupée: *' Mes petits enfants, gardez-vous des idoles." Tout ce qu'on aime plus que Jésus est une idole. Aimons donc ce doux Jésus par dessus toutes choses. Lui qui nous a tant aimés, Il a donné sa vie afin de nous faire passer des ténèbres à sa merveilleuse lumière. ^^ O Seigneur^ ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange." Que tu es digne d'être aimé, toi qui fais tout pour ta créature, qui la bénis de toutes sortes de bénédictions et lui donnes à la fin la vie étemelle. O quel bel héritage est préparé pour nous à la fin de nos jours, un héritage de repos, d'amour et de joie, qui ne se peut corrompre, ni souiller, ni flétrir ; ce sera là notre demeure d'éternité en éternité.

Le 18. — C'est ici ma consolation: '^Assemblez-moi mes bien-aimés qui ont traité alliance avec moi sur le sacrifice." Précieuses paroles ; que Pâme qui les a reçues peut vraiment être en paix, quand elle les a reçues d'un Père qui fait encore sentir tous les jours son amour à sa pauvre créatura Pour moi, je louerai l'Etemel de ce qu'il a fisdt des choses merveilleuses; il m'a donné cet entendement et cette paix que le monde ne connaît point, qui est en esprit et permanente. Il est digne d'être béni et exalté à jamais.

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Le 19. — Dimanche^ je suis si consolée sur ce passage, ** Je te donnerai le pays de Canaan pour le lot de ton héritage." L'âme qui le goûte peut s'y confier sûrement, car celui qui l'a dit autrefois à la postérité d'Israël est fidèle, et il est le même qui nous instruit, comme il le faisait par les temps passés. O que mon âme a besoin de recevoir de cette nourriture, qui est plus douce que le miel au palais, jusqu'à la fin de sa course, afin de n être point trouvée confuse. Mon âme continue à être fidèle et à demander une augmentation de foi, qui est le par&it et infini don de celui qui t'a rachetée et lavée dans son précieux sang; ce sang qui purifie de tout péché, et qui donne la vie éternelle à l'âme qui a Pespérance d'en être purifiée.

Le 20. — O mon Seigneur et mon Dieu, fais-moi sentir de plus en plus ta grâce par tes consolations. Je suis si rassasiée et en paix sur ce passage : '^ Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés, afin qu'ils soient un, comme nous sommes un. Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal." O Seigneur, si c'est ta volonté de prolonger ma vie pour ta gloire, je suis soumise. Mais le bonheur qui me mettrai à l'abri des pièges de ce monde et des tempêtes qui s'élèvent dans mon âme, me font soupirer après la jouissance de l'amour, et de l'assurance qu'une fois la dernière épreuve passée, l'esprit retournera à Dieu qui l'avait donné ; et après admis avec la nombreuse compagnie de ceux qui ont été rachetés par le précieux sang de l'Agneau, à lui soit toute la gloire, car c'est par ses seuls mérites que nous avons l'espérance de la vie éternelle.

Le 2L — C'est sur cette consolation que mon esprit s'occupe: **Quel autre ai- je au ciel que toi. Je n'ai pris plaisir sur la terre qu'en toi." O si ma langue était

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libre pour raconter les merveilles que ta as promises à tes en£sints, afin qu'ils connaissent que tu es un Dieu d'amour. Mon âme est si remplie de joie de ce qu'il m'a choisie pour être une des brebis de sa bergerie, pour être toujours rassasiée de sa douce présence, et à chanter ses louanges. C'est déjà les avant-goûts du céleste bonheur qui ne finira jamais.

Le 22. — Je suis éclairée sur ce passage : '^ Car tous ceux qui sont conduits par le Saint-Esprit sont enfants de Dieu." Le Seigneur, qui pai* sa tendre miséricorde et son amour infini, m'a sauvée des ténèbres à sa merveilleuse lumière, et par la grâce qu'il m'a donnée^ je confesse qu'il est l'ami le plus aisé à trouver dans le temps de la détresse. Si Jésus est pour nous, qui sera contre nous ? personne. Mais le tentateur cherche de toutes ses forces à nous porter aux doutes, mais il lui est dit: tu n'iras pas plus loin. L'âme fidèle n'écoute point Satan, qui n'est qu'un trompeur, et qui ne cherche qu'à engloutir les pauvres ignorants qui sont sans la connaissance de cette paix qui surpasse toute intelligence.

Le 23. — Vous tous qui avez votre attente sur l'Etemel, demeurez fermes et il fortifiera votre cœur. Mon âme, demeure ferme dans l'espérance qu'il t'a donnée par sa grâce. Christ est celui qui est mort pour le péché, afin que ceux qui croiront qu'il est ressuscité, aient part à sa résurrection en corps glorieux, et que, revêtus de l'incorruptibilité, ils contemplent soigneusement son palais dans toute sa beauté pendant l'éternité. O quand je pense 4tre pour toujours avec Jésus, qui n'est qu'amour envers ses enfants, il me semble que je soupire vers ce bonheur, afin d'être hors des misères et des vanités de ce monde, qui ne sont que pour un temps et qui n'amènent que le péril de l'enfer ; puis on

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se souvient à la fin de sa vie de ce qu'il y a à faire pour hériter le ciel, mais peut-être que la voix du Seigneur ne se fera plus entendre, après l'avoir irrité dans tous les plaisirs du monde, par le temps passé.

Le 24. — Voici le passage qui m'occupe: "Car il nous faut tons comparaître devant le tribunal de Clirist, afin de recevoir chacun selon ses œuvres." O puissions nous tous avoir fait le sacrifice de toutes les vanités et de toutes les mondainités qui ne sont que pour un si peu de temps. Car avec celui qui est bon, l'Etemel n'est que bonté, mais avec le pervers il agit selon sa perversité. Mon àme, prends courage et sois sage, car la sagesse vaut mieux que les perles, et que tout ce qu'on pourrait posséder. La sagesse était avant que le monde ftit fait, elle a donné les pi:emiers conseils; et la terre est faite avec une sagesse telle qu'on ne peut venir à bout de la comprendre. Ainsi il est dit " qu'il sera comme un agneau pour les siens, mais comme un lion à la race maudite."

Le 25. — C'est ici ma consolation: "Nos pères ont espéré en l'Eternel, et il les a délivrés, et ils n'ont point été confus." Que c'est une chose terrible, que de se trouver entre les mains du Tout-Puissant, quand il aura prononcé la sentence préparée contre les méchants : " Je ne vous ai jamais connus, retirez- vous de moi, vous qui &ites métier d'iniquité," à eux sera la confusion pour n'avoir point fait attention aux promesses qui leurs étaient annoncées; ils connaîtront en ce temps-là que tout ce qui avait été déclaré dans les temps anciens, sera Oui et Amen en notre Seigneur Jésus-Christ A lui soit gloire, honneur et force aux siècles des siècles. Amen.

Le 26. — C'est ici le sujet qui occupe mon esprit: " Maintenant il est consolé et toi tu es dans les tour-

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ments." C'est ici nne des paraboles les plus claires^ pour montrer que ce n'est pas par les richesses qu'on entre dans le royaume des cieux, car ce sont plutôt les pauvres qui j sont admis, comme il est dit : ^' Il est plus aisé qu'un chameau passe par le trou d'une aiguille, qu'il ne l'est qu'un riche entre dans le royaume des cieux," et " Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux." C'est le cœur que le Seigneur demande ; il dit : Mon fils, ma fille, donne-moi ton cœur. Va donc avec confiance et humilité de cœur, au trône de la grâce et tu trouveras le pardon et la réconciliation.

Le 27. — Mon esprit est occupé sur ce passage : " On le presse et on l'accable, et il n'a point ouvert sa bouche. Il a été mené à la tuerie comme un agneau, et comme une brebis muette devant celui qui la tond, même, il n'a point ouvert sa bouche." Que ce passage nous encourage à endurer les afflictions et les épreuves avec patience et une ferme soumission à la volonté de celui qui fait tout pour notre bien, et nous donne la grâce de supporter tout avec résignation et avec un esprit calme, sachant que les soufirances que nous aurons pu souffrir, ne sont pas à comparer au bonheur qui nous attend. O prenons courage en regardant à Jésus, qui seul peut adoucir les maux de ses enfants, tant dans leurs corps que dans leurs âmes.

Le 28. — En lisant le quatrième chapitre du deuxième livre des Rois, j'ai médité sur la foi de la femme Sçunamite quand elle répondit, " Tout va bien." O puissions-nous tous répondre ces mêmes paroles, dans la même foi et dans l'espérance que tout va bien, ayant observé la loi de l'Eternel. Mon âme, que la Divine sagesse tè conduise dans le droit chemin, ou le Saint- Esprit est comme une lampe allumée, qui éclaire.

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fortifie et encourage à repousser toutes les flatteries de Satan^ et à marcher dans les sentiers de la foi, car le chemin est très difficile pour celui qui se laisse séduire par les doutes. Le Dieu de nos pères leur avait confié toutes ses promesses^ et en croyant ils n'ont point été confus. Prenons courage, nous qui recevons tant de preuves qui nous enseignent que c'est la vérité qui ne doit point être rejetée.

Le 29. — Je ne me trouve pas si gaie et je suis plus abattue, mais la grâce du Seigneur est dans mon cœur. C'est la chose la plus consolante et vivifiante. Il est un soleil et un bouclier à ceux qui se confient en lui. Comme c'est le soleil qui fait pousser le germe dans la terre, de même c'est le Soleil de Justice qui éclaire, fortifie et encourage dans la foi qui empêche le doute, et conduit de plus en plus à la connaissance de son amour. O que mon âme le loue et le bénisse ce précieux Sauveur, qui mourut à notre place et s'ofirit en sacrifice vivant, lui qui était sans péché, pour nous qui étions nés dans le péché et enfants de colère. Mon âme, prends courage, l'Agneau de Dieu est venu pour ôter le péché du monde, il l'a dit, tout est accompli.

Le 30. — C'est sur ce sujet que mon esprit s'occupe: **Que mon âme vive afin qu'elle te loue, et tes ordonnances me donnent du secours." O Père Céleste, tu sais que j'ai besoin de tes lumières, et sans toi je ne puis rien ; donne-moi de plus en plus de ce pain quotidien, et que je sois rassasiée de jour en jour de cette nourriture, qui est si solide à l'âme, et qui est la vérité pure. Ajoutons à notre foi et tenons ferme, car Satan cherche toujours à nous faire douter, mais ce n'est que flatterie ; reposons-nous sur l'espérance qu'il y a une couronne de

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gloire préparée pour nous à la fin de notre course^ qui sera bientôt finie.

Le 1er Octobre. — C'est sur ces paroles que je prends mon sujet : " Je médite jour et nuit sur les bontés du Seigneur." La nuit dernière^ je songeais que je confessais l'amour de Jésus^ et je disais, '^ Il n'y a que paix, joie, et amour en sa présence." O qu^ cela m'encourage à pousser en avant et à avoir confiance, comme cela doit augmenter ma foi. Seigneur, augmente de plus en plus notre foi, afin que nous soyons fidèles et que nous ne nous découragions pas, mais que nous connaissions toujours de plus en plus que tu n'es qu'amour, et que tu as donné ta vie pour sauver tes créatures.

Le 2. — Voici ma consolation d'aujourd'hui : " l'Eternel bénira tous ceux qui le craignent, tant les petits que les grands." Le Seigneur n'a point d'acception de personnes, nous sommes tous formés par lui. Il appelle tous les bouts de la terre à venir le contempler par la foi, afin qu'en croyant ils soient tous sauvés. J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé. Tous ceux qui croiront et confesseront que Jésus est leur Sauveur sont en&nts par adoption, et peuvent crier, Abba, c'est-à-dire. Père. O I que c'est une belle chose de pouvoir dire que Jésus est notre Sauveur, et que Dieu est notre Père; c'est lui qui nous combles de tous ses bienfaits, et il prend soin de nous, comme un père prend soin de son enfimt chéri.

Le 3. — C'est sur ce passage que je médite : '' Quand même je parlerais toutes les langues des hommes et même des anges ; si je n'ai pas la charité, je ne suis que comme l'airain qui résonne ou comme une cymbale qui retentit." Que la charité est précieuse ; c'était par la charité que Jésus a donné sa vie pour son peuple

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rebelle, afin que, se détournant de leur mauvais train, ils revinssent de la mort à la vie. Un des grands commandements, c'est d'aimer son prochain comme soi-même. Si tous vivaient dans la charité ici-bas, ce serait déjà comme un paradis ; ô comme j'aimerais que tous fussent du nombre des élus. Il y a trois grandes vertus : la foi, l'espérance et la charité, mais la plus grande c'est la charité. Efforçons-nous donc à croire à toutes ses promesses, afin d'être reçus dans la Sainte Cité, non par nos mérites, mais par les mérites et l'amour de notre Sauveur et Rédempteur.

Le 4. — Il y a aujourd'hui quatre mois que j'ai commencé à faire mon journal ; j'ai pensé bien des fois que mon séjour ne serait pas long, mais maintenant mon appétit est beaucoup meilleur^ et si c'est la volonté du Seigneur que je me rétablisse, ce sera pour sa gloire ; on ne connaît point les voies de l'Etemel, elles sont remplies de sagesse. ^* Nul ne peut servir deux maîtres, car ou il haïra l'un^ et aimera l'autre ; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon," et puisqu'il faut servir l'un ou l'autre, servons donc Dieu le peu de temps que nous avons à vivre sur cette terre de vanité. Soyons donc simples, car Dieu fait grâce aux humbles, mais il résiste aux orgueilleux. Ce monde passe et tout périt, mais le monde à venir est pour l'éternité.

Le 6. — La voix de l'Esprit me dit, " Je mûrirai le fruit en sa saison." O que c'est une consolation qui doit me fidre sentir que l'amour de Dieu demeure en moi, d'envoyer son Saint-Esprit pour me faire part d'une telle nourriture. Je ne sais que rendre à mon Sauveur, de ce qu'il m'a éclairée et amenée à le contempler sur la croix pour mes péchés, lui juste pour nous injustes, et

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fut réduit à s'ëcrîer, '^Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m'as - tu abandonné ?" Cela doit donc nous montrer que si nous sommes dans de grandes épreuves, nous devons prendre courage ; si nous sommes fidèles sa grâce nous suffira en passant de Tombre de la mort à la vie éternelle, là il n'y a plus d'épreuves ni de péché.

Le 6. — C'est sur ce passage que je médite: '* Regardez les oiseaux des cieux ; il ne sèment, ni ne moissonnent, ils n'amassent rien dans les greniers, et cependant votre Père céleste les nourrit; n'êtes -vous pas beaucoup plus excellents qu'eux." Nous, ses créatures, qui avons des âmes créées à l'image de Dieu, et qui sommes appelés ses enfants, si nous faisons sa volonté, ne nous nourrirat-il pas beaucoup plutôt que les oiseaux, tant pour ce qui regarde le corps que pour ce qui regarde l'âme, et il nous a donné de l'intelligence afin de sauver nos âmes qui sont immortelles ; et elles ont le choix entre le ciel où mille ans sont comme un jour, tant il y a de jouissances, et l'enfer, où un jour est comme mille ans, à cause des pleurs et des grincements de dents, et du feu et du soufre, qui sera le châtiment de ceux qui y seront plongés. Faisons donc notre choix (le ciel), avant qu'il soit trop tard, et tandis que la voix du Seigneur nous appelle, faisons-y attention, car il viendra un temps où il tournera sa face de nous, et nous reniera devant son Père et devant ses anges, si nous sommes rebelles.

J'étais misérable, Mais par grâce, Jésus m'a éclairée De mon péché.

Sur le bois D'une croix

FBI8GILLE QTJSBTIEB. 73

n expire,

Pour me faire Tivre

A jamais,

Dans son palais,

Où il n'y a

Que des alléluia.

Saint, saint,

Disent les Séraphins,

Est r agneau.

Qui fait tout nouveau.

Dans le lieu

Où sera Dieu,

Notre créateur,

A faire notre bonheur.

O j'espère

D'être fidèle,

Pour participer

De cette cité. P. Q.

Le ?• — Ma consolation d'aujourd'hui est^ *^ O Israël, en moi réside ton secours." Quand on se trouve dans la détresse on ne peut que crier à rEternel, car lui seul peut consoler son peuple en esprit. Il est l'ami le plus près à nous encourager à pousser en avant, et à avoir confiance en ses promesses qui sont un baume à l'âme qui les comprend. Que l'amour de Jésus est grand envers ses créatures, leurs faisant sentir que toutes ses promesses sont Oui en lui, et Amen en lui. Lecteur ne doute pas d'aucune. de ses promesses, mais prends courage, confesse que tu es pécheur et t'humilie au pied de la croix, en ayant la foi que c'est pour toi que ce Jésus est ainsi maltraité sur ce bois ; vois le sang qui purifie de tout péché, coulant de ses blessures, et cela afin que tu aies la guérison ; applique ton esprit à croire

74 XÂKOIBE BS

à ses consolations^ et tn te trouveras henrenx et en paix, et à la fin tu seras reçu dans sa gloire.

Le 8. — J'ai lu le diz^huitième chapitre de St. Luc O qu^il contient de sérieuses exhortations; ce ne sont donc pas les richesses ni les longues prières qui sont acceptées de Dieu. Le Pharisien s'appelait juste et remerciait Dieu de ce qu'il n'était pas comme le reste des hommes, ne considérant pas que tous sont de la même race (celle d'Adam qui a péché); mais le péager s'humiliait et disait: ''O Dieu, sois apaisé envers moi qui suis pécheur." C'est une telle requête faite du cœur que le Sauveur aime à exaucer, '' car quiconque s'élève sera abaissé, mais quiconque s'abaisse sera élevé." Humilions nous donc tous du fonds de notre cœur à ses pieds, afin de recevoir grâce, pardon et miséricorde par notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.

Le 9. — C'est ici ma consolation: **I1 n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, et qui marchent non selon la chair, mais selon l'Esprit." C'est là une vraie nourriture, et une assurance que tout va bien pour moi, par la grftce de Dieu en Jésus-Christ. Que je suis remplie de joie en mon esprit, de ce qae le Seigneur m'éclaire d'une telle manière à être tranquille et en paix, en pensant à cette belle et glorieuse cité, où seront admis tous ceux qui auront eu la foi en leur Sauveur. O mon ftme, sois fidèle afin que tu meures de la mort des justes^ et que ta fin soit semblable à la leur, et encourage les autres à se confesser pécheurs.

Le 10. — Que les jours d'un Sabbat à un autre s'écoulent vite; aujourd'hui j'ai essayé de marcher, je me suis trouvée un peu plus forte que je ne croyais ; que la bonté du Seigneur est grande envers les

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enfants des hommes^ il les dirige selon sa fidélité. Qae PEtemel est miséricordieux, pitoyable, lent à la colère et abondant en grâce. Il est venu, pauvre pécheur, pour te donner sa grâce, son don, qui est sa yie, afin que tu nWsses aucun sujet de te glorifier, mais de t'humilier et reconnaître ton néant devant ce grand Dieu, qui veut encore s'appeler notre Père, si nous faisons sa volonté; et sa volonté est, que nous nous humiliions, et que nous lui donnions toute gloire, et puis, quand ce sera son bon plaisir, il nous élèvera dans son royaume pour chanter les louanges qui sont dues à Celui qui nous a rachetés et lavés dans son sang versé au Calvaire.

Le 11. — C'est cette consolation qui est sur mon esprit : '' Toutes choses concourent ensemble au bien de ceux qui aiment Dieu," car Dieu leur fidt sentir une paix dans le cœur, leur montrant que les afiSictions et les épreuves les amèneront à la joie étemelle. O Seigneur donne moi la grâce de supporter les afflictions avec patience, puisque toi aussi tu as été dans les souffrances, et que tu as supporté tout sans mémo ouvrir ta bouche: que cela doit nous être un exemple de patience, et à recevoir tout pour notre bien. L'Etemel ne prend point de plaisir en la mort du pécheur, mais en sa conversion et en sa vie ; c'est pourquoi il fait tout pour notre bien et pour sa gloire^ si nous le recevons ainsi. Lecteur, si tu es dans une épreuve, prends courage, et penses que c'est pour ton bien^ crois-le du fonds de ton cœur, et tu sentiras que l'Etemel te fait comme un père qui châtie son enfant pour le corriger.

Le 19.— C'est sur ce passage que je médite: "Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le rojaume des deux est à eux." Il me semble que si

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c'est la volonté da Seigneur de me rétablir un pea^ il me donnera la grâce de le confesser et de n'avoir point honte de lui^ qui connaît tout ce qui se passe dans le cœur de ses créatures. J'espère qu'il en sera ainsi^ et ce sera à lui toute la gloire^ car c'est par lui que nous avons accès au trône de la gràce^ pour demander pardon et obtenir miséricorde et la vie éternelle qui est pour tous ceux qui croiront en ses mérites et en son amour. Il s'est donné pour nous^ lui juste pour nous injustes. Oh ! l'amour^ l'amour de Jésus ! ne le ressenstu pas, pécheur, qui vis dans les vanités de ce monde, sache que tu auras à rendre compte de toutes tes actions, soit bonnes ou soit mauvaises.

Le 13. — Voici ma consolation d'aujourd'hui : " L'Eternel n'a point égard aux choses auxquelles les hommes ont égard." L'homme a égard à ce qui parait à ses yeux, mais l'Eternel a égard au cœur ; l'homme a égard à sa beauté et à son élévation, majs ce n'est pas cela que le Seigneur demande de sa créature ; c'est son humilité, se connaître pauvre et pécheur, lui démander pardon au pied de la croix, en confessant ses péchés, et donner toute la gloire à celui qui peut et qui veut pardonner aussitôt qu'il criera à lui comme il faut, en sentant du fond de son cœur qu'il en est véritablement ainsi. L'Eternel ne mettra point dehors celui qui viendra à lui.

O pécheur, prends donc courage et n'aies point honte de Jésus qui te tend les bras, afin que tu t'y élance avec confiance et qu'alors tu te trouves en paix.

Le 14. — Aujourd'hui à la gloire de Dieu, je me suis habillée pour la première fois depuis il y a cinq à six mois. J'avais eu la pensée que je ne me rétablirais pas, mais par grâce une petite lueur d'espérance m'est

PRISCILLE QUERTIEB. 77

accordée, puisque j'ai pu commencer à m'habiller ; que la volonté du Seigneur soit faite. Je suis entre ses mains. Que je vive encore un peu de temps, ou bien que je meure pour être hors des dangers de ce présent siècle, ma consolation est celle-ci : *^ Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi-même j'ai vaincu, et suis assis avec mon Père sur son trône." Mon âme, prends courage, une plus grande récompense attend ceux qui auront combattu avec plus de courage et de souffrance au service de leur Sauveur et Maître.

Le 15. — C'est ce passage qui m'a été révélé, " Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur," Ceux qui ont reçu le trésor, le don d'un Dieu si rempli d'amour, ne peuvent que montrer en quelque mesure qu'ils sont plus sages que ceux qui sont menés par Satan, à des vices qui, on le sait, ne viennent point de Dieu. Mon âme sois sage, que ta conscience soit claire envers tous, car une bonne conscience est le plus grand bien qu'un homme puisse avoir, il s'y tient ferme, sachant qu'il en est ainsi: mais celui qui n'a pas une bonne conscience, contredira peut^tre en parlant une seconde fois ce qu'il avait dit la première fois. Celui-là découvre sa malice même devant les hommes. Comment donc le Grand Dieu, le Tout-Puissant ne le verra-t-il pas et ne le punira-t-il pas ?

Le 16. — C'est ici le passage que je médite, ** Ce n'est pas ceux qui sont en santé, qui ont besoin de médecin, mais ce sont ceux qui se portent mal." Pécheur inconverti, c'est toi qui te portes mal et qui es malade, tu as besoin du Grand Médecin pour te guérir de ta maladie, qui est le péché ; peut-être que tu es en bonne santé de corps, mais il vaudrait mieux pour toi que le

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corps fftt en mauvaise santé et que l'âme fut saine, car elle est immortelle et le corps n'est que pour un peu de temps, et ce temps qu'il passe sur la terre ce n'est que travail et tourments qui l'accompagnent, mais si l'âme est en santé, arrive ce qu'il pourra au corps, il n'est que poussière.

Le 17.-— Je m'aperçois que le temps se tourne à l'hiver, qui sait, que Dieu seul, si je le passerai. H &nt que je me tienne prête pour le jour auquel je pourrais être appelée. Ma consolation est, ** Je ne vous laisserai point orphelins, je viendrai à vous." Quelles belles promesses qui m'accompagnent jusqu'ici, et j'espère pendant tout le temps que ma vie sera prolongée, car ce sont de telles consolations qui m'encouragent, à penser que ce doux Jésus est encore mon précieux ami pour me consoler. Il est un ami qui se tient plus près qu'un frère, car il est dans la bouche et dans le cœur, et toujours plus prêt à donner que nous à demander. O pédieur, recours à lui avec foi, et tout ce que tu demanderas il te l'accordera.

Le 18. — C'est sur ce passage que mon esprit s'occupe: ^'Yous l'avez reçu gratuitement, donnez le gratuitement." Il n'est pas nécessaire d'avoir de l'or ou de l'argent pour nourrir l'âme, et c'est elle que nous nourrissons le moins, comparée à notre corps. Il faut que l'homme travaille à la sueur de son front, pour gagner sa nourriture et son vêtement, qui ne sont que pour cette vie ; mais il néglige son âme qui est immortelle, et qui peut être sauvée, si on la nourrit du pain de vie, ou perdue si on la néglige. Pratiquons les Saintes- Ecritures pour connaître la nourriture qui donne le rassasiement et la paix à l'âme, car ce n'est ni viande ni breuvage, mais la paix, l'amour et la joie par le Saint- Esprit.

PBISOILUB QUJBBTIEB. 79

Le 19. — C'est ce précieux pasëage qui est sur mon esprit, *' Cette maladie (dit Jésus de Lazare), n'est point à la mort, mais elle est pour la gloire de Dieu." Nous ne savons donc guères ce qui peut nous arriver, mais prenons tout ce qui nous arrive à la gloire et à la louange de celui qui fait tout pour notre bien ; soit qu'il nous envoie la maladie ou les épreuves, et n'est-il pas dit de ceux qui se tiennent devant le trône : '' Qu'ils sont venus de la grande tribulation, et ont lavé et blanchi leurs longues robes dans le sang de l'Agneau." Prenons courage, car les sou&ances du temps présent ne sont point à comparer à la gloire à venir qui doit être révélée en nous.

LeSO.— >C'est ici ma consolation d'aujourd'hui: "Il en viendra d'Orient et d'Occident qui seront à table au Hoyaume des cieux avec Abraham, Isaac et Jacob." Quel doux et encourageant passage, quoiqu'ils nous y aient devancés. Nous serons rassasiés de la même nourriture de la présence de l'Agneau; quelquefois les derniers sont les premiers, et les premiers sont les derniers, cepemlant travaillons au service du Seigneur, puisque quand nous contemplons la vei*tu de ce passage, il semble que déjà nous sommes avec cette multitude innombrable, et pourtant, " Il y a encore de la place." Bénissons et louons d,onc ce doux Jésus qui seul noua fera participer à ce festin céleste, avec cette multitude dans la Sainte Cité, où toute gloire, louange et honneur lui sont, et lui seront rendus aux siècles des siècles. Amen.

Le 21.^*" Venez votts tous qui êtes travaillés et chargés et je vous soulagerai," dit Jésus. Il donne des consolations à ceux qui sont en angoisse et qui crient à lui, non-seulement des lèvres, mais du cœur, en ayant la

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foi que ses promesses sont certaines ; car c'est en esprit que le royaume des cieux consiste, et ceux qui croiront du cœur que Jésus est venu dans son amour donner sa vie pour nous sauver, et que non-seulement il nous quittera toutes nos dettes (le péché), mais il nous fera, par sa résurrection, obtenir la vie étemelle, afin que nous soyons faits semblables à lui en corps glorieux» saints et sans péché. Or, il faut être nés de nouveau si on désire entrer dans le Royaume des cieux où tout est sainteté.

Le 22. — Mon âme est si heureuse et si calme, de sentir que le Seigneur agit envers elle avec tant d'amour et de bonté. Il m'éclaire par ses consolations et me donne la paix qui surpasse tout entendement. Si j'étais maintenant comme il y en a qui sont sans espérance, que ferais-je ? moi qui suis si faible. Mais je rends grâce à Dieu pour ma position; mon corps n'est pas trop faible, mais il semble que ma maladie fait de nouveaux progrès maintenant, parceque mes jambes ont l'apparence dé renfler. Gloire soit à Dieu qui me donne la grâce de ne m'inquiéter pas de ce qui arrivera à mon corps, mais de me soumettre entièrement à sa volonté. Il m'a éclairée que tout ce qui peut m'arriver sera pour mon bien. Mon âme, prends courage, bientôt les choses vieilles seront passées et toutes choses deviendront nouvelles.

Le 23. — On ne sait que m'acheter pour nourriture, et ce qui me donnerait de l'appétit, presque rien n'est à mon goût Que le Seigneur est rempli d'amour et de bonté envers moi, de me donner des bénédictions pour mon corps, et des consolations qui ne se peuvent exprimer pour mon âme. Ma paix d'aujourd'hui est sur ce passage : '^ Jésus est l'Agneau de Dieu qui ôte

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le péché du monde." Pourquoi, dirai-je, est-il appelé un Agneau ; c'est par ce que comme dit le prophète Esaie : " Il a été mené à la tuerie comme un agneau, et comme une brebis muette devant celui qui la tond, même il n'a point ouvert sa bouche." Quelle marque d'innocence et de soumission de se laisser ainsi traiter, et cela afin que, par ses mérites, nous obtenions le pardon de nos péchés, et à la fin de notre course la vie étemelle.

Le 24. — Ce sont ces paroles qui sont sur mon esprit : " Ne vous conformez point à ce présent siècle." Qu'il y en a qui vont courant dans le monde et dans toutes ses vanités, qui ne pensent à leur salut que quand ils sont à quelque lieu de culte ; et puis quand ils en sortent, les ronces et les épines étouffent la parole qu'ils ont entendue. Ce n'est pas se confier en soi-même, c'est nous laisser entre les mains du Seigneur, et tout ira bien. La simplicité, l'honnêteté, la modération et de telles choses sont dans une personne que le Seigneur attire, car ce ne sont pas les œuvres qui sauvent, mais c'est la foi en Jésus-Christ qui est un don de sa grâce. O pécheur, est-ce que tu n'as pas la lumière dans ton cœur, afin de t'humilier ; sinon, pense donc maintenant que nul de ceux qui viendront à lui avec un cœur pénitent ne sera rejeté. Pourtant il ne sauve pas l'homme malgré lui, mais il frappe à la porte des cœurs par son Esprit, et celui qui lui ouvre soupera avec lui et communiquera avec lui, mais pour celui qui ne lui ouvre pas, il viendra un temps que le Saint- Esprit se retirera, et il sera laissé à lui-même pour faire comme il le trouvera bon, mais toutes ses œuvres viendront témoigner contre lui, et il en aura la confusion pendant l'éternité.

Le 25. — Ma consolation d'aujourd'hui a été: ''Je

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paîtrai mes brebb/' dit Jésas. Que mon esprit est rempli de joie I je ne puis faire comprendre combien je me trouve en paix. Que je désirerais que tous comprissent la valeur de leurs âmes^ alors ils ne se confieraient pas tant à leurs pensées^ qui ne sont que méchanceté^ mais ils se confieraient en l'Eternel et en celui qui est descendu du lieu de sa gloire^^pour mourir et pour racheter tous ceux qui s'humilient et qui désirent qu'il soit leur Sauveur. A ma pensée il n'y a personne qui ne voudrait être sauvé, mais ils ne veulent pas prendre le joug, quoique une fois qu'on l'a pris on ne peut faire comprendre la paix qui se passe dans l'esprit.

Le 26. — Mon sujet que je médite est celui-ci : *' Convertissez-vous et vous verrez la diflFiérence qu'il y a entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu, et celui qui ne le sert pas." Il me semble que je vois de plus en plus clairement la valeur de l'âme. Quand je pense que c'est pour une éternité de tourments, et où il n'y aura aucun remède ; mais tandis que nous sommes ici-bas, il y a un remède qui est le sang de Jésus, mais les pauvres pécheurs ne veulent ni prendre ni accepter ce remède, qui est comme lorsqu'il est question du corps, il fait généralement soufirir pour procurer le bien; il nous est dit qu'il faut quitter père, mère, frère et sœur, et s'attacher à Jésus seuL Je ne m'attache pus A la vie, mais je suis soumise à la volonté de mon précieux Sauveur qui m'a retirée des ténèbres, et m'a amenée à sa merveilleuse lumière, afin que je me laisse entière* ment entre ses mains. Ma coupe est si pleine cette après-midi, que mon cœur se fond en larmes et je m'écrie, ^' Elargis ma coupe Seigneur, afin qu'elle cou* tienne tout" H me semble que je voudrais confesser

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mon Sauveur et à droite et à gauche. O quel Sauveur! j'ai trouvé, qu'il est digne d'être loué et exalté à jamais.

Le 27. — ^J'ai eu quelque degré de rétablissement accordé, mais il me semble que je recommence à n'être pas si bien, hier soir j'eus la pensée de me voir cadavre, peut-4tre que la mort est plus près que je ne le pense. Que le nom du Seigneur soit loué, '^ Quand je passerais par la vallée de l'ombre de la mort, je ne craindrais aucun mal, ton bâton et ta houlette sont ceux qui me consolent." Mon précieux Sauveur est toujours près de moi, il me semble qu'il ne me quitte pas. Viens lecteur à ce Sauveur, et goûte aussi ce bonheur que je trouve, en possédant cette paix qui surpasse tout entendement Le mondain ne croit pas que le chrétien se réjouit, mais il se réjouit dans son intérieur d'une joie permanente, tandis que les plaisirs de l'homme du monde sont dans les amusements qui se dissipent aussitôt; il se trompe donc assurément. L'ftme d'un chrétien lui est si chère et si précieuse, qu'il n'en ferait pas l'échange contre toutes les choses lés plus estimées de la terre.

Le 28. — Mon âme prends courage, il n'y aura point de fin à l'accroissement de son règne, et son secours ecrt fort aisé à trouver. Je suis en paix, que mon sort est vraiment désirable, quel don de la grâce de mon précieux Sauveur, de me faire connaître que je suis en sûreté sur le rocher des siècles ; je ne sais que faire pour montrer ma reconnaissance pour sa bienveillance, que la gloire -soit à mon Sauveur. H ne veut qu'aucun périsse, mais que tous viennent à lui avec humilité et contrition de cœur; il se montre lui-même un exemple d'humilité; premièrement il est né d'une humble famille, et encore quand il entra dans la ville de Jérusalem c'était sur le poulain d'une ânesse. La simplicité est donc une

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des premières choses dont on doit faire usage ; mais^ oh ! que le monde est rempli de vanité^ il semble qu'il chante sur le bord de l'abîme.

Le 29. — Je crois ces derniers jours que je suis plus faible. Si je n'avais pas ce que je possède dans mon âme^ que deviendrait de moi? Mais gloire soit à Dien^ je suis, il 7 a des temps, si remplie de joie, que je n'ai que d'applaudir. Que j'ai sujet de me réjouir quand je sens qu'il j a une place dans le ciel pour moi ; Jésus est mon plus précieux ami, il semble qu'il me donne tout ce que je désire et tout ce dont j'aurais envie. Je ne puis raconter un tiers de ce qui se passe dans mon esprit ; ô si je n'avais pas ces bonnes et consolantes pensées, que je serais misérable en me. voyant dans cet état I Pécheur^ n'arrête donc point d'être sur ton lit de langueur à vouloir devenir un agneau du Sauveur, car ^^ c'est maintenant le temps favorable, c'est maintenant le jour du salut;" prends ce jour, le jour de mémoire de ton attendrissement, pour devenir plus sage, car la chose est digne qu'on j fa3se attention ; le chrétien, comme je l'expérimente, est déjà comme dans le paradis, même ici-bas il a des avant-goûts du bonheur céleste, la douce présence de l'Agneau qui me remplit d'amour se fait sentir comme visible, quoique invisible, je deviens de plus en plus éclairée, ma coupe est pleine. Quand est-ce que le Seigneur fera entendre sa voix en me disant, c'est assez, entre dans la gloire ; mais il faut que je prenne patiemment le nombre des jours qu'il m'accordera de vivre, car il fait tout pour mon bien et pour sa gloire.

Le 30. — Je suis mieux aujourd'hui et mon âme est toujours dans le même sentiment, ^' Je suis à mon Bien- Aimé, et^on Bien- Aimé est à moi." Je ne dois donc point m'^battre, mais me réjouir; aussi sans avoir

FBISGILLE QT7ESTIEB. 85

anciin donte^ car je sais que mon précieux Rédempteur est vivant^ il fait tout mon bonheur maintenant, en ayant cette joie de penser qu'après ce peu de temps de souffrances et d'épreuves, j'en serai délivrée et à l'abri pendant toute l'éternité, je n'ai plus que la vallée de l'ombre de la mort à passer, mais j'ai la confiance que le Seigneur me fera la grâce de la passer en chantant ce cantique :

Gloire, gloire, gloire.

Je vais dans ma demeure.

Avec mon précieux Sauveur,

Et lui^ rendre tout honneur. P. Q.

Le 31. — Je suis la même chose, désirant confesser toujours de plus en plus quel Sauveur j'ai trouvé. Je crois que si j'avais une trompette qui pourrait publier, par tout le monde, la paix que je ressens en me voyant éclairée, que je suis sauvée par le don de la grâce de Jésus, et par l'amour de mon Père Céleste. Oh pécheur ! mais ne dirais-tu point en toi*méme, mais que faut-il que je fasse pour me sentir en cet état et en cette paix ? Je veux te raconter une anecdote que j'ai lue aujourd'hui, et si tu peux la comprendre, profites-en. Un jour, une dame pieuse alla voir une petite fille, nommée Lucie^ qui allait mourir. Cette dame envoya son petit garçon (Pierre), porter des rafraîchissements à la jeune fille. Pierre regarde, il voit une grosse pêche dans le panier, la convoite, la prend entre ses mains et se dit à lui-même, si je la mange Maman n'en saura rien, mais sa conscience lui dit que ce serait cruel de priver Lucie de la pêche. Le tentateur lui dit: bah, Lucie n'y tient guères à cette pêche, enfin il se hâte de la manger, mais sa conscience l'accuse, cette pensée le poursuit, il se couche, mais il

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ne peut dormirj il 7 pense toujours^ et enfin fondant en larmes et poussant des sanglots, sa mère Tentend, et accourant loi demande : Pierre, qu'as-tu? O maman, répond Pierre^ je suis bien méchant, j'ai mangé la pêche de Lucie, poùvez-'vous me le pardonner, demain je lui avouerai tout, et je lui achèterai la plus bdle que je pourrai trouver. Voilà ce que c'est que la repentance. Pierre a désobéi de même que toi pécheur, il sent qu'il ^ mal fait et il n'est pas tranquille, de même il faut que tu te sentes pécheur, et que tu le confesses à Jésus, comme Pierre confessa tout à sa mère, et puis le bon Sauveur te fera sentir qu'il mourut pour toi afin que tu reçusses sa paix dans ton esprit

Le 1er Novembre.— J'ai eu un peu plus d'appétit ces deux derniers jours, j'ai pris goût à des oiseaux; que les bénédictions du Seigneur sont sur moi ; mon âme loue l'Eternel, tous ses bienfaits sont sur moi. Je ne sais comment le Seigneur veut disposer de mon corps, soit pour vivre ou pour mourir, mais je sais que mon Rédempteur est vivant et qu'il j a une place dans le del préparée pour moi. Que la gloire soit à mon précieux Sauveur, car c'est un don de sa grâce envers de pauvres pécheurs qui ne peuvent rien d'eux-mêmes,, et ne sont que la faiblesse même; pécheur, recours donc à ce Jésus, afin qu'il te sauve et que tu aies aussi cette espérance d'avoir une place dans le Royaume Céleste, c'est là le vrai bonheur du chrétien, car il n'y a rien de plus désirable, et il ne lui manquera rien s'il a Jésus pour amL Lecteur, pense que ton âme est immortelle, et qu'elle jouira de tout le bien, ou subira pour tout, le mal que tu auras fait pendant toute l'éternité; réfléchis j donc tandis qu'il en est temps, car l'intelligence t'est

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donnée plus qu'à la béte qui prend sa noorritare sans antre considération.

Le 2. — Je suis à-peu-près la même chose; que le Seigneur est rempli d'égards envers moi de me donner la grâce et la force de raconter un peu de son amour. Il ne faut pas que j'occupe mes talents inutilement, mais il &ut que je tâche d'en gagner d'autres en montrant que Jésus sauve tous ceux qui viennent à lui repentants. Bepens-toi donc pécheur, car si tu voyais ton danger et ta misère tu ne resterais pas dans ton état de péché. Le mot éternité dans les misères est terrible et fait frémir ; mais ce n'est pas assez de réfléchir quelque peu de temps et puis se relâcher» mais c'est de persévérer jusqu'à ce que tu aies reçu le pardon» et que mon Sauveur soit aussi le tien. Il me semble que je voudrais trafiquer avec mon talent» gagnant des âmes à Jésus» qui seul fait ma parfaite consolation maintenant. Gloire soit à son nom» car il est le chef et le consommateur de ma foi.

Le 3« — Il 7 avait longtemps que le Seigneur m'attirait» il me semblait quand j'allais à la chapelle que si qnelqufun m'avait enseigné le chemin» j'aurais fait confession» mais c'était Jésus lui-même qui m'a conduite dans le chemin de la vérité» et de la vie par sa grâce* que j'aime à parler de son amour» il me semble que ma profession est d'amener des âmes à la connaissance de Jésus le Sauveur du monde. Pécheur» est-ce que je ne te le dis pas assez clairement que si tu te sens un pécheur perdu et que tu désires t'amender» tu n'as qu'à croire que Jésus est descendu de sa propre gloire pour te sauver; il peut et il veut te sauver maintenant» puisque c'était son amour qui l'a fait descendre pour ceux qui se voient pécheurs et qui s'humilient» en lui confessant leurs péchés. Je sens que

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Jésus m'aime; il me châtie pour me montrer qa'il ne m'oublie pas^ mais d'une manière si douce que vraiment je ne puis comprendre son amour.

Le 4 — Hier soir, je me trouvais très-abattue, mais si contente ; la pensée qu'il n'y aura point de douleurs au ciel me soulagea beaucoup, et aussi ce passage, ^^ Attends patiemment la délivrance de l'Eternel." Je sens de plus en plus que Lui est toute ma force ; s'il n'était pas avec moi je ne saurais que faire, mais par sa grâce il est mon rocher, ma forteresse et mon libérateur. Oui, j'ai confiance en Lui, lui qui par son grand amour m'a éclairée et montré que je suis sauvée, je ne crains point. Il me semble que je voudrais faire comprendre au pécheur la paix que je ressens, mais c'est Jésus seul qui peut éclairer et donner cette paix ; pécheur, tâche donc de croire qu'il est aussi ton Sauveur, et tu posséderas aussi cette douce paix, qui est permanente et durable. Ce n'est pas seulement un plaisir d'un moment ou d'un jour, mais une joie qu'on peut toujours sentir dans les afflictions et dans les épreuves, car la pensée que là*haut, il n'y a que des jouissances, est ce qui encourage à endurer les souffrances avec calme et tranquilité d'esprit.

Le 5. — J'espère que la bonne Providence bénira tous mes faibles écrits, j'ai tant de désir de travailler à l'œuvre qui m'est donnée à faire, tandis que j'en ai encore la force. Satan vient quelquefois me suggérer qu'ils n'auront aucun effet, mais je désire faire tout ce que le Seigneur me permettra ; je ne veux point être oisive, mais plutôt prendre courage et faire tout mon possible pour amener des âmes à la connaissance du salut ; je l'ai reçu gratuitement, il faut aussi que je le donne gratuitement. Même, la nuit, mon précieux

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Jésus ne me quitte pas, il communique avec moi ; que pourrai-je faire pour le glorifier? Je ne puis que répéter qu'il est amour, et qu'il a donné sa tie afin que ceux qui ont le bonheur de céder à ses appels aient la yie étemelle. Pécheur, est-ce que tu penses que son amour n'est point assez grand quand il a donné même sa précieuse vie pour toi, tu n'as seulement qu'à croire du fond de ton cœur qu'il veut et peut te sauver? maintenant que tu l'appelles ton Sauveur, confie-toi en lui sans aucun doute, (car c'est Satan qui suggère le doute), mais n'y fais point attention, mais efforce-toi à croire de plus en plus que Jésus a pajé ta dette en mourant sur la croix, et qu'il est véritablement ton Sauveur.

Le 6. — J'ai une bien mauvaise toux, on ne sait à quel point elle ira. Quand j'ai. dessein d'écrire à quelqu'un j'ai tant de courage, il me semble que c'est le Seigneur qui me dirige, il faut que je pousse en avant et que je fasse mon devoir tandis que j'ai encore quelques forces, car la faiblesse pourrait bien vite me surprendre, et jamais je n'aurai fait trop pour ce précieux et charitable Jésus. O que j'aimerais que tous participassent à cette paix dans leurs esprits et que tous le connussent comme leur Sauveur; ils ne se soucieraient donc point des plaisirs de ce présent siècle, pourquoi? parce qu'ils seraient plus sages et qu'ils verraient que ce sont des plaisirs frivoles, mais la paix qu'ils ressentiraient serait permanente.

Le 7. — Je n'ai jamais passé un meilleur temps que ce dernier, mon charitable Jésus me prêche au cœur comme un ami. Je suis si consolée de penser qu'après ce peu de souffrances, ce sera pour être toujours dans la joie avec l'innombrable multitude de ceux qui ont aimé son

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avènement. O mon âme, réjouia-toi et t'égaie de ce qae ce divin Jésus t'a fait la grâce d'être une de ces brebis qn'il «conduit dans ses parcs herbeux^ qu'il paît et qu'il console dans leurs afflictions» Je ne suis jamais ennuyée, parce que je puis toujours jouir de la compagnie de Celui qui, quoiqu'invisible, &it sentir sa présence quand on communique avec lui par la foL U me semble l'entendre me dire : c'est moi-même qui te parle. '^ Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorçnt, l'adorent en esprit et en vérité." Dieu n'est point d'aujourd'hui, mais il a fait de grandes merveilles et a montré sa fidélité dans les siècles passés ; ne perdons donc pas courage, il est le même hier, aujourd'hui et le sera éternellement.

Le 8. — Je sens que c'est la véritable lumière qui éclaire tout homme venant au monde qui me conduit. Si je n'avais pas cette lumière à me conduire et à me c(msoler dans l'espérance de participer à des temps infiniment meilleurs, après que tout ce qu'il me donne la grâce de faire pour son service sera accompli. Je ne sais que rendre à mon précieux Jésus, je ne me sens que comme le néant devant lui et devant son* amour envers moi. Je ne suis pas digne de recevoir autant de ses bénédictions comme il m'en accorde. Que son amour est grand envers moi ; jamais un tel amour que le sien n'a été manifesté à l'homme. Pécheur, dis-tu en toimême, mais je ne sens point un si grand amour en lui, mais c'est que tu n'as pas reçu la lumière et son don de la foi, ni la grâce de croire qu'il est véritablement le Sauveur de tous ceux qui confessent son nom, qui s!humi]ient et sont vraiment repentants. Confesse donc ton péché et te repens du fonds de ton cœur, et lui ouvre> en croyant à ses promesses, et tu sentiras aussi

PBISOILLE QXJEBTIEB. 91

son grand amour qui te donnera la paix qui surpasse tout entendement.

•Le 9. — ^Je ne puis exprimer la paix qui se passe dans mon esprit, j'en suis comme hors de moi; ma coupe est pleine, élargis-la. Seigneur, afin qu'elle en contienne davantage. Que je voudrais que tous vissent leur état et qu'ils confessassent leurs péchés avec des cœurs repentants, mais il faut premièrement la lumière pour faire que le bien soit au dedans, Jésus par sa grâce et par son amour m'a éclairée par sa lumière et je sens qu'il est mon Sauveur. Petit vermisseau que je suis, je ne puis être assez reconnaissante pour un tel don, mais je le louersû comme il faut quand la chair et le péché seront ôtés, et que ce sera 8eulen]<ent l'esprit qui vivra. Je crains tant de l'offenser, lui qui a tant fait pour moi. Mais toi, lecteur, si tu es sans cette lumière, tu ne te sens pas sauvé, tu ne goûtes pas son amour, et tu ne te soucies guère si tu l'offenses, mais vermisseau que tu es, voudrais-tu offenser le Roi de Gloire, le créateur des cieux et de la terre, qui, si c'était sa volonté, te ferait dans le moment même passer dans l'éternité.

Le 10.-— J'ai faim et soif de la justice, comme le lit d'un fleuve a de ses eaux. Je voudrais devenir de plus en plus éclairée, afin de comprendre et de goûter davantage ces avant-goûts du bonheur qui m'attend, soit un peu plus tôt, ou un peu plus tard. O que n'ai-je la mémoire de toutes les grâces dont mon adorable Sauveur m'a comblée, même depuis que je suis sur mon lit de maladie; elles surpassent en nombre le sable de la mer. Béni soit son saint nom maintenant et à perpétuité, car il est digne de recevoir la gloire, l'honneur et la force à toujours. Il communique avec moi> et me dit : *^ Ouvre ta bouche bien grande et je la

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remplirai." O les profondeurs de ses richesses qu'il donne à goûter à ses enfants^ même ici-bas, où l'on l'irrite si souvent encore, et où on est si prompt à ôe détourner de sa présence et de sa compagnie, pour entendre les nouvelles de la chair. Il est donc nécessaire qu'il soit compatissant et pitoyable, autrement il n'y en aurait pas un qui subsisterait devant lui ; mais prenons courage, il a répandu son sang afin de nous purifier de toute iniquité. Il dit, déchargez tous vos soucis sur moi et je vous en délivrerai. Le mondain n'a pas cette lumière, et ne reçoit pas les consolations qui donnent la paix, mais celui qui reçoit la lumière et qui en est éclairé la reçoit dans son esprit, et comprend que c'est comme si Jésus lui-même qui parlait ; si on ressent du cœur on est ferme dans la foi, sachant que c est la vérité et la fidélité de celui qui vit aux siècles des siècles. Amen.

O je suis bénie dans mon âme.

Et aussi dans mon corps»

O que mon âme le réclame,

Car c'est le précieux don d'accord. P. Q.

Le IL. — O la paix, la paix qui se passe dans mon esprit; si le pécheur la goûtait seulement une heure, il chercherait bientôt les moyens de la posséder, mais il faut la lumière et la sagesse donnée de la part de celui qui peut éclairer et faire comprendre au cœur qu'il a reçu ce précieux don. Le Saint-Esprit est au-dedans de moi et je sais que toutes bonnes pensées ou paroles viennent de lui. H me dit : *^ Celui qui reçoit mes paroles, c'est celui-là qui m'aime." Je sens son amour en moi aussi clair que s'il était visible. Je suis maintenant un grain formé dans l'épi, et je n'ai plus qu'à mûrir et ensuite la faucille sera mise

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et serai ramassée dans le grenier de mon bien-aimé et tendre Père Céleste. O lecteur^ si tu es sans te reconnaître sauvée fais nsage de tous les moyens pour parvenir à comprendre la voix du Saint-Esprit qui rend cette paix dans les épreuves et dans les afflictions, en pensant qu'il faut qu'elles arrivent ici-bas^ et que c'est après avoir combattu le bon combat de la foi^ que nous obtiendrons une place que nous irons posséder avec joie dans le paradis de Dieu.

Le 12. — Toujours des choses nouvelles occupent mon esprit^ qui racontent l'amour et la bonté du Seigneur. O un faible vermisseau comme moi, je ne sais presque que devenir, mon esprit est si rempli de bonnes pensées, je suis prête pour aller à la rencontre de mon Juge, qui me sera un berger quand il m'appellera, mais qui sera comme un lion pour ceux qui n'auront pas reçu sa lumière et qui auront marché dans les ténèbres. Pécheur, demande donc de bon cœur cette lumière afin de devenir plus sage, qu'alors tu viennes à comprendre cette voix Divine. Elle te parle, même bien souvent, car le Seigneur ne néglige pas d'avertir ses pauvres créatures, qui seront, si elles n'écoutent, pour l'éternité dans les misères. Il punit sévèrement l'ignorant, il l'a averti dans le temps favorable; mais il a détourné sa pensée de l'avertissement du Seigneur. O s'il eut fait attention, s'il eut communiqué avec Jésus, il eut été heureux ici-bas, et enfin admis dans la Sainte Cité.

Efforçons-nous à faire toutes choses honnêtement et avec un cœur désireux de faire le bien, et nous prospérerons, soit tôt ou tard, car celui qui est appelé le juste, agit dans ses jugements avec fidélité et droiture.

Le 13. — J'ai eu un songe, c'est que j'étais dans le

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salon^ qae vingt à trente personnes qui chantaient étaient dans l'autre appartement, elles étaient invitées pour un enterrement, et c'était le mien. O mes chers parents et amis, mon départ sera un départ de joie, de penser que je serai avec mon précieux Sauveur. Peuples, acquérez donc de la sagesse car ^^ la sagesse vaut mieux que les perles et tout ce qu'on pourrait désirer ne la vaut pas." O si tous avaient la connaissance pour voir leur danger, ils seraient plus en peine pour leurs pauvres âmes, qui sont immortelles; mais ils se laissent mener par Satan, et n'ont point d'intelligence pour obéir aux appels du Saint-Esprit.

Je suis bien faible ces jours, c'est en faisant effort que j'accomplis mon devoir, je ne veux pas être paresseuse, mais je ne sais que faire pour montrer au pécheur le chemin le plus facile du salut; mais j'espère que la bonne Providence bénira mes faibles écrits» en amenant des ftmes à la connaissance de la vérité, et à sentir pour elles-mêmes cette paix qui surpasse tout entendement. Ceux qui liront mon journal et ne le comprendront point, c'est qu'ils ont besoin d'aller au Grand Médecin afin qu'il change leur cœur. Pour moi, je ne pourmifl supporter ma maladie si Jésus n'était pas mon soutien, il me fait ressouvenir que je serai bientôt dans un meilleur lieu.

Le 14. — Je ne me plais pas à parler du monde, je ne m'attache qu'à Jésus; tous mes liens d'ici-bas sont rompus, je suis remplie d'amour, d'amour pour ce Jésus, et puis pour tous les pauvres pécheurs qui sont sans espérance. Venez donc tous et goûtez ce bonheur que je ressens dans ce moment même. La voix du Salut vous a déjà été adressée, et vous ne l'avez pas reçue, ne voudriez-vous.pas être sauvés? Eh bien! que vos désirs

FBI8CILLE QtlEBTIEB. 95

soient du cœur^ faites mieux à l'avenir, soyez sages et attentifs à la voix du bon Esprit, afin qu'il vous conduise dans le chemin qui mène à la vie étemelle; car si on ne peut du cœur confesser l'amour de Jésus, on n'est pas digne de lui, et il nous reniera au dernier jour. Faisons donc effort, à rechercher la paix, afin que nous soyons prêts quand le Grand Juge se fera entendre.

Le 15. — ^La soirée d'hier ftit bien solennelle pour moi, je fus prise à tousser, et ensuite je vins que je ne pouvais à peine avoir ma respiration ; si je n'avais pas joui de cette paix qui me rendait calme et tranquille, je pense que j'aurais suffoqué. N'attendez donc pas d^ètre sur votre lit de maladie, jamais vous ne serez trop tôt ni trop longtemps au service de Dieu; ma coupe déborde tant elle en contient^ je pense que ma vie ne sera pas encore bien longue, je tarde, d'une manière, à déloger, mais si c'est la volonté du Seigneur de prolonger ma vie, je le prie de me donner la grâce et le courage, de travailler à l'œuvre qu'il me donne d'accomplir. Vous qui n'obéissez point à la lumière, TOUS allez toujours en endurcissant vos cœurs, maintenant est le temps favorable, modérez vous donc et cherchez de tout votre cœur et écoutez la voix de l'Esprit, car si vous ne vous repentez vous périrez. Ne vous serait-il pas beaucoup plus avantageux de sentir et de jouir de la paix dans vos esprits ici-bas, soit que vos vies soient courtes ou longues, et qu'à la fin vous puissiez vous mettre en toute sûreté entre les bras du Sauveur.

Le 16.-^Flus mon corps est faible, plus mon esprit est rempli de consolations. ** O si mon peuple m'eut écouté, dit l'Etemel, sa paix aurait été comme un

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fleuve;'' le Saint-Esprit est toujours à frapper à la porte de vos cœurs, car toutes bonnes pensées viennent de lui? Ne le laisserez- vous pas entrer , en vous humiliant et en vous convertissant ? Le temps de vivre dans la paix, qui surpasse tout entendement, ne peut être trop long. O que la chose est importante, il n'y a qu'à croire de tout son cœur aux promesses, être humble et faire toutes choses avec un esprit rempli de la crainte de l'Etemel. Heureux ceux qui craignent l'Eternel et qui marchent dans ses voies, car il les fera prospérer. O je ne puis faire comprendre comme je me trouve: c'est une paix que le monde ne connaît point, mais seulement celui qui la reçoit; elle «est ofiPerte avons tous qui ne l'avez point encore reçue, il n'y a qu'à la recevoir et croire sans avoir aucun doute, car celui qui doute n'est pas digne de celui qui est la fidélité même.

Le 17. — Il me semble que je te vois pécheur avec des larmes d'attendrissement, en pensant qu'il faut que tu te sentes ainsi, si tu désire jouir de ce bonheur et de cette vie intérieure. Si après avoir passé un jour dans la repentance et dans les larmes, et que tu n'aies pas encore reçu la paix, et qu'alors tu reviennes à ta même condition, tes larmes et ta contrition auront été sans efficace, mais quand une fois on a le désir, il faut persévérer jusqu'à ce que de ressentir le Saint-Esprit qui donne cette vie, car le Seigneur veut éprouver si on est fidèle, si on a la foi et si on le cherche de tout son cœur. Cherchez donc sa face jusqu'à ce que vous la iTouviez, et que vous receviez votre consolateur et votre ami, et vous verrez alors qu'il agit envers ses enfants avec fidélité, et selon leur dévouement à son service. Je n'ai plus qu'à attendre le son de cette voix céleste qui me dira, <^ C'est assez, monte ici." Alors quel change-

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ment pour moi : quitter toutes les inquiétudes de cette terre pour aller jouir pendant l'éternité de ce , repos réservé pour le peuple de Dieu. Efforçons-nous donc d'entrer dans ce repos, en vivant dans la charité, dans la patience et dans l'honnêteté, avec un cœur craintif, afin d'obtenir la sagesse et la connaissance des lois de l'Eternel.

Le 18. — " Que rendrai-je à l'Eternel, tous ses bienfaits sont sur moi^" je ne crains rien de ce qui pourrait arriver à mon corps, mais je suis soumise à tout ce que le Seigneur m'appellera à supporter, car il me donne la grâce et la force qui me sont nécessaires.

Oh ! les richesses de son amour envers ceux qui le craignent et qui marchent dans ses voies. Pécheurs, n'ayez donc point honte de vous humilier et de vous convertir quand vos âmes sont d'un tel prix. Croyez donc à ses promesses et ne doutez point, alors vous goûterez cette paix dans vos esprits. Vous ne la possédez point, c'est parceque vous doutez et que vous n'avez point de confiance. Si vous aviez la foi, qui est le don de Dieu, cela ferait tout votre bonheur; mais enfin, prenons courage, faisons toutes choses avec simplicité de cœur, et l'Eternel aura pitié de nous, il enverra son Saint-Esprit pour nous faire comprendre ses consolations et croire en lui.

Le 19. — Ce matin je goûtais ce cantique :

" My rest is in heaven,

My rest is not hère, . For why should I reason

When trials are near."

Et cette après-midi, je suis venue que je ne pouvais presque pas parler^ mais je me trouvais comme un oiseau devant un monceau de blé. Ce sont là des

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consolations d'encouragement qui me font savoarer la compagnie de mon précieux Sauveur. On me donne tout ce qui est nécessaire pour mon pauvre corps, tandis qu'il a vie, mais dans des temps comme ceux-ci^ comme sur le bord de l'éternité, la présence de Jésus est ce qui console l'âme et qui la rend vivante et soumise à s'envoler pour joindre la compagnie des rachetés.

Le 20. — Voici encore un jour de grâce qui m'est accordé, afin que je chérisse et que je loue mon doux et aimable Jésus, qui seul est ma force et mon libérateur, pour tous les avertissements qu'il m'envoie. Que le bonheur m'est désirable, mais il faut que j'attende avec patience, en faisant l'œuvre qu'il me donnera à faire, car une fois dans l'autre monde tout sera fini. O, vous mondains, plus vous vous adonnez à l'orgueil et plus vous devenez les ennemis de Dieu. Réfléchissez donc sur les coutumes de ce siècle, soyez modestes, et vivez toujours comme en la présence de Celui qui fait le compte de toutes vos voies, qui vous convaincra, je l'espère, de votre folie, afin que vous vous humiliiez avec un cœur sincère et repentant, et qu'enfin vous appreniez à connaître l'Etemel, et que devenus sages, vous serviez d'exemple à d'autres qui maintenant sont aveugles.

Le 21. — Tout ce que j'ai maintenant à faire c'est de veiller et me remettre entièrement entre les bras de Jésus. Mes jambes sont dangereusement enfiées, je pense qu'il n'y a guères d'espérance pour moi de vivre longtemps, et peut-être même que ma fin est bien proche ; mais mon âme prend courage, chaque épreuve ne fait que raccourcir ta course et t'approcher de ta demeure dont tu désires tant l'entrée. J'ai la confiance que tout ira bien, et que le Seigneur me donnera

PBISCILLE Qt7£BTIEB. 99

sa grâce comme par le passé, et que je passerai la vallée de l'ombre de la mort avec mon attente snr l'Eternel^ car c'est lui qui me donne la force de me soumettre avec calme. L'Eternel est mon berger, je n'aurai point de disette, car il me donne tant de ses consolations qui me sont comme des parcs herbeux.

Le 22. — Sinon que j'ai la confiance que je serai bientôt récompensée, je serais dans une position pleine d'épouvante ; mais je suis encouragée, je sais que le bonheur m'attend après que j'aurai combattu le bon combat de la foi. Que j'aime jusqu'ici mon châtiment, et j'espère que je l'aimerai encore, c'est le moyen de me faire sortir des misères de ce monde. Je ne sais que rendre à cet aimable Jésus qui a ainsi répandu sa grâce et son amour envers moi. O qu'il m'est précieux, il est ma force, ma vie et mon tout ; goûtez donc aussi ses paroles pour vous-mêmes, car c'est en croyant et en recevant cette foi, qui est le don de Dieu, que la paix se fait sentir à l'âme. Ne perdez donc point courage, car l'Etemel des armées a parlé ^t le fera paraître en son temps.

Le 23. — O quel don, quel don de son amour à sa pauvre créature, moi qui ne suis rien et qui ne peux rien de moi-même, mais seulement me confier en l'Eternel, lui qui a dit qu'il gardera les siens comme la prunelle de son œil. Ah! que je suis indigne de toutes ses faveurs envers moi; tout ce que je suis c'est par pure grâce, car la créature est entre les mains du Tout-Puissant, comme le serait le plus faible insecte entre ceMes de l'homme, puisqu'il nous déclare qu'il n'y à qu'à croire et à saisir ses promesses dans son cœur. O I pécheur, ne doute donc plus de sa fidélité, car il l'a montrée dans les temps

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anciens, crois seulement, et tu seras sauvé et trouveras la paix en ton âme.

O que la créature est faible,

Elle n'a ni force, ni vertu.

Elle ne peut que se soumettre

Entre les bras de Jésus,

Et d'avoir sa confiance en lui,

Car il désire qu'on s'humilie. P. Q.

Le 24. — Je prends le jour comme il vient ; que le Seigneur dispose de moi selon sa fidélité et pour sa gloire, je puis dire avec l'Apôtre Paul : " Je ne me mets en peine de rien, pourvu que j'achève ma course avec joie." Je suis par grâce une brebis du bon Berger, il me nourrit en me donnant sa vie, et en me soumettant à lui avec foi et confiance. Mon précieux Sauveur ne laissera pas sa brebis s'égarer si elle continue, et je désire de tout mon cœur continuer à me confier en lui, car je sais qu'il est fidèle. Je trouve son joug très facile quand je ne m'inquiète pas du temps à venir, et c'est ainsi qu'il faut faire, n'avoir pas de soucis pour le lendemain. Je me confie en l'Eternel, car il est fidèle et il me gardera aussi longtemps que je me confierai en lui.

Le 25.-^En<îore un mois avant la fête de NoëL II y en a donc un grand nombre qui sont maintenant à jouir des choses de la vie, mais qui seront dans l'éternité en ce jour-là. Tenons-nous donc sur nos gardes et veillons, afin que quand le maître de la vigne viendra donner le salaire à ses ouvriers, que nous en soyons tous du nombre. Il y a déjà quelques jours que la toux ma quittée; ô que le Seigneur est bon de me soulager ainsi : gloire, gloire, soit à mon précieux Sauveur, qui daigne m'accorder sa grâce pour supporter tout ce qu'il m'envoie, et de perse-

PEISCILLE QTJEETIEE. 101

vérer dans la foi jusqu'à ce qu'il m'appelle, disant: "Bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses, je t'établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton Seigneur." Que ce sont là des paroles qui font tressaillir de joie le cœur de celui qui les comprend. O ! mon âme réjouis-toi et t'égaie de ce que tu as une bonne espérance de participer bientôt à ce parfait bonheur, là où tout n'est que sainteté, que paix, qu'amour et joie, et cela pendant l'éternité.

Le 26. — Que je suis bénie et encouragée de toutes manières, il me semble que Satan n'a rien à faire à moi, il vient parfois, mais la force de l'Eternel lui dit tu n'iras pas plus loin. O ! que la loi de l'Eternel est parfaite, elle est dans mon cœur, la nourriture de mon âme, toujours auprès de moi, toujours prêtes, je n'ai qu'à la prendre ; pour la nourriture du corps il faut travailler, mais pour celle de l'âme elle est toute gratuite et d'une valeur beaucoup plus grande, elle est en vie éternelle. O I pécheur, est-ce que tu ne vois point la chose digne d'y penser et d'y réfléchir, jusqu'à ce que toi aussi tu n'aies trouvé cette vie intérieure qui donne la paix qui surpasse tout entendement, si tu la goûtais une fois pour un jour tu la rechercherais avec plus de zèle et de courage; je te dis que c'est une source de consolations qui ne se peuvent exprimer qui se passent dans l'esprit, mais à qui il faut croire et s'y soumettre comme si c'était le Fidèle lui-même qui parlait. La foi est le précieux don de Dieu, il appelle tous, tous les bouts de la terre (dit-il) regardez vers moi et soyez sauvés. Demande lui donc cette foi pour croire du fonds de ton cœur et avec humilité. Le salut t'est oflFert, il n'y a qu'à saisir les promesses pour soimême. Ne yeux tu donc pas venir à Jésus pour avoir

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la vie ? décide toi donc et t'humilie comme n'étant rien. Maintenant ce moment même est le temps du salut, tant plus tu remetteras la chose sans te décider, tant plus ton coeur s'endurcira, et peut-être qu'à la fin le jour du salut sera passé pour toi.

Lo 27. — Que les règlements de l'Eternel sont faits avec justice et droiture, ''Le père ne portera point l'iniquité du fils, ni le fils l'iniquité da père;" mais chacun accusé par sa propre conscience, portera son propre fardeau. Il n'y a que celui qui m'éclaire et qui me conduit qui sait ce qui se passe dans mon esprit ; ce que j'écris, c'est ce qui est le plus simple ; il n'y a que l'esprit qui puisse adorer Dieu en esprit et en vérité. C'est le dedans du plat qui doit être premièrement lavé, et puis le dehors afin de n'être point coniîis. Tâchons donc toujours d'agir avec une conscience claire et avec un cœur bien disposé, afin d'être admis dans la compagnie de ceux qui sont déjà entrés dans la gloire.

Le 28. — n n'y a que celui qui savoure les avantgoûts du bonheur, qui peut comprendre ce que c'est que ma paix. Seigneur élargis ma coupe afin qu'elle en contienne d'avantage ; j'espère que celui qui m'a donné les forces de me soumettre à lui jusqu'à ce jour me gardera jusqu'à ma dernière tentation ; ma pensée est quelquefois que je voudrais être arrivée au port, afin de n'être plus dans ce lieu de péché ; mais mon âme sois patiente jusqu'à ce que tu aies accompli l'œuvre que le Seigneur te donne à fidref ici-bas, afin d'être reçue dans la plénitude du bonheur éternel.

Le 29.— Je vois que le temps est incertain et que la mort est certaine, et je pense bien souvent à ma fin. Ce n'est pas que je haïsse ce monde, mais je m'en détache de plus en plus, parceque j'attends le bonheur là oii il

FAISCILLX QT7BBTIEB. 103

n'y aura plus de péchés ni aucune chose pour inquiéter ; mais encore je me laisse entièrement entre les mains de celui qui me cueillera quand je serai bien mûre et bien préparée pour son ciel, car " au sépulcre où je vais, il n'y a plus rien à faire/' cependant travaille, ô mon âme, et fais ton devoir, afin que tu puisses aller rencontrer ton juge avec joie et avec chant de triomphe en ramassant tes gerbes. Oh! ne perds point courage, le Seigneur sait mieux comment disposer de toi, c'est pourquoi prends tout avec patience et pour sa gloire, car tu n'es rien et tu ne peux rien de toimême; tout ce que tu possèdes ce sont toutes des faveurs de Celui qui n'est qu'amour et bonté envers ses créatures.

Le 30. — Quand je pense au bonheur de Tàme qui s'en va bien-heureuse, je deviens comme hors de moi-même ; oh I que pourrai-je faire pour la gloire de mon glorieux maître. Je parlerai de ma simple manière, quand je pense, au contraire, à l'éternité dans les tourments, cela me fait frémir pour toi pauvre pécheur ; une fois que tu seras là entré, pense que tu n'auras plus d'espérance, mais toujours la pensée que ce sera pour jamais, à jamais. Oh! est-ce que tu n'es pas un peu attendri, afin de pouvoir t'humilier avec un cœur repentant en te voyant pécheur, et de sentir le besoin d'un Sauveur; tel est Jésus qui est lui-même ma force et ma vie, et après t'être humilié, crois aux consolations qui te viendront à l'esprit et décide toi, en cultivant la semence de vie plantée en ton cœur, afin que tu deviennes de plus en plus éclairé et que tu te trouves en paix, car, nul qui vient de cette manière ne sera rejeté, c'est le profond désir du cœur qu'il demande. Oh! je puis dire comme David:

Seigneur, tout mon désir est devant toi, et mon

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gémissement ne t'est point caché, cependant agis envers moi suivant ta fidélité et ta bonté."

Le 1er Décembre. — Encore une faveur qui m'est accordée de voir le commencement du dernier mois de cette année ; oh I quelle consolation et quelle joie intérieure occupent mon esprit : viens, ô vie ! afin que je fasse tout ce que le Seigneur me commande de faire, ou, viens, ô mort! afin de me faire sortir de toutes les peines de ce monde de péché. Oh! comment donc raconterai-je l'amour et les bontés de mon divin Jésus envers moi ! Je ne le peux, car c'est mon esprit qui seul jouit de son aimable compagnie et qui me rend si soumise à sa volonté, car je sais quelle est pour mon bien et pour mon profit ; si je suis fidèle, il ne permettra point qu'aucune tentation survienne au-delà de mes forces. Tenons tous ferme ce que nous possédons de la semence de vie, et cultivons ce qui est déjà enraciné dans nos cœurs, soit petit ou grand, avec courage, afin de devenir de plus en plus éclairés, et même d'amener d'autres âmes à la connaissance de Jésus notre Sauveur*

Le 2. — Le Seigneur m'encourage même par des songes, en me montrant sa bonté et sa protection. Je songeais la nuit passée qu'une vache s'était échappée sur moi, et que justement un chariot était derrière moi, de sorte que je me trouvais entre les cornes de la vache et le chariot ; je n'avais aucun mal et je m'écriais même dans mon songe, O Seigneur! Seigneur! que tu es bon, que tu es bon ; sur cela je me suis éveillée. Oh ! ma coupe est pleine, élargis-la, afin qu'elle en contienne d'avantage. Oh ! que j'attends le moment de mon changement, car ici-bas il n'y a que peines et misères, tandis que là-haut tout est fini, il ne reste que la joie pour toute l'éternité.

PBISGILLE QUEBIIEB. 105

Oh ! mon précieux Sauveur,

Que te rendrai-je pour tes faveurs ;

Moi, pauvre petit vermisseau,

Qui ne peux que comme un oiseau.

Me laisser à ta volonté ;

Car en toi seul il faut me confier.

Oh ! mon précieux Sauveur,

Que te rendrai-je pour tes faveurs. P. Q.

Le 3. -L'hiver ; il a commencé aujourd'hui à tomber quelques brins de froidure. Oh ! il me semble que j'ai eu toujours un certain présentiment que je ne passerais pas l'hiver, cependant que le Seigneur dispose de moi comme il le trouvera bon, car encore ma maladie pourrait durer bien longtemps; toutefois, j'espère que le Seigneur me donnera la grâce de le louer jusqu'à ma dernière heure. Quand je pense comme il m'a choisie par son amour infini, que je dois être reconnaissante dans le fond de mon âme : oh ! que je suis remplie de joie, de paix et d'amour pour lui qui m'a rachetée. Toi, mondain, tu ne connais pas cette paix, pourquoi? c'est ton incrédulité et l'amour des choses de ce présent siècle, qui se passe comme une fumée; le temps viendra bientôt que tia course sera finie, et que tu devras te présenter devant Celui qui te jugera avec justice et droiture, et qui ne t'épargnera pas, une fois ta sentence prononcée.

Le 4. — Un songe assez remarquable m'ayant été raconté hier soir, je vins à méditer sur moi-même ; la lumière d'en-haut descendit dans mon esprit et me donna cette précieuse consolation, '^Je t'ai exaucé dans le temps favorable," ce qui me rendit si en paix avec mon Dieu. Lecteur, il est quelquefois des songes qui ne sont pas envoyés en vain ; tenons nous toujours sur nos

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gardes, soyons sobres et veillons afin d^être reçus dans la Jérusalem céleste, où il n'y a que l'amour qui y règne.

Le 5. — Oh ! mes jambes sont bien immobiles : mon détachement de la terre me donne une idée qu'elles ne seront pas peut-être bien longtemps avant de retourner en poudre ; mais oh I l'âme qui nous a été donnée à chacun de nous, afin d'être sage pour rencontrer un autre monde, comment se porte-t-elle ? car nous sommes seulement sur une terre de préparation, afin d'être tous des esprits saints et glorieux autour du trône, et pour adorer l'Agneau qui a été immolé afin de nous racheter par son sang précieux. Ce sera comme un père avec tous ses enfants en esprit; la chose est certaine et véritable, moi, toi, elle, verrons et contemplerons cette grande journée, journée comme il n'y en a pas eu ni n'y en aura jamais après de semblable, et qui décidera de notre sort, soit heureux ou malheureux, pour toute l'éternité.

Le 6. — Quoique mes jambes soient si lourdes et qu'elles soient de la même grosseur qu'elles l'étaient l'autre fois que j'étais si faible, si la Providence agissait sur moi pour me rétablir, elle a encore le même pouvoir cette fois sur ma vie ou sur ma mort; enfin je me confie en elle, car je sais qu'elle agira pour mon bien et pour mon profit; je prends le temps comme il m'arrîve, quoique quelquefois bien impatiente. Qu'il est donc nécessaire que le Seigneur soit miséricordieux, car, que ferions nous ? comme le dit David, ^^ Les compassions et les bontés de l'Eternel surpassent toutes ses œuvres." Lecteur, si quelquefois tu avais quelque chose de plus qu'à l'ordinaire, soit un petit châtiment ou quelqu'autre chose, et que le corps serait dans la peine ou dans la

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tristesse, pense que la Providence agit pour ton bien et confie toi en elle; Qt si la as cette confiance en agissant avec justice et droiture tu verras de la prospérité, soit en vivant sur cette terre, ou soit qu'une maladie t'ait amené à la connaissance de ton Sauveur, en rendant ton âme libre, qui est chose plus précieuse que tous les plaisirs frivoles et que tous les joyaux de ce monde de péché qui ne subsistera qu'un temps, et après nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Christ pour entendre notre sentence qui décidera de notre sort éternel.

Le 7. — Il me semble aujourd'hui que je désirerais vivre encore un peu de temps, car hier soir je fus si réjouie d'entendre un membre de cette famille, qui étant venue me visiter avec un cœur attiré par le Saint-Esprit et afin de recevoir quelques consolations. J'espère que le Seigneur me commande de faire son œuvre, et si je vis encore un peu de temps, il me semble que le Seigneur me rendra en grande bénédiction à toute cette famille et même à autrui, à la gloire et à la louange de l'Agneau. O ! Seigneur, exauce les désirs et les supplications de tes enfants et de tous ceux qui te cherchent, en les éclairant par la lumière d'enhaut, et en leur donnant la paix que le monde ne connaît point et qui surpasse toute intelligence. Il n'y avait que mon grand Conseiller qui connut ce qui me passait dans l'esprit ; oh I la joie, la joie, j'aurais pu chanter en louant Dieu, là, là, là, là.

Le 8. — Pendant toute ma maladie, j'ai eu presque tous les jours l'épreuve d'une chaleur au visage, qui s'est augmentée ces deux ou trois derniers jours, et depuis un mal de tête qui doit peut-être faire un changement dans mon système; que la volonté du

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Seigneur soit faite. Mon âme est bien encouragée audedans de moi^ en ayant bonne espérance de son.aveoir spirituel, tandis que mon corps n'est pas encore patient comme je le voudrais.

C'est donc à nous tous de faire tout ce qui est en notre pouvoir, en suivant les traces de notre divin et charitable Sauveur. Quelles belles et précieuses promesses qui sont toutes Oui et Amen en son nom et à sa gloire pour ceux qui désirent l'accepter comme étant leur Sauveur et leur Conseiller ; c'est seulement la foi qui sauve, en possédant la paix que le monde ne peut ni donner ni ôter.

Le 9. — Je n'ai pas écrit sur mon journal aujourd'hui parceque j'ai composé une lettre, les deux m'auraient trop fatiguée.

Le 10. — Béni soit Dieu qui par ses grandes bontés me fait reposer toutes les nuits ; vraiment je ne puis discerner toutes ses compassions et ses bontés à mon égard, mais ce matin j'ai été un peu plus abattue, je pense que c'était une petite indigestion, cela montre que je ne suis pas bien forte d'estomac ; mais en me préservant mon indigestion n'est pas trop mal pour moi ; encore toujours des faveurs du Tout-Puissant. Oh! pécheur, reconnais-tu que tu es comblé de faveurs ? même plus que tu ne sais, et si tu as un peu de lumière à t'éclairer, décide-toi de donner ton cœur entièrement à Dieu, tandis que tu es ainsi favorisé en désirant, et nonseulement en désirant, mais en soumettant ton cœur aux lois de l'Eternel, qui se trouvent écrites dans les Saintes- Ecritures. Christ en nous, l'espérance de la gloire, est la plus grande richesse que peut posséder l'homme qui est formé à son image, car il reçoit le don de son Créateur, qui ne peut lui être ôté, s'il s'j tient fidèle.

PEISCILLE QXJERTIEK. 109

Le 11. — Je n'ai pas tant d'appétit ces jours, et ma digestion est bien plus faible, depuis mon mai de tête ; il me semble que la chose se prend justement comme l'autre fois que mes jambes étaient telles, et c'est peut-être un changement qui sera béni à mon égard. Enfin, je ne sais. Dieu le sait : je désire que la patience et la soumission, soit pour la vie ou pour la mort, me soutiennent et m'encouragent à être zélée à remplir le devoir que le Seigneur me commande de faire. Oh ! que je suis encouragée, soit pour aller dans le bonheur, ou soit pour rester à raconter l'amour de mon précieux Sauveur envers moi : oh I que l'amour, la paix et la joie intérieure soient au-dedans de toi, lecteur, car ce sont ces choses qui rendent l'âme heureuse; et si tu as ce sentiment en toi ne sois point alarmé, mais prends courage, tu seras récompensé de la récompense des justes, qui n'est pas à comparer à ce pour qui tu aurais pu avoir combattu pendant ta course ici-bas : pour les choses de cette vie.

Le 12. — Je me suis trouvée un peu plus abattue aujourd'hui, mais je suis comblée de consolations qui me donnent des avant-goûts du bonheur, auquel ceux de la montagne de Sion participent, et je sais que Satan n'a rien à faire à moi. Tenons-nous fermes, enfants d'adoption; coûte que coûte, poussons en avant et trafiquons avec notre talent en tâchant d'amener des âmes à la connaissance de notre divin Rédempteur et Sauveur. Mon âme se réjouit au-<dedans de moi de ce que le Seigneur me donne de si précieux présentiments de mon avenir, qu'il me semble que si je vivais, je serais en bénédiction à la gloire de Dieu, et si je mourrais, toutes mes peines finiraient et mon bonheur les remplacerait.

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Le don que Dieu me fait : oh 1 que j'ai sujet de me réjouir dans le fond de mon âme en adorant Celui qai, par son grand atnour^ a été immolé pour me racheter de tous mes péchés. Que je me suis trouvée en paix ce soir sur ce passage qui m'a été révélé : ^^ Vous serez mes disciples^ si vous faites tout ce que je vous commande."

Le 13. — Pai un peu plus soufiPert^ ce qui me rend dans un grand abattement, mais je pense que c'est pour nu changement, si c'est la velouté du Seigneur de le bénir; maintenant que je suis plus incommodée que je n'ai encore été pendant ma maladie, la paix et la joie sont encore toujours dans mon esprit, qui est la chose la plus nécessaire; car c'est seulement mon esprit qui comprend et qui peut adorer mon précieux Sauveur, et en lui je me confie, car je sais qu'il fait tout pour mon bien et pour sa gloire.

Le 14. — Oh I que la pensée de ce qui me fut révélé le 25 Juin me vient souvent dans l'esprit : " Cette nuit, ton âme te . sera redemandée." Oh ! que c'est donc là un passage qui doit me faire tenir sur mes gardes, car peut-être que je suis plus près de la mort que je ne le pense : mais encore il me semble que, si c'est la volonté du Seigneur, mon enflure se passera comme l'autre fois, car je me sens à-peu-près dans le même état et mon corps n'est pas dans une extrême faiblesse ; le Seigneur a le même pouvoir que l'autre fois, il sait si ce serait pour mon profit de vivre encore un peu de temps, afin de raconter son grand amour envers moi. Enfin, ce que je dois faire, c'est vivre un jour à la fois, en me confiant sur l'Eternel, car il est ma force et ma vie ; il est mon tout. U n'y a que mon esprit qui comprend ce que Jésus a fait pour moi, comme il m'a sauvée ; et je n'ai

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qu'à croire à toutes les consolations qu'il me donnes en me faisant acquérir la sagesse et l'expérience qui valent mieux que des milliers de monde, car elles donnent la vie à l'âme qui est immorteUe. Cette aprèsmidi il m'a passé sur l'esprit ce qui m'a beaucoup encouragée, ^^ Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes." Qui sait si le Seigneur est encore disposé à me rétablir, afin que je le confesse et qu'il agisse en convertissant des âmes à lui.

Le 15. — Mon cœur est disposé soit la vie, soit la mort qui m'attende. Que la réponse de la femme Syro-Phénicienne m'encourage: " Il est vrai. Seigneur ; cependant les petits chiens mangent sous la table, des miettes du pain des enfants." Oh I que les miettes sont bonnes ici-bas, ce sont les avant-goûts que le temps viendra, si nous sommes fidèles, de manger à même le pain de vie qui est Jésus. Dieu est esprit, et c'est seulement en esprit qu'on peut l'adorer en vérité, et comprendre son amour en étant éclairés par son Saint- Esprit, qui est le consolateur qui nous donne des miettes, qui sont des consolations qui nous nourrissent en vie étemelle.

Le 16.-^11 me semble que je n'ai pas tant de sujet de parler de mon départ comme l'autrefois que j'étais dans ma faiblesse, parceque le Seigneur a le même pouvoir de me rétablir; mais enfin, il n'y a que moi et mon précieu^ç Sauveur qui savent ce qui se passe dans mon esprit. Je n'ai plus qu'à me soumettre avec patience à ce qui peut arriver à mon corps, car je sais que le Seigneur agira envers moi suivant sa grande bonté et fidélité.

Mon frère (A.) vient d'arriver sauf d'Angleterre par cause de maladie. Oh ! les voies de l'Etemel ne sont

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pas nos voies^ c'est peut-être pour son bonheur^ afin de l'amener à la connaissance de son salut; enfin c'est prendre courage sous le châtiment que l'Etemel nous envoie, car c'est un signe qu'il ne nous oublie pas.

Le 17. — ^Le Saint-Esprit a parlé de paix à mon âme et me remplit comme un fleuve; que craindrai -je ? quand le sépulcre et la mort m'environneraient, je suis à l'abri sous les ailes de mon Rédempteur et Sauveur. Venez donc, peuples rebelles, et goûtez l'amour de ce Jésus, et vous sentirez qu'il n'y a rien de plus précieux ni de plus doux que d'obtenir cette paix, mais seulement celui qui la reçoit au nom et par les mérites de Christ, le Sauveur du monde. Mon cœur est quelquefois attristé, manque de patience; oh! que la patience est une grande vertu ; il n'y a que la paix qui règne dans l'esprit, qui nous fait sentir la joie et l'espérance que les afflictions finiront bientôt pour aller jouir du repos pendant l'éternité.

Le 18. — Tôt ou tard, il nous faudra tous partir de ce monde, et les jours s'en vont très rapidement; appliquons nous donc à ce que nous avons à faire, et acquérons de la sagesse, afin de sauver nos âmes qui sont d'une telle valeur ; il n'y a qu'à croire Bt avoir la foi, qui est le don de Dieu, qu'il ofire à tous, et ceux qui l'accepteront sans argent et sans aucun prix seront sauvés, mais ceux qui le rejetteront seront condamnés à jamais. Pécheur, est-'ce que tu n'as pas un peu de sentiment afin de chercher quelques moyens pour obtenir la vie qui durera pendant toute l'éternité ; misérable que tu es, si tu n'as pas cette lumière qui sauve je suis en peine pour toi, car je connais, par la grâce de Dieu qui m'a été donnée, la valeur de mon âme, et eUe m'est plus précieuse que toutes les richesses.

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que toutes les perles et que tous les diamants d'icibaSj car elle a bâti sur un bon fondement d'espérance ; mais toi^ si tu es dans les ténèbres^ ton âme doit être un fardeau. Si tu avais un peu de lumière tu considérerais la valeur de ton âme^ et chercherais aussi cette espérance de participer au bonheur avec ceux de la montagne de Sion. Oh I décide-toi donc maintenant avant que tu n'aies péri« péri dans le feu qui ne s'éteint point; oh ! quelle terrible et affreuse pensée.

Le 19. — Je chante au-dedans de moi-même quand je vois et que je pense à ma position. Je trouve que je suis remplie d'amour pour les pécheurs, que je désirerais que tous vécussent dans la charité; ce qui me donne une impression dans le cœur que le Seigneur me rétablira peut-être^ afin de faire une œuvre en les avertissant; car j'ai cette pensée, que s'il était pour m'ôter de ce monde tout-à-coup, je ne me mettrais pas tant en peine pour mon prochain, mais que je méditerais et m'occuperais seulement de moi-même, afin de parvenir à une parfaite maturité ; mais enfin la grâce de Dieu me suffit, et j'espère me suffira encore jusqu'à la fin de. ma course, soit tôt, soit tard, qu'elle arrive. Je viens d'ouvrir ma Bible, et j'ai été éclairée sur ce passage, ^^Assemblez-moi mes bien-aimés qui ont traité alliance avec moi sur le sacrifice." On ne connaît point les voies de l'Eternel, ce sont là toujours des encouragements qui me font regarder en avant, mais je suis venue à chercher une autre consolation, lequel serait mieux pour moi de vivre ou de mourir, et j'ai été consolée par ce passage, " Voici je suis affectionné à tes commandements ; fais-moi revivre par ta justice," oh I que de telles révélations rendent l'âme tranquille et pleine de joie.

114 IIÊMOIBE DE

Le 20. — ^Je sais un peu plus abattae aujourd'hui, ce qui me fait sentir que je ne suis que la faiblesse même. Je n'ai pas même le courage d'écrire^ sinon pour dire que je me trouve en paix et heureuse.

Le 21. — Ohl que je dois être reconnaissante de ce qae le Seigneur me favorise d'ane telle manière, de ne pas souffrir trop, et de me donner encore les forces pour m'aider. Ohl que je célèbre les bontés de TEternel et ses merveilles parmi les fils des hommes ; je suis soumise à sa volonté, c'est lui qui commande aux nuages et ils s'élèvent, et il commande aussi à la pluie et elle tombe, ainsi fait-il de l'homme mortel qui n'est que poussière. Je ne puis pas parler plus sur ma vie que sur ma mort, mais j'ai la pensée que tandis qu'il y a vie il y a espérance, car le Seigneur a tout pouvoir. A lui soit gloire, louange et actions de grâces aux siècles des siècles. Amen.

Le 22. — Encore que j'ai certaines forces pour m'aider et que je ne suis pas trop mal, le médecin est venu aujourd'hui et a dit que j'amaigrissais, que c'était l'hiver qui m'était contraire et qu'il me faudrait beaucoup de nourriture: mais où est l'appétit? je n'en ai guère, que ferai-je ? c'est donc me remettre entièrement entre les mains de Celui qui dirige tout pour mon bonheur. Cela me fait penser que je m'en irai peutêtre peu-à-peu en mûrissant pour la Sainte-Cité ; partir est mon plus grand bonheur, que la volonté du Seigneur soit faite, et qu'il me fasse la grâce d'être sobre et de veiller afin de le rencontrer à sa venue avec la plus grande révérence.

Le 23. — Il m'est survenu l'histoire de la f^mme de Lot, quand elle regarda en arrière et qu'elle devint une statue de sel. O mon âme, pousse en avant, et ne

PBISCILLE QTIEBTIEE. 115

regarde pas en arrière, et que la patience te suive jusqu'à la fin. J'espère que le Seigneur me donnera sa grâce, soit pour vivre ou pour mourir, de le louer et de le confesser, afin d'attirer des âmes à la connaissance de sa lumière. Il me semble quelquefois que je désirerais partir quand je vois la vanité de ce monde; mais que la volonté du Seigneur soit faite à mon égard. Le 24. — J'ai été éclairée aujourd'hui par ce passage, ** Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père." Oh I que je suis remplie de consolations : quoique mes parents et tous me soient si chers, je peux les quitter tous pour aller avec mon précieux Sauveur, qui me donnera des eaux vives de ces sources qui jailliront aux siècles des siècles.

" Oh ! quel parfait bonheur,

Quel bonheur, Après si peu de langueurs."

Le 25. — Aujourd'hui le jour de Noël. Que j'ai été abattue, je n'ai presque pas de courage ; j'ai eu un mal de tête la nuit dernière après un assoupissement, qui me fait toujours me tenir sur mes gardes ; j'ai pensé que je pourrais m'en aller de cette manière comme un petit oiseau, mais gloire soit à Dieu, je suis soumise, je suis heureuse. Je ne pensais donc guère, il y a cinq ou six mois, que je verrais le jour dé Noël, mais encore me voici à raconter que le Seigneur est mon berger, je n'aurai point de disette.

Le 26. — La neige est sur la terre ; je sens le froid, ce qui fait que je n'ai pas grand courage, mais je me repose sur mon précieux Sauveur, qui disposera de mon corps suivant son bon plaisir.

Le 27. — Je suis à-peu-près la même chose, je ne souffre pas de grandes douleurs, mais je n^ plus

116 MÊMOIBE DE

d'appétit» ce qui fait que je faiblis; enfin je dois me soumettre» soit pour la vie ou pour la mort.

Le 28 et 29. — Ce temps m'est très-contraire; je suis faible» sans appétit et sans cœur» mais j'ai bonne espé* rance ; je suis heureuse» je me repais du pain de vie qui rassasie mon âme» et qui me console comme un intime ami consolerait son ami. Je ne m'attache pas ici-bas parceque je sais que mon plus grand bonheur est de quitter cette terre de misère pour être pendant Tétemîté dans le repos réservé au peuple de Dieu. Quoique je n'aie point le courage d'écrire, mon esprit n'en est pas moins en paix» ce qui est la chose la plus nécessaire.

Le 30.— Que les jours se passent I notre course ici-bas sera bientôt finie. O mon âme prends courage ; le peu de souffrances que tu as à endurer» ne t'amèneront qu'à une plus grande récompense.

Le 31. — Aujourd'hui le dernier jour de l'année; je ne pensais guère que j'en verrais la fin» mais» par grâce» me voici encore à dire qu'il y a aujourd'hui un an que mon précieux Sauveur m'attira par son grand amour et m'éclaira de sa divine lumière. Oh! de combien de bénédictions et de grâces ne m'a-t-il pas bénie: je ne sais que devenir en pensant à son amour envers moi ; ma coupe est pleine» élargis-là» Seigneur» afin qu'elle en contienne d'avantage. Je n'échangerais pas mon sort» tel qu'il soit» en corps et en âme» pour mille et mille mondes. Mon espérance quelquefois fait que je n'ai que d'applaudir» en pensant que ce sera bientôt le bonheur qui sera ma portion et le lot de mon héritage.

Le 1er Janvier 1870. — Le premier jour de l'année. J'espère que je continuerai à faire mon devoir jusqu'à ce qu'il m'appelle» disant» ^^ C'est assez» monte ici." Ces deux dernières nuits» je n'ai presque pas pu dormir» je

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pense que j'avais une petite fièvre qui me rendait altérée^ mais béni soit Dieu^ on a trouvé un moyen qui m'a un peu désaltérée, et qui m'a fait dormir. Oh ! que rendrai-je à mon tendre Père Céleste pour toutes ses faveurs envers moi? tout ce que j'ai à faire maintenant, c'est de me confier en lui, lui qui est ma force et ma vie et mon tout. J'ai une toux qui me gène beaucoup et qui me rend si faible que c'est de couchée que j'écris.

Le 2. — Je n'aurais presque pas la force d'écrire, mais mon courage pour raconter l'amour de Jésus envers moi me fait faire des efforts. Oh I que je suis en paix ; il me semble quelquefois que je désirerais partir dans le bonheur qui m'attend, mais il faut que je sois patiente et que j'attende d'être tout-à-fait mûre pour entrer dans la place qui m'est préparée, afin de chanter comme il faut, les louanges de mon Créateur et Sauveur.

Le 3. — Ma toux me fatigue si terriblement que je serais presque portée à dire, oh ! je tarde à déloger : mais, mon âme, prends courage et sois patiente, tu n'as pas une peine de trop, quand je. pense à la gloire qui sera révélée en moi et que bientôt je posséderai.

Le 4. — Oh ! je ne puis dire combien le Seigneur me favorise: qu'il m'est bon maintenant que j'ai cette toux, mes jambes ont bien diminué et je puis me mettre un peu sur les côtés, ce que je ne faisais pas auparavant. Oh ! que rendrai-je à cet aimable Jésus ? je ne puis encore que lui présenter le péché et la souillure, mais par faveur et par grâce, il m'a sauvée.

Le 5. — Je ne changerais pas mon sort> quoique je sois dans une certaine mesure de souffrance, avec aucun qui serait en par&ite santé. Je songeais, la nuit dernière^ que j'étais dans le coin d'un grand marché, où toupies

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visages étaient pâles comme la mort ; au milieu duquel il y avait un gros bœuf qui se roulait et qui faisait un grand carnage; à la fin^ le voilà qui vient droit vers moi dans le coin^ des personnes me disaient de m'échapper^ mais j'étais restée sans pouvoir bouger; enfin une personne m'offrit de me donner du secours, mais je lui répondis. Non, sauve ta vie, je suis bien, je resterai ici ; et voilà le bœuf qui vient et m'écrase comme un rien, et je me sentis m'envoler au ciel, de sorte qu'il me semblait avoir vu un peu de sa pureté ; sur cela, je m'éveillai. Oh ! les avant-goûts, même ici-bas, de la plénitude du bonheur. J'ai une certaine impression que ce gros bœuf était peut-être la mort qui me parlait, mais enfin que je prenne la longueur des jours qui me seront accordés avec soumission. Je dois donc prendre courage, car je serai peut-être bientôt au lieu du repos et où je tarde tant à déloger afin d'être hors de toutes les peines et les misères de ce présent monde. J'ai la confiance que je louerai mon Père Céleste autant que je vivrai pour toutes ses faveurs envers moi, qui m'encouragent à courir vers le but de la céleste vocation de Dieu en Jésus-Christ.

Le 6. — Je n'ai presque pas dormi la nuit passée par ma toux qui me rend très- abattue. Il n'y a pas un lien qui m'attache ici-bas, aller avec Jésus serait tout mon bonheur et toute ma joie.

Le 8.^—11 me semble vraiment que je gagne des forces en prenant de bonne nourriture, et encore serait-ce la vie qui serait devant moi ; j'espère si c'est le cas que je ne broncherai point. Les jours se passent si rapidement que je ne suis pas du tout ennuyée, parceque mon précieux Sauveur est toujours près de moi, par la foi, ce qui me console ; quoique je ne parle

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guères^ j'ai ma confiance en lui, lui qui mourut pour moi et qui .m'a sauvée, afin que je le loue en racontant son amour et sa grande bonté envers moi.

Le 9. — Hier, oh I que j'eus une forte tentation toute la journée, je ne savais que devenir, je me disais que j'aimerais mourir vite afin de ne pas trop souffrir, et j'étais si en peine que j'aurais voulu mourir même hier ; mais par grâce je suis calme, la lumière est descendue dans mon esprit, et sa grâce me suffit. Je suis maintenant si en paix, même plus que je ne l'eusse jamais été ; je puis dire maintenant, je me soumets entièrement à ta volonté Seigneur, et qu'elle soit faite.

Le 10. — Encore une faveur que le Seigneur m'accorde, ma toux va un peu sur l'amendement, et si elle continue elle ne sera peut-être pas longtemps avant que d'être guérie ; mais je ne dors presque pas, une petite portion de la nuit seulement, et il me semble qu'en moi il y a un peu de fièvre. Oh I je ne sais que rendre à mon précieux Jésus pour tous ses bienfaits envers moi; ma coupe est pleine, sa présence m'est visible par la foi; pourquoi aurai-je peur et crainte de souffrir? Quand sa grâce suffit, on supporte tout ce qu'il envoie et il faut que la souffrance arrive, afin d'être reçu libre dans le bonheur, où tout n'est qu'amour, que paix et que joie pour l'éternité. Quand j'y pense je ne sais presque pas ou j'en suis, si je pouvais avoir les ailes d'une colombe, je m'envolerais donc bien vite dans ce lieu de repos.

" Oh ! que j'attends mon bonheur,

Et aussi de déloger ;

Mais» que la volonté du Seigneur

Soit faîte avant mon souhait.''

Le 11. — Il y a une semaine que je vis seulement de

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lait ; ma toux me fatigue tant et me rend si faible qoe je n'ai presque pas de forces^ mon sommeil m'est ôté et je ne dors qu'une heure durant la nuit. Je pense cette fois que ma maladie est découverte, le médecin est venu aujourd'hui et a dit que c'était aux poumons que j'étais attaquée. Oh I j'espère que le Seigneur me donnera sa grâce afin de persévérer jusqu'à la fin en le bénissant pour ce châtiment, qui produit un fruit paisible de justice.

Le 12. — Hier je pris un remède pour me composer et, par grâce, j'ai dormi toute la nuit Oh I que le Seigneur est bon, je ne sais que lui rendre pour toutes ses faveurs et pour toutes ses gratuités.

Le 13. — J'espère que la porte du ciel s'ouvrira bientôt afin que j'y entre, pour être hors des dangers de ce présent monde, et pour jouir du bonheur dans le monde à venir pour toute l'éternité.

Le 15. — J'ai pensé que je finirais mon journal manque de force. J'espère que le Seigneur me donnera sa grâce de persévéreif jusqu'à la fin, afin de ramasser mes gerbes et ma récompense à la gloire de Dieu.

PBISCILLE QTJEBTIEB. 121

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