‹ Mémoire de Priscille Quertier de Guernesey: conforme aux extraits de son journal et de ses lettresChapitre 2 sur 19 · BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIE

PfiiSCiLLE^ fille d'Hélier et de Marie Quertier» naquit à Guernesey^ le 13 Août 1856^ en la paroisse appelée Saint 'André.

Elle était dès son enfance très intelligente^ et en surpassait beaucoup de son âge, mais depuis qu'elle eut atteint l'âge de neuf ans, sa santé fut en affaiblissant. Aller à l'école était sa joie, et à la maison de culte ses délices. Un jour en revenant le soir avec sa mère, elle dit : Si je pouvais prier aussi, peut-être que je serais en bien, étant jeune ; car elle était toujours sa petite compagne. Comme elles revenaient un soir de l'assemblée de culte, sa mère lui parlait, mais Priscille ne répondait point, elle lui dit: Qu'as-tu? elle se mit à pleurer, et dit : Je priais le Seigneur. Deux années s'écoulèrent et, quoique faible, elle voulait toujours aller . à l'école, et même faisait de grands progrès dans ses études en remportant souvent les premiers prix décernés aux élèves. En 1867 elle assista à l'examen pour la dernière fois; un mal intérieur se prononça qui lui causa de grandes douleurs, qu'elle supporta avec une patience exemplaire, tout remède qu'on aurait cru effectif ne fut que soulageant. Puis elle devint plus faible

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ce qui l'obligea de rester à la maison^ elle dit : Si je vois l'heure de retourner à l'école, je chanterai ces quelques lignés que j'ai composées : —

Je m'en vais à l'école,

C'est Dieu qui me console ;

J'ai reçu de lui

Son don infini.

Il n'en fut pas ainsi, le Seigneur en avait disposé autrement, elle affaiblissait de jour en jour.

Un matin elle nous raconta un songe, c'était : ^' Je marchais de compagnie avec d'autres filles dans une rue étroite, dans le passage il y avait une pierre plus haute que les autres, en passant près de cette pierre je vis un homme assis dessus, il me fut montré que c'était Jésus, en passant je lui dis. Fais-moi plus glorieuse que je ne le suis; il me répondit: Tu Tes autant ou plus que les autres; après je m'éveillai.

Quelques semaines après elle eut un autre songe où il y avait beaucoup de signification^ c'était : Je voyais deux hauts piliers, et une grosse chaîne était tendue de l'un à l'autre de ces piliers, il me fut montré qu'il fallait m'accrocher fermement à la chaîne, ou si j'avais laissé glisser mes mains sans tenir ou regarder la chaîne je serais tombée d'une effroyable hauteur, ensuite je m'éveillai. Je crus alors que c'était le Seigneur qui me parlait par des songes.

Le dernier jour de l'année 1868 fut un jour mémorable, elle fut attirée et illuminée par le Saint-Esprit qui lui parlait dans le cœur, en se voyant coupable de péché devant Dieu, qui la * fit crier : Sauve ou je péris ; elle était dans une grande angoisse d'âme, et citait des passages des Saintes-Ecritures qui étonnaient ceux qui étaient près d'elle, elle disait : '^ Si je donne du sommeil

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à mes yeux^ ou si je laisse sommeiller mes paupières jusqu'à ce que j'aie trouvé un lieu à l'Etemel et pour le puissant Dieu de Jacob." Son père^ la voyant si fervente dans ses prières, lui dit: Prends courage, il viendra certainement et ne tardera point; cela la calma, mais toujours son âme en travail et à la recherche de la perle de grahd prix qu'elle voulait sentir dans son cœur. Sa sœur, qui passa la nuit auprès d'elle, l'encouragea beaucoup, en lui disant : Sois fidèle à la lumière que le Seigneur t'a accordée ; car celui qui a commencé cette bonne œuvre en toi ne t'abandonnera pas, et lui cita plusieurs passages des Saintes-Ecritures qui démontraient l'amour du Sauveur envers ses créatures.

Le lendemain, premier jour de l'an 1869, son père lui demanda : As-tu trouvé la paix en ton esprit ? Non, dit elle, pas encore ; Continue à chercher et tu trouveras ce précieux trésor, car quiconque cherche trouve immanquablement. Une sœur vint lui souhaitant une bonne et heureuse année, et j'espère que tu trouveras le Seigneur ; elle répondit, en pleurant : J'ai espérance de trouver la perle de grand prix aujourd'hui, j'ai confiance que le Seigneur se fera trouver à mon âme, car il a dit : *' Je ne mettrai point dehors celui qui viendra à moi," et dit, j'espère vivre une aonée afin de travailler à son service, puis ajouta, oh! que je suis contente d'avoir été affligée, car autrement j'aurais peut-être couru dans les voies du monde; j'en remercie le Seigneur pour sa bienveillance envers moi. Elle le cherchait de tout son cœur, il ne fut pas longtemps avant de se faire trouver à cette chère âme, en lui donnant sa paix qui surpasse toute intelligence. Ce fut le 6 Janvier, comme elle en parle dans le mémoire, de sa conversion. Depuis ce temps là elle fut calme, contente et soumise en toutes

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choses. Une sœur lai demanda as-tu soa£Pert aujourd'hui? Un peu^ dit-elle^ mais qu'est-ce que cela en comparaison d'un repos étemel. On n'entendit jamais un murmure sortir de ses lèvres, mais toujours rempUe de joie et heureuse» elle ne parlait que peu, sa contenance était sérieuse, grave et sage, avec un air toujours joyeux et doux.

Durant le mois de Mai sa faiblesse augmenta, le médecin dit qu'il désespérait de son rétablissement. Un soir on commença à lui parler de la ïnort, en lui disant: Si tu allais nous quitter aurais tu aucun regret? elle dit: Non, car je crois qu'il y a une place préparée pour moi dans le ciel avec les bienheureux; puis ajouta, Est-ce que le médecin m'a trouvée pire? on lui répondit. Il t'a trouvée bien faible ; depuis ce temps là elle songea plus à la mort.

Quelques jours après elle dit, avec un sourire, les larmes aux yeux mais de joie: Que je me trouve heureuse ! oh, que je me trouve heureuse ; je voudrais m'en aller, et je voudrais pouvoir le dire à tous que Jésus m'aime d'un amour infini. J'ai eu ce passage dans mon esprit : " Seigneur donne-moi à connaître ma fin, afin que je sache de combien petite durée je suis;" peu après elle dit : Ma coupe est comble, et encore je demande au Seigneur de l'élargir et de la remplir, il m'a dit, ** Ouvre ta bouche et je la remplirai." Après elle demanda à voir le domestique, qui vint, elle lui dit : Je suis bien faible, mais heureuse; maintenant je ne regrette pas de quitter la terre, c'est au ciel que je désire aller^ tâche de me suivre là haut, je désirerais que tous m'y suivissent, je partirai seulement un peu avant vous. Ce passage repose sur mon esprit, '' Sois fidèle jusqu'à la mort, puis tu recevras la couronne de vie;" depuis que

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j'ai connu mon précieux Sauveur^ il ne m'a pas laissée sans me faire sentir sa lumière et sa vie^ peut être que j'approche de ma fin, il ne me laissera pas alors, Satan fait des efforts afin de me faire égarer et de me détourner du bon chemin, mais je sais que Jésus est plus fort, en lui disant, '^Tu n'iras p^s plus loin;" en le quittant elle dit: ** Pense à ton Créateur dans les jours de ta jeunesse," car on ne peut être à lui ni trop tôt ni trop longtemps, ajoutant, penses-y même en travaillant le matin et le soir ; après elle lui serra la main avec grande affection. Elle fit appeler un enfant à peu près de son âge, et l'exhorta à n'être pas si méchant, puis s'écria en pleurant : Oh, si j'avais fait comme toi, vivre sans penser au Sauveur, que ferai-je maintenant que me voilà sur un lit de maladie et peut-être bien près de la mort ? elle l'encouragea à aller à l'école et à avoir ses pensées tournées vers le Seigneur.

Le soir du même jour, elle dit : La pensée que notre Sauveur fut né dans ime crèche et après trahit, mené au Calvaire, et enfin mourut sur la croix pour moi et pour tout le genre humain me fait soupirer, quand je réfléchis que moi me voici dans une chambre sans qu'il ne me manque rien. Un autre jour elle reçut là visite de deux de ses petites compagnes d'école, en s'approchant elle les embrassa en disant : Je suis heureuse, je n'échangerais pas mon sort pour tous les biens du monde, elles se mirent à pleurer. Oh, dit elle, ne pleurez pas, il nous faudra tous venir à ce but, la mort peut être près de moi mais je ne la crains point; j'ai le témoignage par l'esprit de Jésus qu'une couronne de gloire est réservée pour moi ; en les quittant elle leur dit : J'espère que nous nous rencontrerons au ciel.

Quand elles Airent sorties elle dit : Je ne pouvais pas

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exprimer le bonheur que j'éprouvais, je sentais que ma coupe débordait par dessus ses bords; je me trouve entièrement détachée des choses de la terre, mes liens sont rompus ; j'aimerais mieux, si c'était la volonté du Seigneur, quitter cette terre ce qui me serait beaucoup meilleur.

Un autre jour une amie vint la voir, qui lui dit : Tu exhortes donc les enfants qui viennent te voir ? Oh, dit elle, je laisserai mes paroles sur la terre mais pas ma couronne, j'en jouirai avec mon doux Jésus pendant toute l'éternité. Une fois elle dit à son père : Je trouve que mon esprit communique avec Jésus comme avec un intime ami, il me répond par le sentiment d'une douce paix; après, sa tante vint la visiter et lui demanda comment elle se trouvait ; dit elle : Je suis comme de coutume de corps et d'esprit, "L'homme est d'une courte durée et plein de souci," on ne peut être au service de Dieu trop tôt ni trop longtemps. En recevant des fruits qu'elle lui avait apporté, Priscille^ reconnaissante envers sa tante, dit: Quelles bénédictions : je n'en suis pas digne. A une sœur elle dit: Ma mère m'a été une tendre mère, mais il y en a un qui m'aime d'un plus grand amour, car il est mort pour moi, ajoutant, elle aimerait mieux me soigner toujours comme ceci que de me voir la quitter. Oh ! je serais mieux au ciel, je serai seulement partie un peu avant vous, si vous voulez me suivre vous me rencontrerez là pour ne nous jamais séparer. Je me sens affaiblir peu-à-peu, mais tout ce que le Seigneur fidt est pour mon bien ; je suis comblée de ses bienfaits, c'est tout par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, ma confiance est dans le' Seigneur, c'est là cf qui me rend heureuse, car j'ai le témoignage au-dedans de moi que je suis un enfant de Dieu.

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Un temps s'éconla, son père Ini adressa plusieurs passages des Saintes-Ecritures, elle dit: Ce matin ce passage était sur mon esprit: ^* Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus, et un peu de temps après vous me reverrez : parceque je vis vous vivrez aussi/' que ces paroles consolent l'âme. Il lui demanda aussi : Si l'ennemi, par ses ruses subtiles, éprouvait en quelque manière à la faire douter de son bonheur ? Oui, dit elle, mais je le repousse et n'y &is point attention, car je sais qu'il est menteur. i

Un autre fois elle dit : Ma mère, je crois que je suis sur mon lit de mort, vous aurez du regret de me voir partir, mais cela se passera dans la pensée que je serai à jouir des délices du ciel. Un ami lui apporta deux petits livres afin qu'elle les lut; Oui, dit elle, mais j'aime mieux la Bible, car j'y trouve une nourriture pour mon âme; oh! j^aimerais à être chez moi, làhaut avec mon précieux Sauveur, afin de jeter ma couronne à ses pieds ; je ne puis le louer assez ici-bas, mais ce sera là que je le louerai comme il faut.

Le 12 Juillet elle eut une faiblesse qui l'approcha de sa fin, on lui dit : Ton Sauveur est il près de toi? elle répondit : Oh I oui, ajoutant, il ne faut pas attendre les moments de se trouver comme ceci, avant de penser et de se donner au Seigneur : oh I que la créature est subitement abaissée; mais quand on peut se confier dans les bras de son Sauveur, et dire : *' l'Eternel est mon bergar, je n'aurai point de disette," qu'elle douce consolation.

Deux jours après le médecin la visita, et trouva que sa maladie faisait des progrès ce qui lui causa de la joie, et dit avec sourire: Bientôt je serai avec Jésus mon Sauveur, le temps ne sera pas long avant que j'y sois

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arrivée. Son père lui dit: Prends courage, ma chère, aie toujours tes regards tournés vers ce doux Sauveur; elle répliqua: Je ne changerais pas mon sort pour mille mondes, car encore il j aurait des combats et des misères à rencontrer; quelle bonne nouvelle je mûris pour le ciel, ohl quel bonheur pour toute l'éternité. Un autre jour une amie la visita, quand elle fut près de son lit et lui avoir demandé comment elle se trouvait, elle lui dit : Je suis prête à être recueillie dans le grenier céleste ; dernièrement j'ai eu des songes qui m'indiquent l'approche de la mort, et me font penser que bientôt je serai arrivée dans la patrie céleste. Un autre amie la venant voir, elle lui dit, Je suis bien faible, je ne serai pas longtemps avant d'être au ciel ; ajoutant, j'aime mieux être sur ce lit de maladie et jouir de cette vie divine que je ressens dans mon cœur, que d'être en santé et jouir des plaisirs et des vanités de ce monde, il ne faut pas remettre à un temps pareil à celui-ci> à se préparer pour une vie qui ne finira jamais.

Le 25 on s'aperçut d'un changement dans son visage, son pouls était très faible, elle crut sentir le froid de la mort : Oh I dit elle, gloire I gloire ! je serai bientôt avec les bienheureux, un changement de cœur est ce qu'il nous faut, travaillons afin de nous réjoindre tous autour du Trône. Après une pause elle s'écria : Nous t'attendons, Seigneur, Jésus, viens. Le soir elle dit à sa mère : Ma mère, je croyais être dans la gloire ce soir, je me trouvais si heureuse qu'il me semblait être déjà là, car ces consolations sont si précieuses à mon âme, sachant qu'il est si compatissant et si miséricordieux en me témoignt^nt que je suis une brebis de sa bergerie céleste.

Quelques jours après une toux survint qui l'épuisa à

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an tel point qu'elle ne respirait qu'avec beaucoup de difficulté^ et ne parlait qu'avec peine; encore disait* elle : La vallée n'est pas sombre^ c'est ici la deuxième fois que je vous montre un exemple qu'il nous faut un cœur changé par la grâce, et sentir la vie dans notre âme qui se trouve en Jésus seul; car quand ces moments solennels arrivent^ si l'on n'a pas bâti sur le roc, on se trouve confus ; oh I j^ sens avoir fait si peu pour ce charitable Sauveur, je n'ai pas assez fait. On lui demanda si le Seigneur était près d'elle; elle répondit. Oui. Après un silence elle prononça ces paroles de cantique : —

" In heaven above, Where ail is love, There'll be no more sorrow there."

Un matin, trouvant comme un nuage sur son esprit, ne sentant point l'influence de la vie divine en son âme, elle crut être comme abandonnée de sdn Père Céleste, qui permet que ses enfants soient éprouvés en cachant sa face' pour un temps, et cela afin d'éprouver leur foi. Son père lui dit : Le Seigneur veut que ses enfants se confient en Lui, et en Lui seul, regarde à ton ]Mrécîeux et charitable Sauveur, en sacrifiant sa vie divine sur la croix pour toi, pour moi, et pour tout l'univers ; quoique. Fils de Dieu, son Père permit qu'il fut laissé entre les mains des méchants, et comme abandonné, puisqu'il disait, '^Mon Dieu! mon Dieu I pourquoi m'as-tu abimdonné." Lorsque nous nous trouvons comme abandonnés et sans lumière, nous ne sommes que comme il a été, cependant il nous paraît loin, mais il est tout près de nous, afin de nous secourir

dans nos détresses. Cela calma ses craintes, et bientôt '

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le nuage se dissipa, et le Soleil de la Justice lui apparut avec la santé dans ses rayons.

Une autre fois elle souffrait beaucoup par cause de sa touzy on lui dit: Toutes ces peines et ces souffrances que tu endures maintenant, tu les laisseras bientôt derrière toi, et tu trouveras les joies, les délices et les plaisirs du Paradis beaucoup plus précieux, ''Car les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit être révélée en nous." Oh I dit-elle, avec sourire et joie dans son cœur, que cela est doux à ouïr.

Le 15 Novembre, elle dit : Qu'elle croyait que son Divin Maître avait encore une petite œuvre à lui donner à faire, et ajouta, hier soir comme je me trouvais, si je n'avais pas été prête pour la rencontre de mon Jugé, que serait devenu de mon àme ? On lui dit : Tu n'étais donc pas effrayée ni alarmée dans ces moments là ? Oh non, dit elle, si je n'avais pas joui de cette pafz /que je goûte et que je ressens dans mon cœur, mais que le mondain ne connaît point, j'aurais, il me semble, presque suffoqué. Ensuite elle dit à sa mère: Quand vous me parlez et que je ne vous réponds paa d'abord, c'est que je suis engagée et en communion avec mon Dieu. Se sentant affaiblir, mais toujours sa confiance au Seigneur, qui la rendait calme dans la paix et dans l'espérance du bonheur qui l'attendait

Le dernier jo^r de Tan 1869, de bon matin, elle chantait avec mélodie dans son cœur, tant elle se trouvait heureuse. Je ne sais que faire, dit-elle, tant mon âme est remplie de joie dans le souvenir qu'il y a une place préparée pour moi dans les demeures étemelles ; il me semble que je voudrais quitter cette terre, car ici -bas ce n'est que peines et misères, mais je

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trouve avoir travaillé si peu pour un si bon et si aimable Sauveur, il nous faut sentir la vie de Jésus, et la lumière de son Saint-Esprit en nos cœurs, afin de pouvoir dire, ^* Seigneur aide-moi dans mon incrédulité." Durant la nuit une soif lui survint qu'aucun moyen ne pouvait suffire à étancher, ce qui Tempêclia de dormir. On lai dit: Tu as toujours la présence de ton doux Jésus avec toi qui te fortifie ? Oh I oui, ditelle, quel bonheur d'avoir une espérance vive et fondée sur les mérites de Jésus-Christ ; une autre fois elle dit : J'ai été bénie cette après-midi, j'ai pu sommeiller et reposer ; oh ! que je suis favorisée, je n'ai pas une peine ni une souffrance de trop. La nuit suivante elle dit à sa sœur, qui la veillait: Je ne puis dormir; elle lui répondit: La présence de ton Sauveur est avec toi? Oui, dit-elle, je n'ai pas été ennujëe un seul moment, puis continua, ce matin, j'étais inquiète si je ne serais pas conftise, mais ce passage a fortifié mon esprit, << Tiens ferme ce que tu as, de peur qu'un autre ne prenne ta couronne ; " ce soir j'ai été si bénie que jq me suis humiliée comme dans la poussière, en voyant comme le Seigneur agit envers moi, je n'avais que des paroles de louanges dans ma bouche, il est visible par la foi ; oh I je pourrais l'embrasser avec un sourire d'amour. Un autre jour, elle dit à son père: J'ai une chose sur mon esprit ; il lui dit : Qu'est-ce, ma petite f Si j'ai agi ou fait quelques choses pour vous offenser ou vous déplaire durant ma vie, je vous en demande le pardon, et pour toute la peine et les soins que vous avez pris à mon égard et m'avoir élevée comme vous avez fait, je vous 'en remercie de tout mon cœur et en suis bien reconnaissante; elle fit la même demande à sa mère, qui fut accueillie avec une profonde sympathie.

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Le lendemain, elle depianda: Combien longtemps souffirent ceux q^i ^nt affîgés 4e la consomption ? on lui dit: lies uns resist;ent pins que les autres ; pour moi, dit-elle : Je ne voudrais pas souffrir longtemps^ j'aurais Touhi mourir aujoutd'htii. Oh I ma chère, lui réponditon» il &ut attendre le temps du Maître» et quand il te trouvera mûre et prête poi^: son ciel» il te prendra à lui» mais que ta volonté sOit soumise et non pas faite^ c'est Fennemi qui se déguise en ange de lumière qui te fait croire que c'est bien de vouloir mourir» il faut que tu puisses dire» ^^Ta volonté soit faite» et non la mienne."

Le matin suivant» elle dit : Hier fut un jour plein d'inquiétudes et de doutes pour moi» je ne croyais pas que ce fait l'ennemi qui me tenta par ses ruses subtOes» afin de m'induire à faire ma volonté» et non pas à laisser mon précieux Sauveur et Maître me conduire et me guider dans ses voies ; durant la nuit je fus éclairée sur ces paroles qui consolèrent mon amie» *' Ma grâce te suffit»" maintenant je suis calme et en paix» et peux dire»

^^ Je tarde à déloger, Pour être à chanter Le cantique de mon Bien Aimé."

Le 10 Janvier» lui fut un jour de paix et de tranquillité. Au soir elle dit à sa sœur: £mbrasse-moi» en l'embrassant» elle lui dit avec un doux regard: C'est pour mon bonheur que je suis comme je suis. Sa sœur lui dit: Tu seras bientôt un petit ange. Sa réponse fut» Oh ! oui.

Le 12 l'après-midi» elle iut prise à ne point pouvoir se fSûre comprendre en parlant» elle articulait : Je vou« drais dire quelque chose» mais je ne puis pas exprimer

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ma pensée, maïs, grâee à Dieu, quelques heures après, la parole lui revînt et elle pouvait se feire comprendre^ elle n'avait alors ni crainte, ni alarme, car son doux Jésus était là pour la consoler et la fortifier dans cette épreuve, ajoutant. Gloire I gloire ! je serai bientôt du nombre des bienheureux et avec mon divin Sauveur; avec sa petite main sur sa poitrine et d'un air triom-» phant,elle prononça ces paroles: Jésus, doux Jésus. Le soir, quand ceux de la famille prirent congé d'elle pour la nuit, elle les embrassa l'un après Vautre, en leur disant: Au révoir, si je vais vous quitter cette nuit, bien vous soit. Se trouvant si faible durant la nuit, ceux qui la veillaient lui demandèrent: Peux-tu penser à Dieu maintenant ? Oh ! oui, dit- elle, mais il faut le connaître quand on est en santé, et ne pas attendre de se trouver sur les rives de l'éternité avant de travailler au salut de son âme, qui est d'un prix sans pouvoir de nous-mêmes en payer la rançon ; ces lignes se trouvent sur mon esprit,

" I nightly pitch my moving tent, A day's march nearer home."

Jamais un murmure ne sortit de ses lèvres, elle dit bien des fois : Je n'ai pas une peine ni une soufirance de trop. Le 14, une autre nuit sans repos, sa sœur lui dit: Tu es toujours bénie? Oh! oui, dît-elle, je ne changerais ma condition comme je suis, pour qui que ce fut. J'attends le moment d'è^e déUvrée de toutes mes soufirances, afin d'être unie avec les anges pour chanter les louanges du Seigneur ; une fois arrivée au port céleste, je ne voudrais pas revenir sur la terre. " J'attends à tout moment de déloger,

Mais, que la yolontè du Seigneur

Soit fidte avant mon souhait."

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Le 15^ étant Pavant dernier jour de sa vie, la naît, par cause d'une extrême toux, elle ne pouvait dormir ; environ nne heure et demie du matin, elle dit à sa sœur : Donne-moi mon livre de journal afin que je le finisse ; quoique si épuisée et faible, elle eut encore le courage d'écrire ce qu'elle goûtait et savourait dans son esprit, peu-i-prôs elle dit : Je ne suis pas assez reconnaissante de ne pas souffrir plus; en voyant sa mère regarder dans son mouchoir pour s'assurer de l'état de sa salive, elle dit : Ne vous effrayez pas ma mère, je n'en suis pas du tout alarmée, il me semble vraiment que vous voudriez me retenir, moi qui aimerais tant à partir quand je pense au bonheur et à la £§licité dont je vais jouir.

Le 16, son dernier jour sur la terre, après avoir passé la nuit sans reposer, au matin elle dit: Que je suis faible, mais ma toux m'a quittée. J'aspire à m'en aller. On lui dit : Tu ne seras pas longtemps avant d'être dans le repos des saints dans la gloire. Après un peu de silence, elle dit : Oh ! quelles belles choses je vois, mon lit me parait tout entouré de ffeurs comme dans un jardin, même plus beau que les palais d'ici-bas ; je vois comme une illumination d'or qui se répand partout. Peu après un frère entra dans sa chambre, et lui demanda comment elle se trouvait : Heureuse ! dit-elle, en souriant, et après un peu de silence, elle dit :

" Je m'en yais à mon Sauveur, Qui est la source de mon bonheur, Qui me bénit de ses bénédictions, Et qui me remplit de ses consolations."

Elle continuait ses exhortations, en disant: Suivez moi tonte notre gvande famille afin que nous nous rencontrions ensemble au ciel, bien vous soit ! Que je

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VOUS embrasse tous tandis que j'ai encore la force ; peu après frappant des deux mains et avec un air jojeux, elle dit: Toutes mes douleurs sont finies^ Jésus les i ôtées ; puis embrassant sa sœur, elle s'écria : O Emilie ! il n'y a plus rien ici-bas pour moi, c'est tout là-haut, et en remuant ses lèvres il semblait que déjà elle goûtait le bonheur qui l'attendait Oh! quelles délices, dit-elle« j'en veux encore, c'est l'avant goût du Ciel, je me repais d'une nourriture céleste. Peu de temps après, elle dit : Je m'en irai aujourd'hui, mais quand je serai partie ne pleurez pas sur moi, mais chantez. On voulut mettre plus d'oreillers sous sa tête, ce qu'elle refusa et joignant ses deux mains dit : Je veux regarder en haut afin dé mieux contempler mon Bien Aimé, c'est seulement de lui que je veux m'occuper maintenant ; on l'entendait chanter sourdement comme dans son cœur, puis elle dit: Je chante à ta gloire, O quel bonheur 1 O quel bonheur l " Oh ! that will be joyful, joyful, joyful,"

et cela pendant toute l'éternité; je voudrais hire comprendre à tous les humains ce que j'éprouve et que je ressens maintenant dans mon âme. Bien vous soit à tous, mes frères, mes sœurs, mes neveux et mes nièces, puissions-nous nous trouver tous ensemble autour du trône de l'Agneau, mon cœur est rempli d'amour. Ayant toujours les yeux fixés vers le ciel et la gaieté sur le visage, elle dit à sa sœur: Prends courage, je sens des douleurs ici (montrant sa poitrine), afin que quand tu viendras à cette fin, tu puisses sentir la grâce qui soutient dans ces épreuves, puis elle dit : O ! quand le verrai-je me prendre à soi ce doux Jésus, regardant en haut et disant : son ange qui n'a rien fait, mais Jésus qui a tout fait, en mourant sur la croix pour moi ; je croyais que le tentateur m'aurait assaillie par ses ruses.

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mais l'aiguillon est ôté et la yictoire gagnée, le passage sera doux. Regardant ses parents d'un air joyeux, elle dit : Je serai bientôt arrivée au port. Après un peu de silence. Oh ! si j'en voyais aller dans l'éternité sans préparation ; j'en pleurerais avec la pensée que Jésus est mort pour tous, et sans prononcer aucune parole, les yeux élevés vers le ciel, elle souriait, faisant comprendre qu'elle contemplait son divin Sauveur par la foi, et levant ses deux bras en haut elle paraissait déjà l'embrasser, puis elle mit sa petite main sur son cœur, peu après la leva vers le ciel, montrant du doigt et donnant à comprendre que son âme serait bientôt là. Bientôt après sa tante arriva : C'est aujourd'hui, dit-elle, le jour de mon départ ; je m'en irai cette après-midi, venez donc me rencontrer au ciel. Je ne prends pas la place à un autre, il y en a pour tous ceux qui auront part à la première résurrection. J'attends mon doux Jésus qui viendra bientôt avec sa longue robe et sa couronne d'or, afin de me faire part d'une de ses robes et d'une couronne, après je m'envolerai avec lui dans le Paradis; oh, je pourrais l'embrasser d'un baiser, non de Judas, mais avec un sourire d'amour. Elle s'informait souvent de l'heure qu'il était ; environ deux heures l'après-midi, elle fit venir toute sa fiimille auprès de son lit l'un après Tautre, et leur donna une bénédiction à tous, en priant pour chacun d'eux, d'une manière touchante et édifiante, les exhortant à être fidèle à la lumière de Ghrist dans le cœur. Peu après un intime ami vint la visiter et lut le Psaume xxiii, ^4'Etemel est mon berger, je n'aurai point de disette." En entendant ces douces paroles elle leva ses yeux en haut, on voyait son visage rayonner de joie ; de même au dernier verset, '^ Et mon habitation sera dans la maison de l'Etemel pour longtemps;"

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elle sourit de nouveau, et dît: A^ec liona les anges, oh! quelle nombreuse. compagnie, il y es a des miU liera autour du trône, et j'en serai bientôt du nombres Environ trois heures, elle dit: Le temps approche-; on Im demanda si elle voulait être mise sur son côté : Non, dit-elle, je suis bien, car je veux être sur le dos afin de mieux embrasser mon doux Jésus quand il viendra avec sa couronne ; peu après, ajouta : Ge soir, je serai au ciel avec ma robe. Chaque moment sa faiblesse augmentait, mais toujours les yeux fixés vers le ciel, d'où elle recevait de nouvelles bénédictions du Seigneur; on lai dit : Tu es remplie de joie et de paix, ta coupe est comble. Oh I oui, oui, oui, dit-eDe, d'une voix pleine d'affection et de joie.

Un peu avant quatre heures, ell&dit: Oh I je vois des choses si glorieuses que je ne puis vous les raconter. On s'aperçut qu'elle regardait sur son lit, puis levait les yeux vers le cieL Sa mère s'approchant d'elle, lui dit : Que vois tu ma chère ? elle répondit : Je vois Jésus sur la croix et le marteau proche : Il est mort, mais vous ne le voyez pas. Peu après, son père lui dit : J'espère que tu te trouves en paix et heureuse ; sa réponse fut avec un air triomphsuit et plein d'amour: Oh! plus que jamais. Quelques minutes plus tard, elle leva ses deux bras, puis les réjoignit, comme si elle eut embrassé son Sauveur; aussitôt après, elle repoussa les draps de dessus elle, et voulut se dépouiller de ses habits terrestes, et disait : Oh 1 oh I comme si elle eut vu la robe de laquelle elle avait tant parlé, déjà présentée à sa foi, après, elle fit signe de vouloir donner le dernier baiser à tous ceux de la £Eimille qui se trouvaient autour de son lit, ce qu'elle fit, mais sa voix diminuait, toutefois elle parlait encore, mais on ne pouvait pas comprendre tout

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co qu'elle disait ; les dernières paroles que l'on comprit^ étaient celles-ci; Je. • m'en. • Tais., an ciel., aa ciel. ... là. • . . haut. ... là. « . • haut. . . . avec. • • • les. • • . prophètes.

Elle perdit connaissance seulement environ un quart d'heure avant son trépas^ et put louer le Seigneur jusqu'à sa dernière heure; ainsi^ peu après quatre heures et demie du soir, elle s'endormit comme un agneau dans les bras de son Sauveur^ en pais et dans une tranquillité et un calme remarquables.

L'esprit était retourné à Dieu qui l'avait donné, et un tabernacle sans vie était tout ce qui restait de notre chère et bien aimée.

Quoique bien jeune, elle obéit à la Toix céleste dans son cœur, dans la foi elle était-ferme et inébranlable, et fut fidèle jusqu'à la fin, en travaillant à l'œuvre de son salut, elle avait un grand amour pour tous, et très réjouie de voir les amis qui venaient la visiter et converser avec elle sur les choses qui regardent le royaume de Dieu ; elle était simple dans ses manières, et entièrement détachée des choses de la terre, ayant son cœur toujours tourné vers les demeures étemelles, et attendait avec patience le moment d'y arriver; jamais un murmure ne sortit de sa bouche, aussi était-elle un exemple de résignation et de soumission à la volonté du Seigneur. Malgré les tentations qu'elle eut à endurer et à supporter, le Seigneur ne l'abandonna pas, mais toujours près à la consoler dans toutes ses épreuves, et lui donnant la force de les surmonter, en lai accordant sa paix, qui la rendait heureuse et calme. Elle aimait son Dieu et son Sauveur d'un amour qui la faisait triompher du monde, aussi de parler du bonheur et de la félicité des saints. Son esprit purifié, lavé» et blanchi dans le

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sang de TAgnean, a, nous croyons sans nullement douter^ été permis d'entrer par les portes dans la glorieuse cité^ qui n'a pas besoin du soleil ni de la lune pour y luire, car la gloire du Seigneur Féclaire, et l'Agneau est son flambeau, et avec la bienheureuse compagnie que personne ne peut nombrer, qui, avec le nom de leur Père écrit sur leurs fronts, sont assemblés sur lo mont Sion pour chanter le cantique de louanges et d'actions de grâces à Celui qui les a rachetés.

Elle mourut le 16 du premier mois, en l'année 1870, à l'âge de treize ans cinq mois et trois jours.

Cet enfant chéri composa les vers ci-dessous, longtemps avant de quitter ce monde, désirant qu'ils fussent lus â ses funérailles, avant que ses restes mortels ne fussent descendus dans la tombe : —

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