À SON FRÈRE A
10 Juin 1869.
Je pense que je te ferai plaisir en t' écrivant. Je suis faible de corps, je garde le Ut, mais je suis détachée de la terre, c'est Jésus qui est maintenant mon plus précieux compagnon. O je voudrais faire plus pour lui, car il me comble chaque jour de tant de ses biens, et de ne pas souffrir trop, mais de me châtier dans son amour, et de me rendre faible, afin que je puisse penser à lui. Je puis dire comme David: ''Avant que je fusse affligée, j'allais à travers champs, mais maintenant j'observe ta loi. O que rendrai-je à l'Etemel, tous ses bienfaits sont sur moi." Je ne puis le louer assez. Il m'est venu à l'esprit qu'une couronne de gloire était préparée pour moi, et je sais que le Seigneur est fidèle à ses promesses. Si je tiens ferme à la liimière dans mon cœur qui illumine tout homme venant au monde. O fais effort à croire, et ajoute foi aux promesses de cet aimable Sauveur, afin de me rencontrer un jour dans la Cité Céleste, où il n'y a ni travail ni tristesse ; mais amour, paix et joie aux siècles des siècles. Amen.