‹ Mémoire de Velazquez sur quarante et un tableaux ... avec introduction, traduction et notesChapitre 2 sur 15 · Quevedo appelle le peintre de Séville : El gran Vela · texte numérisé non relu

Quevedo appelle le peintre de Séville : El gran Vela

2. La Carta del Nauegar Pitoresco, Diaîogo... inoto venti... Venetia, 1660, in-40-

INTRODUCTION u

appelle Don Diego, lui demanda un jour ce qu'il pensait du peintre d'Urbin.

Fu una persona ,

Che un so' pensier ghe volse domandar... L'é 1 Rosa, valeroso in far battagie.

Voici la réponse de Salvator Rosa : « Raphaël [pour vous dire la vérité, et il me plaît d'être franc et sincère) , Raphaël, je dois vous le dire , ne me plaît nullement. »

— De sorte que (répliqua celui-ci) ce grand peintre ne vous plaît pas; en Italie personne ne pense comme vous, car nous lui décernons la Couronne. »

Don Diego répondit : « C'est à Venise que se trouvent le bon et le beau ;je donne le premier rang au pinceau vénitien: Titien est celui qui porte la bannière ».

Lu storse el cao cirimoniosamente, E disse : Rafaël (a dirue el vero ; Piasendome esser libero, e sinciero) Stago per dir, che nol me piase niente.

Tanto che (replichè quela persona) Co' no ve piase quel gran Pitor; In Italia nissun ve dà in 1' vmor ?

Perche nu ghe donemo la Corona.

Don Diego replichè con tal maniera :

A Venetia se troua el bon, e' 1 belo ; Mi dago el primo liogo a quel penelo ; Tixian xè quel, che porta la bandiera.

Telle est la conversation que rapporte le poëte

vénitien : il ri est pas besoin de faire observer que son témoignage est suspect, car il montre pour ses compatriotes autant de partialité que le comte Malvasia pour les Bolonais, quand celui-ci allait jusqu'à appeler Raphaël un peintre de bocaux, « Boccalajo Urbinate ». La meilleure preuve que Vela\que\ aimait et appréciait Raphaël, c'est que, pendant le long séjour qu'il fit à Rome, il copia, aussi bien à l'huile qu'au crayon, bon nombre de ses peintures, notamment /'École d'Athènes, le Parnasse et /'Incendie du Borgo. On va voir, du reste, avec quel enthousiasme il parle du peintre d'Urbin.

Je me suis efforcé de rendre ma traduction aussi fidèle que possible. Des amis ont bien voulu la relire: ils ont droit à tous mes remercîments; aussi suis je heureux de nommer D. Manuel Caîiete, de V Academia espanola, dont j'ai utilisé les notes; D. Manuel Zarco del Voile, le savant bibliographe, à qui je dois d'avoir pu reproduire en fac-similé le titre du précieux exemplaire, et un peintre de talent fixé parmi nous, D. Martin Rico, qui a longtemps résidé à V Escurial , et en connaît parfaitement tous les tableaux.

Je finirai en disant quelques mots des portraits reproduits d'après Vela\que\. Un certain nombre, comme ceux au burin de Girolamo Rossi, de Francesco Cecchini, de la Vie des Peintres de d'Argenville, comme Peau-forte du baron Denon, ont été

gravés d'après les deux portraits, attribués à Vela\que\, qui sont à Florence au palais degli Uffizi, dans la Sala de' Pittori. La gravure de Blas Ametller, dans les Retratos de Espanolesilustres1, a servi de modèle à plusieurs- autres. Parmi les portraits plus modernes, faut-il citer les gravures de Lasinio fils, de H. Adlard, de J. Bromley, celle de Pannier dans V ouvrage de Gavard (la Galerie Aguado)^ et celle d'A. Masson {dans l'Artiste), qui ressemble plutôt à Murillo, et au bas de laquelle on lit : Ruys Velazquez da Silva...? Ou bien encore les lithographies de Mau^aisse, de Célestin Nanteuil et de Julien ?

Le portrait de Véla\que\ le plus authentique est celui du célèbre tableau de las Meninas, où le peintre s'est représenté devant sa toile, tenant la palette, V appui-main et le pinceau. Parmi ceux qui existent dans les collections publiques ou privées, le portrait que possède le musée de Valence2 parait le plus authentique, et rappelle bien, malgré son état de détérioration, la figure de las Meninas. C'est de ce tableau peu connu que s est inspiré mon excellent ami Fortuny, qui a bien voulu mettre gracieusement son talent à ma disposition 3.

i. Madrid, 1791, in-folio.

1. N° 340 de ce Musée, établi dans l'ancien couvent del Carmen. Serait-ce le portrait que Velazquez peignit à Naples, et qu'il envoya à son gendre Bautista del Mazo Martinez?

3. Le fac-similé qui figure au bas du portrait est thré d'une

Nous avons donc un bon portrait de Vela\que\. Nul autre plus que Fortuny rtétait capable de rendre cet hommage au plus grand peintre de V Espagne.

pièce autographe de Velazquez, datée de 1660, — l'année de sa mort. Dans les documents conservés dans Y Archiva de Palacio, il est appelé tantôt Diego Velazquez de Silva, tantôt Diego de Silva Velazquez ; mais cette dernière forme est celle qu'il employait ordinairement. Mon ami Zarco del Valle, qui est riche en autographes de Velazquez, en a reproduit plusieurs d'ans ses excellents Documentas inéditos para la historia de las Bellas Artes en Espana, Madrid, 1870, in-40.

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