‹ Mémoire du maréchal de Vauban sur les fortifications de CherbourgChapitre 11 sur 15 · RAISON DE CE PROJET · texte numérisé non relu

RAISON DE CE PROJET

La pelitesse de la ville qui n'est non plus capable de donner retroit aux gens de ses faubourgs, que de contenir une garnison un peu raisonnable soit à la nécessité de faire quelque chose qui peut produire une bonne défense, est ce qui a donné lieu à l'invention de ce projet qui ne peut pas avoir moins de capacité vu l'usage auquel il est destiné.

La longue résistance qu'on en doit attendre et la disposition naturelle du lieu ont produit tout le reste , et voici comme il est en premier lieu nécessaire de couvrir la partie de la place (12, 13) exposée à la mer, parce que étant toute découverte et sèche la moitié du temps et l'estran ferme comme un pavé, l'ennemi pourrait en 24 heures au moyen d'une grosse batterie (67) abattre les tours (12,15) et faire une forte grande brèche dans toute l'étendue de celte tête qui n'ayant ni flancs ni fossés , seroit facilement emportée en- marée basse , et la vieille ville en même temps, dont le siège par ce moyen deviendroit une affaire de quatre jours. On peut dire la même chose de la partie (13, 14) qui a devant soi un assez grand espace de sable (68) qui ne couvre jamais ; car si de l'autre côté du port il y avoit une batterie dans les dunes qui eut ouvert le corps de la place dans quelque partie de cette étendue on pourroit;, à marée basse, passer à cheval, et, donnant à la brèche en même temps que de l'autre , emporter la place, ou en tout cas loger un corps considérable dans cette grande masse de sable. C'est donc la nécessité de réparer deux défauts si pernicieux , et qui ne sont pas moins évidents qu'une démonstration de géométrie qui a produit la partie de la nouvelle enseinle qui les couvre et qui les étaye

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tellement que ce sera cy-après saiis contredit le plus fort de la place. A cela se sont jointes d'autres petites considérations dont la première est la nécessité de s'approcher plus du port, qui étant accommodé peut devenir très utile, c'est d'envelopper les dunes (68) qui sont là très pernicieuses , et de donner un flanc très-considérable à la redoute (55) pièce de très grande conséquence, tout cela se fait parfaitement sans embarras par la disposition de ce dessin.

Quatre bonnes raisons demandent deux écluses en (M) dont la première regarde simplement la défense de la place par la grande quantité d'eau que l'on peut retenir dans le port et renouveler à toutes les marées, au moyen desquelles on'peut faire des courants dans ces fossés. — La deuxième la sûreté de la dite place depuis la pointe dudit bastion (45) de la corne (44,-4o) jusqu'à la tour longue (6) ; et encore depuis la tour longue jusqu'au (40) par le moyen des eaux retenus dans le port et par le courant qui peut sortir du château. — La troisième regarde la marine en ce que par le moyen de cette écluse on pourra convertir toute fois et quante qu'on voudra cette partie du pont en bassin oii les vaisseaux du port de 400 tonneaux pourront demeurer à flot. — Et la quatrième le nettoyment du port que le jeu de l'écluse du château, qui chassant de près sur une grande penle fera d'un (ort grand effet; de sorte que, au moyen de ces deux écluses, voilà la place en sûreté contre toute sortes d'attaques, depuis la pointe du demi-bastion (45) jusqu'à celle (59) en tournant par le costé de la mer et du port, c'est-à-dire plus de nioilié de son circuit, el un très-joli port assuré.

L'augmentation de celte place a trois raisons, la première de donner retraite à deux fauxbourgs qui sont aussi grands que la ville, la deuxième celle de donner l'espace à pouvoir logei- des troupes, faire des magasins, un hospital, etc., etc., la troisième de redoubler la fortification et de la rendre capable d'une Ion-

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giio résistance. La division do celle augmcnlalion en deux parties a pour raison, 1'"™' la longue j'ésistance, 2'"*'" de fïure que la prise d'une de ces parties ne ncccssiie point la perle de l'autre, moyennant quoy il en résultera deux biens, dont l'un est que l'ennemi après la corne de la ville prise , ne pourra ])as s'ikcndre ù son gré et chercher les endroits plus faibles de la vieille ville pour y adresser ses attaques, mais sera contraint de les continuer devant lui , d'où i('îsulte néc(!ssairement la seule de toutes les difficultés qu'on y peut opposer.

L'autre bien est que la partie qui nous demeurera , fournira des flancs de très grande considération à la vieille ville , de l'espace et du logement jusqu'à la même ville, le surplus sera, expliqué ci-après.

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