‹ Mémoire du Sieur de Ramezay, commandant à Québec, au sujet de la reddition de cette ville, le 18e septembre 1759 [microforme]Chapitre 20 sur 27 · NANT · texte numérisé non relu

NANT

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marine, ssi tué et à la dans le

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établir une maison d'opposition aux Aùglois qui venoient en nom- Lre à Chouaguen faire la traitte avec les sauvages.

Qu'en 1728, il fit la campagne des Renards sous les ordres de M. de Lignerie,

Qu'en 1731, il fut envoyé à la pointe de Chagouamigon pour y maintenir, suus l’obéissance du Rôy, les sauvages conjurés ; il leur retira, et remis à M. le Marquis de Beauharnois son général, un collier que les Anglois leur avoient donné pour qu'ils se joignissent à toutes les autres nations, et égorgeassent tous les françois des postes des pays dont nous étions en possession.

Qu'en 1742, il fut envoyé au poste Nipigon, voisin du fort Rupert, à la Baye d'Hudson, possédé par les Anglois, pour y commander et contenir les sauvages.

Qu'en 1747, il fut envoyé à l’Accadie, pour y commander un détachement de 1800 Canadiens et sauvages pour y attendre M. le Duc d’Anville. Il apprit par le travers de Gaspé, que les Anglois s’étoient emparés du Fort la Joye, en l'Isle St. Jean, où ils les guettoient au passage avec une fregatte de 36 à 40 pièces de canon, et deux autres vaisseaux de moindre force. Il entra dans la Baye de Gaspé, envoya une chaloupe bien armée à la Baye Verte chercher des pilottes Accadiens qui gabottoient, par une route inconnue aux nôtres, fit sonder et examiner ce nouveau passage, (par là devenu utile pour aller à la Baye Verte) pour assurer ses six ou sept batimens, dont le plus fort étoit de 300 tonneaux; ordonna le départ, se rendit le lendemain à la Baye Verte, lieu de sa destination, fit un détachement de Canadiens et sauvages des plus ingambes, qu'il envoya avec quelques officiers et cadets, et M. de Montesson à la tête, contre les Anglois embusqués, dont la garde qui étoit à terre fut prise et le reste tué.

De à, se rendit aux mines pour être à portée de deux vaisseaux du Roy, arrivés au port de Chibouctou, et commandés par M. Duvigneau qui, n'ayant aucune nouvelle de l’escadre, le chargea de plus de soixante prisonniers, et revint en France. De Ramezay donna avis de cette relâche à M. de Beauharnois, son général, dont il reçut ordre, au cas de defaut de nouvelles de l’escadre de M. le Duc d’Aniville, de s’en retourner à la fin d’Aoust, à Québec,

avec la majeure partie de son monde, et de ne laisser, pour maintenir dans ce pays qu'un foible détachement, dont à son départ il H

“laissa le commandement à M. de Coulon de Villiers; mais à quel:

ques lieues, un esquif envoyé exprès, lui ayant appris l’arrivée de l’escadre de Chibouctou, il retourna aux mines, et donna avis à M. de la Joncquière commandant alors l’escadre, et luy demanda ses ordres qui furent d'aller bloquer le Port Royal pour faciliter le débarquement ; il s’y rendit, sans être apperçu de l'ennemy, s'assura de tous les postes convenables, et avec trois ou quatre cents hommes, dont partie des sauvages, il les conserva, se rendit impénétrable et soutint les efforts de seize à dix sept cents hommes qui étoient tant dans la place, que dans divers batimens, et cela pendant vingt deux jours; tems où M. de la Joncquière ayant relâché luy ordonna de se retirer au lieu le plus sur de l’Accadie, pourquoi il choisit Beaubassin.

Au commencement de Janvier 1748, ayant appris que trois à quatre cents Anglois s'étant emparés des mines, comptoient à l'avenir

nous chasser de Beaubassin, il voulut les prévenir ; mais indisposé

d'une chûte et ne pouvant y aller en personne, il forma un détachement de ses officiers, et de 350 Canadiens et sauvages dont il donna le commandement à M. Coulon, avec la marche, l'ordre de la bataille et la façon dont il fallait les attaquer. M. de Coulon ainsi instruit, partit, se rendit en trois ou quatre jours près des ennemis sans en être apperçu, fit la distribution de son monde pour attaquer tous ensemble, suivant le plan à luy donné ; aussi, les ennemis furent battus partout ; dix maisons qui étoient autant de corps de gardes furent prises ; ensuite les ennemis ralliés, demandèrent à capituler; ce qui leur fut accordé, parcequ'ils étoient encore plus nombreux que nous; ils passèrent devant notre détachement, se rendirent au Rort Royal, et par ce moyen nous laissèrent paisibles possesseurs de ce pays.

De Ramezay, par un petit batiment qu’il fit partir au mois de Mars, et qui se rendit heüreusement en France a eu l'honneur d'en rendre compte à M. le Comte de Maurepas, alors Ministre de la Marine, qui en rendit compte au Roy qui en fut très satisfait.

En exécution des ordres de M. de Beauharnois et forcé par le deffaut de toutte subsistance, il retourna à Québec au commencement de Juin, laissant Monsieur de Repentigny avec un foible détachement, pour donner des nouvelles de l’Europe au cas qu'il ea vint,

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Par ces soins et vigilance à nrévenir l’ennemy en tout et par tout, il ne lui a laissé aucune prise sur luÿ pendant quatorze mois de séjour qu'il « fait dans ce pays,

En 1749, fait Major de Québec; son exactitude à remplir tous ses devoirs est exempte du moindre reproche.

En 1758 fait Lieutenant de Roy à Québec; il y a soutenu, en 1759, un siège de 66 jours, une ville écrasée par les bombes et canons de l’ennemy jusqu’à la capitulation, forcé par le deffaut de subsistance et d'hommes; le peu qui lui restoit étant entièrement découragés et de mauvaise volonté, épouvantés par les menaces de l'assaut, joint à ce que la place étoit ouverte de toutes. parts et susseptible d’insulte au premier coup de main, ce qui, avec les raisons dont il a rendu compte à la cour, donnant occasion à un conseil de guerre pour délibérer sur un parti convenable aux circonstances, dont le résultât fut d’avoir la meilleure capitulation possible.

D'après ce compte exact et fidèle, de Ramezay, non compris dans la capitulation de la reddition du Canada, libre et en état de continuer ses services en France avant la fixation, a mérité des appointements des officiers forcés à ne plus servir pendant la guerre; espère que la cour luy accordera la continuation de ses premiers appointemens, ou, au moins, n’en fera pas la réduction antérieure à celle des autres officiers; se flattant de ne pas mériter un plus mauvais traitement qu'eux. Signé: de Ramezay, et audessous est écrit; Nous grand-croix de l’ordre Royal et Militaire de St. Louis, Certiffions que le Sr. de Ramezay cy-devant Lieutenant de Roy de Québec, est dans son mémoire conforme à la vérité; qu’il a donné en tout tems et lieux des preuves évidentes de sa valeur, sagacité, prudence, soins, exactitude, vigilance et capacité. En foy de quoy nous luy avons donné le présent, pour lui servir ‘et valoir ce que de raison. À Paris, ce sixième jour de May mil sept cent soixante un.

(Signé,) pe VAUDREUIL.

Pour copie collationnée, conforme à l'original.

(Signé, ) DE RAMEZAY.

Corte du Mémoire de M. le Marquis de Vaudreuil, pour servir d'instruction à M. de Ramezay, commandant à Québec, écrite au quartier général

! le 13 7bre 1759.

La position que l’ennemy occupe audessus de Québec, malgré les puissants efforts que nous venons de faire pour l’en déposter, devenant de moment en moment encore plus inaccessible par les retranchemens qu’il a fait, ce qui joint à l’échec que nous avons eu, et au deffaut de subsistances dont nous manquerons totalement, nous met dans l’absolue nécessité de faire notre retraitte, n'ayant pas d'autre parti à prendre pour nous maintenir dans la Colonie.

Nous prévenons M. de Ramezay qu'il ne doit pas attendre que de | l'ennemi l'emporte d'assaut ; ainsi, sitôt qu'il manquera de vivres, hi l il arborera le drapeau blanc, et enverra l'officier de sa garnison le plus capable et le plus intelligent, pour proposer la capitulation; conformément aux articles cy-après que nous appuyons de nos observations en marge.

ART. 1er.

fi Demander les honneurs de la Nota. Ce n’est pas le cas d’in- | guerre pour sa garnison, et qu’elle sister; il faut consentir a être À soit ramenée à l’armée en sureté prisonniers de guerre pour être ni par le chemin le plus court. transportés, officiers, soldats et | - matelots en France, à la charge

de n’y pas servir jusqu’à ce qu'ils soient échangés.

Que les habitants soient conservés dans la possession de leurs maisons, biens, effets et privilèges.

les eu, ent, ant nie.

que res, n le ion:

Que les dits habitants ne pour- Si l'ennemi fait quelque diffiront être recherchés pour avoir culté, consentir qu'il ajoute au porté les armes à la deffense de premier article, jusqu’à ce que la la ville, attendu qu’ils y ont été possession du Canada soit déterforcés, et que les habitants des minée par un traité de paix, et lui colonies des deux couronnes y faire entendre, que c’est l’intérèt servent également comme milices. de sa M. B. dans le cas où elle

voudrait le garder. Si le général

demande le désarmement des ha-

bitants et qu’ils prometteront de

ne plus servir contre S. M. B. y

| consentir.

Qu'il ne sera pas touché aux Doit être accordé. effets des officiers et habitants absents.

Que les dits habitants ne se- Doit être accordé. ront point transférés, ny tenus de quitter leurs maisons jusqu’à ce qu’un traité définitif entre S. M.

T. C. et S. M. B. ayent réglé leur état.

Que l'exercice de la Religion Prouver que, c’est l’interest Catholique, Apostolique et Ro- de S. M. B. dans le cas où le maine sera conservé, et que l’on Canada luy resteroit, et qu’en donnera des sauvegardes aux Europe touttes les conquettes maisons des Ecclésiastiques, Re- que font les divers souverains, ligieux et Religieuses, particu- ils ne changent point l'exercice lièrement à M. L’'Evesque de de religion qu'autant que ces Québec, qui, remplit de zèle pour conquettes leur restent. la religion et de charité pour le peuple de son diocèse, désire y rester constamment, exercer li-

son état et les sacrés mistères de la Religion Catholique Apostolique et Romaine exigent, son autorité épiscopale dans la ville de Québec, lorsqu'il le jugera à propos, jusqu’à ce que la possession du Canada ait été décidée par un traité entre S. M. T. C.

ct S. M. B.

Que l'artillerie et les munitions Si l’ennemy refuse l’inventaire, de guerre seront remises de bonne article à ne pas disputer. foy, et qu’il en sera fait et dressé un inventaire.

Qu'il en sera usé pour les Article nécessaire, et insister malades, blessés, commissaires, quand même la garnison se

LE aumoniers, médecins, chirurgiens, rendroit prisonnière de guerre.

apoticaires etautres personnes em-

ployées au service des hôpitaux,

conformément au traitté d’échan-

ge du 6 Février 1759, convenu

entre leurs M. T. C, et B.

Qu’avant de livrer la porte et l'entrée de la ville aux trouppes Angloises, leur général voudra bien remettre quelques soldats pour être mis en sauvegardes aux Eglises, Couvents et principales habitations.

Qu'il sera permis au Lieutenant de Roy commandant dans

| | brement et avec la décence que | {

la ville de Québec, d'envoyer informer le Mquis. de Vaudreuil, Gouverneur Général, de la reddition de la place, comme aussi, que ce Général pourra écrire au

Ministre de France pour l'en

informer.

Que la présente Capitulation Le général Anglois traittera sera exécutée suivant sa forme pent-être cet article d'inutile. et teneur, sans qu'elle puïsse Il faut lui répondre modeste. être sujette à inexécution sous ment, qu'il est d’une précaution prétexte de représailles, ou d’une convenable pour obvier à toutte inexécution de quelque capitula- difficulté; au reste, s’il y en aption précédente, porte, ce n’est pas un article à

s'oppiniâtrer.

Fait à notre quartier général, le 13, 7bre 1759.

(Signé,) DE VAUDREUIL.

Pour copie collationnée, conforme à l'original.

(Signé,) px RAMEZAY.

ister

Copie de la lettre de Mr. le Marquis de Vaudreuil, écrite au quartier général le 13° 7bre 1759 à 6 heures du soir, à M. de Ramezay.

J'ai réçu Monsieur, les deux lettres que vous m'avez fait l’honpeur de m'écrire, par lesquelles je vois vôtre attention à observer la position de l’ennemy ; elle lui devient d’instant en instant plus avantageuse, ce qui, joint à d’autres motifs me met dans la néces-

sité de faire ma retraite. Ces motifs sont détaillés dans l’instruel tion que vous trouverrez, cy-joint, à laquelle je vous prie de vous a! conformer, avec tout le zèle que je vous ai toujours connu pour le service du Roy, lorsque les circonstances l’exigeront. Du reste, je ne puis que m'en rapporter à vous, et à votre amour pour la patrie ; je vous donnerai de mes nouvelles demain.

1H Vous connaissez l'attachement sincère avec lequel j'ay l’honneur d’être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

(Signé,) VAUDREUIL.

Pour copie collationnée, conforme à l'original. (Signé,) pe RAMEZAY.

qu! Copie d’une autre lettre de M. le Marquis de Vau- | dreuil, écrite le 13 Tbre à M. de Ramezay.

| J'ay reçû, Monsieur, toutes vos lettres ; vous avez vû par celle | que j'ai eu eu l'honneur de vous écrire, et l'instruction qui y étoit Ê jointe, le parti que je suis obligé de prendre, eu égard aux circonh 1 stances ; ainsi, je ne puis que m'en rapporter à tout ce que je vous 14 ait marqué. Comme je pars dans le moment, je vous prie de ne ui! plus m'écrire dès ce soir. Je vous donnerai de mes nouvelles demain. Je vous souhaite le bon soir.

(Signé) D VAUDREUIL.

Pour copie collationnée, conforme à l'original. ( Signé, ) DE RAMEZAY.

Corte de la Requeste des Bourgeois de Québec, pré-

sentée au commandant et officiers majors de la ville de Québec.

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