TROISIÈME RAISON
Le peu de troupes reglées et de citoyens extenués qui restent dans cette ville, la majeure partie en ayant déserté depuis le jour du Treize, pour se retirer dans les campagnes, n’est point suffisant pour en garder surement l'enceinte, avec d'autant plus de raison que nous avons deux parties de la ville à découvert : celle le long du Cap aux Diamants, qui n’est fermé que par des pieux, parti voisine du terrain où est retranché l’ennemi ; celle du Palais dont il est le maître des dehors; n’y a-t-il donc pas tout lieu de craindre, à tout moment, que l’ennemy puissant en nombre, soit par force ou par ruse ne se trouve dans le cœur de la ville, le fer à la main, immoler sans distinction de qualité, d'âge et de sexe tout ce qui se présentera sous ses coups.
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Enfin, le tems presse d'obtenir une capitulation honorable; l'ennemy, flatté d'une espérance de continuer ses conquêtes et de pouvoir s'assurer une récolte pour nous faire vivre, eux-mêmes, | rendra nôtre sort plus doux, au lieu qu’en reculant sans espérance de pouvoir réussir, nous ne ferons qu'augmenter sa fureur.
Jettez done Messieurs, des yeux de compassion sur le reste; Tachez de les conserver pour leurs femmes et leurs enfans :,c0nservez même ceux ou celles qui sont renfermés dans cette ville : Enfin sauvez leur le peu qui leur reste de l'incendie; * n’est point honteux de céder quand on est dans l'impossibilité de vaincre. (C’est ce que les citoyens de cette ville se flattent de vous avoir demontré, Messieurs, ct ils espèrent de votre humanité que vous ne voudrez pas les exposer aux rigueurs d’un assaut et de 4, famine, signé : Daine, Panet Proeureur du Roy, Tachet sinüic du commerce, Pre. Jehannes, Ch. Morin, Boisseau, Voyés, M°- Riverin, Dubreuil, Chabosseau, Larcher, Cardeneau, Fornel, Moreau fils, Meynardie, Jeune, Monnier, Gautier, J. Lassale, L'Evesque, Fremont, Grellaux, Lée, Boïissey, Jean Monnier, et Malroux.
Pour copie collationnée, conforme à l'original.
(Signé) pre RAMEZAY.
Corte du conseil de guerre tenu par M. de Ramezay à Québec.
Aujourd'huy, quinze du mois de Septembre mil sept cent cinquante neuf, M. de Ramezay, Lieutenant pour le Roy au gouvernement de Québec, ayant jugé nécessaire d’assembler le conseil de guerre des principaux officiers qui composent sa garnison, pour délibérer sur les moyens de deffense de la place de Québec, bom-
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