‹ Mémoire en requête de Champlain pour la continuation du paiement de sa pension [microforme]Chapitre 4 sur 7 · CE · texte numérisé non relu

CE

5. [y a grand nombre de Marsouins blancs | dans le fleuuc Saint Laurens, lesquels on peut | pescher, & en tirer des huiles excellentes & en | telle quantité que chacun de ces poissons en | peut rendre deux barriques. On en peut [aussi tirer des Loups marins, qui augmentent | le trafic par la bonté & l'vsage de leurs peaux. |

0. Il se trouve aussi des bestes surnommées | à la grand dent, autrement Vaches marines, | qui se trouuent & se peuuent prendre en cer- | taines Isles du pais, desquelles on tire l'huile, | & se sert on des dents de ces animaux : le cent | desquelles dents on fait valoir plus de cent li- | ures. |

7. [se faitaussi pesche d'Anguilles dans le- | dit fleuve en sa saison, lesquelles sont très bon- | nes & bien necessaires en ces Prouinces , | estant sallées en des barils, & qui se debitent | en plusieurs contrées dudit pays. |

IF 8. La pesche des Balenes & les huiles qu'on | en retire ne se peut oublier, veu qu'on pesche | en plusieurs lieux, & en charge-on nombre de | vaisscaux. |

9. On ne met point en ce rang les autres pois- | sons, comme les Truittes, Congres, Rous- | settes, Barbues, Bars & autres que n'a-|uons pas pardeça. |

10. Les mines de fer y sont en quantité, dont | aucunes rendent cinquante liures de fer pour | cent

de mine : & se peut côsiderer que les bois, | riuieres & ruisseaux y sont à commodité, & | plus qu’en France, où il faut porter les mines | à charge de cheuaux, ês lieux où sont les eaux | & les fourneaux, mesmes le bois par charroy | en quelques endroits. |

1. Vne autre mine de très bon acier, qui | rend vingt pour cent. |

Les mines de cuiure, rendent dix-sept | liures pour cent, richesse qui ne se peut esti- | mer, si elles estoient trauaillées. |

[| 13. Vne autre mine appelée potin, qui est du | fer mur avec le cuiure,dequoy on feroit du | canon de fonte, pots, contrefeuz & plusieurs | autres choses pareilles. |

14. I] y a mine d'argent, qui rend quatre | pour cent, que si elle estoit trauaillée {selon | le rapport des mineurs qui ont esté enuoyez | pour cét effet) seroit tres riche, comme les | autres cy-dessus, l’espreuue en ayant esté faite | à Sainte Marie du Mont, frontiere d’Allema- | gne, tant de ceste-cy, comme de toutes les au- | tres, par le feu sieur Bellingan, ayant eu le soin | d'en enuoyer faire les essais. |

15. [1 y a aussi mine de cuiure pur, parmy les | rochers que l’on trouue de basse mer. Il en fut | apporté au feu Roy, & les mineurs, la voyant, | coclurent que faisant les recherches dedans les | terres, il s’en pourroit trouuer en abondance. |

eres l'en de ur = ques

end

res,

10. Les mineurs qui furent enuoyez par le- | dit sieur de Bellingan, pour la recherche d'i- | celles, rapportèrent qu'ils auoient trouué vne | certaine minière, de laquelle on pourroit tirer | des alluns, où il y a grande quantité de Marcas- [site & veines comme soufreuses, ce que ledit | sieur Champlain a veu estant aucc Jesdits mi- | neurs au pays de la Nouuelle France, lors qu'ils | en faisoient la recherche, |

17. On a trouué en l'Isle du Cap Breton, mi- | nes de charbon de terre, ayant aussi vne mine | d'vne certaine peinture, qui est comme mine | de plomb, dequoy les Sauuages se noircissent | en leur deüil, lag: le couleur se traffique | parmy les peuples de plusieurs contrées.

18. [Il s'y trouuc des pierres aussi belles que | le marbre noir & gris, qui se polit très par- | faictement bien, & s'en pourroit trouuer | d'autres si la recherche en estoit faite. |

19. Il s’y trouue aussi d'vne pierre, comme | celle des gangues ou veines de rochers, qui | est blanche comme crystal, dequoy on pour- | roit faire d’excellens verres, & s'y pourroit | establir des verreries, la matière estant sur les | lieux comme elle est, & les herbes propres à | cest vsage. |

20. Il y a de trois sortes de chesnes, à sçauoir || rouges, blancs & de couleur brune, fort pe- | sans, qui ne nagent point sur l’eau : de ces bois | se feroit merrain, bardeau & planches de plu- | sieurs gran-

FT PROPRES APN ET Are PA es

deurs & cspaisseurs, poutres, so- | liues, & bois qui seruiroit à lambrisser, & pour | toute autre sorte de charpenterie, dont il s'en | feroit vn notable trafic. |

21. Les ormes, fresnes qui sont en quantité, | seruiront à faire des affus pour les canons, ien- | tes, moyeux, tant pour les carrosses, coches, | chariots, charrettes & autres choses, comme | piques, auirons & plusieurs autres commodi- | tez qui se peuuent faire de ces bois. |

22. Îl se trouue aussi en quelques endroits | au dedans des terres du Cyprès fort rouge & | d’odeur tres suauc, & partout des Cedres, | Hestres, Merisiers, Noyers, Pommiers, Cha- | staigniers, Planes, Erables, Pruniers, Cou- | driers, Boulleaux, Tils, Trembles, Cerisiers | & autres bois, lesquels on pourroit employer | à faire plusieurs ouurages & de diuerses façôs. |

23, Il ÿ a des Pins de trois ou quatre especes, | & des sapins en grande quantité de toutes || grandeurs & grosseurs : ils’en pourroit | faire des masts pour toutes sortes de vais- | seaux, des planches de plusieurs longueurs, | ayant des moulins à scie, comme on à en Nor- | uegue & autres lieux : on voit par expérience | lc nombre qui en vient, & quel en est le profit. |

24. Des Pins & sapins on tireroit quantité | de bray, de la resine, & du goldron, comme on | fait audit pais de Noruegue & Arachon pour | l’vsage des vaisseaux. |

qui 25. On peut faire quantité de cendres | en défrië de chant les terres, bruslant les bois, cô- | me l'on fait c. | dans le Moruan, & se trouue que | les bois de la

Nouuelle France sont plus gom-| meux & salez ser- qu'ailleurs, & par conséquent | les cendres plus tes, fortes; l'expérience en a esté | faite, ayant ceste vertu ots, que le linge lessiué & | blanchy d’icelle empesche la ris vermine de ve-|nir & s'engédrer à ceux qui le jent portent quand | ils le porteroient six mois, ce qui

est esprouué | sur les lieux. |

Lau 26. Entre les cendres on fait estat du Viasse | ou leur 1S Potasse : le Viasse est de grand prix, le lest || faisans étis 12 barils, & pesant quatre mil deux cens | liures, nes, vaut deux cens soixante liures & plus : | le Potasse ils, vaut quinze liures le cent, reuenant | à trois cens

on liures le tonneau, & quelquefois | au pais bas quatre t de cens liures. On s’en sert à | faire des sauons noirs &

liquides en Angleter- | re, Escosse, Irlande & és

f Prouinces du Pays- | Bas : ledit sauon propre à | & blanchir & lessiuer | toutes sortes de toilles & linges : urs ces cendres | sont le plus grand reuenu qu’ayent les our Princes | & Seigneurs de Prusse, Lyuonie, Russie olu- &au- | tres pays des riuages de la mer Baltique, où ime se | font lesdites cendres, qui seruent aussi aux ver- | par reries & se pourroient faire audit païs de la | Nou- | est uclle France. | 27. Les chanures & lins apportent aussi vn | no- | de table reuenu, qui se peuuent semer & re- | cueillir fait és terres qui y sont propres & bonnes, | outre que la sage terre en plusieurs endroits appor- | te d'elle mesme

de ladite chanure sans estre se- | mée : on en pour-

roit faire toiles, comme celles | de la Val, Ollonne, Vitré & autres ouurages, | comme cables, cordages, Agrais de toutes sor- | tes pour les vaisseaux. |

1128. 11 ne faut oublier que si vniour on y vou- | loit bastir & fabriquer des vaisseaux, le pays | babité, il s'y en pourroit faire en quantité & | plus commodément qu'en Hollande, d'où il | faut qu'on leur apporte le bois de la Noruegue | & d’autres contrées. |

29. I] se trouue dans le païs vne espece de cer- | taine teinture ressemblant à garances, dont le | teint est aussi bon que la cochenille : les Sauua- | ges en peignent du poil de Porc Espic, & | en font vne couleur, aussi belle qu’escar- | latte : l'espreuue en a été faite en cette ville | de Paris aux Gobelins, & fut trouuée fort | excellente en son teint de couleur d'vn |ginzolin cramoisy, qui ne se change & ne se | desteint point pour tout ce qu'on luy peutfai- | re : ledit sieur de Champlain en fit l'espreuue, | & laquelle il fit voir au feu Roy : que si ceste | herbe dont la racine fait le teint, estoit culti- | uée il s’en feroit vn grand debit, |

30. Outre toutes ces choses, la traite des Ca- | stors & Loustres, qui est présente, n’est pas à | reietter, puisqu'vn chacun y accourt de tou I|tes parts; on voit comme les nations estran- | geres, l'Anglois, l’Escossois & le Flamen, n’en | veulent quitter leur part. |

Page 1