OBSERVATION. — Dartres furfuracées
-M. B***, âgé de vingt-un ans, d’un tempérament bilieux, né de parens très-sains, demeurant rue des Boucheries-Saint-Honoré,
(97 ) | à Paris, était affecté depuis deux moïs de dartres furfuracées sur toute la surface du corps, et cruellement tourmenté par des démangeaisons continuelles. M. le professeur Dubois lui conseilla usage des fumigations sulfureuses ; il les commença fe 20 juillet 1814, À Ja troisième fumigation , les démangeaisons cessèrent : le malade, pendant la première quinzaine, prit deux fumigations chaque jour; il les’cessa le 24 juin : soixante suffirent pour obtenir une guérison radicale. |
17. OBSERVATION. — Dartres croûteuses , humides, aux testicules et a la face interne de la cuisse droite,
MY***, âgé de quaränte-deux ans, d’an tempérament bilieux,
négociant, demeurant à Paris, rue des Poulies, était affecté depuis
huit mois de dartres croûteuses, humides, au scrotum et à la face interne de la cuisse droite. Après avoir consulté beaucoup dé charlatans; il eut recours , d’après lavis dé M. le professeur Dubois ; à l'usage des fumigations sulfureuses. II commença son traitement le 30 juillet 1813 et le continua pendant deux mois et demi : pendant le premier mois, il prit deux fumigations par jour, ensuite il en prit tantôt une, tantôt deux. Vers le 1$ octobre 1813, le malade sortit de l'hôpital parfaitement guéri. II fut examiné plusieurs fois depuis sa sortie; rien n’a reparu ; sa guérison à été constatée par MM. les médecin et chirurgien en chef de l'hôpital.
Ï 8. OBSERVATION. — Dartres squammeuses , humides,
M. D***, avocat, âgé de vingt-sept ans, portait depuis l’âge de puberté des plaques de couléur d’un rouge sale, légèrement saïl- Jantes, très-inégales, et dont les bords étaient irrégulièrement découpés : quelques-unes offraient un suintement ichoreux; leur siége était principalement au cou, au dos et à la partie postérieure des aisselles. La figure était parsemée de petits boutons qui se succédaient instantanément ; leur dessiccation laissait des traces
de petits points noirs : l’aspect général du visage était de couleur
plombée; la chemise du malade était toujours imprégnée de Fichor qui suintait des dartres, |
$ h P. 7 ‘ :3 M.D*** fut soumis, dans le mois d’avril 1813, aux fumigations
sulfureuses : il en prit d’abord vingt-quatre, qui dissipérent [a plupart des plaques dartreuses; maïs, obligé de faire un voyage dans
son pays, le malade suspendit les fumigations, qu’il ne reprit que
vers le mois de juillet 1814 : on en porta le nombre jusqu’à cine quante. La guérison était fort avancée ; mais M, D### fut encore forcé de voyager. | | sf
ÏI est à remarquer que lés parties malades qui avaient été guéries par les premières fumigations sont toujours restées dans un état d’intégrité parfaite, Ce malade revint se soumettre aux fumiations le 16 mars 1815, pour des pustules larges, situées au dos. Ton dessiccation laissait des plaques blanchâtres ; mais Pusage assidu des fumigations sulfureuses fit peu-à-peu disparaître les traces de la maladie; alors la peau revint à son état naturel. Le malade a été complétement guéri par l’usage seul des fumigations sulfureuses.
19.° OBSERVATION , d’une Dartre vive et ulcérée ; recucillié a l'hôtel Jabach par M. le Docteur PAVET.
M. B***, âgé de......, était affecté, depuis seize ans, d’une dartre vive et ulcérée en quelques points, située au pourtour de Vanus, et se prolongeant sur le périnée et même sur le scrotum, avec un pruritinsupportable , sur-tout pendant la nuit , qui excitait le malade à y porter les mains et à exaspérer le mal. Aprés avoir essayé vainement, pendant un long espace de temps, un grand nombre de remèdes, souvent administrés par des charlatans, M. B*** me consulta; je lui conseïllai des fumigations sulfureuses, administrées par le docteur Galés.
Ce fut le 1$ novembre 1814 qu’il prit la première fumigation. 1] sortit de l'appareil, au bout de troïs quarts d’heure, en pleine et abondante transpiration, sans être nullement incommodé.
Après la quatrième fumigation, le malade m’avoua qu'il avait passé une nuit plus tranquille et qu’il commençait à éprouver un peu de soulagement. | “ Entre la cinquième et la septième fumigation, il se manifesta aux pieds, aux jambes et aux mains, une éruption générale de petits boutons miliaires avec gonflement, rougeur et prurit. Le soir, il y eut une exacerbation fébrile très-forte, avec agitations extrêmes pendant la nuit, et perte de l’appétit. Je fis suspendre les fumigations, et je mis le malade à l’usage d’une tisane faite avec ia bardane et la pariétaire, avec addition d’un scrupule, par pinte, de nitrate de potasse. a
M. B** se reposa ainsi pendant quatre jours, au bout desquels je lengageai à réprendre les fumigations. Le soir, il y eut encore une exacerbation ‘fébrile très-forte, avec prurit trés-vif aux parties qui avaient été le siége de l’éruption, et agitations nocturnes. Le lendemain, je prescrivis le repos et le surlendemain fa fumigation. Le soir, les mêmes phénomènes d’exacerbation se manifestérent
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encore, mais avec moins d'intensité, Je fis. encore suspendre les fumigations pendant quelques jours, au milieu desquels a desquammation de l’éruption eut lieu : le malade m’avoua que le prurit de la dartre était beaucoup moins vif, et que ses nuits étaient bien plus calmes. [[ reprit alors, sans interruption et avec une constance courageuse, les fumigations sulfureuses. Je m’assurai, par lPinspection, que l'affection dartreuse avait presque entiérement disparu. À la quarantième fumigation, la cure fut déclarée complète. Je fis prendre alors au malade un vomitif, suivi Île surlendemain d’un léger purgatif. Je lui conseillai pendant quelque temps encore sa tisane de bardane avec les sommités de petite centaurée et la pariétaire, et l'application de temps en temps, au pourtour de l'anus, d’une petite quantité de cérat soufré. :
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20° OBSERVATION , d'une Affection dartreuse traitée à l'hôwel Jabach par les fumigations sulfureuses ; recueillie par le docteur DUSOURBIER , ex-chiruryien de l'ex-garde.
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M. AFF, âgé de vingt-cinq ans, d’un tempérament [ymphatico sanguin, d'une assez bonne constitution, eut dans son enfance le visage couvert de croûtes dartreuses, qui disparurent par les efforts de la nature et usage de quelques légers moyens. Depuis lâge de cinq ans jusqu'à neuf, il n'eut d’autre incommodité que quelques clous dispersés sur diverses parties du corps. À dix ans, il eut la variole, qui laissa aux jarrets des croûtes qui devinrent dartreuses; elles disparurent, à l’âge de treize ans et demi, par emploi des bains tièdes.
À dix-huit ans, M. A*** contracta une maladie vénérienne caractérisée par des chancres et un bubon à laine droite : cette. maladie fut traitée d’une manière fort peu méthodique. Six mois aprés la disparition des symptômes vénériens, la lévre supérieure fut couverte de croûtes dartreuses; six. semaines après, il s’en développa de semblables sur le dos de la main gauche, qui finirent par en envahir toute la surface. Peu de temps après, {a main droite fut affectée de la même manière. Ce malade, croyant devoir attribuer ces accidens au virus vénérien, entra à la maison de santé du faubourg Saint-Martin, où on le soumit à un traitement. antisiphilitique qui effaça les dartres. M. A*** revint dans sa famille; maïs au retour du froid, l'affection dartrense reparut avec la même gravité que l’année précédente. Elle fut combattue par les frictions mercurielles. Pendant ce traitemeñt, il se manifesta
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nn à
| { rco ) | des uléères à la verge, sans que le malade se füt exposé à un coms merce impurs Ennuyé d’un semblable état, .M. AF* crut devoir sadministrer lui-même la liqueur de Van-Swieten, à Ja dose de deux cuillerées à bouche par jour, conjointement avec Île sirop de Cuisinier. Il fit usage de ces moyens pendant dix mois, et leur adjoignit plus de cent frictions mercurielles à la dose de deux gros par jour. Les ulcères de la verge disparurent par suite de ce traitement, et-laffection dartreuse fut très-atténuée. La santé du malade fut assez bonne jusqu'au mois de janvier 1811; mais à cette époque, les symptômes herpétiques reparurent avec leur intensité première. M, A*#* revint à Paris, et entra à la maison de santé de la rue du Faubourg-Saint-Jacques, où où lui administra encore un traitement antivénérien, des bains sulfureux et une tisane de houblon. Après six mois de séjour dans cette maison, il entra à Vhôpitallaint-Louis, où on lui prescrivit encore quarante bains sulfüreux, des pilules de Béloste et des tisanés amêres. Ce traitenrent ne fit que pallier l'affection dartreuse. Le malade se sentant affaibli par l’usage des baïns, les discontinua, et retourna dans sa famille. Deux moîïs après, les dartres ayant reparu, M. A*** revint à Paris. Pendant son voyage , il contracta une péripneumonie, L’affection dartreuse disparut presque entiérement. Âu printems de 1813, elle se renouvela. On conseilla au malade d’aller préndre les eaux de Luxeuil; il y resta jusqu’au mois d'août, et en retira une grande amélioration pour sa santé; mais les dartrés ne tardérent pas à reparaître. | |
Au mois de juin 1814, M. A*** alla prendre les eaux de
Bourbonne-les-Bains : leur usage fut nuisible; les parties affectées de dartres devinrent caleuses et froides ; il se manifèsta un érysipète 3 la main droite. M. A*** se décida encore à revenir à Paris Bientôt après son arrivée, il se soumit à l'usage des fumigations sulfareuses. Au moment où cé malade commença ce traftement, le dos des mains et les poignets étaient affectés de dartres croû= teuses; il sortait de dessous les croûtes une sérosité roussatre lorsqu'on les comprimait; les démangeaisons étaient trés- vives ;
les deux jarrets présentaient la même éruption; quelques boutons
” paraissaient à la face palmaire des mains; des pollutions nocturnes fréquentes avaient jeté le malade dans une faiblesse assez grande ; l’état des lèvres était un peu amélioré. M. AY portait dépuis un mois un cautère au bras gauche. |
Le 6 octobre 1814, ce malade commença à prendre des fumigations. Le 13 du même mois, les croûtes du dos des maïns avaient disparu , mais la peau était restée rouge et rugueuse ; celle du visage était plus souple et moins colorée; les croûtes qui
Citer ji | recouvraient le nez, Ia lèvre inférieure et le menton étaient plus rares et moins épaisses. Le 20 octobre, l'amélioration fut plus marquée ; il existait seulement à la place des croûtes une peau de couleur rouge, mais sans rugosité. Vers le 10 novembre, tous les symptômes dartreux avaient disparu; cependant, la peau des mains était encore un peu rugueuse; les pollutions nocturnes avaient cessé; Îles forces du malade étaient revenues. Cette amélioration l’engagea à suspendre pendant quelque temps les fumigations, qu'il reprit dans les premiers jours de décembre 1814, Soïxante-huit ont suffi pour tout le traitement, et pour assurer 14 guérison, qui, jusqu'a présent (31.mars 1815), a toujours été constante. |