DISCUSSION DES FAITS.—RÉFLEXIONS
Origine di traitement ps la Gale par "1 Fumigations Su ureuses. |
Le premier pas à faire pour établir un traitement sûr-et rationnel dans une maladie quelconque dont lespèce est déterminée, c’est de chercher à connaître sa nature. Malheureusement cette recherche ést souvent: infructueuse ; et l'obscurité qui règne sur ce point dans Ia plupart des mala: dies influe sans douté sur la lenteur des progrès de Ia thérapeutique. L’affection psorique est une preuve de ce que nous venons d'avancer. Sa nature a été [ong- temps inconnue, et cette époque nous fournit une longue série de remèdes FA EN a y tantôt fus ; ce même dangereux.
La découverte de traiter psorigène fut Le signal d’une heureuée révolution dans le traitement dirigé contre cette maladie. L'expérience prouva bientôt que le soufre est le meilleur antidote de [a gale, et les médecins Padministrèrent sous mille forinés différentes. 91 R
M. le docteur. ‘Galés, dans sa dissertation sur cette maladie , a consigné des expériences nombreuses et authentiques sur l’insecte Contenu dans les pustules g galeuses : elles confirment celles qui avaient été faites antérieurement par les médecins les plus habiles, et il en a ajouté de nouvelles qui servent de base à sa méthode. Aïnsi, il est le premier qui, ayant recueilli l'insecte sur des plaques de verre, la exposé à la vapeur du soufre, au milieu de laquelle il Fa vu périr en quelques instans.
Les premières idées qué lui fit naître cette expérience sur l'efficacité des vapeurs sulfureuses contre [a gale, furent confirmées par une: collection de faits connus depuis longtemps. C’est ainsi que tout fé moñde sait que‘ lés ouvriers exposés à des vapeurs chargées de soufre, tels que les vidangeurs , les artificiers, les ramoneurs » €t Sur-tout ceux qui exploitént Îles carrières de sulfate de chaux, sont à Pabri de cette maladie, et que, sils en sont infectés lorsqu'ils se livrent à ces professions, elle se dissipe sans qu'ils aient recours: à aucun traitement particulier. Les personnes employées dans les salles où l'on traite un grand nombre de galeux par le soufre ne Contractent pas cette affection , parce que leur corps est continuellement plongé dans une atmosphère chargée de particules sulfureuses, Enfin la vapeur du soufre est. un des moyens les plus sûrs pour détruire les punaises et les autres insectes entretenus par la malpropreté. | | |
Toutes. ces notions sur Putilité des exhalaisons du soufre contre Îles affections psoriques donnèrent au docteur Galés lidée d’imiter cet effet dans Ia pratique médicale, et de tenter une nouvelle manière d'appliquer le soufre au traitement de la gale. I pensa qu’en rendant fe soufre très-diffusible , qu’en éloïgnant les moindres parties le plus qu'il lui serait.-possible ce devait. être le moyen le plus sûr pour attemdre insecte logé sous l’épiderme. Il résolut , en conséquence, d'essayer lusage des fumigations sulfureuses, et de soumettre au creuset de l'expérience un moyen dont le raisonnement faisait bien augurer du succès.
De l'Appareil d'abord employé pour. l'administéation des Funisations sul UTEUSES , et des modifications que son auteur lui a fait subxr. | ES
La vapeur du soufre appliquée à fa surface du corps f Lé , AT ur: e. 9 . -e .
Étant soupçonnéeun moyen sûr de guérir la gale , il s'agissait
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d'imaginer un appareil simple, coinmode, peu dispendieux, ét qui réunît l'avantage d'envelopper de vapeurs le corps des malades , à celui d’éloigner des orgañes de la respiration le gaz sulfureux, qui aurait causé de fa toux et d’autres accidens. | Le premier procédé a été de promener dans le lit du malade une bassinoire, sur le feu de laquelle on avait jeté un mélange de deux gros de soufre et d’un gros de nitrate de potasse. Le malade était couché nu et calfeutré autour du cou et au-dessus des épaules avec ses couvertures, de manière que la tête lui restaït libre.
Dès [a première fumigation, Îles insommies les plus opiniâtres disparaissaient , les boutons se flétrissaient, on n’en voyait survenir aucun nouveau, et les démangeaisons, rapidement diminuées, ne tardaient pas à se dissiper complétement. À Ja septième fumigation, la plupart des malades pouvaient être regardés comme guéris. Cependant, pour rendre plus parfaite l’'asphyxie des insectes , pour détruire les germes déposés dans le tissu de la peau , qui auraient pu éclore plus tard et renouveler la gale, les fumigations étaient poussées jusqu'au nombre de quinze. L'espace de sept à quatorze jours suffisait pour la guérison des malades, .
. Cette manière d’administrer le soufre a présenté quelques inconvéniens. Les couvertures n'étaient pas toujours appliquées si exactement autour du cou et des épaules, qu'il ne s’échappât quelques bouffées de gaz, qui provoquaient de la toux et des éternuemens ; la peau était souvent couverte de rougeurs produites par le gaz nitreux uni au gaz acide suHfureux, résultant de la combinaison du mélange; les draps étaient altérés dans. leur tissu par faction d’un peu d'acide sulfurique , produit à chaque fumigation. Quelquefois il survenait un embarras gastrique qu’on était obligé de combattre par l'émétique et d’autres moyens. À
IT fallait réformer tous ces défauts par la construction d’un nouvel appareil ; c’est ce que M. Galés a fait, en construisant
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Appréciation chimique des ‘vapeurs contenues dans La | Paignoire. gi Ces vapeurs tiennent en suspension une très- grande partie de soufre qui s’est volatilisé et qui va S’attacher aux Corps qu'il rencontre sur son passage. On l’a trouvé trésbien cristailisé en petites aiguilles d’un blanc jaunêtre, sur le Corps des malades, et particulièrement sur les pustules en suppuration, les surfaces uicérées, lés plaques dartreuses : il est aisé-de s'assurer de cette disposition à l'œil nu. L’in- ‘térieur de Ia baignoire en est tapissé ; on en a même vu à l'extrémité du conduit cfférent , dans un endroit très-éloigné de l'appareil. | Ne: |
Tout le soufre dont on se sert pour Ia fumigation ne
passe pas À l'état d'acide sulfureux : le Saz en contient en dissolution une très-grande parüe ; mais il ne’s’en forme pas à beaucoup près une aussi grande quantité que lorsqu'on y Joïgnait lé nitrate de potasse. x © If paraît donc que c'est le soufre réduit à un état de division extrême, plutôt que le gaz acide sulfureux, qui agit
contre linsecte, puisque les malades sont plutôt guéris qu’ils
ne Tétfaient par fa bassinoire qui fournissait ‘une grande
quantité de ce gaz.
Action des Vapeurs sulfureuses sur les maladies de la peau.
Le traitement de Ia gale fut l'objet des premières expériences du docteur Galés: mais depuis’ ce temps-là, il a étendu son! moyen au traitement des dartres, des teignes
du prurigo, maladies cutanées dans lesquelles les insectes ne jouent aucun rôle, si
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