‹ Mémoire et rapports sur les fumigations sulfureuses appliquées au traitement des affections cutanées et de plusieurs autres maladiesChapitre 8 sur 83 · PEER · texte numérisé non relu

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En général, on a remarqué que les vapeurs sulfureuses produisent d’abondantes transpirations , et sont, par conséquent, très-favorables aux nombreuses maladies qu'on attribue à la suppression de cette excrétion cutanée, C’est ainsi que nous avons vu guérir des douleurs rhumatismales très-anciennes chez un homme qui avait eu recours aux fumigations pour la guérison d'une gale. Les vaisseaux absorbans reçoivent une grande partie du soufre réduit en vapeur, et sont sans doute le seul moyen qui puisse expliquer fa guérison de quelques dartres avec lesquelles a vapeur sulfureuse n’a jamais été en contact pendant tout Îe traitement. | |

Nous pourrions citer plusieurs exemples de dartres placées à la figure, guéries par des fumigations qui enveloppaient tout le corps sans atteindre cette partie.

Dans le traitement de Ia gale , le soufre agit en asphyxiant les insectes, et produit d’ailleurs tous les autres phénomènes dont ïf a été fait mention à l’occasion de sa manière d'agir sur {es dartres.

Plusieurs femmes soumises aux fumigations sulfureuses ont cru s’apercevoir d’un rétrécissement ou d’une constriction assez marquée du vagin par l’effet de ce moyen. Nous n'avons pas eu occasion de remarquer si les fuimigations sulfureuses ont quelque influence sur Îles menstrues pour les accélérer, les retarder, ou même n’en pas Contrarier la marche ordinaire. Peut-être que Ia légère congestion sanguine à [a tête et la constriction du vagin, que les fumiga= tions occasionnent , peuvent retarder où supprimer léruption menstruelle. /

Les malades soumis aux fumigations sulfureuses ne sont point obligés de quitter leur domicile et de séjourner à Fhôpital, ni d'interrompre Leurs occupations ordinaires, puisque ce traitement n’assujettit chaque jour que pendant un très-court espace de temps et ne laisse aucune marque

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Si les fumigations sulfureuses ne sont point un moyen de Curation radicale pour toutes les maladies cutanées et chroniques comme pour la gale, quoique toutes les apparences portent à Île croire, elles paraissent au moins devoir être considérées comme un excellent auxiliaire dans le traïtement de ces diverses maladies , dont elles réparent un des accidens, c’est-à-dire, les lésions organiques du tissu de Ia peau.

Le raisonnement et l'expérience sont d'accord sur le trèsgrand avantage résultant de lapplication d’un médicament, sous Ja forme [a plus divisée, à une très-grande surface, telle que Ja périférie du corps. Le gaz sulfureux offre cette con- . dition, et peut-être pourra-t-on Fappliquer avec fruit à plusieurs autres maladies contre lesquelles il n’a point encore été essayé.

D'ailleurs, ce mode d'application d’une substance médicamenteuse peut n'être pas borné exclusivement au soufre. La matière médicale offre plusieurs substances très-volatiles et très-actives, fort utiles dans la médecine pratique, qui, sous la forme de fumigations appliquées à toute {a surface du corps, pourraient offrir des ressources puissantes et toutes nouvelles dans plusieurs maladies regardées jusqu’à présent comme incurables et mortelles.

Le camphre, lopium, l’éther, l’alcool, l'ammoniaque et beaucoup d’autres substances sont de ce nombre.

Parallèle du traitement par les Fumigations sulfureuses , avec les principales méthodes connues de traiter la Gule.

Les nombreuses expériences faites par les fumigations , et dont il a été donné communication au jurÿ, avaient pour sujets des individus la plupart affectés de gales de trèsmauvaise nature : le succès dont elles ont été couronnées le “porte à regarder cette méthode comme Îa plus sûre, Ja plus

rationnelle, a plus prompte, la plus simple, la moins dis pendieuse et sans aucun inconvénient. | . Le jury, pour s’entourer de plus de lumières, a cru devoir prendre connaissance de tous les résultats qu’on avait déjà obtenus pour ce mode de traitement employé depuis plusieurs mois à l'hôpital Saint-Louis avant son institution.

Îl lui a été prouvé que, sur un assez grand nombre de malades traités par ce nouveau procédé, trois cent trente-cinq ont été consignés sur des tableaux certifiés authentiques par

les docteurs de Laporte et Rufin, l’un médecin, l'autre chi=

rurgien en chef de l'hôpital : MM. Manry, docteur en médecine , et Troccon, élèves internes, furent chargés de tenir note des expériences, qui furent certifiées par M. Duchanoy : ces tableaux attestent que ces galeux ont obtenu 1a guérison prompte et facile de leur gale par l'effet des fumigations pratiquées d’une manière assez imparfaite avec la bassinoire,

Ces divers tableaux font partie des pièces ou matériaux |

qui composent Îles minutes de ce rapport.

Nous avons cru devoir y joindre aussi un certificat de l'agent de surveillance de l'hôpital Saint-Louis, par lequel il est déclaré que sur ce nombre de galeux, ïl n’en est rentré qu'un seul à Fhôpital (le nommé Baril), au bout de cinq mois ; et l’on ne sait pas si la gale qu’il a eue itérativement était une nouvelle acquisition ou une récidive de [a première gale. |

Ce moyen lemporte infiniment sur Îles traitemens les plus accrédités de cette maladie, tels que l’onguent ou pommade soufrée, la pommade citrine, longuent et les lotions mercuriels , les frictions arsenicales, les lotions de tabac, le liniment ammoniacal, la décoction antipsorique du docteur Rauque, [a mixtion soufrée du professeur Chaussier, Ia quintessence antipsorique de Mettemberg, les bains sulfureux de potasse, et tous Îes autres nombreux moyens con. seillés contre Ia gale.

L'examen détaillé de chacun de ces moyens, les nom-

LT

( 34) breuses objections qu’on pourrait leur faire, nous entraïneraient dans des Iongueurs inutiles et dépasseraient les bornes de ce rapport: nous nous bornerons donc à prouver les avantages que nous avons attribués aux fumigations sulfureuses et à justifier la prééminence que nous Îeur accordons.

Nous avons dit en premier lieu que Îles fumigations sont Ie moyen le plus sûr de détruire Ja gale ; en effet , elles agIssent sur tous les points de la surface malade ; aucune partie ne leur échappe; ce qui n'arrive pas dans le traitement par les frictions.

Il est aussi le plus rationnel, puisqu'il est fondé sur la connaissance la plus précise de la maladie; qu'il est d'accord avec ce principe de thérapeutique, qui veut qu'on applique les médicamens de manière qu'ils présentent Îles points de contact les plus nombreux et les plus étendus possibles.

L'action des vapeurs sulfureuses est plus prompte que celle d'aucun autre moyen. Dès fa première fumigation, les malades éprouvent une amélioration très-notable; les insomnies et les démangearsons cessent comme par enchantement ; l'appétit ne tarde pas à reparaître. Il paraît certain que ce changement si rapide tient à [a destruction des insectes qui ont été asphyxiés par les vapeurs sulfureuses : dès le premier contact les boutons galeux, sans avoir changé de forme ni d'aspect, ont perdu ce qu'ils avaient de plus incommode.

On peut soupçonner avec quelque raison que [a gale peut être essentiellement détruite dès la première fumigation , lorsque celle-ci est convenablement appliquée ,

puisqu'elle asphyxie et détruit insecte dont l'existence et la

présence dans le tissu de la peau constituent essentiellement la maladie psorique. Tous Îles boutons, à [a vérité, existeraient encore, mais sans démangeaison; circonstance qui caractérise essentiellement la gale et ne peut être occasiônnée que par insecte vivant. Ces boutons ne seraient plus qu'une lésion organique de [a peau, qui cesserait sur-le-champ d’être contagieuse ét pourrait guérir d'elle-même dans un espace de

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| (37) temps déterminé. Les fumigations ultérieures, Ia première exceptée, n'auraient plus pour effet que la dessiccation des boutons et leur guérison. Nous avons indiqué et recommandé au docteur Galés ces expériences particulières, qu’il tentera lorsque l’occasion favorable se présentera.

Si les expériences justifraient nos présomptions à cet égard, il en résulterait de grands avantages, tels que celui, par exemple, de désinfecter avec une seule fumigation, en trèspeu de temps et avec un seul appareil, un très-orand nombre d'individus, dont le complément de Ia guérison arriverait ensuite de lui-même avec le temps. Ainsi, par exemple, un convoi de prisonniers de guerre, un régiment passant dans une ville &c. pourraient être désinfectés tous à.la-fois et sans faire de séjour. |

Beaucoup de malades ont guéri après six ou sept fumigations, et les gales les plus invétérées et les plus rebelles n'en ont pas exigé plus de vingt : ce qui augmente encore la célérité du traitement, c’est que les malades peuvent prendre sans inconvénient jusqu'à quatre fumigations par jour, dont la durée moyenne n’est que d’une demi-heure.

Cette nouvelle méthode de traiter la gale est simple et facile, puisqu'elle n’exige l'usage d'aucun autre moyen intérieur ou extérieur, aucun régime particulier, aucun changement dans Îes habitudes, et que les malades hors de fleur fumigation peuvent se livrer à leurs occupations ordinaires. La qualité du médicament, [a forme sous laquelle il est administré, mettent ce moyen au-dessus de tous les autres pour la simplicité.

C’est sur-tout par sa très- grande économie que cette méthode est recomimandable. on le terme moyen du nombre de fumigations nécessaires pour la guérison d’un galeux est de treize, comme l'ont prouvé les expériences. En le portant même jusqu’à vingt, il ne faut que cent soixante grammes de soufre sublimé pour le traitement ne à ce qui fait une dépense de 23 centimes.

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