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Au lieu de trente fumigations, qui est le terme moyen pour Ja guérison des dartreux, portant le nombre à quarante, il faut trois cent vingt grammes de soufre sublimé pour le traitement, dont le prix est de 46 centimes.
À cette dépense de la matière essentiellement et exclusivement nécessaire à la guérison, il faut ajouter celle infiniment modique de Îa construction de l'appareil et de sa mise en exercice, dépense qui n’est pas appréciable, si on la répartit sur le grand nombre de malades auxquels le même appareil peut servir.
II est bon de remarquer que l'adoption de ce traitement peut dispenser les malades d'entrer dans les hôpitaux, où ils sont exposés à contracter des maladies très- -oraves; et d’ailleurs un séjour prolongé cause de grandes dépenses à l’administration.
Chaque malade pourrait se rendre tous les jours dans le local destiné aux fumigations, et retourner ensuite à ses travaux, au Îieu d’encombrer les salles des hôpitaux, qui deviennent souvent inaccessibles à des malades indigens, dont les affections sont de nature à ne pouvoir être traitées ailleurs.
l arrive très-souvent que des employés, des ouvriers, des domestiques des deux sexes, courent le risque de perdre leur place en Îa quittant momentanément pour séjourner plus ou moins long- temps dans un hôpital : l’usage des fumigations exigeant chaque jour le sacrifice d’un très-court espace de temps, pouvant être fait aux heures qu’on préfère et même la nuit, il en résulte que leur traitement pourrait très-bien se concilier avec l'exécution de leurs devoirs ordinaires.
La plupart des traitemens connus, s’ils ne sont pas au rang de ceux qui peuvent déterminer des accidens, ont tous quelque inconvénient dont la nouvelle méthode est exempte. Le moindre attaché au traitement par la pommade soufrée, qui est sans contredit un des meilleurs traitemens usités, c’est la malpropreté qu’il produit sur la peau et les vêtemens, et l'odeur très-désagréable de soufre que le malade porte avec
HET lui. Les fumigations au contraire, loin de salir [a peau, Ia nettoient et ne laissent pas une odeur très-sensible.
Tous les galeux soumis aux expériences ont supporté très-bien le traitement, quoiqu'il y en eût dans Îe nombre d’une santé délicate.
Les prétendues répercussions de la gale et les accidens qui en résultent , tels que Îes engorgemens des viscères abdominaux, sont prévenus, dans la nouvelle méthode, par la transpiration abondante qu’elle détermine, tandis que, en frottant la peau avec des enduits graisseux , on diminue encore la perspirabilité de [a peau et on favorise Îles désordres intérieurs dont nous avons parlé plus haut.
Mais un des plus grands avantages de ce traitement par les fumigations, c’est d’être applicable aux dartres les plus rebelles, aux teignes, au prurigo. Le jury a eu sous les yeux des malades affectés de dartres au menton, un autre couvert de dartres circinées , qui ont été guéries ou sont en voie de l'être, après avoir inutilement cherché du soulagement dans {es autres traitemens. :
Un exemple bien frappant de l'efficacité des fumigations sulfureuses sur les dartres , est celui d’une demoiselle âgée de vingt-un ans, qui n’a point été comprise dans les séries, et qui a été traitée seulement par Îa bassinoire pour des dartres fort opiniâtres et une altération de la peau du visage, du cuir chevelu , du cou, des bras , &c,
Cette affection dartreuse existait depuis neuf ans, et n'avait cédé à aucun des traitemens les plus énergiques et les plus méthodiques, conseillés par fes médecins les plus habiles de la capitale, et suivis par la malade avec {a plus infatigable assiduité.
L'usage des mercuriaux n'avait point été couronné de succès. à
Cinquante-deux bains sulfureux pris à Tivoli n'avaient pas mieux réussE,
À plus forte raison n'avait-elle tiré aucun avantage des bains huileux, gélatineux et autres.
Les fumigations sulfureuses faites avec la bassinoire ont été le dernier moyen dont elle a usé. Dès les premiers, elle a obtenu une amélioration sensible, qui ne s’est complétée, à la vérité, qu'après un très-grand nombre de fumigations, qu'elle a cessées depuis long-temps. Aujourd'hui, son état est trés-satisfaisant : elle se propose de prendre des fumigations sulfureuses dans la baignoire, dont tout annonce qu'elle ürera encore plus d'avantages que de la bassinoire, ce qui, sans doute, pourra compléter ou confirmer sa guérison.
Enfin [a conviction des membres du jury a été telle pour l'efficacité des fumigations suffureuses , qu'ils ont adressé au docteur Galés plusieurs malades atteints de dartres rebelles, qui paraïissaient même devoir être regardées comme incurables,