PRÉFACE
Je me suis proposé, dans ce mémoire^ de combler quelques-unes des lacunes qui existent dans l'histoire de la géographie de la mer des Indes.
Mon but est restreint, mais j'ai dû l'agrandir par des développements que j'ai fait en sorte de réduire aux proportions nécessaires à la clarté et à l'enchaînement des diverses parties de mon sujet. Ces développements sont d'autant plus intéressants qu'ils se rattachent à des questions, les unes d'un ordre plus général, d'autres dont l'étude a été tout-à-fait stérile, d'autres enfin non encore examinées.
J'ai été conduit à relater des erreurs constamment reproduites par des auteurs soit morts> soit vivants, dont les travaux sont un précieux dépôt de sérieuses et savantes investigations. Il m'a paru d'autant plus opportun de les signaler, que perdues d'abord et protégées dans l'auréole d'une illustration justement acquise, elles se sont ensuite produites isolément comme des vérités.
Je n'appellerai pas à l'avance l'attention sur tels
ou tels points : le lecteur initié à ces sortes de matières démêlera aisément le tout; celui qui, peu au courant de ce qui a été écrit sur ces questions, est cependant curieux de suivre la marche des progrès géographiques sur la partie très-limitée du globe que j'ai choisie, tirera plus de profit du mémoire lui-même, que de l'analyse que je pourrais en faire.
Un dernier mot avant d'entrer en matière.
M. d'Avezac, dans un article insère au Bulletin de la Société de Géographie (septembre 1847) : Observations sur la nomenclature et le classement des îles et archipels de Madagascar, ne s'est pas borné à traiter le sujet ainsi désigné; il a parlé aussi de la confusion dans les dénominations attribuées à quelques lies de la mer des Indes. Entrainé par ces premières recherches, ou incité par une circonstance, son esprit investigateur s'est exercé sur une question que j'ai traitée au chapitre vil âe ce mémoire.
Voici cette circonstance :
Un honorable habitant de Maurice, qui doit incessamment publier une histoire de cette île, M. Doyen, avait écrit à M. d'Avezac pour obtenir quelques renseignements sur l'époque de la découverte des îles Mascarenhas. La réponse à la lettre de M. Doyen remonte au 15 septembre 1859. Elle m'a été lue récemment par M. d'Avezac. Je suis heureux de consigner ici la vive satisfaction que j'ai
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éprouvée pendant cette lecture, en reconnaissant que les résultats obtenus par M. d'Avezac confirment ceux auxquels je suis arrivé moi-même. Rien ne peut, en effet, être plus flatteur pour moi que cette concordance avec un savant dont les opinions ont une si grande autorité, et dont le nom se rencontre toujours à propos des points géographiques où des difficultés sont à résoudre.
Des indications que je dois à M. d'Avezac me donnent lieu d'annoter : 1* que la grande carte française que j'ai mentionnée à la page 213, en la rattachant au règne de Henri 11, appartient réellement au règne de François V et à l'année 1 542 ;
2* Que le recueil de cartes manuscrites que j'ai cité à diverses reprises sous la marque B 2624, est un petit atlas italien signé du nom d'Agnese, et daté de l'année 1543;
3'' Que le recueil analogue cité sous la marque B 2625 est un petit atlas portugais provenant de la bibliothèque de Rosny, portant sur l'une de se» gardes la mention expresse de la présence de sqp ancien possesseur^ le samedi 1 1 mai 1 560, à la déroute de la flotte de Philippe II, aux ordres de Jean-André Doria, devant l'Ile de Gerbeh*