CHAPITRE X
Direnea dénominatioi» attribuées à Rodrigae.
Nous avons dit au chapitre Vn que, selon toute probabilité, les iles Rodrigue, Maurice et Bourbon ou la Réunion, furent découvertes par Diogo Fernandes Pereira : la Réunion, le 9 février 1507, et reçut le nom Santa-ÂpoUonia du jour de la fête de sainte Apolline où Diogo Fernandes qui montait le Cime y arriva; Maurice, à peu de jours de distance du 9 février 1 507 et fut nommée Cirne du nom du navire Cime; Rodrigue, égale-* ment à peu de jours de distance du Ô février 1507, et fut nommée Diogo Fernandes dont le nom a été conservé sur quelques cartes sous l'abréviation et altération Domigo Friz. Voir la carte M. •
La confusion dans l'application des trois noms Âpolonia^ Cirne, Domigo Friz, aux îles Bourbon, Maurice, Rodrigue, peut être envisagée comme une conséquence de cette triple découverte. Ainsi on voit une autre altération de Diogo Fernandes Domigo Fiz appliquée à Bourbon dans la carte G ; ainsi encore le nom Cirne appliqué à Rodrigue dans la carte X.
Des laies i katul i l'appui de cette dernière applicatioo.
On lit dans la relation do voyage de Lancaster (1) en 1601, que sa flotte chercha à se diriger €sar nie Cime qui porte sur quelques cirtes le doid de Di^o Roia » ; et •onime la flotte o'alla ni à File Rodrigue ni à File Mauriofty orite dlation établit Taf^plicatioa du non Cirne à Rodrigue et cdle de Di^o Roii à Maurice. Midielborne (2) quitte la baie de Saidanha él se rend à Sumatra, il Ta donc de Touest à Test. « Poussée par un vent fovorable, la flotte découvre, le 24 mai 1 605, à la distance de sept ou huit lieues, File de l>i^x>-Ruiz qui est située par i9* 49' de latitude sud et 98' 30' de longitude est; on se proposait d'y rdàcher^ mais le ^ent qui augmenta pendant la nuit fit abandonner ce dessein. Les environs de rUe sont peuplés d'un grand nombre d'oiseaux blancs qui n'ont pour queue que deux grandes plumes de la même couleur; ils suivirent longtemps les vaisseaux, malgré la force d'un vent si contraire que les voiles furent brisées en plusieurs endroits. On avança si peu pendant neuf ou dix jours que, le 3 de juin, lorsqu'on s'imaginait gagner Tile Cime^ on aperçut encore cdle de Diego- Ruiz. Michelbume reprit le dessein d'y aborder dans la résolution d'attendre un meilleur vent, mais la multitude de rochers qui s'y présente lui fit craindre de ne pouvoir jeter l'ancre en sûreté, d D'oii il ressort que, pour Michelburne^ Diego-Ruiz est à l'ouest de Cime, et que par conséquent, Cime est Rodrigue.
(1) Préfost, Histoire générale des Voyages, t. i, p. 384.
Elle a porté le nom Diogo Lopes d'après les cartes : 0, P, y, où elle figure sous la corruption : Don Galopes, et d'après la carte jointe par de Bry à la troisième partie de YIndia Orientalis^ où elle figure sous la corruption don Galope.
Elle a été appelée Lopo SuareSy comme on l'a dit au chsCpitre précédent, dans la citation d'un routier portugais j produite au sujet de la dénomination Jean . de Lisboa, et comme Tindique la carte G où elle figure sous l'altération Lopo Cyares,
Nous sommes inhabile à produire une légende qui expliquerait l'application de Romeros ou de Romeiros à une île quelconque de la mer des Indes; mais d'après ce que nous avons dit au chapitre IX au sujet de tp^n de Lisboa, ces noms ne peuvent avoir été appliqués qu'à l'île Rodrigue.
Rodrigue a reçu dans les cartes : A, B, C, D, E, F, H, I, J, K, L, N, Q, R, S, T, U, X, les dénominations : Rodrigue, Diego-Rodriguc , Diego-Roiz, Diego-Ruiz; toutes dénominations qui ont la même origine et ne sont que des abréviations ou des corruptions de Diogo Rodrigue.
Les textes ne manquent pas pour appuyer ces cartes ; nous n'en citerons que deux pour établir la situation de Rodrigue, relativement à Bourbon et à Maurice. La relation du voyage d Alexandre Hamilton citée au chapitre précédent parle en allant de l'ouest à l'est, de Bourbon, de Maurice, et ajoute : « l'île de Diego-Ruiz qui est après l'île de France (Maurice) contenait encore un établissement français; mais la stérilité l'a fait abandonner depuis
quelques années. » A la vérité ce passage est très-inesact, puisque la petite colonie qui exista à l'île Rodrigue était Hollandaise, avec cette particularité qu'elle était composée surtout de Français que la râvocation de l'édît de Nantes avait obligés de se réfugier en Hollande ; de plus, ce ne iiit pas la slérilité du terroir, mais l'abandon dans lequel on laissa ces pauvres exilés, qui les décida à s'aventurer sur une frêle embarcation pour se rendre à l'ile Maurice, où ils eurent à subir du gouverneur Hollandais des misères bien plus affreuses.
La situation relative que Hamilton donne à l'ile Diego Roiz est bien celle de l'île Rodrigue ; et Léguât, auteur d'une description de cette lie et de la relation de l'établissement hollandais dont il faisait partie, cite les instructions du marquis du Quesne, à l'initiative duquel cet établissement avait été formé, instructions portant que « l'île Diego-Roiz est la même que l'île Rodrigue. »
Le fragment du routier d'Alexis d'Almola cité au chapitre IX, présente la même certitude que les citations précédentes sur l'identité de Diego-Roys et de Rodrigue.
On trouve dans quelques auteurs le nom Digarrois appliqué à Rodrigue ; ce n'est évidemment qu'une corruption de Diogo-Rodrigue, mais voici ce que dit à ce sujet le voyageur Herbert, que nous ne citons que pour la curiosité de ses assertions. « Les officiers de notre navire m'assuraient que l'ile Digarrois a été primitivement découverte par les Portugais, mais que quelqu'un du pays de Galles y avait été auparavant, et avait eu l'honneur de lui donner ce nom. Toutefois je ne puis m'imaginer ce
que signifie ce mot de Oigarrois, si ce n'est qu'on le dérive de Digarrac, qui signifie, en ancien breton : désert^ comme en effet cette lie est fort déserte, n'y ayant pas un habitant, d
Nous n'avons pu trouver aucun renseignement sur k marin portugais dont l'Ile Rodrigue porte le nom.