‹ Memoire pour les ouvriers typographesChapitre 17 sur 25 · LA PRESSE ET LA TYPOGRAPHIE · texte numérisé non relu

LA PRESSE ET LA TYPOGRAPHIE

Les lecteurs de Y Opinion na(io»aié ont été tenus au courant des affaresqui concernent la typographie. Ces affaires ont en effet une grande importance. N'est-ce pas une ch«se heureuse de voir les questions de salaire prendre la voie des discussions amiables ?

Il y eut plusieurs réunions de la Conférence. mixte des maiires imprimeurs et des ouvriers compositeurs ; mais la section des ouvriers et la section des patrons se trouvèrent en désaccord sur certains points. Il n'y a pas à s'en éton*ner : cela arrive souvent dans les pourparlers. Du rooinsi si le chiffre de l'augmentation du salaire a séparé les deux partis, la nécessité de Taugmentation n'a pas été contestée.

Dans cette situation, c'est à un arbitrage à trancher les difBcultés. Les com^ missaires ouvriers le sollicitent ; les commissaires patrons ne sauraient s'y re« fuser. L'autorité, dit- on, ne peut imposer des arbitres, puisque ce serait fixer indirectement les salaires ; mais, dans maintes affaires, quand les deux parties en litige ne tombent point d'accord sur le choix de leurs arbitres, n'eu est-i point nommé d'office ? Or, ici, il est présumable que de simples avis suffiraient.

En attendant, nous ne saurions trop recommander aux ouvriers typographes d'apporter, non-seulement l#même esprit de conciliation, mais encore la plus grande patience. La moindie imprudence compromettrait doublement les intérêts de tout le corps de métier»

Peut-être y a-l-il un moyen indirect que l'autorité pourrait employer pour faciliter la solution du différend. C'est ce que nous proposons dV.xaminer.

11 est naturel que les journalistes soient grandement préoccupés de telles questions.

S'il y a des intérêts dont la défense incombe plus spécialement à la presse» ce sont assui*émeut ceux de la typographie, car la prospérité de l'une dépend de la prospérité de l'autre.

L'augmentation du salaire des ouvriers typographes doit avoir pour conséquence première de modifier les conditions actuelles de la presse.

Si) pour de hautes raisons d'humanité, de justice et de politique, il est urgent que le salaire des ouvriers typographes soit accru, pourquoi cette élévation serait-elle exclusivement supportée par MM. les maîtres imprimeurs 7

De même que M. le directeur de l'Imprimerie impériale a fait très-sagement remarquer queTaugraentation des ouvriers typographes de Tlmprimerie impériale devait être supportée par riraprimerie impériale elle-même et partie par les administrations publiques, c'est-à-dire par le budget de TEtat; ainsi peut-on dire avec quelque raison que l'État pourrait, dans cette circonstance impérieuse, non 'pas faire un sacrifice, mais renoncer à^ne portion des sacrifices imposés à la presse, et par suite à l'imprimerie.

Le timbre constitue pour la presse un régime anormal, piAsque avecle timbre il n'y a que les riches qui puissent lire, et que les pauvres se trouvent pour ainsi dire rejetés de la vie politique.

Il y aurait un non-sens à supposer les adversaires du gouvernement chez les pauvre, quand ce gouvernement repose sur des millions de suffrages. Pourquoi donc ne pas abolir avec empressement une mesure dont le maintien n'est dû qu'à des préjugés d'ancien régime, c'est à-dire d'avant février 18â8 ?

11 est bizarre, sous l'empire du suffrage universel, que quand tous ont le droit et le devoir de voter, tous n'aient point la possibilité de s'éclairer. Or, comment ceux qui ont le plus besoin d'être éclairés, c'est-à-dire les pauvres, le pourraient-ils, lorsqu'il n'y a point de journaux politiques à bon marché?

Avec six centimes de timbre par exemplaire, on nç peut avoir de journal à un sou. Avec le limbre, sur les quinze centimes que se vend le numéro, le fisc prélève les deux tiers.

L'abolition du timbre serait une perte pour le Trésor, mais minime en réalité,

et sans importance si l'on tient compte des intérêft généraux de la civilisation.

Si l'on ne veut point abolir entièrement le timbre, pourquoi ne pas le rduire

des deux tiers, comme on a fait pour les lettres ? Or, on sait que le fisc y a, non

perdu, mais gagné ?

Que le gouvernement, par une nouvelle et heureuse initiative, enlève donc à la presse et aussi k la librairie tout ou partie des charges qui pèsent sur elles. Et tont le monde y gagnera.

Ce sera une juste satisfaction donnée à ceux qui écrivent, à ceux qui impriment et à ceux qui lisent.

12506 Paris, Imp. Reuou et Maulde, rue de Kivoli, Ihk

DEUXIEME PROCES

DES

f>AE16. -* TTP, DE COSSON ET COUP., BCK DU FOUH-SAIKT-GCRMAIFr, 43.

DEUXIEME PROCES

DBS

Page 1