SERVIR À EXPLIQUER LES PEINTURES D'UNE COUPE DE VULCT
La gymnastique forma de bonne heure un élément essentiel de l'éducation des Grecs, et l’on n’avait pas attendu pour ly introduire la recommandation des philosophes et des médecins’. Elle n’avait pas seulement pour but de favoriser le développement du corps, de lui donner de l’agilité, de la souplesse et de la grâce, enfin d’entretenir la santé; mais elle exerçait encore une salutaire influence sur le moral, en communiquant à l'esprit le courage, la résolution et la gaieté;
! Plat., De Rep., p. 410, D.411, A.-B., VIF, p. 721 ,E.; Gorg., p. 464, B., 465, B. 450 , A. ; Legg. , L, p. 678, À.; Xénophon, Memorab., IL, 12, 8. 4; Aristot. , Polit., VII, 4, p. 463. Gôttling. Hippocrat. ap. Galen, Ilporeerr. Aéy., ©. [l; Galenus , Tyewésy Adyor, IT, 12, Cf, Krause, Gymnastik und Agonistih der Hellenen, Leipzig, 1841, in-6°, I, s. 46 fog. Toutefois les louanges que les anciens ont données à la gymnastique ne sont pas sans restriction. Voyez Xénophon, Sympos., 2, 17 ; Euripid. ap Athen. , X, p. 413, C.; Aristotel., Polit., VII, 3, 4, p. 262 sq. Cf. W.-A. Becker, Charikles, 1, s. 312, foo.
n | SUR LES PEINTURES :
elle préparait en outre et endurcissait la jeunesse aux travaux et aux fatigues de la guerre. Ceux qui excellaient dans les exercices du corps pratiqués dans les gymnases, trouvaient des occasions fréquentes de se produire aux yeux de leurs concitoyens et des étrangers, dans les jeux publics qui accompagnaient soit des fêtes religieuses, soit des réunions politiques. Les jeux olympiques dont l'éclat fit pâlir tous les autres, cachent leur origine dans la nuit des temps héroïques. On sait quelle gloire entourait les vainqueurs, quels honneurs les attendaient dans leur patrie, et quel noble enthousiasme ces palmes excitaient dans toute la Grèce ! L'art ancien exploita largement ce côté de la vie humaine, si favorable à ses représentations.
Parmi les vases peints parvenus jusqu’à nous, un assez grand nombre offre des sujets gymniques. Nous voyons sur les uns proprement des exercices du gymnase, sur les autres des luttes agonistiques. On a déjà fait la remarque ‘ que généralement les peintures de coupes présentent des compositions de la première espèce. Celle qui fait objet du présent mémoire se trouve d’accord avec cette observation; car, tandis que les jeux publics se célébraient en plein air, l’espèce de sac suspendu dans le champ de notre peinture, indique que la scène se passe dans un lieu fermé, par conséquent dans un gymnase ou dans une palestre.
Avant d'examiner la nature des divers exercices que nous avons devant les yeux , nous nous occuperons des personnes qui y prennent part. Il n’était pas moins nécessaire pour les exercices du gymnase que pour les jeux publics, qu’il y eût parité de force chez les concurrents ; et le moyen le plus simple pour obtenir cette condition, c'était de réunir les jeunes gens du même âge “. On fut amené ainsi à établir diverses catécories. La division la plus généralement adoptée, et que connait déjà Platon, est celle en xxx, enfants, àyévux, adolescents, et ave,
1 Voyez Gerhard, Rapporto Volcente, Anxar. nec” isr. arcu. , Vol. IH, p. 90 (893); Ambrosch, Osservazioni intorno ai vasi Panaten, ibid., vol. V, p. 87; Welcker, Zeitschrift fur Geschichte u. Ausleg. der alten Kunst, s. 256.
2 C’est ce qui avait lieu pour les exercices préparatoires des jeux olympiques. Joy. Pausanias, VI, 23, 2 : cuuBéAdouon of E2ñuvodirar todc xaS'ÿ)huxiay. Le mème auteur cite des exemples d’exclusion de jeux publics , pour cause de disparité d'âge, VI, 14, 1.
hommes faits *. I faut observer que le mot rx est employé ici dans son acception restreinte; car dans un sens plus étendu, il comprend aussi les éyévax *, et il paraît même qu’anciennement, et encore du temps de Pindare *, la démarcation entre ces deux classes n'existait pas. Pour les temps postérieurs, nous rencontrons d’autres divisions encore : c’est ainsi que dans une inscription ‘ les enfants se trouvent subdivisés en raides vesrepar CÙ naides rpesBürepu, après lesquels sont nommés les éyévax. Une autre inscription * fait mention de trois classes d'enfants, distinguées par les dénominations de rosrn, deurépa et rpirn fut; la troisième classe, selon M. Boeckh, correspondait aux éyéax°. Sur notre coupe, comme en général sur toutes celles de Vulci, les jeunes gens qui s’exercent appartiennent à la catégorie des àyéaa (proprement smnberbes), si toutefois le terme avait cours déjà lors de la confection de ces monuments. Sur les vases, au contraire, les athlètes sont ordinairement des hommes faits (ad), et quelquefois ils sont figurés barbus. À Athènes les jeunes gens à l’âge de dix-huit ans sortaient de la classe des enfants pour entrer dans celle des éphèbes ” et étaient inscrits sur le registre de leur dême (éapynèr ypauuaraw). [ls se trouvaient alors légalement
EPlat.,"de, Legg.;"NIIL,.p. 833,C:-(t.. VIT, p. 112, Ast.); Pausan., VI, 6, 13 14, 1; Dionys. Halic., 4. R., VIT, 72, t. IT, p. 1487, R. ; Corp. Inscr. Gr., n° 2756. CF. Van Dale, Diss., VIU, 3, p. 654 sqq.; Boeckh, Corp. Inscr. Gr. ad n° 232, p. 355; Krause, Gymnastik und Agonistikh der Hellenen, 1, s. 263 sq., n. 3. ;
? Pausanias (VI, 14, 1) ne parle d’abord que de deux classes de jeunes gens, ride: et äydpe: ; mais quelques lignes plus bas, il en compte trois en séparant les 7%; des äyéyerr
3 Cf. Boeckh, ad Pind., Explicat., p. 184; Corp. Inscr. ad n° 232 et 1590,
4 Corp. Inscr. Gr., n° 1590 ; &b., Boeckh, p. 772.
5 Gorp. Inscr. Gr., ne 232; &b., Boeckh , p. 355.
6 Dans la même inscription, il est parlé d’une quatrième classe : raïde; êx réyrur, laquelle , suivant M. Boeckh, se composait des concurrents pris dans les trois classes précédentes. La peinture du revers d’un vase panathénaïque , où l’on voit deux hommes barbus et deux éphèbes se disputant le prix de la course (De Witte, Catalogue Durand, 675), nous semble démontrer la justesse de cette interprétation et le peu de fondement des doutes soulevés par M. Krause, Gymnast. und Agon., L, s. 268, n. 5. Sur un autre vase panathénaïque (Catal. étrusq. , ne 160), on voit également deux pugiles, l’un barbu, l'autre imberbe.
7 La puberté naturelle (734), qu'il ne faut pas confondre avec la puberté légale, commencait à quinze ou seize ans. Il est probable que, dans la nomenclature adoptée pour les gymnases , les éphèbes de cet âge appartenaient encore aux äyévenr.
majeurs, et entraient en jouissance de leurs droits civils et politiques ”. À la même époque avait lieu linscription dans la phratie. Cette dernière inscription s’effectuait pendant la fête des Apaturies et était accompagnée de solennités religieuses *. Malgré le silence des auteurs, il est permis de croire que, dans cette circonstance importante de la vie, les jèeunes gens recevaient des présents de leur parents et amis. Le même usage ayant sans doute été en vigueur chez la plupart des peuples helléniques, les coupes à sujets gymnastiques peuvent provenir aussi bien de tels cadeaux que de prix obtenus au gymnase.
On reconnait facilement dans les personnages barbus et vétus du tribon de notre peinture, les surveillants des jeunes palestrites. Mais quel nom convient-il de leur donner ? De toutes les questions concernant la gymnastique des Grecs, il n’en est peut-être pas d'aussi obscure et d'aussi compliquée que celle qui concerne le nom, l'autorité et les attributions des personnes chargées de la direction , de l’inspection et de l’enseignement des gymnases. Et cette incertitude, ces contradictions, qui résultent des textes anciens, n’ont rien d'étonnant, si l’on fait attention que les exercices gymnastiques ont été en vigueur pendant plusieurs siècles et dans une foule de localités différentes. Cependant, pour nous, la question peut, ce semble, se renfermer dans des limites assez circonscrites. Les vases de Vulci, dont les sujets reproduisent surtout des usages attiques, remontent à une époque qui n’est de beaucoup ni antérieure ni postérieure à Platon. En n’appliquant aux préposés des gymnases figurés sur ces monuments que des noms connus du philosophe athénien, nous ne risquons pas de leur attribuer des dénominations qui n’ont eu cours que postérieurement. Parmi les officiers supérieurs des gymnases, on compte le gymnasiarque, le cosmète et le sophro-
! Voyez E. Platner, Beitræge zur Kennitniss des Attischen Rechts, c. 6,5, s. 173, fos.
Cf. F. W. Titimann , Darstellung der grieschischen Staatsverfassungen, s. 281 , n. 7, C. F. Hermann, Griech. Staatsalterthuemer , 123, s. 261 fo.
? Etymolog. M., ©. draroüpuu, p. 107. Lips.; Ler. ap. Bekker., Anecdot. Gr., p. 416 sq. ; Pollux , UT. 52 ; Hesychius, voc. oiothpx, IL, p. 780, Albert; Jd., voc. Koupeërie, thid., interpp., p. 332, et d’autres autorités citées par Tittmann , /. c., n. 8. Cf. Platner , Beitræge, c.B,
69,s. 148, fog.
niste *. Des écrits attribués à Platon, et qui sont du moins aussi anciens que lui, mentionnent le premier * et le troisième” de ces officiers et peutêtre aussi le second”. Il est en outre déjà question du gymnasiarque dans une loi de Solon rapportée par Eschine . Mais comme aucun d’eux ne s’occupait de l'instruction des jeunes gens, nous ne devons guère les chercher sur les peintures représentant des exercices, et les monuments céramographiques où l’on peut supposer leur présence, sont probablement fort rares. L'indice le plus sûr, pensons-nous, auquel on puisse les reconnaître, c’est qu'ils sont assis. Le siége constitue l’insigne de l’autorité supérieure, et c’est aussi la marque distinctive qui, sur les vases panathénaïques, caractérise les agonothètes*®. En conséquence, sur une coupe de Vulci, autrefois dans la collection Durand’, maintenant dans celle de M. William Hope à Londres, au lieu de trois pédotribes et un éphèbe, il faudrait voir un jeune athlète en présence d’un gymnasiarque près duquel se tiennent de bout deux gymnastes ou deux pédotribes. Nous regardons également comme un surintendant de gymnase ou de palestre, le personnage assis sur un ocladias entre deux éphèbes que nous offre un vase à peintures noires du Musée britannique”, ainsi que le personnage assis présidant à l'exercice du saut, sur une coupe de Chiusi”°.
1 Voyez Krause, ouv. c., 1, s. 181 fpg., 211 fos., 214 fog.
2? Eryxias , p. 399, À. (T. IX, p. 484, Ast.)
3 Axiochus, p. 867 , A. (T. IX, p. 404, Ast.). Il ne résulte pas clairement de ce passage que les sophronistes fussent attachés aux gymnases ; mais comme ils l'ont été plus tard , la supposition peut paraitre fondée.
4 Axiochus, p. 112, ed. Boeckh : éredèy dè eig rods épouse éyypaoy, noouyrys xal e6Bos yeipar x. tr. À. Dans d’autres éditions le mot xoufry: a été exclu du texte.
5 Contra Timarch., $ 12. (Oratt. 4tlic. ,t. UE, p. 254, Bekker.)
6 Voyez G. Ambrosch, Osservazioni intorno ai giuochi ginnici rappresentati sui rovesci delle anfore panatenaiche dans les Annali dell Inst. Arch., vol, V, p. 79.
7 De Witte, Cataloque Durand, 710, p. 242.
8 Décrit dans le Catalog. Durand , 721 , p. 244.
9 Mus. Chiusino, t. Il, tav. CXCV , reproduite par Krause, Gymnast., etc. , Taf. XVIII; fig. 56b. L’Archonte , que, chez Lucien ( De Gymnasiis 3), Anacharsis reconnaît à son manteau de pourpre, présidait, lui aussi, en ce moment à la lutte de deux pugiles. Ce personnage , appelé d’un nom générique par le philosophe scythe, était, selon toute apparence, le zymnasiar-
Les officiers préposés à l'instruction des jeunes gens, étaient les gymnastes et les pédotribes. Selon Galien ”, le gymnaste possédait la théorie de la gymnastique et ses propriétés physiologiques et en communiquait la connaissance aux élèves, tandis que les fonctions du pédotribe se bornaient à l'exécution mécanique des exercices. Cet auteur compare le premier au médecin qui prescrit les aliments en connaissance de cause, et le second au cuisinier qui prépare un mets, sans savoir l'effet salutaire ou nuisible qu’il produira. La manière dont Galien caractérise ces deux officiers s'accorde assez bien avec la définition qu’Aristote * nous donne de leur art. Les notions que nous trouvons dans Platon ‘ sont également conformes à celles du médecin de Pergame, en ce qui concerne le gymnaste ; mais l’accord cesse pour le pédotribe. Les écrits platoniques sont loin de nous montrer dans ce dernier une espèce d’homme-machine faisant exécuter les instructions du gymnaste. Au contraire, tous les deux nous apparaissent dans une position identique, également pourvus de connaissances médicales * et s’occupant d'exercices‘. On croirait même, au premier abord, que les deux noms
que (Van Dale, Dissert., NIIT, 1, p. 585 ; Krause, Gymnast., p. 182, 2). En effet la pourpre, marque du pouvoir suprême, ne permet guère de songer à un gymnaste.
1 'Tenés Ayo, I, 9 , IT ef passim.
2 Ilpèe @paoÜBourcy BiBAioy, rôrepey ire. ÿ yuuvacr., 43.
8 Polit., VIII, 8, p. 261, Gôttling : te ræpadbtéoy vod: raldas yuuyactixÿ xa roudorpiBixy. TobTey väpy pèy roidy Tiva out Th ÉËly ToD courtes, 4 dè à Epya
4 Gorg., p. 450, A. : odxoby xaù ÿ quuyacrmÿ rep Méyous ÉoT) rode ep) evEËluy re Toy couéroy na) xaxeËlay. Il faut rapprocher de ce témoignage de Platon , le passage suivant de Xénophon, son contemporain , Memorab., Il, 1, 20 :"Ers O8 ai pèy fadioupvixi xa) Ex vod Tapaypÿua Ydoyai oùTe cart edeËiay inaval sic Évepydbec Su © gui oi yuuyacrai.
$ Platon, dans plusieursendroits, met le gymnaste sur le même rang que le médecin : Legg. , XI, p. 919 , A. : rpë.... ÿ yuuvaory. Politic., p. 267, E. : yuuvaora) xa) rd t@y iarpëy yévo. Protagor., dy y vis Tomy vuuvactinds y ixrpèg @y. Cf. Legg., IL, 684. C.; Gorg., p. 484, A.-B., 517, E.; Politic., p.298, C. Mais il en fait tout autant pour le pédotribe : Crit. , p. 47, B.: 66 dy Tuyydyy inrpèc 4 radorpiBys ov. Rival., p. 134, E. : fatoù ÿ æadvrpiByy. Gorg., 504, E. : of Ep Tv cœua raudorpiBas te na) iarpoi, Cf. ibid., p. 452, A.; Poht., II, p. 889, C. : xx) weïgoy auépryua pÂoouEy ÿ xAuyoyTI rpès lat poy y Goxobyri rpùs rouderpilyy rep) Twy Tob aûroD ouate raSyui- TOY MY TAAYSY AÉVEIW.,
$ Plat., Legg., IV, p. 720, E. : xa2 yuuyacrÿs yuuvétw; Laches, p. 184, E. : 6ozis ruyydye Ürd raudorpiBy àyaSa reradeuuéyos xai yoxyxs. Cf. Criton , p. 47, A.-B.
n indiquent qu’un seul et même fonctionnaire. Il y a cependant une différence entre eux. Cette différence consiste, non pas tant peut-être en ce que le gymnaste appartenait aux gymnases et le pédotribe aux palestres *, que dans l’âge des jeunes gens dont ils dirigeaient les exercices. Cette manière de voir d’ailleurs n’est nullement inconciliable avec le témoignage d’Aristote que nous avons cité plus haut ; car le philosophe de Stagyre ne préjuge en rien les connaissances du pédotribe; il détermine seulement le but principal de son enseignement et de celui du gymnaste. La distinction de Galien semblerait concerner une époque intermédiaire, puisque, plus tard , les deux noms se confondirent *et que celui de gymnaste finit par disparaitre *. Un autre officier, que dans les derniers temps l’on confondit aussi avec le gymnaste et le pédotribe, c’est l’alipte *. Il ne semble pas toutefois que l’on doive chercher sa présence sur les vases de Vulci. Aristote est, que nous sachions, l’auteur le plus ancien qui fasse mention de lui. Ses fonctions consistaient à présider aux frictions que les jeunes gens se faisaient avec de l’huile avant de commencer leurs exercices , et, en outre, à régler leur nourriture. Or un passage d’Aristophane donnerait à croire que, du temps de cet écrivain, le premier de ces soins rentrait dans les attributions du pédotribe *.
D’aprèsles considérations qui précèdent, nous croyons pouvoir avancer que sur les vases de Vulci, les surveillants des exercices gymnastiques sont des gymnastes ou des pédotribes. Mais comment distinguer
1 Platon cite deux fois un pédotribe attaché à une palestre : Lysis, p. 207, D.; Gorg., p. 256, E. Cf. Æschine, contra Timarch., 10 (Bekker, Oratt. Att., 1. IT, p. 2538). Mais Antiphon, d’un autre côté, parle d’un pédotribe en fonction dans un gymnase , Terpxhoy. B. «. y (Oratt. Att.,t. L, p. 26 et 30.)
2? Pollux, II, 153; VIT, 17. Libanius, drèo roy dpyeorwv, t. III, p. 886 sq., Reiske. Cf. Van Dale, Diss., VII, 6, p. 693; Krause, Gymnashk., s. 230 (27).
3 Voyez Krause, Gymnastik., s. 220.
4 Schol. ad Plat. Lys., p. 207, D.; Hesychius, v. zædorpiBn , t. Il, p. 888 ; Suidas, ead, v. t. IH, p. 67. Le même Hippomachus est appelé gymnaste par Élien (Var. Hist., I, 6)et Alipte par Plutarque ( Dion. , c. 1).
5 Ethic. ad Nicom , I, 6, 7.
6 Equit., v. 4938-95 , Invernizi.
Tom. XVI. 2
les uns des autres? Là git la difficulté réelle. Nous sommes réduits pour cette détermination à nous laisser guider par de simples apparences , et par conséquent nous n'avons rien à espérer au delà de la vraisemblance. La règle à suivre, nous semble-t-il, c’est d'adopter le nom de pédotribe toutes les fois que les jeunes gens soumis à la surveillance paraîtront appartenir au premier âge ; dans le cas contraire, de se servir de celui de gymnaste, dont on a été jusqu'ici trop avare, tout en prodiguant trop l’autre. Sur la coupe dont les dessins accompagnent ce mémoire, nous ne balançons pas à reconnaître des pédotribes et des palestrites. Mais il est à remarquer que le pédotribe de la peinture de l’intérieur, quoiqu’ayant les mêmes attributs que les autres, semble cependant par l’âge se rapprocher davantage des palestrites. On rencontre sur un grand nombre de monuments céramographiques des jeunes gens vêtus d’un manteau et portant un bâton ou une baguette fourchue. Nous sommes disposé à voir dans ces personnages des palestrites plus avancés que les autres en àge et en instruction, et chargés de faire l’office de répétiteurs *; ce sont peut-être les mêmes qui, dans des inscriptions des derniers temps *, sont nommés sous-pédotribes (ürerudbrpiBu). Le pédotribe ne se bornait pas à enseigner oralement aux jeunes gens la théorie des exercices, quelquefois, pour leur rendre le précepte plus intelligible par exemple, il y prenait part lui-même. Ce fait ne nous est pas seulement attesté par Aristote *, nous pensons en trouver la confirmation sur plusieurs monuments de l’art *.
1 Catalogue Durand, n° 712 et 713, p. 243 ; n° 746, p. 250. De La Borde, Vases de Lamberg , EL, 1, pl. 7, reproduit par Krause, Gymn., Taf. VIT, fig. 19. Dubois Maisonneuve, Zntroduct. à l’étude des vases peints, pl. VI, a. Chez Krause, Taf. XII, fig. 43h, Catalogue étrusque, nos 174 et 176, p. 105 sv.
? C'est ainsi qu’à Lacédémone le pédonome était aidé dans la surveillance des enfants par quelques éphèbes. Xénoph., Lacedæmon. Respubl., e. 2, À 2 : £doxe d'adro (raudbéue) «ad ro #BdyTroy pactiyogipous , Or TIMGpOTE 0TE déc.
3 Boeckh, Corp. Inscr. Gr., vol. I, 279. Cf. sbid. , 255 et 265.
# Polt., UE, 4, p. 82 : o2d8v yo oder rd raudorpiByy va Toy yuuyabouéyoy Énor eva xai aûtéy, et quelques lignes plus bas : 6 à r@y vuuvatouéyoy ete viverar mouidorpiBye &v.
* Combat de deux pugiles, l’un barbu et l’autre imberbe , sur la ciste Peter (Gerhard, £truhische Spiegel, 1, Taf. VI, 1, s. 22). Deux lutteurs, l’un barbu et l’autre imberbe, sur une am-
Les pédotribes de notre peinture sont vétus du tribon, qui est le costume ordinaire de tous les officiers des gymnases, avec la seule différence qu'une bordure de pourpre distingue le manteau des officiers supérieurs . Pédotribes et palestrites ont tous, à l’exception des deux lutteurs et d’un des pugiles *, le front ceint d’un bandeau. On trouve le même ornement sur beaucoup de vases peints à sujets analogues. Sur d’autres il est remplacé par une couronne *. Un attribut . commun à tous les préposés de gymnases, c’est un long bâton ou sceptre (c«8dx), indice de la domination. Celui que portent les pédotribes sur la coupe dont nous nous occupons, a la forme d’une béquille. Nous ne sachions pas toutefois que cette forme, qui se rencontre assez rarement, ait une signification particulière. Les gymnastes et les pédotribes ont de plus un attribut qui leur est propre : c’est une baguette fourchue et flexible (on, lys *) dont ils se servent pour frapper les jeunes gens qui ont commis quelque faute. Le plus souvent les artistes ne les représentent qu'avec l’un ou l’autre de ces attributs. Deux pédotribes de notre peinture sont armés à la fois du bâton et de la baguette ; le troisième porte la baguette seulement.
Anciennement * les athlètes ne combattaient pas entièrement nus : ils avaient une ceinture liée autour des reins °. Dans la XV° olympiade
phore du Musée de Berlin (Krause, Gymn., Taf. XI, fig. 40°). Un pédotribe (co«piorixés) nu au milieu de jeunes garcons, prenant part au jeu de balle. ( Description des bains de Titus, pl. 17 , reproduit par Krause, Taf. VI, fig. 1b.)
1 Lucian., De Gymnas., 8. Dans les jeux publics, les hellanodices portaient également la pourpre. Etymolos. M. voc. ‘Eaazvodé, p. 800, ed. Lips. Cf. Ambrosch, ouvr. c., p. 79.
2 Les premiers par la raison sans doute que le bandeau ne convenait pas à la lutte ; quant au pugile , c’est ou un oubli du peintre, ou qu’il est supposé avoir perdu le sien dans le combat.
3 La couronne sur la tête des palestrites n’est pas toujours un signe de victoire : ils avaient coutume de se couronner aussi aux Jours de fête. Plat., Lysis , p. 206, E : eiseASdyres dE xarehd- Bouer adTdSs reSuxôTas Te rod maidas nai Tù rep} Tà iepéla cyEdby Ti ydy reroypuéva , aorpayaMoyrés TE d'y HO KEXOTUYHÉVOUS ATOUT Ares. CY dy ka 0 AÜdI, Yy Kai EloTnel Éy TOÏs Tai TE Ka vEayiTRoIs ÉCTEpAYWÉYOS.
4 Phot., Leric., voc. Aüyo:, p. 171. Hermann. : #4) ai méoriyes, ai oi 4SAyra) Térroytæ, Adyot xu}oUYTüL.
5 Cf. Homer. , Zhad., XXIIL, 683-685 et 710.
6 Zoux, diétoux, repièoux. Voyez Bloomfield ad Thucydid., 1, 6,5, P. HI, vol. [, p. 80, ed. Poppo.
le mégarien Orsippus étant entré dans la lice à Olympie avec sa ceinture, la perdit en courant; mais il n’en continua pas moins sa course et remporta le prix. Après cette aventure, tous les coureurs laissèrent ce vêtement incommode et descendirent nus dans l’arène. Mais les autres athlètes, pour lesquels la ceinture était moins embarrassante, la conservérent encore plus de deux siècles *; car il résulte des témoignages de Platon * et de Thucydide ‘, que l'usage de combattre nu n’était devenu général que peu de temps avant ces écrivains. Cet usage ne se borna pas aux jeux publics, il s’'introduisit également dansles gymnaseset les palestres ; c’est même sur ces établissements que porte principalement l’observation de Platon. Il est probable cependant que l’on continua à se servir de la ceinture dans les exercices pour lesquels elle offrait moins de gêne : c’est par cette raison que sur notre peinture nous la voyons au palestrite armé d’une pioche”. Les vases de Vulci, tant panathénaïques que autres, nous montrent les athlètes nus; ce fait s'accorde bien avec l’âge que Von attribue à ces monuments °. |
Dans l’examen des divers exercices figurés sur la peinture extérieure de notre coupe, le premier qui fixe notre attention est celui de la lutte. (Voy. PI. L.) Nous remarquons deux palestrites aux prises en présence d’un pédotribe. Nous savons par le témoignage de Pausanias ” qu'aux
l Pausan. , 1, 44, 1, tb. , Siebelis, p. 153 sq. Schol. min. et Venet. ad Zhad., XXII, 683, p. 621. Bekker. Eustath. , ibid., p. 1324, 12. Rom. , t. IV, p. 816. Lips. Schol. Thucyd. , /. c., p. 180. Poppo. Etymol. m. voc. vuuväoix , p. 220. Lips. , Corp. Inscr. Gr., vol. I, n° 1050. Zb. Boeckh , p. 554 sqq. Cf. Krause, Olymp.,s. 339 fus.
? Pour ce qui regarde l’époque de l’introduction de la nudité des athlètes dans les jeux publics , M. Boeckh (7. c. , p. 555. Cf. O. Müller, Zandb. der Arch. , 336 , 2, s. 465. Auso. , 2), à notre avis, a eu raison de distinguer les coureurs des autres athlètes, et nous croyons que c’est à tort que MM. Krause (Gymnastih, 1, s. 405. Voyez cependant cbid., p.360, 1 ) et Becker (Charikles,\, s.816) persistent à admettre cet usage comme général depuis la quinzième olympiade.
3 Polit., N, p. 452, D.-E.
5 Il semble que ce soit sa chlamyde nouée autour de son corps. Un vase de Chiusi nous montre également la ceinture portée par deux éphèbes occupés à faire l'exercice du saut. Mus. Chiusin., t. II, Tav. CXXIV. Chez Krause, Gymn., Taf. IX°, fig. 255.
5 De l’olympiade LXXIV à CXXIV, d'après M. Gerhard, Rapporto Volcente, p. 98 seqq. et 112.
TUV1512852;
jeux publics le sort désignait parmi les athlètes du même âge et de la même espèce ceux qui combattraient ensemble; mais nous I911OrOnS comment la chose se pratiquait dans les gymnases. Il est probable que le soin d’apparier les jeunes gens appartenait aux gymnastes et aux pédotribes. Peut-être qu’une fois réunis, les palestrites le demeuraient toujours à avenir : ce qui faisait naître entre eux des liaisons d'amitié. Notre supposition expliquerait les expressions go 222 ouvernBa , ofhot nai ouvcréa, Qui se rencontrent dans des inscriptions de l’époque romaine *. Les anciens connaissaient deux espèces de luttes, la lutte droite (305 räln ), dans laquelle les deux adversaires combattaient debout et qui se terminait par la chute de l’un d'eux; et la lutte renversée (nds, üuos"). Celle-ci n’était qu’une continuation de la première ; elle avait lieu dans le cas où l’un des lutteurs, ayant entrainé son adversaire dans sa chute, ils luttaient de nouveau couchés sur le sable jusqu’à ce que l’un d’eux eût contraint l’autre à s’avouer vaincu (éreyopetew). Les monuments de l’art n’offrent pas, que nous sachions, d'exemple incontestable de la lutte renversée; car le petit nombre de ceux * où l’on croirait la reconnaitre pourrait bien ne représenter que la fin de la lutte droite. Resterait à
1 Corp. Inscr. Gr., 266 et 268 ; Zb., Boeckh, p. 372.
2? Plat., Legg., VIT, p. 796, A. : ä7 603% ray. Lucian, Lexiphan., 5, épSoréay &xpÿro Dans cette espèce de lutte il fallait ordinairement qu’un des combattants eût renversé trois fois son adversaire pour être proclamé vainqueur. Voyez Schol. ad Æschyl. Eumenid, 589. Suidas, V. TpixySÿvar. Seneca , De Beneficiis , V, 3 : Luctator ter abjectus perdidit palmam. Cf. Krause, Gym. u. Agon., s. 424 (5).
3 Hippocrat., De Diæta , Il, 11.
4 Plut. Sympos., Il, 4, p. 638, G. dAA& réys xal rayupariou rà rep} Ts xuAice. Feu O. Müller semble ne pas vouloir admettre l'existence de la luite renversée. Voyez Handbuch der Arch. , 6423, 3. s. 682.
5 Une coupe de la collection du prince de Canino , 1645. (Voyez Ambrosch., /. c., p. 77, 2.) Un groupe chez Kraus, Signorum vet. icones, Tab. X, reproduit par Krause, Gymnast. und Agon., Taf. XI, fig. 81b. Enfin le célèbre groupe des lutteurs dans la gallerie de Florence, ( Gallerie de Florence, vol. Il, 15, 4). Quant à ce dernier groupe, nous partageons l'avis des antiquaires qui y reconnaissent des pancratiastes. La main à demi-fermée de l’un d’eux , nous semble accuser l'intention formelle de l’artiste de distinguer ce combat d'avec la lutte renversée. Il est connu que c’est la conformation que les pancratiastes donnaient à leurs mains en combattant. Voyez les autorités alléguées par Krause , Gymn. und Agon., 1, s. 545 (8).
apprécier toutefois jusqu’à quel point l’équivoque que nous supposons entrait dans le faire des artistes anciens. C’est cette même lutte droite que nous voyôns figurée sur notre peinture.
La lutte était de tous les exercices gymnastiques le plus savant et le plus compliqué‘. On peut la regarder comme le triomphe de la souplesse et de la ruse sur la force matérielle *. Les mouvements d'attaque et de défense otfraient la plus grande variété. Les auteurs'anciens, et principalement les lexicographes *, ont conservé un bon nombre de termes consacrés à exprimer divers de ces mouvements, mais la signification de quelques-uns demeure entourée d’obscurité pour nous. Les monuments de l’art, surtout les vases peints, nous reproduisent également et d’une manière beaucoup plus palpable plusieurs de ces poses. Les lutteurs, mis en présence l’un de l’autre, commençaient par s’écarter les jambes afin d’avoir le pied ferme, courbaient le corps en rentrant la tête, et, après s'être observés “, engageaient la lutte en s’empoignant réciproquement par les bras . C’est cette action, appelée par les Grecs dass, que nous voyons figurer sur notre coupe. Elle présente ceci de particulier, que le palestrite à gauche du spectateur, plus adroit que son antagoniste, lui a saisi les deux bras et cherche à le tirer en avant (äræye») et à le jeter à terre. Ce premier mouvement pourrait cependant n'être qu’un acheminement pour arriver à se prendre au corps ; car, sur d’autres représenta-
1 Plutarch. , /. c., D. : Aéyoy Éqer tepviméraroy xa) rayoupyôtatoy Toy aSAyudroy Ty rédyy oboay aux La) TPECHÜTATOY Eva.
2 'Eureipla Tÿy dypoxoy lo dy xuracooisaodæ, comme s'exprime Héliodore (Æthiopic., c. 81) à propos de la lutte de Théagène, le héros de son roman, avec un athlète éthiopien d’une structure et d’une force prodigieuses , et de la victoire du premier sur son terrible adversaire.
3 Plutarch. , Z c., F.; Pollux, IL, 155 ; Hesychius , v. HpooBoaf , t. II, p. 1042.
4 Ce moment d'observation mutuelle est représenté d’une manière gracieuse sur une pierre gravée offrant la lutte de deux enfants en présence d'un pédotribe, Gallerie de Florence, W, 25, 1 ; chez Krause, G. w. 4., Taf. X, fig. 29. Un bronze d'Herculanum ( Bronzi d. Ercol., t. VI, tav. 58 ; chez Krause, Taf. XI, fig. 35) nous montre également un lutteur dans la même position. Si, comme le suppose M. Krause (s. 458, n. 20), c'était un discobole, qui vient d’avoir lancé son disque de la main droite, ce serait la jambe gauche et non la droite qu’il devrait porter en avant.
5 Voyez les deux lutteurs sur la coupe de Nicosthènes, au musée de Berlin ; chez Krause, Taf. XVIIE, fig. 14.
tions analogues , les adversaires ne se tiennent plus par le bras que d’une main , et portent la seconde main déjà sur l’épaule l’un de l’autre. Dans cet état, ils luttent ordinairement avec le front à la manière des beliers *. On remarquera que l'artiste a su mettre beaucoup de vérité dans la pose de ces deux lutteurs : celui qui veut attirer son adversaire à lui et le renverser, se lève sur la pointe d’un pied, afin de mieux prendre son élan , tandis que l’autre, qui craint ce coup, appuie fortement les deux pieds sur le sol.
À droite du pédagogue qui assiste à la lutte, nous voyons un palestrite portant une pioche et se retournant vers un autre palestrite placé derrière lui. On croirait à la première vue que celui-ci veut attacher à l’un des bouts de la pioche, la corde qu’il a dans les mains : dans ce cas, il faudrait supposer que le palestrite qui se trouve de l’autre côté de l’anse de la coupe (pl. Il), attachera également sa corde à l’autre bout de la pioche, et qu’alors s’engagera une lutte entre les trois jeunes gens, les uns tirant dans un sens et l’autre dans le sens opposé. Mais un pareil exercice ne nous paraïitrait pas plus fondé en raison qu'il ne l’est en autorité. Du reste, nous n’avançons cette hypothèse que pour en montrer le peu de vraisemblance et empêcher qu’on ne nous l’oppose. A notre avis, le palestrite avec la pioche doit être pris isolément; et il suffit d’un peu d’attention pour se convaincre que, malgré les apparences, l’exercice auquel il va se livrer n’a rien de commun avec l’objet dont s'occupent les autres. En effet, tandis que ceux-ci se tiennent debout à la même place, lui s’avance et s’éloigne d’eux. Les jeunes gens se servaient de la pioche dans les gymnases et dans les palestres pour remuer le sable. Cet exercice * avait pour but de leur fortifier les bras ;
1 Peintures archaïques sur un vase de la collection de feu le duc de Blacas (Panofka, Musée Blacas, pl. Il); médailles de Pisidie et de Pamphilie ({ Mionnet, t. VII, pl. 8, 57, n°8, 6; Krause, Taf. XII, fig. 86, 37); bas-relief du musée du Vatican ( Visconti, Museo Pio-Clement, vol. V, tav. XXX V)
2 Lucian., De Gymnas., 1 , dSoboi te dAAAoU: ouyveveuxôres na Tà méTora ouyapérrousy @orep ci XpI0É
3 Festus, voc. Rutrum, p.262, 21, ed Müller : Rutrum tenentis juvenis est effigies in Capitolio ephebi more Græcorum harenamn ruentis, exerciTarionts gratia , quod signum Pompeius Bi-
aussi il était, parait-il, pratiqué surtout par les pugiles *. Mais , outre cela, la pioche pouvait avoir d’autres usages. Ainsi rien n'empêche d'admettre ‘qu’on l’employait dans les exercices du saut pour faire un trou dans la‘ terre, afin de marquer l’espace que chacun des concurrents avait franchi *. Peut-être indiquait-on de la même manière l'endroit où le disque s’arrêtait *. Une coupe de la collection de M. le comte de Pourtalès nous offre la représentation tout à fait smeulière de deux éphèbes munis de baguettes légères avec lesquelles ils frappent sur cet instrument fixé dans la terre *. Une concession que nous ne saurions faire toutefois, c’est que les figures armées de la pioche sur les vases peints renferment une allusion au pentathle ou au moins à l'exercice du saut *. Nous sommes persuadé que partout ailleurs, de même que sur notre coupe, ces figures n’indiquent que l'exercice préparatoire dont nous avons parlé plus haut. Les artistes n’avaient que cette seule manière de figurer l'exercice en question. Concçoit-on dès lors qu'au risque d’être mal compris, ils l’aient appliquée à un des jeux du pentathle, pour la désignation desquels ils possédaient des signes caractéristiques particuliers.
thynicus ex Bithynia supellectilis regiæ Romäm deportavit. Théocrite (IV. 10) nomme cet instrument cxardyay , mot que son scoliaste explique par déxeañz, cxavbov. Cf. Welcker, Zestschrift für Gesch. und Ausl. der alien Kunst, s. 257; Rhein. Museum für Philolog , 1, s. 77; Gerbard , Rapporto Volcente, p. 158 (467) ; Od. Müller ad Fest. , [.l., p. 263.
1 Une amphore du Musée de Berlin offre. sur sa face principale un pugile , et au revers une figure nue tenant une pioche de la main droite. (Ce revers est publié par Krause, Taf. XVIII, fi. 66k,
* Woyez Dissen ad Pindar., Vem., V, 20 ,t. IL, p. #16 sqq. ; Krause, Gymn. u. Agonist., I, s. 394; Müller, ÆZandbuch der Arch. , ( 428,3, s. 681.
3 Sur la peinture intérieure d’une coupe de la collection Durand (Catalogue Durand , n° 710), on voit une pioche devant un discobole nu. On retrouve le même instrument à côté d’un discobole sur une autre coupe de la même collection ( Catalog., n° 257), ainsi que sur une troisième de la collection du prince de Canino ( Catalogue étrusque, 88). CF. une hydrie (ibid. , 171) où le discobole semble sauter (?) par-dessus la pioche et où l’on aperçoit en outre deux haltères.
4 Voyez De Witte , Catalog. étrusque , 38, not. 2, p. 18.
5 Les partisans de cette opinion devraient bien expliquer pourquoi, sur notre coupe ainsi que sur celle qu'a publiée M. Inghirami (Monum. Etruschi, t. V ; P. IL, pl. LXX), le porteur de la pioche ne se trouve pas à côté du palestrite qui tient les haltères , ou au moins quelle nécessité il y avait d'indiquer deux fois l'exercice du saut.
Maintenant que signifie la corde dans les mains des deux palestrites, lesquels sont censés être l’un à côté de l’autre, puisqu'ils ne se trouvent séparés que par une des anses de la coupe ? Après beaucoup de recherches inutiles, nous n’avons que des conjectures à apporter pour solutions à cette question. La manière dont ils tiennent cette corde ne permet guère de songer au saut à la corde, jeu sur l'existence duquel nous ne possédons aucun témoignage écrit, mais dont un petit bronze, comme on le présume, nous a conservé le souvenir ‘. Les auteurs anciens * font mention d’un jeu appelé Xuorw%, ou simplement &xorswd *, dont celui qui portait le nom de curé constituait une partie ou plutôt un mode *. Voici en quoi ce dernier consistait : on plantait un poteau de la hauteur d’un homme et percé d’un trou au sommet, pour y passer une corde. Deux concurrents s’attachaient dos à dos aux deux bouts de cette corde, et chacun faisait des efforts pour entrainer son antagoniste jusqu’au sommet du poteau; celui qui parvenait à ce but était vainqueur. Une pierre gravée de la galerie de Florence ”, nous montre probablement un autre mode du même jeu : deux bâtons sont attachés aux bouts d’une corde; deux athlètes nus, placés en face l’un de l’autre, tiennent, chacun, des deux mains lun de ces bâtons, et tirent en sens opposé. Ce jeu durait probablement jusqu’à ce que la corde se rompit ou que l’un des antagonistes lâächat le bâton. Nous conjecturons que les cordes que portent
1 Grivaud de la Vincelle, Recueil de monuments antiq. découverts dans l’ancienne Gaule, p. 208 sv., pl. XXIIT, 1. Cf. Müller, Æandbuch der Arch., 1. c. |
? Plat., Theæt., p. 181, A.; Pollux, IX, 110, 112; Hesychius, voc. AEhavoriydn, À. I, p. 982.
8 Les commentateurs de Pollux, /. c., nous paraissent avoir eu raison d'attribuer à ces deux mots la même signification. M. Krause(Gymn. und Agon., 1, s. 323) aurait bien dû nous faire connaître les motifs pour lesquels il leur prête un sens différent; car le passage d’Eustathe, cité ci-après (note 4), n’autorise pas plus cette distinction que la synonymie de ‘EAxvoréydu et cxaTÉpdu.
4 Eustath. ad Homer. , Z/., P. 389, p. 1111, 22. Rom., t. IV, p. 27. Lips. : # éaxuoriydu Reyouéyy raudit, ÿe mépos na) Td oxaréoduy Éduel, 0 rep vowDréy quoi ÿy. TA. Hesychius, voc. cxxr. , t. Il, p. 1202; Phot., Leric., ead. v., p. 362. Hermann : doxidbe yüp Exrerpyuéyys cooivioy disxBx- Adyres rpocémrouciy Tos veuyioxois. Ka) 6 rporayayèy Tps Tÿy donidu td ÉTEpOY VIX.
5 Galerie de Florence, vol. IV, 40, 2. Chez Krause, Gymn., Taf. VI, fig. 1°. Tou. XVI. 3
les palestrites de notre peinture, doivent servir à une troisième variante du jeu de läxvorivde. | $ Le milieu de la peinture, qui orne, à l'extérieur, l’autre côté de la coupe (#07. pl. IL), est occupé par deux pugiles et par un pédotribe qui surveille leur exercice. Le pugilat, comme la lutte, formait un art particulier, ayant ses règles et ses subtilités. La supériorité du pugile consistait à savoir porter à son adversaire des coups de poing vigoureux, tout en esquivant les siens ‘. On remarquera que les deux palestrites de notre peinture ne posent qu’un pied ferme à terre et se dressent sur la | pointe de l’autre ”. Cette position a pour but de donner plus de poids et de vigueur au bras avec lequel ils frappent *. Ordinairement on attaquait avec le bras droit et l’on se protégeait avec le gauche : toutefois un habile pugile devait savoir se servir aussi bien de l’un que de Pautre *. Ici l’un des adversaires frappe de la main droite et l’auire de la gauche; car les bras qui se croissent sont évidemment ceux avec lesquels ils tâchent d'empêcher leurs approches mutuelles. Il paraitrait que l’un d'eux a pris une mauvaise position , puisque le pédotribe avance sa baguette et un pied pour la corriger. C’est peut-être cette fausse position qui a engagé son antagoniste à attaquer de la main gauche. Nous disons attaquer, quoique, malgré sa main fermée, il ait plutôt l'air de se tenir sur la défensive. C'était aussi une manière de combattre des pugiles que de se borner à parer le coup de l'adversaire, sans en porter soi-même, et de le vaincre en le fatisuant *. Nous devons faire observer encore que le palestrite
1 Platon, Pohit., 1, p. 334, A.-B. : © ruréËus tiyéraros; Plutarch., Sympos., Il, 5, 2 : or, TUY Léy ëori uiuyua ryyÿs xa) oudarÿs. Cf, quelques autres textes encore cités par M. Krause, Gymn. u. Agon., 1,s. 512, 1.
? ILsuffira de rappeler ce vers de Virgile (Æn., V, 426) que tout le monde connait :
Constitit in digitos extemplo arrectus uterque.
% Cela n’est vrai pourtant que de l’un d’eux; car celui à gauche ne parait lever le pied que parce qu’il amène un peu son corps en avant.
4 Plat., Legg., NIE, p. 795, B. C. : xaSérep yäp 0 reAéws rayupério) Yoxyré: , ÿ ruvuhy, ÿ rÜAYy, ox dd pèy Toy dpiorepéy Gdbyarés ÊcTI mÉYEOSA , valves À ka) EpéAxeTu TAEMMENSY , OméTay aÛTd Tic meTaBiBitoy ri Sérepx dyavxdey ditrovétr.
5 Eustath., ad Iliad., Y, 654, p. 1822, 29. Rom. (t. IV, p. 314, Lips. ) : #7 vo 6; x? rAio-
de droite frappe avec la main ouverte; cela s'appelait #poyapitesSe ‘et se pratiquait dans lesexercices du pugilat, où les antagonistes s’épargnaient mutuellement sans doute, autant que possible, d’inutiles douleurs. ILest probable que, dans le principe, le pugilat se pratiquait avec les poings entièrement nus; mais bientôt on se servit d’une espèce de gantelet * formé de lanières de cuir lisses et légères, qui se croisaient en divers sens au tour de la main et du poignet * en laissant à découvert le pouce ainsi que les deux dernières phalanges des doigts, de façon qu'ils pussent se replier et former le poing. Le nom de mailiques (uaiiyx) donné dans la suite à ces cestes, prouve qu’en même temps qu’ils protégeaient les mains, ils contribuaient plutôt à amortir et à adoucir les coups qu’à les rendre plus vigoureux et violents. Quand, plus tard, dans les jeux publics, non-seulement on fit usage de courroies dures et non unies, mais qu'on les renforça encore par des morceaux de divers métaux, on conserva toujours les miliques pour les exercices des gymnases. C’est par cette raison quelles se rencontrent sur notre peinture, ainsi que sur plusieurs autres monuments céramographiques semblables. Dans les exercices, on remplaçait aussi les cestes par des pelotes de forme sphérique (soaïcor , érisouca), que l’on attachait aux mains avec des courroies et qui,
roy éritydeuua ruyuäycy Tù Tr? roAd durée avarerauévas yepoiy. Kai tiva mÜûnTyy ‘Apioteidys ÉTavel OT: déxaprépel, Tor dyrirdhoy our repryiyôueyos. CE. Krause , ouv. c., I, s. 510 , 8. Sur le vase précité du musée Blacas (pl. II), dans le combat du pugilat en présence de deux agonothètes , le pugile de droite se tient aussi momentanément sur la défensive. Cf. d’autres scènes de pugilat, chez Gerhard , Antike Bildwerke, 1, 1, 7, et dans le Mus. Chriusin., t. Il, tav. LXXX VII.
1 Suidas, voc., t. 1, p. 95 : ’Axpoyerp{èeoSæ ruxreew ÿ rayxpatidèes mpèc Erepoy dyeu cuurAoxÿe. ÿ GA dxpaus Tail: pepoi mer &ndou yuuydteogar. Philostratus, De Gymnastica, p. 12, 13, ed. Kayser : rÜxTa JÈ ARPOVEIDITÉT TRY.
2 Nous donnons la description des miliques en combinant les deux textes suivants : Philostratus, De Gymnastica, ap schol. Plat. , I, p. 338, C. (p. 22, ed Kayser) : ruywy dè rà rply ècxeudero obrax. Eis oTpéguoy, 0 Éori orpoyqbioy Yovéploy ol técoupes Tüy duxrüncy éyeBiBéboyro, wa Ürepé- Bahdoy rod orpoplou rosobroy , Gocy , ei cuvayowro, mdË eva. Éuvelyoyto dè Ürd celpäs, y xaS rep Epelcua éBÉBAyyto êx Tod ryxeos. Pausanias, VIIL, 40, 8 : Taïe gerMoous Ets ÉmÜnTeuoy , Urd Td xoŸ)oy déoytes Tic XEIPdS, 1va oi déxrudo pic àrokeiroyta vuuvoi oi dè êx Bosias Que udyres Aertol Tpérey Tivà dpyaiey Er EVUÉYOI d\' aAGAEY où ai MEL VI.
3 Philostrate avance que les lanières étaient retenues par un cordon attaché au coude, êx roù rhyeux. Nous croyons, en nous fondant sur les monuments figurés, devoir entendre ici rfxv: dans le sens de poignet ou d’avant-bras.
destinées à habituer les bras à combattre avec les cestes, n’en avaient ni la pesanteur ni la dureté ‘. L'exercice du pugilat avec cette armure s'appelait GoapOpay La *
En arrière du pédotribe qui préside au pugilat , un éphèbe, qui y assiste comme spectateur, lève la main droite en signe d’étonnement ou d’admiration. Les instruments que ce palestrite tient dans la main gauche indiquent que lui-même va prendre part à un autre exercice. Ces instruments en eflet sont deux haltères (äxñps), espèce de contre-poids ou balancier qui servait à l’exercice du saut. Nous connaissons mieux les diverses formes de l’haltère par les monuments figurés que par les écrits des anciens. Pausanias * en décrit une espèce qui figurait un ovale coupé en deux dans le sens de sa longueur: au milieu se trouvait un trou où l’on passait la main pour le tenir , comme dans le manche d’un bouclier. Mais cet auteur ne nous dit pas si ce sont les mêmes haltères que, dans deux autres endroits de son ouvrage * il qualifie d’archaiques. Un seul monument nous montre des haltères conformes à la description de
1 Plat., Legg., VIT, p. 880, B. : Kai @s éyyÜrara rod ouoiou léyres dyti luay Toy cpuipas ay mepiedoümea, Cros ai rAyyai te La) ai Tüy rAyyoy ebAiBeur dieuederüyro eic Tù duyarèv ixayos. M. Krause ( Gym. u. 4g., 8. 105, 10.) prétend que ces sphères offraient également beaucoup de danger, et il fonde son assertion sur ce que Platon ajoute quelques lignes plus bas, p. 831, À. : Ka? d} xai rios GroSayéyros obrex xrA. Mais ces mots ne se rapportent pas , dans ce qui précède, à cpægoux- «ét, mais seulement à Boxe @ éyyürara Toy dySoy yocuméyous Üroxwdüyos Békecw. Nous pensons que c’est la même arme dont parle Plutarque ( Polit. prœæcept., ce. 82, p. 825, E.) : Ty xèy vüp y vol, rahuiotTpuis dagayouéyoy Éricpipos rEpidéouat Tüs élpac, Oro els dyYkeo Toy ÿ due uyÈy Ex- TITTY , Maharÿy Éxouca Ty ryyÿv ka &Avroy. Selon M. Krause (s. 506. Cf. Schneider, Lexicon, voc. codiox ) l’êricgay serait une enveloppe dont on recouvrait les sphères. Mais, dans ce cas, il eût été beaucoup plus simple et sans nul doute plus commode de se servir de sphères plus molles. Une preuve que ce mot ne signifie pas nécessairement ce qui se trouve au-dessus d’une cecipa, c’est qu'il est employé par Polybe (X, 20 , 3) pour indiquer des boules de cuir dont on armait les javelots pour l'exercice, tandis que cet historien, dans le même passage, se sert du verbe simple coxp& dans le même sens : ro: écpapouéyos ypécgns duoyriqes. Cf. Ecgapouéya duéyrix ap. Xenoph., De Re equest, NII, 10.
2? Pollux, III, 150. Nous croyons reconnaître une sphéromachie entre deux palestrites sur
une peinture de vase publiée par Inghirami, Wasi Fittili, Gent. III, tav. 232. Chez Krause, Taf, XVIIE, fig. 67h.
PV 20 is:
Pausanias: c’est une peinture de vase de la collection d’Hamilton '. Une espèce qui se rencontre fréquemment sur les vases peints et sur les pierres gravées, est celle qui a les extrémités épaisses et arrondies, et le milieu par où on les tient mince et échancré *. La forme que présente notre pemture se distingue des précédentes, et pourrait se comparer à celle d’un hachoir ; on la retrouve sur plusieurs autres monuments céramographiques *. Nous connaissons encore deux autres espèces d’haltères : les uns sont ovales et probablement plats “; les autres offrent la forme d’un carré oblong : ce sont ceux de notre coupe, moins les manches *. Ces haltères n’avaient pas de trou pour y passer les doigts, mais peut-être une légère arèête seulement pour les empêcher de glisser de la main. Philostrate, dans le fragment de son traité sur la gymnastique qui a été mis au jour tout récemment, établit une distinction entre les haltères longs (up) et les haltères sphériques (cupodie), ajoutant que les uns exercent les épaules et les mains, et que les autres exercent en outre les doigts *. Nous pensons que par haltères longs, il faut entendre ceux auxquels nous avons accordé la seconde place dans notre énumération, et que la dénomination d’haltères sphériques (plutôt de
1 Tischbein , nc. vas., vol. IV, pl. 48. M. Krause (I, s. 389) à reconnu avant nous l’accord de la forme des haltères de cette peinture avec la description de l’auteur grec. Voyez cette forme sur notre pl. III, 1.
? Voyez notre pl. INT, 2, où un haltère de cette espèce est reproduit d’après Hancarville, {ntrquités étrusq., gr. et rom., du cabinet d'Hamilton, \, pl. 124.
3 Nous ferons remarquer , comme une singularité, que, sur une peinture de vase publiée par M. Krause (Taf. IXb, fig. 254), deux palestrites portent des haltères dont l’un a la forme de hachoir, et l’autre est arrondi aux deux bouts et échancré au milieu. Il est possible toutefois que cette différence provienne de la négligence du peintre.
4 Sur une coupe du musée de Berlin, publiée par M. Krause, Taf. IXb, figg. 25b et 25c, Voyez notre pl. HT, 8.
5 Peinture de vase publiée d’après un dessin de Tischbein , par M. Welcker, Zeitschrift für alt. Kunst, Taf. VI, 29. Voyez notre pl. IT, 4.
6 Phailostratei lib. de gymnastica quæ supersunt nunc primum ed. G. L. Kayser. Heidelberg. 1840, p. 16, 48, sqq. — A notre avis, M. Krause (Gym. Vorrede, s. XXVII) se trompe en voyant dans le même passage une seconde division en haltères légers (xoDpor ) et pesants ( Bupé:). Ces adjectifs ne se rapportent aucunement aux haltères. Nous devons nous borner à cette observation, ne pouvant entrer ici dans la discussion du texte grec.
forme lenticulaire) s'applique non pas à l'espèce décrite par Pausanias, comme le conjecture M. Kayser ”, mais à celle dont il a été question en quatrième lieu. Enfin Pollux fait mention d’haltères ayant la forme de sacs ou bourses ?. Ces instruments étaient ordinairement en plomb *.
Les anciens nous disent bien que l’haltère fut inventé pour le saut ”, mais ils ne nous apprennent pas si l’on s’en servait pour toute sorte de saut, pour celui en hauteur comme pour celui en longueur. La chose paraîtrait vraisemblable; cependant, sans prétendre en tirer une conclusion contraire, nous appellerons l'attention sur un fait qui nous à frappé, c'est l'absence d’haltères sur les monuments où le premier de ces sauts. est figuré *. Du reste l’usage de ces instruments ne demeura pas restreimt au saut. On les employa encore à divers exercices ou manipulations, qui avaient pour but de fortifier les bras et les épaules, etc. *. Nous sommes méme porté à croire que les haltères ovales et de forme carrée oblongue, sans manche, n’ont jamais eu qu’une pareille destination.
Pour prévenir les accidents, il était nécessaire que le sol sur lequel les sauteurs retombaient, füt léger et sans consistance. À cet effet on creusait dans les palestres , les gymnases et autres localités destinées à cet exercice, un fossé ou bas-fond (oxauua, ésxauuéva), que l’on couvrait de sable ”.
1 Ad Philostrat.. /. c., p. 91.
2 HE, 154 : daroo: Suaaxoiot ypÿreu. Peut-être faut-il reconnaître des haltères de cette sorte dans les objets que porte un palestrite sur une peinture de vase de Chiusi, Mus. Chiusino, t. Il, tav. 125. Chez Krause, Taf. IX°, fig. 25f. Si toutefois cette dénomination ne se rapporte pas à la forme mentionnée ci-dessus , p. 21, not. 2.
8 Lucian, , de Gymnas., 27 ; Lexiph., 5; Quintil., Znst. Or., XI, 2. Senec., Epist., 56, 1. Schol. Juvenal., Sat., VI, 421, p. 237. Cramer. Le catalogue de la collection du prince de Canino , par M. De Witte, mentionne deux haltères de ce métal , sans toutefois en indiquer la forme, n° 233, p. 118. Ils pèsent environ cinq livres et demie romaines. Voyez 4nnali dell Instit. arch., vol. IV, p.75, 1.
# Philostrat., /. c., p. 16, 8. L’étymologie du mot en est seule d’ailleurs une preuve suffisante.
® Woyez Caylus, Rec. d'ant., 1. HI, pl. 21,4; t. V, pl. 86,3; Hancarville, Antiq. du cabinet d’Hamilton , 1. HI, pl. 92. Museo Chiusin., 1. Il, tav. 132. Chez Krause, Taf, IX, 23-25 ; IX° 25!. De Witte, Catalogue Durand , 706.
5 Voyez Welcker, Zeitschrift fur alt. Kunst., s. 248 foo.; Krause, Gym. u. Agon., 1, s. 395 fop.
7 : À ee ; : ; Hesychius, voc. , t. II, p. 1200 : cxéguarz, does, crédie. Nitruv., V,11, 4: medium ex.
Le terrain ferme et probablement un peu plus élevé, qui bornait une des extrémités du fossé et d’où les sauteurs prenaient leur élan, s'appelait Bazñp *. Dans les jeux publics, le prix appartenait à athlète qui avait franchi l’espace le plus long ; c’est pourquoi lon faisait avec une pioche une petite excavation (Bé3x) à l'endroit où chacun s’était arrêté *. Mais pour avoir droit au prix, il ne suffisait pas d’avoir sauté plus loin que ses concurrents ;1l fallait avoir atteint le minimum exigé de rigueur, et que lon nommait xxvr *.
L’étendue à donner aux fossés des gymnases ou autres lieux, était ordinairement calculée sur la plus grande distance qu’il füt possible à un sauteur de franchir ; de sorte que l'extrémité vers laquelle on se dirigeait pouvait être appelée avec quelque vérité la dernière limite du saut (opos rniueros). À Delphes *, où, comme généralement alors, le scamma avait cinquante pieds de longueur, Phayllus, de Crotone, sauta cinq
cavatum. Cælius Aurel., Chronic. , IH, 1, p. 8364 : Ordinat prœæterea in harenæ spatio deambulationem, et quod appellant scamma. Isidorus in Glossis : Scammata arenæ ubi athletæ luctant. Polyb., XL, 5, 5 : êr? roù oxéumuuros &v. Dio Chrysost., Comment. ad Epist. ad Roman. , cap. Il: &ico roD cxépuuaros Eoryxas. CF. Schneider ad Vitruv., /. c., tom. I, p. 404 sq. Nous ne pouvons partager le sentiment d’un grand nombre de savants, qui font une distinction entre oxéuua * el T& écxamuéya , entendant ce dernier mot d’un fossé transversal, creusé à l'extrémité du cxéuua. Voyez Hemsterhus. in Lennep., Ætymolog., p. 885. Schneider. , Lexic., sub. v. Philipp, de Pentathlo , Berolin., 1827. Dissen ad Pindar., Vem., V, 20, p. 417, ed Goth. Nous ne trouvons pas qu’un pareil fossé aurait pu servir à autre chose qu’à devenir un casse-cou.
1 Etymolog. voc. Barép, p. 174, ed. Lips. : ÿ doxy Toy rod reyrés lou oxauuérer. Voyez Suid. s. eâd. woc., t. 1, p. 428. Hesychius, t. [, p. 705 : Barÿoa rô dupoy Tod oxämuaros Toy reyrdduy, dg où &A OT TÙ (TPOTOY.
2 Schol. Pind., Vem. , V,20 (34) : # Jà uerapopà drd ray reyrdS hay oc cxduaTa cxarroyta, ray ahAwyra. Le scoliaste ayant désigné les petites excavations en question par le mot oxiuuara, consacré à exprimer le grand fossé où elles se pratiquaient, s’'apercevant sans doute de l’équivoque qu’il avait commise involontairement , s’empresse de répéter la même chose en d’autres termes : éxeéloy yap xarà Tày dyova rydbyrer, Urooxdrrerau Bégpos, Éxaorou rù a Aux demvyüs. Cette précaution n’a pas empêché M. Krause (s. 393) de confondre les trois mots cxauux, rù £cxauuéra, B6S pos.
3 Pollux, LL, 151 : +à dè gérpa Tod rydYuaros avr , 0 dè Gpoc Tà Écxauuéya" 0%ey ÊT) Toy Tèy Cpoy Jreprydéyroy of rapoguatéuevor évouor rydiy drèp vù éoxaguéya. M. Krause (/. c.) prend pour canon la distance franchie par chaque individu ; il en résulterait qu’il y aurait eu autant de canons que de sauteurs.
4 Pausanias, X , 9, 1.
pieds encore au delà, et fut proclamé vainqueur. De là le proverbe grec irèp rà écuapuéva rn0%, ahasSw, pour dire outrepasser les bornes‘. Si au sens figuré et moral, cette expression se prend en mauvaise part, cela ne proviendrait-il pas de ce que le saut au delà du terrain sablé était un acte imprudent et plein de danger ?
Avant d'arriver à la peinture de l’intérieur de notre cylix, il nous reste encore à éclaircir un objet de la peinture extérieure ; nous voulons parler du sac que l’on voit suspendu derrière un des lutteurs. M. De Witte ° pense que le sac qui se rencontre souvent dans les représentations gymnastiques, est destiné à renfermer le lécythus. Nous ne nions pas qu’il ait contenu quelquefois des ustensiles employés dans les gymnases ; c’est | ainsi que sur un petit plat de la collection du prince de Canino *, on en voit sortir deux flûtes. Mais nous croyons que, dans le cas présent, le sac (Sec, pus) *, vu ses dimensions, fait allusion à la corycomachie (roporouayia ampuxoBula), exercice, qui, de même que celui de la pioche mentionné ci-dessus, avait pour but de fortifier le corps, principalement les muscles et les nerfs. On suspendait par le moyen d’une corde au plafond d’une salle du gymnase (appelée plus tard pour ce motif xmpuweto) un sac de cuir qui descendait jusqu’à la hauteur de la ceinture de ceux
l Cette origine du proverbe est rapportée par Eustath. ad Homer., Odyss., VIIL, 197, p. 1591, 55, ed. Rom. (t. I, p. 291, ed Lips.), et le proverbe lui-même se rencontre déjà dans Platon, Cratyl., p. #18, À. Libanius: üzèo to ôoy, vol. INT, p. 878. Reiske : # wèy rapouix vyoù, Ürèp rù oxduua. Ce passage du sophiste grec, ainsi que celui d’Eustathe, où on lit : ÜrepéBane rabra (oxéuuara) rydÿoas, prouvent que ce n’est pas sans raison que nous avons adopté la synonymie de 7 oxtuua et rà écuauuéya. D'un autre côté. s’il était vrai, comme l’admet M. Krause, que ces deux mots indiquassent la distance du saut de chaque concurrent, et que le récit sur l’origine du proverbe en question fût également avéré, il faudrait en conclure de toute nécessité qu'avant Phayllus, il n'y avait pas eu de vainqueur au jeu du saut. Cette objection péremptoire n’avait pas échappé à la sagacité de feu M. Dissen (ad Pind., . c., p. 418), dans la note duquel M. Krause eût pu lire la réfutation complète de son opinion.
? Catalogue des antiquités de la collection Durand, 175 et 178. Catalogue Magnoncour , 9, (5), p. 10. |
3 Le même, Catalogue étrusque , 175.
# Eustath., ad Odyss., E., 267 , p. 1534, 46-53. Rom. , t. I, p. 215. Lips., Képuxoy rôy 35- Aaxoy Aéyer..…. dinoy dè Cri Te rapà Tù yopeiy Tovmcs 0 xépuxos vivereu, Cf. idem, ad Odyss., B.,
291, p. 446, 4 , ed. Rom. ; p. 98, ed. Lips.
qui s’exerçaient. Il était plus ou moins grand, rempli soit de farine ou
.de graines de figue, soit de sable, selon l’âge, la faiblesse ou la vigueur des individus *. On le poussait en avant avec les deux mains, d’abord faiblement, ensuite de plus en plus (re et, au retour, on en soutenait le choc avec diverses parties du corps *
Dans l’intérieur de la coupe (voy. 4 IL, 5), un nédo tbe portant dans la main gauche la baguette fourchue et le bâton en forme de béquille, et ayant la main droite appuyée sur le côté, s’avance en se retournant sur un palestrite qui le suit, la tête et les yeux baissés. Le jeune homme tient dans une main un long bâton, et dans l’autre un objet qui n'est pas bien caractérisé, mais que, malgré sa raideur, nous prenons pour une corde ou courroie; il vase livrer à l’exercice de l’ancyle ou javelot. Cet exercice, désigné ordinairement par la dénomination générique d’éxévri”,
recevait encore d’autres noms particuliers, selon les diverses espèces de javelots dont on se servait : une inscription grecque de l’époque romaine mentionne l’éxére et l’éyxin commedeux jeux différents”. L'éyxr”,
1 Philostrate (De Gymnasticä, p. 18, 11, sqq.), qui nous apprend que la corycomachie était un exercice préparatoire au pugilat , et principalement au pancrace , ajoute que, pour les pugiles , il fallait un'sac plus léger , et pour les pancratiastes , un sac plus grand et plus pesant.
? Voyez sur l'exercice du corycus, le passage capital d’Antyllus, ap. Oribas., VI, 83, p. 124, Matthæi, avec lequel il faut comparer maintenant celui de Philostrate, De Gymnast., L. c. Cf. Kayser, tbid., p. 97 sqq. Mercurialis , de Arte Gymnast., IL, 4, 86. Burette, Mém. pour servir à l’histoire de la sphéristique (Mém. ve r’Acaném. pes iscr. ,t. [), p. 168. (Ce savant nous paraît faire à tort de l'exercice du corycus une quatrième espèce de sphéristique, avec laquelle il n’a que des rapports fort éloignés.) Krause, Gymn. und Agonistik, 1, s. 813 fo.
3 Ce mot recoit alors la même signification que dxéyriqua et dxoyriowé.. Xenoph. , Hipparchic., 1, 21-25. Schol. ad Pindar., Zsthm., 1, 35. Schol. Aristid. ap Phot., Baibl., p. 409, A., 9. Bekker. C’est le diminutif d’äx«y, dont se sert Simonide dans son vers très-connu sur le pentathle, 4nthol. Plan. , 1, 8. t. Il, p. 626. Jacobs. Le scoliaste ad Plat. , 4mator. , p. 135, D. E., remplace ce terme par celui de céyuy, en usage chez les Cypriens , selon les uns, selon d’autres, chez les Macédoniens. Voyez Baehr , ad Herod., V, 9, t. Il, p. 14 sq. W. H. Engel, Cypros, I,s. 584 fo.
4 Corp. Inscr. Gr. , 2099 , 6. Zb., Boeckh. , vol. IT, p. 146. Une autre inscription (4bid., 2860, p. 288, 24) parle de trois espèces distinctes du même exercice , à savoir : dxoyriouée, TOËIXY , KATUTUATUYEC IL.
5 Schol. Euripid., Orest., 14638, t. IV, p. 521. Matthiæ : dyxdauc rà dxyrix, drd rod éryyxuA lo Sa , ÿ diéti dd The mark Tà péooy dynühys auBayémevor brrova. Hesychius , t. I, p. 91, où nous proposons de lire : dyxüaau fudyres ro duoyriw, y xpyrioir.
Tow. XVI. 4
appelée par les latins amentum *, était proprement et primitivement la lanière que l’on attachait au milieu du javelot pour le lancer. Dans la suite, on nomma le javelot lui-même sers * ou simplement x *. Homère parle d’un exercice de la même arme, qu’il nomme Ayez *. Au dire d’Eustathe *, cette sorte de trait était munie d’une courroie de peau de chèvre, à laquelle il avait emprunté son nom. Il en résulterait que l'exercice ou jeu de l’ancyle, aurait été connu déjà dès les temps homériques, mais sous une dénomination différente. La coupe de Nicosthène ° au musée royal de Berlin, nous montre d’une manière non équivoque l'exercice de l’acontion : un palestrite placé en face d’un pédotribe qu’à cause de sa spécialité l’on pourrait nommer éxwrocuè ”, lance un javelot léger, armé d’une pointe de fer. Sur plusieurs autres peintures ”, des
1 Livius, XXXVIHI, 41 : Humor... jaculorum amenta emollierat. Ovid., Metam., XII, 821 :
Inserit amento digitos, nec plura moratus
In juvenem torsit jaculum.
Viroil., Æn., IX, 665, 4mentaque torquent. Ib. Servius, p. 539. Lion : pro TELA AMENTIS TOR- QUENT : nan amentum est lorum , quo media hasta religatur et jacitur. Ausnruu est plutôt employé par Virgile pour rezvu, à limitation des Grecs , qui attribuaient le même sens à 4x9. Festus (p. 12, Müller) : 4menta , quibus ut mitti possint, vinciuntur jacula.
? Euripid., Phœniss., 1141. 4ndrom., 1110, ed Matthiæ. Zb. Schol., t. V., p. 244, dà vd xarè aécoy vod EUAoU T& dxdyria dyxÜ)oy Ti aa) xodoy Eoeiy éyyAugëy , ei: 0 EuBaéytes Tôv d'éxrudoy Td dEÜ- Tepoy xai roy duoty ÉnatTépoSey xaTÉyoyTes Taxtim@tepo, pirrouoiy oi ronëuo. P. 591 sq. : eid'y äxoytiay, y éco orépro dedeméyoy , 0 xatésoyres Yoiscuy. I] paraîtrait donc que l’anneau au moyen duquel on lançait le javelot, n’était pas toujours formé par une courroie, mais consistait quelquefois en un creux pratiqué dans la haste même. *
3 Euripid., Orest., 1463. Cf. Schol. Aristoph., Æquit., 262. Avib., 1180. Hesych., voc. ayxbay. Suidas, 8. v.,t. 1, p. 80. Eustath., ad Jliad., x, 430, p. 616, 84, ed. Rom. (t. Il, p. 852, ed. Lips.)
4 Iliad. , H, 774. Odyss., IV, 626 ; XVII, 168.
5 Ad Il. , 1, c., p.344, 5, ed. Rom., p. 278. Lips. Cf. Hesychius, voc. aiyéven, t. 1, p. 136. Etymol. Magn., s. v., p. 26, Lips. Cependant comme, d’après le premier et le troisième de ces auteurs, d’autres grammairiens anciens dérivaient le nom de ce trait de sa destination à la chasse de la chèvre, et comme, d’une autre part, un passage d’Homère ( Od. , IX, 156) semblerait indiquer qu’on le lancçait avec l’arc, nous craignons que la première étymologie ne soit l’histoire de l’ancyle transférée à l’œganea.
5 Publiée par Krause, Gymn., Taf. XVII, fig. 14.
7 Plat., Theag., p. 126, B. : rapà vod; dxoyriotimods.… &A96y. Le même auteur, Legg., VII, 794. C., les appelle Aoxéhous dxcyrios.
$ Cylix du musée de Berlin, chez Krause, Taf, IXP, fig. 25b. Vase panathénaïque, dans les
palestrites dans la même attitude ne tiennent dans la main qu’un bâton ou une baguette. On admet généralement aujourd’hui que ce bâton figure le javelot; mais pourquoi cette représentation conventionnelle lorme-t-elle ; pour ainsi dire, la règle, tandis que celle d’après nature devient l’exception ? d’où peut provenir la préférence accordée à la première par les artistes? Dans l'impossibilité où nous sommes de donner une réponse rationnelle à cette question, y aurait-il de la témérité à émettre la conjecture que, pour les exercices du moins, on se servait ordinairement d’un javelot sans fer ', et cela probablement pour éviter les accidents *. Si les grammairiens ne mettaient en avant une autre étymologie du mot érocuas * , on serait tenté de l'appliquer à ces bâtons qui ressemblent assez bien à des javelots dont les pointes sont brisées *. Quoi qu’il en soit, ils font allusion en tout cas à l’exercice de l’acontion. Par la même raison, ceux au milieu desquels est attachée une lanière en forme de boucle ou d’anneau, indiquent l'exercice de l'ancyle. Cette observation explique mieux qu’on ne l’a fait jusqu’ici, le sens des bâtons fixés provisoirement dans la terre, sur une coupe peinte du musée de Naples * : les palestrites, après l'exercice du saut auquel on les voit oc-
Monum. ined. dell Inst. arch., vol. I, pl. 22. Cylix dans le Museo Chiusino, tom. II, tav. CXCV. Chez Krause, Taf. XVIIL, fig. 56b,
1 La haste sans fer (hasta pura. Varron ap. Serv. ad Æn., VI,460, p. 402. Lion) que les Romains avaient adoptée pour récompense militaire, était peut-être un emprunt fait aux Grecs. Plaute se sert du mot hasta pour exprimer l’exercice du javelot dans les gymnases, Bacchid., v. 193. Mostellar., v. 153.
2 Un passage d’Antiphon peut faire croire qu’on connaissait en effet à Athènes des cas de meurtre involontaire arrivés à cet exercice : Katyyop. odvou dxouchbu, p. 120. Steph. (Bekkeri Oratt. Att., 1, p. 25 sq).
3 Schol. Pindar., Zsthm., 1, 80 : (dépara) à äroroudous xahoboi æapécoy ol dpyolos Toi: vixGoi dxoytle Tooodroy dreréuyoyro tfe yÿe ÉraY do, Ocoy à vixypépos Ydüyaro Baaëiy. Les lexicographes attribuent ce nom au javelot usité dans le pentathle. Hesychius, t. 1, p. 492 : drorouddu" ayièar wa dxéprioy reytéS hou. Cf. Pollux, III, 151. Le même auteur cite les ärorouddus parmi les objets employés dans les gymnases, X, 64.
4 Voici toutefois une étymologie qui se rapproche quelque peu de notre conjecture; elle nous est fournie par l’Etymolog. M., voc. rorouÿ (p. 120, ed Lips.), äxéyrios wmpèr, TOTETHUYmévoy drd rod TeAclou ka) ouyypuoouéyoy &ls MÉyEdos puxpôy.
5 Real-Museo Borbonico, vol. IT, tav. 18. Chez Krause, Taf. XVI. Cf. une coupe de la col-
lection Durand, Cataloque, n° 708.
cupés, se livreront à celui de l’ancyle. Une peinture de vase de la collection du prince de Canino * montre un éphèbe accroupi et s’occupant à rattacher la courroie à sa baguette. Le palestrite de notre peinture tient dans une main sa haste et dans l’autre la courroie destinée à y être fixée. Sur un disque de bronze provenant de lile d'Égine ? , ainsi que sur un sarcophage du Vatican ”, l’ancyle se trouve placée près de la pointe du javelot; cette circonstance tendrait à faire croire que ce n’est pas par une imperfection du dessin que sur une coupe du musée royal de Berlin *, l’éphèbe qui va lancer sa haste sans ancyle, la tient presque sur le bout.
Sur la peinture extérieure de notre coupe se lit de chaque côté la formule laudative ordinaire : HO HA KAAOË, et avec une transposition des mots KAAOS TAB, le garçon est beau. L'inscription de l’intérieur porte : AIOTENES KAAO, Diogène est beau. On pourrait prendre le mot Diogène pour le nom du possesseur de la coupe, ou de celui à qui elle a été offerte. Mais, au lieu du nom d’un individu déterminé, nous aimons mieux y voir un nom poétique, choisi arbitrairement, emportant l’idée d'excellence, de supériorité ” dans les exercices gymnastiques , et pouvant par conséquent s'appliquer à plusieurs personnes °
Notre coupe ou cylix ” est un produit des fouilles que feu Lucien Bonaparte fit exécuter, en 1828, dans ses domaines de Canino, sur l’emplacement de la nécropole de l’ancien Vulsium. Il la céda depuis à M. Bassegio, négociant en antiquités à Rome, chez qui nous avons fait l'acquisition des calques. La coupe elle-même doit se trouver actuellement en Angleterre. Nous reproduisons, en terminant, la description
1 De Witte, Cataloque étrusque, n° 171.
? Publié dans les Ænnal. dell’ Institut. Archeol., vol. IN, tavol. d’aggtiunta B, avec une savante explication de M. Ch. Lenormant, p. 76 sv.
8 Visconti, Museo Pio-Clement., vol. IV, tav. XVIT, p. 125, éd de Milan.
# Krause, Gymn. u. Agon., Taf. IXb, fig. 25P.
5 L'adiectif dioyevÿs, pris ici bent rite est souvent Na par Homère dans le sens de nobilis, genero$us, præstans. Iliad., 1, 837; II, 173; XI, 810. 823, etc.
6 Le même nom se retrouve sur une Ra Her anne provenant également de Vulei : KAAOË AIOTENES, Voyez Gerhard, Rapporto Volcente (81 2), p. 191.
T Voyez la forme de la coupe pl. HE, 6.
succincte qu’en a donnée le prince dans le catalogue ! d’une partie de sa collection, sôus le n° 562.