MÉMOIRE SUR LE TAPIR
dans Élien et dans quelques écrivains postérieurs au temps de Ctésias , est une fusion de deux traditions , l’une venant de Perse et ajustée pour servir d’explication à une image évidemment symbolique, l’autre plus ancienne, arrivée par la route de l’Inde , et qui pourrait bien se rapporter à la figure d’un animal réellement existant, à celle du Tapir malais.
Le griffon persan, composé à dessein de parties d’animaux appartenant à des classes différentes , a le cou surmonté d’une crête qui rappelle la nageoire dorsale de certains poissons. Cette crête se retrouve dans les griffons grecs, quelquefois avec la même forme, et quelquefois ajustée comme la crinière des chevaux (i), lorsque l’on tient les poils assez courts pour qu’ils restent droits. Les sculpteurs, au reste, ne considérant le griffon que sous le point de vue pittoresque, contribuèrent encore à altérer la forme primitive ; ainsi , au lieu de le représenter sans queue, comme il l’était probablement dans l’origine, les uns lui en donnèrent une qui se rapportait à la forme des pieds; d’autres la firent toute de fantaisie, l’enroulèrent en spirale et l’ornèrent de feuilles d’acantbe.
tendu, en Ame'rique, des récits incroyables sur le Perico ligero , parce qu’on réunissait les traits qui appartiennent à deux animaux de ce nom , au Paresseux et à un oiseau nocturne voisin des engoulevens et des guacliaros. J’ai vu de même confondre , dans une seule description , une araignée et un gecko , parce que dans quelques parties de l’Italie le nom de Tarentola leur est donné à l’un et à l’autre. Je suis porté à croire qu’on n’aura prêté aux fourmis indiennes la taille du renard , que parce que leur nom aura eu de la ressemblance avec celui de quelque mammifère fouisseur des mêmes pays.
(i) Il ne serait pas impossible même que ce fût la véritable crinière d’un Tapir qui se trouvât ainsi figurée ; car, bien que nous ne la voyons point dans le maiba que nous connaissons jusqu’à présent , elle peut exister dans une autre variété du même pays. Ce caractèi'e n’est point du tout constant, puisque la femelle de l’espèce commune n’en a presque pas à Cayenne, et qu’au Paraguay elle en a comme le mâle.