Eusèbe, Prépar. EcangéL, liv. VII, ch. xii
vérité, quoi qu'en dise Eusèbe, n'y est pas encore. Mais il n'y a pas moins là un second principe qui, comme l'Esprit, se détache de Dieu et existe en dehors de lui. — Les rives du Jourdain, comme celles du Nil, ont donc admis la doctrine des émanations, et des deux parts on a distingué au-dessous du Dieu par excellence, des puissances sorties hors de lui. Mais là où le judaïsme, au moins jusqu'à saint Jean, met ces puissances à l'écart de l'Être suprême et laisse Dieu immuable et immobile dans son unité, nous voyons l'Egypte cachant et dérobant en quelque sorte le Dieu des dieux derrière les agents dont elle l'entoure. Cette préséance accordée aux émanations de Dieu va même si loin, que les attributs les plus caractéristiques de son rang suprême deviennent la propriété, non pas peut-être de tous les agents placés au-dessous de lui, mais au moins de ceux qu'Hérodote a appelés les dieux supérieurs , et que les monuments qualifient de ® 1 | | ^ grands dieux, par opposition aux w I I |^-\-v- petits dieux *. C'est ainsi, par exemple, que l'unité, l'essence même de Dieu , qui est attribuée à Ammon par une légende de Thèbes ^, appartient à Horus sur une stèle de Berlin qui nous montre \^ j 1 * £ ''''^ Ik "^* ^ê VHorus des deux hémisphères (le soleil) dieu unique et vivant dans la vérité, et que sur une inscription de Tell-Amama, le même don d'unité est attribué à Aten dans cette phrase : ^V^'^iX^'i^lîTII glorifications (faites) à
4. Sur les grands dieux et les petits dieux, voy. Todt.y c. xcli, lig, 6 , 7, Gr. ég., p 347; Denkm., m, 443, 454 , etc.; Sharpe, Eg. Inscr., 4'* série, p. 58. 2. Denkm., m, 72.
Aten le dieu vivant et unique *. L'éternité si fréquemment exprimée par «^jk. ""^ existant dès le commencement *, est un autre des attributs du grand Tout qui passe le plus fréquemment aux divinités qui sont ses puissances. De même aussi les grands dieux y à l'exemple du icpûToç toO icpwroi», se proclament incréés : Ammon le mari de sa mère *, le soleil, dont la belle stèle de Hor-em-heb à Londres dit ^^f^l VmPl V--^ qii'il s'engendre et se donne la naissance à lui-même *, Neîth, qui, comme Jéhovah, est ce qui est *, Osiris, le fils d'Isis sa propre épouse •, ïhoth qui se forme lui-même sans avoir été engendré 7, s'attribuent ainsi une des propriétés caractéristiques de l'Être. Les émanations de Dieu, dans le système égyptien, jouent donc bien un autre rôle que dans le judaïsme. Le judaïsme, en effet, les annihile