Proclus, lib. I, in Timaeum
6. I .<md^ HeS IRI, comme le nom d'Osiris devrait être écrit conformément à la prononciation d'Hellanicus , n'offre pas de sens. Mais, dans la disposition la plus ordinaire du nom 1^, Tœil accoutumé au double sens que le génie de l'écriture hiéroglyphique permet de donner si souvent aux mots, reconnaît IRI UeS, c'est-à-dire Vengendré d'Isis. Osiris, se donnant ainsi naissance dans le sein de sa propre épouse, assimilait son rôle à celui d'Ammon , le mari de sa mère , et devenait , conséquemment , son propre père à lui-même.
7. Birch, dans l'ouvrage de M. Bunsen, EgypVs place in unicersal history, t. |, p. 393.
devant la grandeur de son Dieu, et, à la rigueur, n'en fait plus que de simples figures de langage. En Egypte, au contraire 9 les émanations ne sont plus seulement des puissances, comme les archanges dans le système de Philon, comme les Séphiroth dans la Kabbale, comme l'Ogdoade chez les Gnostiques; elles deviennent Dieu lui-même, si bien qu'après tout, là où Platon admettait l'Un premier, l'Un deuxième et l'Un troisième, l'Egypte, dans ses huit grands dieux n'a vu qu'un Dieu abstrait, sans nom, sans figure, un Dieu en huit personnes, existant autant par ses qualités propres que par les huit agents qui l'absorbent, et chacun dans son rôle, sont Dieu tout entier, tout en restant ime partie de lui-même. Voilà quel était le Dieu de l'Egypte. C'est im Dieu formé de huit dieux, lesquels sont tout à la fois le Dieu Un et parties de ce Dieu, huit dieux qui n'attaquent pas plus l'unité de l'Être suprême que, dans toute Trinité, le Dieu Un n'est écarté par sa propre division en trois personnes égales à lui. Jamblique ne nous a donc pas révélé un Dieu mensonger, et efi*ectivement l'Egypte a cru à un seul Dieu. Mais je répète que le Dieu unique de l'Egypte n'est pas le Dieu unique du judaïsme. Autant Moïse tient ferme devant la grande idée de Dieu, et s'écria hardiment Jéhovah les dieux créa, autant les prêtres égyptiens trébuchent, et, considérant Dieu comme un tout composé d'une hiérarchie d'autres dieux, ne peuvent plus que dire le Seigneur les dieux créèrent.
Jusqu'ici le panthéon des Égyptiens nous apparaît donc sous un point de vue assez net. Un Dieu unique, immobile dans son immensité, insaisissable et invisible, plane au-dessus de toutes
choses, et derrière lui apparaissent ses puissances divinisées. M. de Rougé avait donc bien raison de dire que, quel qu'il soit, Fauteur du traité de Mysteriis a puisé aux sources véritablement égyptiennes. Les deux chapitres de Jamblique nous résument en effet toute la théologie égyptienne, et ce n'est pas à tort, comme on le voit, qu'au commencement de ce travail nous avons pris pour guide le célèbre disciple de Porphyre. La question serait de savoir maintenant combien l'Egypte admit de degrés dans la série de ses puissances divines. Ici commencent les difficultés. Chnouphis prend à Philœ ^ le titre de nEi chef des trente; mais le panthéon égyptien admit -il réellement trente dieux? D'un autre côté, comment ces trente dieux se divisent-ils? quels sont les grands dieux, et les petits dieux, et comment ces deux ordres de dieux correspondent-ils aux trois ordres d'Hérodote *? C'est là im des points obscurs de la mythologie égyptienne, et je ne chercherai pas à l'éclaircir.