‹ Mémoire sur cette representation [illustration] gravée en tête de quelquesChapitre 15 sur 24 · Borellini, M. C, pi. xlviii · texte numérisé non relu

Borellini, M. C, pi. xlviii

2. Sur les trois ordres d'Hérodote» voir Wilkinson , Manners and customSy V série, vol. I, p. 480 ; Bunsen, Egypt's place^ 1 1, p. 357. Hérodote met huit dieux dans le premier de ses trois ordres. Une expression qui se rencontre souvent sur les monuments semblerait indiquer que c'est neuf divinités , et non pas huit, que nous devons compter. On trouve fréquemment en effet w |||||||||» (Sharpe, Eg, Inscr., 4« série, pi. 54 , 58, 59, etc.). Mais le titre de la déesse Noutpé écrit ordinairement m II w 1 1 1 la génératrice des dieux, et quelquefois m M w suivi de | neuf fois répété, feit voir qu'il s'agit dans ce titre d'un superlatif, et que les neuf symboles de la divinité doivent plutôt signifier les trois fois divins. — Ces lignes étaient écrites et les premières pages tirées quand j'ai eu connaissance d'une lettre de M. de Bougé, écrite en juin 4852, et publiée dans les Recherches sur le cyprès pyramidal de M. Lajard {^Mémoires de VAcad. des insc. et Belles -Uttres , t. XX% 2» partie , 4854 ). On voit, par la date de cette lettre, que

M. de Bougé a , le premier, déterminé la prononciation phonétique de v^ 1 1 ] ' ^

Je n'ai voulu, dans ce paragraphe, que donner une idée aussi générale que possible de Fensemble religieux de l'Egypte, et j'espère y être parvenu. Nous abordons maintenant l'étude d'Osiris et de Phtah, bien préparés à reconnaître et à apprécier la nature de ceux de leurs attributs que les monuments vont nous mettre entre les mains. Je voulais tout simplement envenir là.

groupe, dit M. de Rougé, « doit se lire Paon et désigne un ensemble de Dieux » (voyez Recherches , etc., p. 476); plus haut, M. de Rougé le traduit les dieux (ou le séjour des dieux). Le sens général est évidemment celui que M. de Rougé indique ; mais je n'en persiste pas moins à croire que le Seigneur les Dievx rend d'une manière plus complète la nuance contenue dans l'expression collective par laquelle les Égyptiens ont désigné la divinité. -

Les développements dans lesquels je viens d'entrer ont déjà^ ce me semble, mis en évidence un fait qu il nous importait de bien constater ; à savoir que Phtah et Osiris, considérés dans leur nature originelle, ne peuvent être que des émanations du Dieu suprême, et des personnifications de ses puissances. C'est donc de ce côté qu'il nous faut maintenant tourner notre attention.

Le titre ordinaire de Phtah est celui que les légendes sacrées écrivent MÊm NeBMA®. Le premier caractère de ce groupe nous est déjà connu, et je ne m'y arrête pas; le second est la coudée. Or la coudée, comme Ta vu Champollion, est l'emblème de la Justice, et, par une filiation d'idées toute à l'avantage de la philosophie égyptienne, elle est en même temps l'emblème de la

Vérité, de telle sorte que notre mot MA® signifie à la fois Vérité et Justice. Le titre habituel de Phtah se traduira donc avec Champollion le Seigneur de la Vérité, ou, ce qui est la même chose, le Seigneur de la Justice. Mais la coudée n'emprunte, ce double sens, accessoire chez elle, qu'à l'un des rôles également accessoires de Phtah. Phtah est quelquefois en eflfet, sinon l'un des juges de l'enfer égyptien, au moins le ^jL J j^ le supérieur du grand tribunal^. L'enfer, le Xî""^^ bon Amenti est souvent appelé 5 la maison de Phtah. C'est à Phtah, l'un des dix présidents des eaux sacrées dans lesquelles s'effacent les souillures, que sur le papyrus de Turin, l'âme du défunt s'adresse en s'écriant : I %^^ n ^**^^ m A^^vwM. I ■ % ! M V.VWM.V 5 ^ Ji 7> me purifierai dans Veau par laquelle Phtah opère ses purifications^. C'est la coudée, symbole de Phtah, que nous rencontrons dans le fameux titre II le proclamé juste donné aux morts, lesquels

sont proclamés justes, tantôt ^ |t auprès du grand Dieu^

tantôt À 1 auprès d'Osiris, tantôt J auprès de

Phtah *. Enfin, c'est encore Phtah qui, sous le nom de Socharis, s'identifie avec Osiris, et devient ainsi la transition entre les dieux supérieurs et les dieux infernaux. La traduction Seigneur de la Justice est donc en quelque sorte une traduction naturelle, amenée par celle des fonctions de Phtah, qui nous est

1 . La réunion de tous les titres de Phtah se trouve à côté d'une figure de ce dieu dans le tombeau de Ramsès I. Voy. le fac-similé de l'une des parois de ce tombeau exécuté par MM. Bertrand et Joret. Ce fac-similé est au Louvre.

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