Voy. Brugsch, Grammaire démotique ^ p
semble déterminer un nom de déesse, tantôt également il a en suffixe le signe ^^ qui ne sert qu'à préciser les noms des quadrupèdes*. Ce nom, d'ailleurs, change avec l'Apis à côté duquel on le trouve. « L'an 24 de Ptolémée , fils de Ptoléc< mée, vivant à toujours, dit une stèle du temps de Philo- « métor % ce qui fait l'an 7 de l'Apis de la vache Tahor. » — ce L'an 4 de Ptolémée , fils de Ptolémée, dit un autre texte « d'un autre temps , ce qui fait l'an 8 de la vache Kerk » , et ainsi d'une centaine d'autres. Nos deux noms, comme on le voit, sont en construction et séparés par la seule préposition de qui , tout en mettant le terme conséquent au génitif, ne fait plus du second de ces noms qu'un déterminatif spécial et en quelque sorte personnel du premier. — Maintenant quelle est cette déesse, ou cette vache? Quelle place prend -elle dans le mythe d'Apis? C'est ce que nous allons voir.
La description que je viens de faire amène à une conclusion qu'au premier abord on doit croire inévitable : c'est que cette image est celle, soit d'Hathor ou de l'une des vaches nourries dans les sanctuaires de Momemphis, d'Aphroditopolis, d'Atarbéchis ou d'autres lieux ^ , soit de l'une des vaches mystiques qui, comme les sept vaches du Rituel *, n'avaient d'existence que dans le cieL Mais je me hâte, sans plus de préambule,
K, Voy. Bnigscb, Grammaire démotique ^ p. 23.
S. TraducUon de M. Bnigsch, Gr. démoHque, page 455.
3. Voy. Strabon, XVII, p. 552 et 556; men, Hist. anim., 1. XI, ch. xxvii; Jablonski, Panth.j lib. I, cap. i , p. 27.
i. Todtenbuch , ch. cxlviii, lig. 9, 29, 34. Voy. aussi Tod. , ch. glxii sur la vache dans le sein de laquelle doit s'opérer la rôsurrection mystique du mort, etc., ch. lxxi.
d'écarter cette conjecture. La vache des stèles du Sérapéum n'est pas une Hathor; elle n'est pas non plus une vache fictive, associée, pour un motif quelconque, au culte du taureau divinisé de Memphis. Les monuments, tels que je viens de les montrer, démentent avec force ces deux attributions. — Je sais qu'à la vérité ces monuments sont d'époque grecque, et qu'ainsi les arguments que nous y puisons doivent être accueillis avec une certaine méfiance. Notre vache pourrait donc être une Hathor sous le nom Kerk, comme le soleil diurne est à Héliopolis un Phré sous le nom de Mnévis, et le soleil nocturne est à Memphis un Osiris sous le nom d'Apis. D'ailleurs Hathor est une des divinités que les Ptolémées avaient certaines raisons pour mettre en -évidence, plus peut-être que les Égyptiens ne l'avaient fait. Sous son nom de jlI Noub (or), elle était
la xpucYiç de leurs mythographes ^; sous son nom d'Hathor- Noub , ou d'Hathor d'or ^, elle était la j^pua^ 'AçpoSfTYj d'Homère *. Elle était même, à la rigueur, sous le nom générique de IjLl lo appliqué par les Égyptiens aux animaux de la race bovine ^ , la fille du fleuve Inachus , la belle et malheureuse lo que Jupiter métamorphosa en vache s. Hathor pouvait donc, comme Osorapis, passer pour une divinité
1. Alfred Maury, Recherches sur la religion et le culte des populations primitives de la Grèce, p. 430.
2. Th. Devéria, Noub, la Déesse dor des Égyptiens, dans les Mémoires de la Société impériale des antiquaires de France, t. XXfl.
3. Homère, Iliade, 10, y. 64. Cf. Diod. Sic, I, 97; Justin martyr, Exhort. ad Grxcos, p. 27.
i. Voyez Lepsius, Denkmmler der Preuss. Expédition, passim.; Gramm. Eg., p. 218. 6. Jablonski, Panth., lib. HI, cap. i, p..5. a., Ovide, Jir^tom.,lib. I, v. 583, etc.
empruntée par l'Egypte à la Grèce , et nous ne devons par conséquent pas nous étonner que les Grecs aient été portés à multiplier ses images, et que sous les Ptolémées, elle ait usurpé à côté d'Apis une place à laquelle, sous les Pharaons, elle n'avait pas droit. — Mais je répète que les monuments ne s'arrangent pas de ces attributions. Loin de nous faire voir une Hathor dans la vache dont ils nous ont révélé l'existence, ils nous montrent en elle une vache qui, bien que sacrée, accompagne et suit l'Apis auprès duquel et par lequel elle vit, se montre avec lui, disparaît avec lui, et par là semble . véritablement liée à son existence. Encore une fois, ce ne sont pas là des caractères qui conviendraient à une Hathor. Tout au plus ce que nous savons déjà nous aide-t-il à reconnaître dans cette vache, soit une compagne favorite^ soit la mère de l'Apis auquel les stèles ont été consacrées. Nous allons explorer le terrain dans cette nouvelle voie.
Les épouses d'Apis nous sont connues. Élien parle des appartements dans lesquels étaient enfermées, pour Tusage d'Apis, les génisses choisies parmi les plus belles de l'Egypte*. Mais ce fait qu'Élien seul mentionne, ne paraît pas certain. « Sed videtuvy dit Jablonski, hoc Mlianu^ ex ingenio suo ut enarrationem cœptam ornaret , confinxisse ^. Pline , Ammien Marcellin et Solin sont plus dans le vrai quand ils nous apprennent que tous les ans on présentait à Apis une vache pourvue de certaines marques sacrées, et que le même jour on