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Avant d'examiner plus en détail, sous ce rapport, les quatre familles que MM. Agassiz et Desor viennent de reconnaître dans cet ORDRE des ÉCHINIDES, je dois décrire le même système d'organes vasculaires et respirateurs sous-vertébral, et les divers appendices externes dans le Spatangue cœur.
Ici les nouveaux points de vue sous lesquels nous avons étudié ce système nous ont conduit, si nous ne nous trompons, à une connaissance plus exacte de leurs différentes structures, de leurs rapports et de leurs fonctions, ainsi qu'à des conclusions importantes sur les familles naturelles de cet Ordre.
Il y a, dans le Spatangue cœur, appartenant au même système vasculaire et liés par les principales branches de ce système : 1° des pieds vésiculeux ou des appendices locomoteurs; »° des appendices préhensiles et tactiles qui entourent la bouche à une grande distance; 3° des vessies branchiales ou respiratrices Internes et externes.
Le système vasculaire est ici très-facile à reconnaître par sa couleur noire, Il se compose d'une partie centrale en forme d'anneau qui suit les contours de la bouche ou du pharynx, et de cinq troncs qui partent de cet anneau, en suivant la ligne médiane des cinq séries de pièces vertébrales, et conséquemment des cinq rayons.
Des cinq troncs vasculaires naissent à droite et à gauche, alternativement, des branches transversales, qui vont à la double série de vésicules internes et d’appendices vésicu-
DES EÉCHINODERMES. sh leux externes qui sont attachés en dedans et en dehors de la partie vertébrale des rayons.
1° Les pieds vésiculeux du Spatangue cœur sont peu nombreux dans les quatre rayons qui ont des branchies externes. J'en ai compté douze à quatorze au plus par rayon, dans la paire la plus longue, et seulement dix dans la paire la plus courte.
Les pieds du rayon qui manque de branchies internes sont beaucoup plus nombreux; il y en a trente-quatre.
Leur forme est cylindrique, allongée. La ventouse qui les termine n’est pas en forme de disque, séparé du pied proprement dit par un étranglement.
On observe, à travers la peau très-mince et transparente qui les recouvre, une couche de fibres musculaires, ou plutôt de faisceaux musculeux, qui les entourent comme autant d’anneaux, et doivent les allonger en se contractant (1).
Chacun de ces pieds n’a qu’un seul canal de communication avec une petite vessie interne appliquée contre la paroi viscérale de la même pièce vertébrale du squelette. Ce même canal se continue dans une branche vasculaire qui se rend immédiatement dans le trone commun qui règne depuis l’anneau buccal jusqu'au pôle génital, le long de la ligne mediane de chaque rayon.
Ce canal unique, tandis qu’il y en a deux dans les pieds vésiculeux des Échinides que nous appelierons Æomopodes , n'est pas la seule différence que présente cet appareil dans les Oursins et les Spatangues. Les vessies sont plus petites, et leurs parois sont évidemment musculeuses; les fibres de cette
(1) PI IT, 6g. B et B'p.
nature y sont disposées dans différents sens, pour les contracter dans toutes les directions.
>" Appendices tactiles. Des appendices d’une autre nature, assez nombreux, garnissent chaque rayon à son origine autour de la bouche. Il y en a huit dans le rayon locomoteur, onze ou douze dans la paire antérieure, et six ou sept dans la paire postérieure des rayons respirateurs.
Ces appendices tactiles, ou ces tentacules, sont cylindriques où un peu coniques, et terminés par un disque, au pourtour duquel sont implantées, en plus grand nombre, et sur lequel sont attachées en moindre nombre, beaucoup de papilles qui donnent à l'extrémité libre de ces tentacules l'aspect d’une houppe (fig. C t.). Chacune de ces papilles est conique et fixée par le sommet du cône ; elle est soutenue par un petit bâton calcaire de forme cylindrique.
La base du tentacule est fixée à une proéminence (6, fig. C) de la pièce vertébrale correspondante. Il se compose de la continuation de la peau , de fibres circulaires très-peu prononcées, et de muscles longitudinaux qui vont du tubercule que venons d'indiquer au disque terminal.
Ce tentacule a, comme les pieds vésiculeux, un seul canal de communication avec une vessie interne (vf), plus volumineuse, mais de même structure que celles de ces pieds, et dans les mèmes rapports, par une branche vasculaire transversale (br), avec le tronc vasculaire vertébro-radial.
Nous ferons remarquer ici une très-grande différence entre les palpes de l'Oursin comestible et ceux du Spatangue cœur. Dans le premier, ils n’ont aucun rapport avec l'appareil vasculaire compliqué que nous décrivons; tandis que dans le dernier ils en font une partie essentielle.
3° Appendices respirateurs. La troisième espèce d’appen-
dices que nous avons à décrire dans le Spatangue, est celle qui appartient à cette partie des quatre rayons dorsaux qui dessinent autant de pétales.
Ces appendices sont des branchies externes (1), de forme triangulaire, circonscrites par deux canaux principaux qui en font le tour, et qui communiquent encore entre eux, par un certain nombre de branches transversales, plus ou moins divisées en rameaux.
Chacune de ces branchies externes se continue par deux canaux membraneux, qui traversent obliquement deux canaux osseux de la pièce vertébrale (pv) correspondante, avec une branchie interne beaucoup plus considérable , mais de même structure; et celle-ci a sa branche vasculaire transversale qui se rend ‘ans le tronc radial commun (2).
Ces vessies, ainsi que les vaisseaux du même système, renferment un sang noir, composé de nombreux globules (3), de forme lenticulaire, ayant chacun un noyau considéra-
(1) PL IL, fig. A. Cette figure représente les deux branchies, ou vessies respiratrices interne (er) et externe (vr') correspondantes, et leurs rapports.
(2) La fig. E donne une idée nette de l'ensemble des branchies internes, appartenant aux quatre rayons. On y verra qu'elles n’ont pas un égal développement, et que leur étendue est proportionnée à l'espace qu'elles peuvent occuper depuis les trous de communication, jusqu'à la ligne médiane du rayon. Elles disparaissent plus tôt vers le pôle génital, du côte antérieur de chaque rayon , que dans la rangée opposée. J'en: ai compté vingt et une dans la rangée antérieure, et quatre ou cinq de plus dans l’autre.
(3) Fig. J.
ble, qui paraît contenir plus particulièrement la matière colorante. Ces globules ressemblent beaucoup à ceux observés par M. de Quatrefages dans la Synapte de Duvernoy. Leur diamètre est de 0"””,008.
Ainsi, les trois espèces d’appendices que nous venons de décrire dans le Spatangue appartiennent à un même système vasculaire, contenant un sang à globules noirs.
Ces appendices sont modifiés pour trois usages différents, la locomotion, le toucher et la respiration.
A A A A ANS ARE SNS SAR AR AR AA AE A AUS A ARS A AA AAA APR ARS DS NO RNA AO AA A A A A A A LA A