CONCLUSIONS
Si je ne me trompe, voici les améliorations dans les idées, et par suite dans la nomenclature, dans la classification des Échinides et dans leur physiologie, que les observations anatomiques dont il est question dans ce Mémoire, pourront introduire dans la science.
1° Chaque rayon d'Oursin ou d'Échinide se composant, dans sa partie moyenne, de deux séries de pièces osseuses vertébrales, portant des pieds vésiculeux, ou des branchies externes, il sera plus exact de nommer cette région vertébrale, que de l'appeler ambulacraire.
> La région dite nterambulacraire sera la région costale, composée de deux séries de côtes appartenant aux deux rayons voisins. Cette région, dans les Échinides, ne porte que des piquants et n’a pas d’appendices vésiculeux.
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3 L'ordre des Échinides, dans la méthode que je propose, se diviserait en deux sections : celle des Échinides homopodes, dont la région vertébrale ‘est uniforme dans chaque rayon, et n’a, d'un pôle à l’autre, que des pieds vésiculeux ;
Et celle des Échinides exobranches, qui ont tous une rosette à cinq ou quatre pétales, plus ou moins prononcés, dans la face dorsale et la partie vertébrale de leurs rayons, et des branchies externes, au lieu de pieds vésiculeux dans cette partie.
Dans les Échinides de cette dernière section, il y a une double série de trous dans les pièces vertébrales, qui dessinent les contours des pétales ; tandis que dans le reste de la partie vertébrale des rayons, qui porte les pieds vésiculeux ou les appendices tactiles, chacun de ces appendices ne répond qu’à un seul trou percé de même dans une seule pièce vertébrale.
4° La première section comprend deux familles : celle des Cidarides, telle que MM. Agassizet Desor l’ont circonscrite; et celle des Galérides, que j'ai proposé de démembrer des Cussidulides des mêmes auteurs ; elle se composerait des Échinides de cette famille que MM. Agassiz et Desor appellent à ambulacres simples ; c'est-à-dire qu'ils manquent de rosette dorsale, et conséquemment, d’après nous, de branchies externes.
Déjà M. Desor, dans sa Monographie du genre Galérite, avait fait pressentir les rapports qui existent entre ce genre et les Cidarides. L’anatomie, qui n’a fait apprécier le caractère important indiqué par la présence de cette rosette, m'a de suite conduit à l'intelligence et à l'appréciation organique et physiologique de ce rapport, et à mieux elasser ce groupe des Cassidulides.
5 Notre seconde section des Échinides comprendrait :
A. La famille des Cassidulides, qui ne se composerait plus
6o DE L'ORGANISATION
que des genres à rosette dorsale, c’est-à-dire à branchies externes ;
B. La famille des Clypéastroides ;
C. Et celle des Spatangoïdes , telles que MM. Agassiz et Desor les ont circonscrites et caractérisées.
6° L’accroissement des piquants me paraît avoir lieu par époques et par couches, qui se recouvrent successivement au moyen d’un périoste sous-cutané. (Voir la 2° partie, page 608.)
7° Les Échinides homopodes ayant un grand nombre de pieds vésiculeux, qui répondent à autant de branchies internes, ces pieds doivent être leurs principaux organes du mouvement.
M. Tiedemann a vu l'£chinus saxatilis s'élever, au moyen de ces pieds, le long des parois verticales des bocaux dans lesquels il les conservait.
8° Dans les Échinides exobranches , le nombre des pieds vésiculeux est petit, les piquants sont plus nombreux, leur articulation mieux affermie. Ces piquants me paraissent devoir être, pour les Échinides de cette section, les principaux organes moteurs.
9° Leurs branchies externes, qui existent simultanément avec les branchies internes, contribuent sans doute à une oxygénation plus complète de leur sang, et à donner aux muscles des piquants plus de puissance.
10° Leur sang est noir et composé de nombreux globules, variant un peu dans leur diamètre, ayant un gros noyau au milieu, qui renferme plus particulièrement leur substance colorante, comme dans les animaux supérieurs.
11° Les pieds vésiculeux et les branchies correspondantes dans les Échinides homopodes forment, avec les branches
DES ÉCHINODERMES. Gr
vasculaires et les troncs médians des rayons auxquels ces branches se réunissent, et l'anneau vasculaire circumpharyngien dans lequel s'ouvrent les cinq troncs radiaux, un système sanguin moteur et respirateur, dans lequel le sang doit avoir un mouvement de va-et-vient, qui lui est imprimé par les contractions et les dilatations des pieds vésiculeux.
Les vessies respiratrices ne me paraissent pas y contribuer, quoiqu'on leur ait attribué jusqu'ici l’érection des pieds vésiculeux.
12° Les organes de respiration externes et internes des Échinides exobranches appartiennent au même système vasculaire, mais ne contribuent pas au mouvement du sang dans ce système.
Les pieds vésiculeux , au contraire, ainsi que les appendices tactiles, qui font partie de ce même système, et dont la vessie interne correspondante à chacun de ces appendices a des fibres musculaires évidentes, sont ici les organes d’impulsion du fluide nourricier.
13° Les Pédicellaires sont des organes de défense des Échinides et des Astérides qui en sont pourvues.
ils préservent des attaques des myriades d’animaleules voraces qui abondent dans la mer, les pieds vésiculeux et autres appendices membraneux de ces animaux.
Ces organes paraissent avoir des formes différentes dans chaque espèce.
Ils ont des caractères distinctifs généraux dans les Echinides, chez lesquels leur pince a constamment trois branches, et dans les 4stérides, où elle n’en a plus que deux, ainsi que
l'ont déjà dit MM. J. Müller, Troschel.
Leur pédicule a d’ailleurs une tige calcaire dans les Échinides, qui manque dans les Astérides.
Ce pédicule peut même disparaître entièrement dans ces dernières.
Les différentes formes de Pédicellaires qu'on observe dans un même individu, sont le plus souvent différents degrés de développement de ces organes.
14° Les organes en forme de tête d'oiseau de certains Polypes cellulaires, sont les Pédicellaires de ces animaux. ( Voir page 624.)