‹ Mémoire sur l'embryogénie des mollusques GastéropodesChapitre 4 sur 8 · JoDB.— (PI. 3,/^. 1S,A-E · texte numérisé non relu

JoDB.— (PI. 3,/^. 1S,A-E

TuFÉUTim. — 9 h. du matin. ■+• 10,B cenUg.

— Midi . . .-1.10,1.

— 9h. duwir . + 6,1.

Depuis le moment où la cicatricule est apparue à la surface de Tembryon, celui-ci a toujours présenté une de ses faces ouverte, c'est celle qui est opposée au dos de l'animal. Aujourd'hui les forces de la nature tendent à clore le fétus de toutes parts, et à cet effet celuici se replie fortement sur lui-même et reste immobile dans cet état (fig. 18 A et 18 E) pendant toute la journée, afin que les bords béaus du manteau puissent se rapprocher, et qu'il s'opère entre eux une soudure qui fasse la clôture de la cavité viscérale. £n peu d'heures la coquille a atteint les bords du manteau sous la forme d'une Grépidnle (fig. 18 B)t et A cet effet, on voit les tissus muqueux s'allonger en manière de bourlet le long des bords du test, afin de sécréter la matière dont se forme la coquille.

Bientôt le fétus est clos de tontes parts et ne laisse plus apercevoir qu'un pertuis qui deviendra l'ouverture de la respiration (fig. 18, Eb) . A travers cette ouverture on aperçoit le cœur situé encore k la partie dorsale entre les deux lobes du foie {fig. 18, Ca), et dont les mouvemens sont de plus en pins viables. Ce cœur est unique et simple, composé d'un ventricule et d'une oreillette et situé au centre des deux points oji l'on apercevait hier les pulsations que nous avons décrites. Examiné par la région dorsale, le cœur a la forme d'un sac très-mince et tellement diaphane qu'on ne peut le reconnaitre qu'à ses pulsations.

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Son mouvement de contraction s'opère par le rapprochement des loges vers la partie postérieure, en sorte qu'alors l'orifice de cet organe se resserre vers le crochet pour refouler le sang dans la grande artère. Généralement ces mouvemens se répètent  deux ou trois secondes d'intervalle. 11 n'est donc pas douteux que l'animal, en se contractant sur sa coquille, a fait refouler les deux demi-cœurs l'un vers l'autre, et qu'ainsi ils se sont soudés pour n'en former qji'un seul.

J'ai dit que l'animal se recourbe fortement sur sa coquille , qu'il s'étend et reste en repos la coquille en bas. Au moyen de cette position et de cette extension, la tète se détache du tronc et se sépare du manteau {fig. 18, Aa)y qui laisse apercevoir les tentacules audessus des yeux {fig. 18, Ea). Le collier commence à se former aussi à la faveur de cette position.

De leur côté, les yeux sont de plus en plus apparens et le feutré qui se forme dans le tissu musculaire du pied, atteint jusqu'à sa base (fig. 18 , D). La partie postérieure de la tête est notablement diaphane. C'est à travers cette partie diaphane que l'on aperçoit l'organe jaunâtre que je crois être la glande prostate qui est située vers la base du pied {fig. 18, Da).

I9-W Joui. —(PI. 3, /y. 19, ^-Zï).

I TuptBATDU. — 9 h. du maUn. -i- 8, 8 centig.

— Midi . . . -t- 9, 4.

— 9 h. du soir . -«- 6, 8-

Le fétus s'est notablement accru et ne peut plus se tenir dans l'œnf sinon courbé sur lui-même {fig. 19, A). A cet effet, il se contracte fortement sur lui-même, et reste immobile afin de clore le siphon de sa coquiUe laquelle bientôt fait le crochet et prend la forme d'une Ancille {fig. 19, C). Au moyen de cette contraction, la cavité abdominale est devenue complètement close ainsi que le manteau. De son côté , le cœur est refoulé vers la partie médiane du dos, mais toujours du côté droit; le ventricule (/îy. 19, Aa) a son ouverture dirigée en avant au voisinage

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de ToreilleUe (fig. 19, Ah), qui est en communication avec lui. De son côté, rorifice de la, cavité respiratoire a été refoulée au bord du manteau {fig, 19, Ba). Dans ses contractions, le cœur parait bordé d'un chapelet de cellules {fig, 19, Da, b), mais il n'est pas douteux que ces apparences de cellules sont Tefièt d'une illusion d'optique et que la substance du cœur est complètement continue.

£n observant le foie, j'ai compté environ 18 cellules secondaires dans l'espace d'une cellule primaire. Ces cellules secondaires sont pressées les unes contre les autres, mais aucunement munies de facettes comme dans les végétaux; leur membrane est lisse et leur grandeur irrégulière. Les parois des cellules primaires paraissent transformées en un réseau de vaisseaux. Les deux lobes du foie sont tellement comprimées qu'on ne peut les distinguer.

Derrière la tête on aperçoit deux rangées d'espèces de cellules (fig. 1 9 , Bb) que je crois être la langue du fétus vue A travers ses membranes. Entre les deux yeux, le lobule jaunâtre dont la couleur diffère sensiblement du reste de la tête, et que l'on apercevait les jours précédens, continue à se présenter.

Dans l'état de contraction où le fétus s'est placé, le collier se forme définitivement; il établit la distinction entre la tête et le tronc, et laisse A découvert l'ouverture béante de la coquille (Jig. 19, A).

20" JoDH. — (PI. 3, /iff. A-C.)

TnrtuTfiiB. — 9 h. da nutin. -i- 7,4 ceotig.

— midi ....-»- 9,8.

— 9 h. du soir . 4- 6,6.

Le fétus est encore presque toujours immobile et pendant dans l'œuf, l'extrémité du pied dirigée en haut {/ig. 20, B). Il se contourne sur lui-même pour former le premier tour de spire À sa coquille, qui prend bientôt la forme d'un Piléopsis (fig. 20, C). C'est cette disposition spirale que l'animal prend pour former sa coquille qui fait refluer le cœur vers le côté gauche. Les pulsations du cœur sont tou-

jours irrégiilières et on oontinud à apercevoir le pertuis de la cavité respiratoire qui est encore en communication avec cet organe.

La cavité abdominale devenue complètement close , ainsi que le manteau, est totalement enveloppée par le manteau et la coquille. Le manteau sert incessamment à l'augmentation du test, au moyen du bourlet qui est à son extrémité (fig. 20, Aa et fig. 20^ Ba) , et qui s'allonge sans sesse pour procurer l'élongation de la coquille, lacfuelle acquiert la forme d'un bonnet phrygien.

Comparé à Tœuf, le fétus dans son état de contraction en occupe pins de la moitié ; je pense au reste que l'oëuf de la Limnée s'accrott beaucoup pendant l'évolution de l'embryon, et c'est ce qu'a déjà obseiré Svrammerdam chez la Paludine vivipare , dans laquelle il a rencontré des œufs de différente grosseur, suivant qu'ils sont plus ou moins avancés '. Cet accroissement de la membrane de l'œuf peut très -bien s'expliquer par l'afflux d'albumine que la loi d'endosmose y amène , ainsi que je l'ai expliqué plus haut, et qui procure l'extension de la membrane. C'est en effet à partir de cette époque que la coulée albumineuse qui enveloppe les œufs commence  se liquéfier.

21" Joui. — (PI. 4, fig. 21 , A-C.)

Tnptunu. — 9 b. du malin. + 7,9 centig.

— midi . . . . + 10,8.

— 9 h. du soir . -t- 6,4.

Le fétus augmente sa coquille et ne bouge presque plus. Le pied est toujours très-étendu et se sépare de la tête qui devient ainsi tout-âfait distincte {fig. 21 , A). Quelquefois ce fétus rampe sur son pied le long de la paroi de l'œuf.

La coquille s'augmente constamment , elle présente une circonvolution complète et peut contenir tout le fétus sauf la tête et le pied (fig. 21, B).

* Swaniinerdain , £i6e/ der Natur, p. 7fl.

Les pulsations du cœur {fig. 21 , C) sont très-rapides ; on en compte 60 à 80 par minute. A la dilatation du ventricule [fig. 21 , Ca) succède la dilatation dç Toreillette {fig. 21 , Cb) qui est tellement forte qu'elle partit chaque fois refouler le ventricule À l'intérieur.

2a à 89" Jour: — (Pt. 4, fy. ft4,26, 28.)

L'animal étant totaiement foAné, augsAeube de plus m plus sa co- ^pùlle. Jusqu'à l'époque où il éclot , il se meut dans l'œuf comme ud mollusque par&it. Yers le 24<> jour la masse ckamue qui constitue la booc^e devint de plus len plus distincte {fig. 24). Les jours suivans on remarque les déglutitions que l'animal effectue avec la bouche et les contractions du pharynx qui s'en suivent.

La coquille s'augmente graduellement et déjà l'on peut remarquer à sa surface des stries transversales qui indiquent son prolongement. Le 26«= jour {p.g. 26), elle a acquis une circonvolution beaucoup plus grande que celle que j'ai figurée le 21 ^ jour ; le 28^ elle s'est encore plus accrue [fig. 28). A.u reste l'animal étant complètement formé, son état n'offre plus rien de curieux pour l'embryogénie. U reste dans l'œuf pendant quelques jours, afin de se fortifier de plus en plus et d'être A même de résister à l'action des agens extérieurs lorsque le moment d^^lore sera venu.

30= JoD». — (PI. 4, fig. 30, A, £.)

Nous voici arrivés au terme moyen de l'accompUssement du développement embryonnaire des œufs de Limnée (fig. 30, A). Enfin l'animal rompt la coquille de l'œuf qui le retient prisonnier. A cet effet, il rampe sur sa paroi qu'il saisit avec la bouche et qu'il attire avec violence. Après maints efforts, il parvient à la rompre et en sort pour rester pendant quelques jours dans la matière muqueuse que forme l'enveloppe générale du frai, après quoi il nage dans l'eau. Dans le premier âge de sa vie, l'animal ne respire que de

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l'eaa et en respire constamment. On pent s'ea assurer en jetant un pen de poussière insoluble dans l'eau qui le contient j alors on Toit bientôt les globales composant cette poussière attirés et ballottés vers Forîfice de la cavité respiratoire, laquelle se referme bientôt pour ne pas j permettre l'introduction des matières étrangères à l'eau. Ce n'est que lorsqu'il a atteint un âge plus avancé qu'il commence à respirer l'air en nature.

Lorsque l'animal rompt la paroi de l'œuf, son test a acquis une circonvolution et demie (fig. 30, B). Vers le 36" jour, lorsqu'il sort de la coulée albumineuse, ce test a atteint deux circonvolutions, mais ce n'est que par la suite qu'il prend la forme définitive qu'il doit avoir dans l'état adulte.

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