Joua. — (PI. 1 , fig. 9, A-D
TempEiatcre. — 9 h. du matin, -f- 14,7 ceiitig.
— Midi ... -«- 17,8.
— 9 h. du soir . -i- 13,4.
La fissure qui s'est formée hier k la périphérie de l'embryon est aujourd'hui devenue une cicatrice très-distincte ; ses deux lèvres sont distantes et son ouverture est béante; elle commence à l'endroit le plus échancré et se poursuit sur le dos {fig. 9, D). Cette cicatrice parait aplatie et couverte d'une gelée transparente. Tu de c6té, l'embryon est légèrement comprimé, et la partie oh se trouve la cicatrice est relevée en crête (fig. 9, C). Pendant que j'observais, j'ai eu occasion de voir un embryon lancer par la cicatrice un jet de liquide semblable à la goutelette que j'avais observée la veille, mais aujourd'hui le jet se faisait avec plus de force et de continuité. Ces jets établissent des ouvertures qui deviennent ensuite l'issue des divers organes.
L'embryon continue  tourner sur lui-même, et chaque tour exige environ 45 secondes ; mais il ne tourne pas toujours dans le même sens , car après avoir fait trois quart de tour environ , il change de position , sans toutefois changer de direction, mais continue à tourner obliquement à peu près comme dans la/î^. 8, C,
Vers la fin du jour j on commence  voir obscurément le tissu cellulaire qui tend à se former dans son intérieur, cet état est représenté pi. 1,/ÎS.8,Z>.
L'état de l'embryon de la Limnée pendant ce jour, correspond à Tétat de Tœuf de la grenouille vers la soixantième heure , tel que l'ont représenté MM. Prévost et Dumas dans leur beau Mémoire, pi. 6, fig. V et X , t. II des Annales des sciences naturelles.
Je ne partage pas l'opinion de MM. Prévost et Dumas lorsqu'ils assurent {Annales des sciences naturelles, t. III, p. 132) que la ligne primitiTe formant la cicatrice de l'embryon doit être considérée comme le rudiment du système nerveux. Une analogie d'aspect avec le système cérébro-spinal des Mammifères a été cause de leur erreur, et leur a fait aussi supposer la priorité du système nerveux; mais cette analogie cesse d'exister dans les Mollusques, qui cependant offrent la même disposition embryonnaire. En suivant les progrès de la cicatrice, nous verrons qu'elle n'est nullement le rudiment du système nerveux, mais bien l'ouverture d'issue des parties antérieures de l'animal.
10»w JoBK. — (PI. 2, fy. 10, A-B.)
TartuiDU, — 9 h. du matin. + 16,8 centig.
— Midi ... + 20,5.
— 9 11. du soir . -t- 16,4.
L'embryon devient doué de locomotilité. Il continue  tourner lentement sur son axe, en mettant environ 40 secondes à chaque rotation, mais en même temps il voyage dans l'albumine et se transporte aux diverses parties de l'œuf. Quelquefois , mais très-rarement, il voyage directement et sans tourner sur son axe. Ses mouvemens n'ont rien de régulier.
La cicatrice s'est agrandie à la surface de l'embryon, et d^à, dans la substance de celui-ci, on commence à voir distinctement le tissu cellulaire.
La région de la cicatrice est toi^onrs relevée en crête.
Le tissu cellulaire dont on commençait hier à apercevoir obscu-
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rément les premières traces, ^t aujourd'hui tout formé et parfaitement yisible au centre de l'embryon; il ne se compose encore que d'un petit nombre de cellule» agglomérées et qui plus tard formeront le foie de l'animal. Ainsi, les organes sécréteurs sont les premiers à apparaître, et ils précèdent tous les organes de la vie animale. C'est là un point très-important et qui se trouvera bien constaté par la suite de nos observations, que le premier indice d'organisation de l'embryon desMollnsques, se fait apercevoir dans le foie.
li™!jooR. — (P1.2,yî^. 11, ^-C.)
Tespératvu. — 9 h. du matin, -i- 17,0 centig.
— Midi ... .«. 14,3.
— 9h.du»oir . + 11,7,
L'embryon a aujourd'hui acquis en grandeur les deax neuvièmes de la longueur de l'œuf et environ un tiers de sa largeur {fig. 11, A).
Le tissu cellalaire est de plus en plus visible et aggloméré à la partie centrale de l'embryon. La crête formée par la cicatricule a totalement disparu. L'embryon est de forme globuleuse; il continue  se mouvoir comme le jour précédent; les lèvres de la cicatrice se sont sensiblement écartées {fig. 11, C).
Voulant connaître si le t«st commence à se former, j'ai versé quelques gouttes d'acide citrique sur le porte-objet. Un instant après, l'embryon s'est mu avec plus de rapidité, ce qui m'a fait cwuiaître que l'acide était parvenu jusqu'à lui, mais luentôt le mouvement se ralentit et finit enfin tout-à-fait par la cessation de la vie. Dans celte expérience, je n'ai pu apercevoir aucune efiervesceuce vers l'embryon, ce qui me fait présumer qu'il n'y existe à cette époque aucune trace de test calcaire. Après sa mort, l'embryon paraissait à peine contracté et j'en ai conclu qu'il ne se composait encore que de mucus, et que le tissu cellulaire n'avait pas encore acquis la solidité qui le rend contractible an contact des acides.
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DES HOUUSQUES. 19
12" JocB. — (P\. 2, fig. 12, Â~C.)
TextIutcu. — 9 h. du malin. + 13,0 centig.
— Midi . . .-4-11,4.
— 9 h. du soir . -t- 8,6.
L'embryon continue son mouyement automatique et sa forme est toujours globuleuse, ses cellules paraissent de plus eu plus manifestes, parce que son tissu général devient presque diaphane , ce qui laisse facilranent entrevoir les cellules. Celles-ci se pressent Tune contre l'autre sans qu'on puisse voir si leurs parois sont simples ou doubles. La cicatrice s'est de plus en plus ouverte et sa largeur est égale à sa longueur (fig. l2,B),SBi surface est couverte de gelée diaphane, elle a pris la forme d'un arc et chacune de ses extrémités est marquée d'un point plus foncé. Dans ses mouvemens, l'embryon change à chaque instant de forme , ce qui montre qu'il n'a pas encore de coquille.
En effet, une injection d'acide citrique ne produit pas d'effervescence, mais tue l'embryon en peu d'instans. Alors celui-ci montre une large ouverture. couverte dégelée diaphane, et bientôt il se contracte sensiblement, enfin il s'obscurcit et ne laisse plus voir de cellules (fig. 12, C). n est donc certain cpie le tissu cellulaire a accpiis depuis hier un grand degré de solidification, puisqu'il est susceptible de se contracter par l'effet des acides, ce qoi n'avait pas lieu jusqu'ici.
13™ Jour. — (PI. ^,/ig. 13, A~D.)
TianBATiiu. — 9 h. du matin, -i- 8,3 centîg.
— Midi . . . + 9,8.
— 9b. du soir . -t-ifi.
L'ouverture qui formait d'abord une simple cicatrice et qui depuis lors s'était de plus en plus entr'ouverte de manière à présenter hier deux dimensions presque égales, s'est accrue notablement aujourd'hui, de sorte que les deux lobules qu'elle présente (fig. 13, Dec), forment maintenant le sens de sa largeur, tandis que les grands lobes
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[fig. 13, D a, b) qui étaient les lèvres de la cicatrice, forment actuellement sa longueur, et déjà cette longueur est plus grande que la distance qui sépare les deux lobules. Dans le mouvement de Tembryon, l'un de ces points collatéraux {fig. 13, Da) marche totgours en avant, Tautre {fig. 13, Bb) est toujours en arrière. Plus tard nous verrons la partie actuellement postérieure devenir la tête ; les yeux y apparaîtront et alors le mouvement gyratoire cessera tout-à-fait.
Vu de côlé {fig. 1 3, 5 et C^ l'embryon est ovale et la partie ouverte présente toujours l'aspect d'nne masse gélatineuse. A travers les cellules on aperçoit des striatures obscures qni, à leur tour, donneront naissance k des cellules nouvelles. Au reste, la couleur générale de Tembryon est plus claire et plus diaphane. Celui-ci en tournant, prend quelquefois une forme aplatie {fig. 13, C^, les cellules se concentrent en une bande longitudinale. C'est le foie qui se forme et qui est ainsi le premier organe interne.
II est bien digne de remarque que l'embryon, après avoir présenté pendant quelques jours , une fissure longitudinale qui indiquait la formation longitudinale, est encore aujourd'hui revenu à la formation régulière et radiaire cruciforme.
Il semble qu'avant de prendre l'élongation qui formera le mollusque, il passe par celle des médusaires dont la partie dorsale est bbmbée, et la partie ventrale concave et ouverte. A ce sujet , je dois faire remarquer que la position de l'embryon des Mollusques est telle, qu'il présente souvent la partie dorsale en dessous et la partie ventrale par dessus. C'est dans cet état que le représentent nos dessins, jusques y compris le îl»»» jour.
14^ Jon». — (PI. 2, fig. 14, A-F).
TortUTDBB. — 9 h. du matin. ■*■ 6,0 centig.
— Midi. . . . + 9,0.
— 9 h. du soir . -i- K,7.
L'embryon aujourd'hui présente deux faces bien distinctes, Tnne
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convexe et hémisphérique qui offre une organisation incontestable, l'antre presque aplatie et recouverte de gélatine. La première s'est formée de la périphérie du globule embryonnaire, l'autre, de la cicatricule qui s'y était présentée dès le 9^ jour. Plus tard la partie convexe deviendra le manteau, tandis que la partie gélatineuse formera tout le reste de l'enveloppe de l'animal, et donnera naissance à la tête et au pied. Déjà on peut voir que l'embryon passe à la formation longitudinale et qu'il commence à affecter la forme des Mollusques {Jig;lA,C), aux deux côtés de l'ouverture on aperçoit les lobules qui se prononcent de plus en plus {/ig. \4fAetB, bb) et qui disparaîtront ensuite. Ce sont ces deux lobules qui constituent la tête et la queue dans les animaux vertébrés. Plusieurs fois j'ai remarqué un endroit plus clair vers le centre de la partie gélatineuse j c'est l'origine de l'ouverture respiratoire. Il est présumable que dans le principe toute la surface gélatineuse de la cicatrice fait les fonctions d'organe de la respiration , car, après le rapprochement des deux lobes du manteau, cette sur- Eace devient la cavité respiratoire. Il n'est donc guère douteux qu'elle remplissait déjà cette fonction pendant la deuxième phase de l'embryogénie.
L'embryon tourne toujours avec rapidité, en formant une spire oblique qui représente la spire de la future coquille {p.g. 14, £). La partie du manteau qui marche en avant et qui deviendra l'extrémité de la spire est obtuse, {fig. 14, A)^ tandis que celle qui marche en arrière et qui plus tard recouvrira la télé est échancrée {fig. 1 4, B), Il n'existe encore aucune trace de coquille, mais elle tend à se former, et si l'on observe un embryon de Physe à cette époque, on voit très-distinctement à son extrémité une dépression mamelonnée qui doune naissance à la coquille.
A l'intérieur de l'embryon, les cellules primitives présentent dans leur intérieur des cellules secondaires déjà très-distinctes, qui se sont formées aux dépens des matières organisables qu'elles contenaient {fig. 14, D). Cette formation médiane des cellules secondaires est un phénomène remarquable; bientôt nous verrons les cellules primitives
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se rompre pour faire place aux cellules secondaires qu'elles oqt engendrées dans leur intérieur, et alors il ne restera plus des premières qu'on réseau qui paraîtra vasculaire.
Il était curieux de saToir jusqu'à quel point les matières primitives composant Tembryon s'étaient transformées en tissus. A cet eflèt^ j'ai rompu un œuf deLimnée et j'y ai injecté une goutte d'acide citrique; Â rinstantj toute la partie composant le manteau et le tissu cellulaire s'est contractée, tandis que la masse gélatineuse a conservé ses dimensions {fig. 14, F). Il est donc clair que jusqu'ici cette masse gélatineuse n'a encore aucune organisation réelle, tandis que le manteau et le foie sont complètement organisés.
15"" Jour. — (PI. 2 , fig. 15, A-D.)
TEa?ËB\TciE. — 8 h. du matin. + 8,4 cenlig.
— Midi ...-+- ia,4.
— 9 h. du soir . + 8.
L'embryon qui s'est chaque jour accru est aujourd'hui à peu près de la grandeur du tiers de l'œuf, et a acquis une forme tout-à-fait longitudinale {fig. 15, A). Toute la partie gélatineuse s'est notablement accrue et offre une forte protubérance conique vers le càté échancré du manteau (Jig. 16 Aa). Cette protubérance que je nommerai podo-cépkaîique est l'origine de la tète et du pied réunis, qui sont pendant quelque temps confondus ensemble ; elle n'offre encore à présent aucune trace de tissu ni d'organisation. Les deux lobules que l'on remarquait les jours précédens sont disparus et sont fondus dans les bords du manteau.
L'embryon se meut continuellement et presque toujours en formant une spire cycloïde dont la forme représente celle qu'affectera plus tard la coquille. Dans cette évolution, la partie destinée à devenir le pied et la léte (fig. 16, Aà) fait un tour plus grand et excentrique, tandis que la partie destinée à devenir l'extrémité de la spire {fig. 15, Ab) fait un tour plus court et central. Chaque tour se fait environ en 40 secondes.
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L'extrémité destinée à devenir la tête se lève avec peine, et parvenue au sommet, elle retombe avec vitesse. Le lobe échancré du manteau présente aujourd'bui une protubérance an centre de Téchancrure {fig. 15^ C). Les lobules latéraux tendent à s'atténuer.
Lorsque l'embryon est vu de côté, on reconnaît qu'un grand changement s'est opéré dans son intérieur; la masse de tissu cellulaire a déjà formé le foie; elle s'est divisée en deux grands lobes ^. 15, Acd) séparés par une large fissure, et dont le supérieur, vu de côté, offre à Tobservateor environ 6 et l'inférieur 10 à 12 grandes cellules primitives^ lesquelles sont remplies de petites cellules secondaires. Ces lobes sont distincts à la base et ont l'aspect d'un cœur bilobé. Le lobe qui est aujourd'hui le plus rapproché du mamelon podo-cépbalique {fig. 15, ^c) sera bientôt refoulé en arrière et deviendra le lobe postérieur, tandis que l'autre {fig. 15, Ad) deviendra le lobe antérieur. La ligne médiane qui sépare les deux lobes est très-forte et très-prononcée. Entre l'extrémité des deux lobes du foie, vers la partie podô-céphalique, on aperçoit un grand espace jaunâtre et arrondi, qui est la glande sécrétoire del'oviducte {fig. 15, ae)oupeut-étre l'estomac, ce que je n'ai pu déterminer avec certitude.
En examinant attentivement la partie destinée à former l'extrémité du tortillon, et qui maintenant marche en avant {fig. 1 5, Ab)j on commence à y apercevoir le premier rudiment de la coquille qui d'abord a la. forme d'une Patelle. Quant au mode qui préside à cette première formatioB, on voit à l'extrémité de l'embryon une dépression dont le centre est comme mamelonné, c'est là que se forme la coquille qui est d'abord tellement mince et petite, qu'elle ne peut être aperçue qu'en y prêtant lapins grande attoition {fig. 15, B). Cette dépression est plus évidente dans la Physe, qui à cette époque ne présente pas encore de cellules secondaires.
L'embryon de Ltmnée que nous venons d'observer est parvenu au même point que Tembryon de Grenouille de quatre jours, décrit et figuré par MM. Prévost et Dumas {Anh. se. nat., t. II, pi. ^tfig- a, a'). L*im et l'autre, après avoir présenté à leur sur&ce une cicatrice qui
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s'est saccessîvement accrue, offrent en cet instant un productus qui en sort et qui est destiné à devenir la tête. Mais il est un fait qui me parait très-remarquable, c'est que la formation de Tembryon de la ûrenouillé, se fait parallèlement à la fissure ^ tandis que celui de la Limnée se fait transversalement h cette fissure , de telle sorte que chez la Grenouille, la tête sort de l'extrémité de la fissure, et le système cérébro-spinal se forme dans cette fissure même, tandis que chez la Limnée, la tète sort d'une des lèvres de la fissure, et le système cérébro-spinal ne se forme pas. Aussi le développement des deux embryons qai jusqu'ici avait été semblable, sera-t-il dorénavant entièrement différent.
I6°« Jour. — (PI. 2, ftg. 16, A~F.)
TuutSATDiB. — d h. du matin, 4- lâ,S ceotig.
-- midi .... -I- IS,0.
— soir .... H- 10,9.
L'embryon s'est encore beaucoup accru et sa grandeur est de moitié de la longueur de Fœuf. Son mouvement est beaucoup plus rapide, il présente environ trois tours par chaque minute et même davantage si la température est chaude; ce mouvement se fait toujours dans le sens de la spire, le crochet en avant. La tournure dé la coquille est entièrement arrêtée, elle forme déjà le crochet oblique et gagne sans cesse du terrain sur le manteau (^. 16, D, c et 16 E). De son càté, la tête se forme de plus en plus et le I Séjour au soir elle apparaît comme tronquée (fig- 16, B).
A l'intérieur, les deux lobes du foie sont de plus en plus distincts et la fissure intermédiaire qu'on y apercevait hier a fait place à un canal (fig. l6À,d) qui, après s'être dirigé obliquement en arrière (^g. 1 6, C, b) traverse en ligne droite la partie ouverte de l'embryon (Jig. 16, D). C'est le commencement de la formation du canal intestinal qui, plus tard , circule dans la même direction an tour du foie.
Les cellules secondaires en s'accroissant et en s'élargissant ont fait
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DES MOLLUSQUES. âS
disparaître presqu'entièrement les cellules primaires, dont les traces âgurent un réseau yasculaire [jig. 16, B). On peut compter environ huit cellules secondaires dans chaque cellule primaire, mais ce nombre doit être plus considérable. A l'aide des plus forts grossissemens on n'aperçoit dans la niasse gélatineuse podo-céphaliqne et qui est destinée à former le pied et la tête, aucune trace de cellules, mais seulement une myriade de points, situés principalement au Toisinage de la surface externe, lesquels en s'accroissant incessamment à l'intérieur, présentent bientôt l'aspect d'un feutré entrelacé de canalicules qui partent d'une zone peu éloignée de la face externe et descendent vers le centre, de façon à présenter une infiltration centripète de canalicules {fig. 16, F). Cette partie, destinée à former le pied et la tête, offre de temps à antre des mouvemens vibratoires semblables à une espèce de frémissement.
On voit par ce qui précède que la formation du système dermo-muscnlaire est bien différente de celle du système glanduleux, puisque celui-ci est cellulaire et s'augmente par des productions médianes , tandis que celui-là est canaliculaire et s'augmente par des infiltrations centripètes. Stiebel a eu tort de dire qu'il existe des cellules dans la formation de la tètej il est évident que cet organe en est entièrement déponrm.
3« Phase. — SENTIMENT. {Fétu».) 17M0UH. — (PI. 3, fig. 17, A-G,)
TortUTiiu. — 9 h. du matin. + IStS centig.
— — midi ....-»- 18,6
La formation du système nerveux est devenue certaine par l'apparition des yeux qui en démontrent l'existence {fig. 17, Ab, Bb, C, D). Les yenx sont insérés dans le feutré à la base du mamelon podo-céphaliqoe, et paraissent d'abord comme ponctués et obscurs (/^. Xl^CélD).
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26 EMBRYOGENIE
En même temps que' le système oerreux s'est formé, l'embryon cesse de tourner automatiquement^ l'extrémité postérieure en ayant, et il commence à se mouvoir la tète en avant avec autant de régularité et de facilité que l'être parfait.
En même temps encore, on commence à apercevoir les palpitations du cœur vers l'extrémité inférieure du lobe supérieur du foje, qui correspond au côté droit de l'embyon. Le cœur parait formé d'une membrane excessivement mince et ne peut-être aperçu que par ses mouvemens. Ces mouvemens sontirréguliers, lents et foibles, ils ont Uea tous les cinq où dix secondes^ quelquefois on est des heures entières sans les apercevoir. Le soir^ les deux lobes cellulaires- sCint ren^jés et comme soufflés, l'antérieur est rdgàeux et plus clair, le postérieur plus fencé. A l'extérieur, les yeux sont recouverts d'une membrane hémisphérique, que je crois être l'extrémité du manteau qui ren^plit les fonctions de paupières (/ï^. 17, Bb et£). Le pied est doué de mouvemens propres et peu;t se contracter jusqu'à toucher le. crochet. La coquille est trôs-dîstincte et eiabrasse la partie postérieure du manteau [jig. 17, ^); sa texture est- excessivement mince et vitrée, sa longueur d'environ Xjx moitié daiiianteaii,:sà forme rQ|nrésente celle d'une TestaceUe {fig. 17^ E). Vers ia fin dd jour, qn voit . que le manteau commence à se détacher de la tête. Derrière Ift têtQ on aperçoit un organe arrondi transparent et jaunâtre {fig. 17, Bc) que M. Carus regarde comme la glande secrétaire supérieure de l'oviducte et que je crois être le cerveau ou peut-être la glande prostate; la glande secrétoire de l'oviducte est située à Textrémité des deux lobes du foie, je l'ai indiquée le 15^ jour {fig. 15, Ae).
J'ai dit que j'avais d'abord aperçu le cœur battre vers l'extrémité du lobe antérieur du foie {fig. 1 7 , i4e ) , au point de jonction du lobe postérieur et vers le côté droit du fétus; le soir j'ai aperçu le cœur battre vers le c6té gauche, également à l'extrémité du lobe antérieur du foie {fig. 17, t?à), lequel s'allonge obliquement' vers le. côté gauche. Ces pulsations «ont simples et îrréguliéres. Ainsi lec polsi^îons ont lien aux deuï élttrémités de Injonction dorsale des deux lobes, du
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foie, d*où il faut conclure que dans l'origine il existe deux cœurs représentant Tua le Tentricnle et l'autre Toreillette. Bientôt nous verrons ces deux cœurs se réunir à la partie médiane de la jonction des deux lobes du foie, former un cœur unique composé d'un ventricule et d'une oreillette, et dont les mouvemens seront réguliers et composés de systole et de diastole.