PREMIERE OBSERVATION
Une jeune dame, qui , avant de se marier , avait retiré des avantages très-marqués des procédés orthopédiques, dont elle a perdu une partie à la suite de sa première couche, éprouvait plusieurs phénomènes qui annonçaient une direction nouvelle de la maladie sur la poitrine.
Les menstrues étaient peu abondantes depuis deux ans que cette daine était accouchée; il y avait habituellement des coliques utérines par fois très-vives; une oppression continuelle avec des étouffemens , et même des suffocations qui décélaient une congestion pulmonaire.
On sait ce que signifient , dans l’avenir, ces congestions du poumon qui coïncident avec les premiers dérangemens des règles chez les sujets d’origine faible et scrofuleuse. Dans le cas dont je parle, on devait les appréhender avec d’autant, plus de raison que ^ lorsqu’il y avait moins d’oppression , la toux n’était guère moins fréquente.
Combattre ces sortes de congestions par la saignée de bras, serait, ce me semble, une faute grave dans laquelle on ne peut tomber quand on comprend ce phénomène comme je viens de le présenter.
J’ai donc agi directement sur l’utérus par des lavemens, des pédiluves, et dix sangsues à la vulve, que j’ai fait appliquer, une fois, immédiatement après les règles, afin de produire une hémorrhagie supplémentaire de menstrues, et dérivative de la congestion pulmonaire.
Après cette émission sanguine, que je répéterai de la même manière s’il y a lieu, la malade a pris trois bains iodurés par semaine pendant
un mois et demi ; la peau en a été assez vivement irritée et teinte en jaune; et cette irritation a produit les effets les plus efficaces ; les menstrues sont plus copieuses , plus faciles depuis trois mois ; la poitrine en a été évidemment dégagée , et l’état général est devenu meilleur»