‹ Mémoire sur l'emploi des bains iodurés dans les maladies scrofuleuses; suivi d'un tableau pour servir à l'administration des bains iodurés selon les âgesChapitre 2 sur 17 · PRÉAMBULE · texte numérisé non relu

PRÉAMBULE

Depuis la publication cie mon Mémoire sur remploi de V Iode dans les maladies scrofuleuses , l’usage de ce remède est devenu si général , que cette substance a manqué à Paris, pendant quelques jours, et que le prix en a augmenté.

Si je puis en juger par mes relations au dehors, ce n’est pas à Paris seulement que l’iode est, aujourd’hui, employé dans les maladies scrofuleuses. Les mêmes essais sont répétés en province et à l’étranger, en Angleterre surtout où l’on prescrit ce remède selon les formules que j’en ai publiées.

En effet , les maladies scrofuleuses ayant été Ion g- temps et unanimement regardées comme incurables, les praticiens ont dû accueillir avec empressement un remède nouveau qui les a délivrés de la dure nécessité de remettre encore

en usage divers moyens dans lesquels ils ne pouvaient plus avoir qu’une confiance douteuse, ayant trop souvent été convaincus de leur inefficacité.

Et laccuei] des praticiens a dû être d’autant plus empressé que mes recherches ont paru sous les auspices de la plus puissante recommandation, puisqu'elles avaient été vérifiées à l’hôpital Saint-Louis et que les faits de guérison par l’iode avaient été comptés en plus grand nombre que je n’avais annoncé.

Si je n’hésite point à rappeler un précédent si honorable pour moi , c’est que je ne Fai compris et accepté que comme un encouragement à continuer mes travaux avec le même zèle que j’ai mis à les commencer; et la tâche que j’ai entreprise est loin de toucher à sa fin, puisqu’elle embrasse les méthodes générales et particulières de traitement des maladies scrofuleuses.

< Cette tâche me devient chaque jour plus facile â remplir par ma position, mais surtout par l’expérience des meilleurs praticiens qui font usage des préparations iodées et qui voient des maladies, jusqu’à présent incurables, guérir par F usage de Fiode, quelquefois même avec une promptitude qui les étonne.

Je travaillerai à cette méthode de traitement.

jusqu’à ce que je sois parvenu à :1a développer avec la même certitude ,qite j’ai enseigné dans mes cours de (qefte &(&

fièvres intermittentes |par fte jki^a;; cQlAteciL&iittefc’ ladies syphilitiques par :1e meecuqe^ bilieuse^ par les émétiques tet tes ipurgatifs^ des phlegmasies légitimes par les saignées générales et locales, etc., etc.

Avant la publication de mes premiers travaux sur l’iode, M. le professeur Dumérit en avait fait de très-heureuses applications, et plusieurs des malades scrofuleux que je lui présentai f intéressèrent d’autant plus particulièrement qu’il avait guéri des cas analogues.

M. Magendie a mis l’iode en usage contre certains ulcères de la face qu’on observe fréquemment à l’hospice de la Salpêtrière, et qui , pour la plupart , ne sont que des ulcères scrofuleux dégénérés en l’état cancéreux. Depuis , ce savant praticien paraît avoir fixé plus spécialement son attention sur l’emploi de fhydriodate de potasse , dans les hypertrophies du coeur et contre l’épilepsie.

M. Serres, un de ceux entre nos contemporains qui trouvent le mieux les idées générales, parce qu’il possède, à un haut degré, l’art des expérimentations et celui d’en observer les phénomènes , n’a pas mis peu d’empressement à

éprouver les vertus de l’iode chez plusieurs malades scrofuleux et ne l’a pas employé avec moins de bonheur que M. Duméril et M. Magendie.

M. Baron, professeur de pathologie interne avant d’être praticien spécial , et dont la spécialité se rapproche souvent de celle qui m’a été dévolue également par ma position , a fait usage de l’iode et en a obtenu des succès que ne lui avaient jamais procuré aucune autre méthode de traitement.

Un praticien que je ne puis non plus omettre, M. Bailly, médecin de l’Hôtel-Dieu, a traité a l’hôpital Saint-Louis plusieurs malades scrofuleux modo Lugoliono , si je puis prendre la liberté de rappeler ici l’honorable néologisme dont il voulait bien se servir.

A l’hôpital Saint-Louis, mon expérience personnelle ne pourra qu’être fortifiée de celle de mes illustres collègues, MM. les professeurs Alibert et Richerand; leur amitié a pris à mon succès public un intérêt auquel je devais être préparé par les encouragemens qu’ils avaient donnés à mes travaux particuliers.

Mon honorable collègue et ami M. Jules Cloquet a tenté plusieurs essais sur 1 iode à l’hôpital Saint-Louis, et, avec une générosité qui ne pourrait étonner que ceux qui ne le connais-

sent point, a voulu en reporter sur moi les succès.

Je pourrais augmenter beaucoup la nomenclature des praticiens qui recommandent l’iode , soit dans les maladies scrofuleuses, soit dans les maladies analogues ; mais ce n’est pas l’histoire de fart que je fais ici , et je pense avoir cite un nombre d’autorités suffisant pour soutenir la confiance des praticiens et les porter k généraliser encore plus l’emploi de l’iode.

11 serait difficile de citer, dans l’histoire de l’art, un remède nouveau qui ait été accueilli aussi généralement. Serait-ce parce qu’on n’a pas , en effet , à raconter des accidens produits par l’iode depuis qu’il est prescrit aux doses que j’ai données et selon les formules que j’ai publiées ? Je crois même avoir présenté, sur les accidens qu’il a produits quelquefois, des explications qui ne pourront manquer de servir à éviter ces mêmes accidens.

Le mode nouveau d’application qui fait le sujet de ce Mémoire , me paraît devoir agrandir beaucoup le domaine thérapeutique de l’iode. Les bains iodurés seront au moins d’un aussi grand secours contre les maladies scrofuleuses que les bains sulfurés le sont dans les maladies cutanées ; et comme les grands praticiens n’emploient pas les bains sulfurés dans

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les maladies cutanées seulement ; de meme les bains iodurés seront employés, parla suite, pour remplir des indications moins limitées que celles dans lesquelles je me suis renfermé jusqu’æ présent.

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