‹ Mémoire sur l'emploi des bains iodurés dans les maladies scrofuleuses; suivi d'un tableau pour servir à l'administration des bains iodurés selon les âgesChapitre 7 sur 17 · PREMIERE EXPERIENCE · texte numérisé non relu

PREMIERE EXPERIENCE

Jeudi , 12 novembre 1829. — Trois gros d’iode ont été répandus dans le bain préparé a 5o° de Réâumur. Les malades y sont restés cinquante minutes.

Le bain iodé a produit presque aussitôt une démangeaison qui est devenue, au bout d’un quart d’heure , un sentiment de cuisson trèsprononcé, notamment dans les régions inguinales , sur la face antérieure externe des cuisses , sur les jambes, la face externe postérieure des bras, et qui, pour la plupart des malades, a été vif, douloureux, pendant le dernier quart d’heure du bain.

Pendant la durée de cette expérience , j’ai fait changer trois fois les malades de position ; en sorte qu’ils avaient la tête aux deux extrémités de la baignoire alternativement.

Planque baignait sa mélitagre dans la solution iodée ; Asseloi plongeait souvent sa figure pour baigner ses lèvres, son nez, ses yeux, et tous deux n’éprouvaient aucune démangeaison sur le siège de leur maladie, qui , à la vérité , était en voie de guérison très-avancée.

Bonneville a éprouvé d’abord un sentiment de cuisson assez vif aux régions inguinales et hypogastriques qui n’a gagné le siège de la maladie ( le côté gauche du cou et celui de la poitrine) qu’au bout d’une demi-heure.

Guibert baignait sa joue droite dans le bain sans y rapporter aucune impression particulière. Je lui faisais souvent balayer les narines avec la solution iodée, ainsi qu’à tous les autres malades, plus particulièrement Asselot et Bouilly (i) chez lesquels cettesolution n’excitait point de cuisson.

(i) Barbier avait eu la fièvre toute la nuit précédente , et l’avait encore. Je le remplaçai par Bouilly, âgé de 25 ans, atteint d’une scrofule esthîomène , qui lui dévore le vomer, l’ethmoïde, jusqu’à la laine criblée de cet os. Du côté gauche , la maladie a atteint le canal nasal et produit une fistule lacrymale. Les fosses nasales ne sont plus qu’une profonde excavation ulcérée en plusieurs endroits , et de laquelle sortent les exhalaisons les plus infectes.

N. B. Barbier reparaîtra aux expériences suivantes , et nous garderons Bouilly , ce qui portera le nombre des malades k huit.

sur les surfaces malades, ou qui levaient été.

Mornon, au contraire, a ressenti l’impression du bain plus vivement de la hanche et du membre abdominal droit guéri , que de toute autre partie du corps; ce que je regarde comme d’un pronostic peu favorable.

Chez Caron , l’elfet du bain commençait ordinairement par le pied malade.

A la fin de cette expérience, l’atmosphère de la salle a été abondamment chargée d’iode , qui excitait fortement l’odorat , et qui piquait à la gorge.

En sortant du bain, les malades se sont mis au lit, et nous sommes allés les visiter demiheure après.

Planque, Asselot, Caron n’éprouvaient plus qu'une faible démangeaison. Guibert, qui avait ressenti le plus vivement l’effet du bain , ne nous offrit de rubéfaction qu’aux fesses , plus particulièrement sur la droite qui lui cuisait beaucoup.

Chez les autres malades , il y avait rubéfaction érythémoïde avec démangeaison et même cuisson peu vive.

Mornon mouilla une chemise, la nuit suivante.

Bouilly eut le sommeil dérangé par des démangeaisons qui , non plus que la rubéfaction , n’étaient pas tout-à-fait éteintes, le i3 , à la

visite du matin , mais qui le furent dans la journée.

En général , la rubéfaction était mêlée d’une teinte jaune faible ; mais cette couleur dominait beaucoup la rubéfaction aux aînés et dans les plis des parois abdominales au-dessus des pubis. Singulier effet ! Car la peau n’étant rubéfiée que par Faction de l’iode, la rubéfaction aurait dû dominer là où l’iode était déposé en plus grande quantité.

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