‹ Mémoire sur l'évolution de la notocorde des cavités des disques intervertébraux et de leur contenu gélatineuxChapitre 11 sur 34 · CHEZ LE RAT · texte numérisé non relu

CHEZ LE RAT

Sur deux embryons de rat {Mus decumanus^ Pallas) longs de 28 millimètres du vertex à la racine de la queue (laquelle avait de plus 1 1 millimètres), j'ai constaté que l'évolution de la notocorde est à cet âge arrivée aux périodes d'évolution correspondantes à celles décrites ci-dessus.

Le corps du sphénoïde et ses ailes sont en partie ossifiés, mais laissent voir l'extrémité antérieure de la notocorde encore claire, non envahie [)ar l'ossification. L'on suit celle-ci dans l'apophyse basilaire cartilagineuse; mais comme la base de l'apophyse est ossifiée (ainsi que les ailes de l'occipital) déjà dans une grande étendue, la notocorde est interrompue à ce niveau (planche III, fig. 7). On la voit ensuite reparaître au bord postérieur de celle-ci , passer derrière l'arc antérieur de l'atlas et traverser toute l'étendue de l'apophyse

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odontoïde, puis toute la colonne cervicale, dont elle transperce le centre des vertèbres en conservant le diamètre qu'elle avait chez les embryons de (2 millimètres et au dessous. Elle présente un petit renflement ovoïde au milieu du corps de l'axis, au niveau du sillon de jonction de ses deux parties; ce renflement est un peu plus large que sur le lapin, mais moitié moins long (pl. III, fig. 7, d).

Entre l'axis et la troisième vertèbre cervicale, au milieu du disque intervertébral, la notocorde est considérablement dilatée, et ces dilatations s'observent dans toute la longueur du rachis comme chez les lapins. Elles cessent à la queue au huitième ou au neuvième avant-dernier espace intervertébral coccygien.

Le cartilage du corps des vertèbres a presque la même forme que ceux du lapin; mais à la queue, à partir de la deuxième ou troisième vertèbre coccygienne , toutes les autres ont la forme de poulie. Comme les disques intervertébraux sont bien plus minces que chez les lapins, les cavités sont toutes ovoïdes en travers, mais plus larges et moins épaisses que sur ce dernier, au point que leur diamètre transverse égale presque celui du corps vertébral même, surtout aux lombes. Au cou, les cavités intervertébrales, sont minces, lenticulaires (fig. 7 d)\ elles sont limitées en haut et en bes directement par le cartilage du corps des vertèbres, qui ellesmêmes se touchent presque à leur périphérie, tellement est mince le disque qui les unit ensemble. La cavité intervertébrale empiète aussi sur le corps vertébral plus que dans les autres animaux et se continue avec le canal qui la traverse de part en part et loge la notocorde. Au dos, les cavités, bien que toujours lenticulaires, sont moins larges, épaisses^ et

leur circonférence plus arrondie rapproche leur coupe de celle d'un ovoïde. Aux lombes et dans les premiers espaces intervertébraux du sacrum, les cavités deviennent de nouveau presque aussi larges en travers que le corps des vertèbres et offrent à peu près la forme d'un ovoïde allongé, un peu aplati. Entre les vertèbres caudales, leur figure est plus nettement ovoïde. Les cellules de la notocorde forment dans ces cavités un amas central grisâtre, d'asjject grenu à un faible grossissement, qui ne les remplit pas tout à fait; la forme de ces amas reproduit à peu près celle de la cavité; ils sont nettement lenticulaires dans les cavités du cou, et leur coupe offre à peu près la figure^d'un ovoïde. Ces amas de cellules sont constitués comme chez le lapin, et on peut aussi, par une légère pression, rompre le tissu du disque qui limite la cavité, et faire sortir le contenu sous forme de grumeaux flottant dans un liquide gélatiniforme limpide. Avant cet écrasement , on voit encore la continuation de cet amas central de cellules des cavités avec le cordon celluleux de la notocorde qui traverse de part en part le cartilage du corps des vertèbres. Toutefois, à cet âge, un point d'ossification central existe depuis la deuxième vertèbre dorsale [j\ k) jusqu'à la troisième ou à la quatrième lombaire; dans toute cette portion du rachis, la notocorde se trouve aussi interrompue d'espace en espace par ce point d'ossification. Néanmoins, au travers de ce point opaque, on aperçoit un trait de la largeur de la notocorde environ, un peu moins foncé que le reste du tissu osseux, qui indique la trace de celle-ci. Bien que le corps des vertèbres cervicales ne présente encore aucun indice de ce point d'ossification central, leurs apophyses transverses sont ossifiées [g^ h, i) autant que celles du

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dos et des lombes; mais, au bassin, les apophyses transverses sont encore cartilagineuses, comme le corps des vertèbres.

Ces renflements ou dilatations de la notocorde représentent autant de cavités intervertébrales, creusées au centre des disques déjà formés de tissu fibreux assez dense et foncé, peu transparent sous le microscope. La minceur du tissu du disque à côté de la grandeur de la cavité est d'autant plus frappante que, sur les rats adultes, les disques intervertébraux sont extrêmement minces, purement fibreux, comme chez le bœuf et le cheval, et complètement dépourvus de cavité centrale.

Remarques sur les faits précédents. — On voit, par ce qui précède , comment le cordon celluleux qui représente la corde dorsale se trouve interrompu d'espace en espace , et comment s'oblitère le canal qui le renferme au centre du cartilage des vertèbres. Le liquide visqueux qui accompagne la notocorde augmente plus ou moins dans cette cavité suivant les espèces animales, et les cellules de la notocorde se trouvant à ce niveau se multiplient par segmentation. Elles forment ainsi des amas ou groupes qui, d'abord continus et adhérents les uns aux autres, deviennent jjeu à jjeu librrs dans le liquide de la cavité; presque toujours aussi elles forment une couche adhérente à la face interne de cette dilatation. Ces phénomènes se produisent à une période de l'évolution embryonnaire qui diffère d'une espèce animale à l'autre. Chez le lapin, ils ont lieu aussitôt que se forment les dilatations intervertébrales de la notocorde, avant l'oblitération du canal central de chaque vertèbre par l'ossification; sur l'embryon humain, on trouve la cavité intervertébrale

5o MÉMOIRE

ovoïde remplie par une masse unique de cellules, et il n'y a presque pas de liquide autour de celle-ci. Ce n'est qu'après l'apparition du point central d'ossification des vertèbres que le liquide se produit plus abondamment et qu'on voit la masse unique centrale dont les cellules se multiplient se partager en plusieurs petits amas de formes diverses. Tl en est de même dans l'embryon de vache, bien que la cavité s'oblitère peu de mois après; sur le mouton, l'oblitération de celle-ci a lieu avant la production de ce liquide et des amas de cellules aux dépens de la dilatation centrale du cordon celluleux qui remplissait la cavité intervertébrale. Chez le chien , il ne se produit pas de liquide visqueux dans cette dernière, ni d'amas distincts de cellules; comme dans les poissons, cette cavité, bien que très-grande relativement, reste toujours remplie par les cellules de la notocorde immédiatement contiguës.

Ayant fait connaître le mode de production des cavités intervertébrales aux dépens de la notocorde, il faut actuellement étudier l'enveloppe de celle-ci et les cellules qui la composent et qui concourent à constituer le contenu de ces cavités lorsqu'elles ne le forment pas exclusivement.

SUR i/evoluïion de la notocorde.

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