‹ Mémoire sur l'évolution de la notocorde des cavités des disques intervertébraux et de leur contenu gélatineuxChapitre 4 sur 34 · C. RUMINANTS · texte numérisé non relu

C. RUMINANTS

Sur deux embryons humains d'une longueur de i4 et de 16 millimètres, du ventre à l'extrémité postérieure du tronc, sur un autre, long de 1 8 millimètres, que m'avait remis E. Godard, et sur un embryon de mouton long de 20 millimètres, du front à la racine de la queue, la notocorde s'étendait sous

SUR l'Évolution de la notocorde. 23

forme d'uti cordon ou filament clair, depuis la base du crâne Jusqu'à la dernière pièce coccygienne. Son extrémité antérieure se voyait sur la ligne médiane, à peu près au niveau des yeux, mais un peu en arrière. La portion céphalique de la notocorde traverse ainsi le centre des cartilages, qui correspond à l'apophyse basilaire de l'occipital ; elle traverse celle-ci tout entière, et son extrémité antérieure atteint le bord postérieur du cartilage du corps du sphénoïde sans pénétrer dans son épaisseur. Cette extrémité se voit à l'extrémité antérieure de l'apophyse basilaire de l'occipital, au niveau de la partie antérieure de la vésicule ou sac du labyrinthe. Cette extrémité antérieure est arrondie, renflée en forme de massue dans une longueur de i/3 de millimètre et large de i dixième de millimètre chez l'embryon humain, et un peu moins sur le plus petit que sur celui de i6 millimètres. Elle est large de 9 centièmes de millimètre seulement chez le mouton (pl. I, fig. 3, a). Au-dessous de cette partie renflée, elle diminue peu à peu de volume , et acquiert un diamètre de 7 centièmes de millimètre vers le bord postérieur de l'occipital, largeur qu'elle conserve dans toute son étendue chez ces end3ryons, en restant ainsi régulièrement cylindrique jusqu'à la dernière pièce coccygienne ou elle se termine assez brusquement en pointe niousse.

La notocorde ne traverse pas le cartilage de l'atlas, qui sur l'embryon dont il s'agit (fig. 3) était déjà assez développé sous forme d'une bande cartilagineuse, étroite, courbée en demi-cercle. A partir de l'apophyse odontoide et du corps de l'axis, qu'elle traversait de part en part, elle passait au centre de tous les disques intervertébraux et du cartilage de tous les corps de vertèbres, qui étaient plus

transparents que ces dernières. Elle ne présentait aucun renflement sur toute sa longueur.

Sur l'embryon de mouton, le bord postérieur du cartilage de l'occipital offrait deux portions plus foncées que le reste de sa substance, qui se présentaient sous forme de taches arrondies à contour diffus (fig. i,^) de chaque côté de la corde dorsale. Plus tard, on trouve à leur place le golfe de la veine jugulaire. Une tache foncée analogue se voyait aussi au bord inférieur du cartilage du corps de toutes les vertèbres (e) jusqu'au sacrum ; elle s'étendait sur le disque intervertébral à peu près jusqu'à la place occupée plus tard par la cavité de ce disque; elle aurait pu faire croire d'abord à la présence d'une dilatation commençante de la notocorde, mais un examen attentif montrait que cet organe restait parfaitement cylindrique à ce niveau.

Dans toute sa longueur, la corde dorsale offre aussi sur cet animal une enveloppe hyaline, transparente sans granulations, épaisse de 2 millièmes de millimètre, légèrement plissée dans le sens longitudinal. Cette gaine renferme le cordon celluleux qui représente la notocorde proprement dite. Celui-ci est cylindrique et n'a que 5 centièmes de millimètre de large; il ne remplit pas sa gaine, il est flottant dans son intérieur, flexueux, intestiniforme (fig. 3, A), un peu replié sur lui-même d'espace en espace, comme s'il était trop long pour la gaine. Il est un peu renflé comme cette dernière à son extrémité antérieure. Il reste entre lui et la gaîne un intervalle libre, large de 1 centième de millimètre, plein d'un liquide assez tenace, visqueux, incolore. Le cordon celluleux. est formé de cellules polyédriques juxtaposées d'une manière immédiate, très-adhérentes ensemble et ne

SUR l'Évolution de la notocorde. 25

faisant point saillie individuellement à la surface de l'organe, qui est au contraire lisse et régulière. Nous verrons plus loin que ces cellules paraissent plus granuleuses et plus grisâtres lorsque la préparation se dessèche un peu et qu'elles se gonflent, deviennent transparentes et paraissent moins granuleuses après quelques instants de séjour au contact de l'eau.

Sur les embryons humains mentionnés plus haut, l'espace plein de liquide visqueux existant entre la paroi de la notocorde et le cordon flexueux formé de cellules était plus étroit que chez le mouton. Ce cordon avait le même aspect général que sur ce dernier , mais les cellules très-pressées réciproquement et très-cohérentes , étaient difficiles à distinguer les unes des autres; les lignes marquant les plans de leur juxtaposition ne se voyaient qu'après l'action de l'eau.

Il était facile de reconnaître chez ces divers embryons que les cartilages vertébraux naissent autour de la paroi mince et nettement délimitée de la notocorde, et qu'ils ne sont pas un épaississement de cette enveloppe, car on la retirait intacte sur une certaine longueur hors des cartilages qu'elle traverse. On peut le faire ainsi tant que les renflements intervertébraux de la notocorde ne se sont pas encore montrés.

Lorsqu'on examine alors les corps vertébraux par une de leurs faces articulaires, on constate l'existence d'un canal qui les traverse de part en part et qui logeait la notocorde et sa gaine. Il est toujours placé un peu en avant du milieu de chaque corps vertébral, c'est-à-dire plus près du bord antérieur que du bord postérieur (pl. VII, fig. i6, a). Ce canal

Page 1