‹ Mémoire sur l'évolution de la notocorde des cavités des disques intervertébraux et de leur contenu gélatineuxChapitre 9 sur 34 · LA VACHE · texte numérisé non relu

LA VACHE

C'est vers l'époque où les embryons de vache ont de 3o à 32 millimètres qu'on voit commencer à se produire les renflements intervertébraux de leur notocorde ; à cette époque il n'existe pas encore de point osseux dans leurs vertèbres. Ces renflements sont ovoïdes dans le sens longitudinal et très-peu prononcés dans le principe. Leur élude est

SUR l'^volutioiv de la notocorde. 4i d'autant plus difficile que la notocorde est plus mince que chez l'homme, et que sou cordon cellulaire est plus transparent, formé de cellules moins grenues. De [)lus, le tissu fibreux des disques intervertébraux, moins transparent dans toutes les espèces que celui des cartilages, est plus foncé encore chez les ruminants que dans les embryons des antres ordres que j'ai pu examiner (i). Sur un embryon de vache long de 99 millimètres, la notocorde ne s'apercevait plus dans l'apophyse basilaire de l'occipital, dont l'ossification était déjà très-prononcée, mais on la voyait dans l'apophyse odontoïde. Depuis là jusqu'à la dernière vertèbre caudale ou coccygienne, qu'elle traversait de part en part, elle était claire, transparente, large de 6 centièmes de millimètre dans toute son étendue. Régulièrement cylindrique dans toute sa partie postérieure, elle ne présentait de renflement bien net que dans le disque qui sépare la onzième de la douzième vertèbre caudale en comptant de la dernière.

(1) Il faut se garder de croire que ce soit la portion de la notocorde correspondant aux intervalles des vertèbres, qui forme les disques ou ligaments intervertébraux, bien que beaucoup d'auteurs l'aient admis depuis IJischotT. Ce savant s'exprime ainsi à ce sujet. (Bischoff, Traité du développemenl de l'homme^ etc. Paris, 1843 ; in-S", p. 381.) « Avec le temps, ces anneaux (ceux des cartilages du corps des vertèbres) augmentent de masse, deviennent plus larges et plus épais, el étranglent de plus en plus la corde qu'ils entourent, laquelle finit par disparaître entièrement; il en reste une portion entre chaque couple d'anneaux. Les anneaux eux-mêmes deviennent les corps des vertèbres et les portions intermédiaires de la corde, le ligament intervertébral. » Nous verrons que les anneaux cartilagineux, ou corps vertébraux, n'étranglent nullement la notocorde, et que ce ne sont point les portions de celle-ci, intermédiaires aux vertèbres, qui forment les disques symphysaires.

Cependant, au centre des deux disques précédents, on commençait à voir deux dilatations à peine prononcées (pl. V, Hg. io,y, k,) et à contour dif fus. Le renflement, une fois bien limité, tranche par sa teinte claire sur l'aspect foncé du disque intervertébral et se montre à un faible grossissement finement granuleux au centre ; cela est dû à ce que les cellules y sont plus accumulées qu'à la périphérie de la cavité.

Ces renflements étaient ovoïdes en travers, malgré la longueur des disques intervertébraux de la queue, devenaient presque lenticulaires en approchant du sacrum [g, q^) et dans les disques séparant encore les unes des autres les vertèbres sacrées. Entre la première et la deuxième pièce du sacrum, les renflements devenaient globuleux, larges de 26 centièmes de millimètre, conservaient cette forme entre les vertèbres lombaires jusqu'au dernier disque des vertèbres dorsales. Là ils reprenaient la forme lenticulaire, mais avec moins d'épaisseur dans tout le rachis, jusqu'au disque qui sépare l'axis de la troisième vertèbre cervicale. Du reste, la notocorde n'offrait de continuité que depuis la dernière vertèbre caudale jusqu'à la quinzième en remontant du côté du sacrum. A compter de cette dernière jusqu'à l'axis, un point d'ossification ovoïde en travers, puis bientôt sphéroïdal, se voyait au centre du cartilage du corps de chaque vertèbre, et interrompait la continuité de la notocorde au milieu de chacune de celles-ci.

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