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1 1. 0(tre (xe vvuffloxùfxois S-aXifioteiv èff[eîX]xev b [ae(ivàt
1 2. VLovpfotov [yevé]vrfs «rpds 'Botriv èpyppÂvvjv •
13. ÀX'éri (i tàiirrrvfv, èvaXàÇpova, poTp' èxix[Yfce] , \pitoila xal yap.irjs tsa[o^â]los èalépecrev.
1 5. Ài&ov [pv]iiityt ri>v€ov èTtXfoeâpsSa.
Je me suis servi, pour donner la transcription précédente, de ma copie, de celle de M. Conze (pl. VIII, n° 2) et de la restitution qu'il a due à MM. Sauppe et Wieseler (p. 3i). Ce n'est qu'au quatorzième vers que mon texte s'écarte quelque peu du leur, sans même que pour cela le sens soit sensiblement modifié.
Comme eux, je renonce à tirer parti des quatre premières lignes, dont il ne nous reste que quelques mots sans liaison ; elles paraissent avoir été en prose, et avoir contenu le nom des parents de la jeune fille à qui avait été élevé le tombeau. Avec le cinquième vers commence une série de vers élégiaques qui peut se traduire ainsi (cest, par une prosopée dont on trouve de fréquents exemples dans les inscriptions funéraires, la morte qui prend la parole et qui s'adresse elle-même aux vivants) :
«Si la tombe enferme mon beau corps, mon àme s'est envolée vers la voûte céleste, je le déclare hautement; car la divinité accorde aux vierges ce privilège, après que la mort les a frappées, de parler, comme si elles étaient encore vivantes, à tous ceux quj habitent la terre. Je ne me suis point, avec les autres filles, mêlée aux plaisirs des larges danses , car ma mère a eu de bonne heure à pleurer mon triste trépas. Mon illustre père ne m'a point conduite à un jeune époux dans la chambre nuptiale; mais j'étais dans un âge tendre et encore ignorante de l'hymen quand la Parque m'a rencontrée sur son chemin et a privé sans retour Cbrysis des joies du lit conjugal. »
« Nous lui avons élevé cette tombe pour conserver sa mémoire à jamais. »
La dernière ligne forme encore un pentamètre, qui vient ici hors cadre, si l'on peut ainsi parler.
Ligne à- Molptv est pour polptjv, ionisme pour fxolpav. Au temps où fut gravée l'inscription , l'iotacisme avait déjà prévalu.
Ligne 6. Je préfère Çdévyopat k pflévÇopa», qu'a mis M. Conze, parce que je ne vois pas sur ma copie trace du ï, qui tient pourtant de la place. Le l~, que je n'y trouve pas non plus, pouvait être lié au N, et représenté alors seulement par une petite barre horizontale (N - ) , qui m'aura facilement échappé : <pdévyo(icu pour pQéyyopat. Ligue 8. AaÀfv pour XaXeiv. Ligne 10. Mîjrrep, au nominatif, pour pfryp, est une singulière licence poétique qui prouve bien l'ignorance du poète thasien. Ligne i4« Au quatrième mot, je lis sans hésitation vaujltôof au lieu de èXit(hoç, que donne M. Conze. La première syllabe du mot, ura, est très-nette sur ma copie. Ligne i5. TbvGov pour tvuGov.
Ce qu'il y a de plus intéressant dans cette inscription, ce sont les idées morales qu'elle révèle et qu'elle exprime; c'est ce privilège d'une communication plus directe avec les mortels, accordée
par Dieu, dit le poêle, aux âmes des vierges mortes avant l'âge; c'est cette distinction si nette 'établie entre l'âme et le corps. Dans l'antiquité, c'étaient surtout les mystères qui enseignaient la vie future, ses récompenses et ses peines; aussi est-ce dans les épitaphes des initiés que l'on croit retrouver particulièrement ces croyances. La même opposition entre l'âme et le corps, les mêmes expressions presque se retrouvent dans une autre épitaphe, découverte, elle aussi, à Thasos 1 ; elle est encore consacrée à une jeune fille. On pourrait attribuer ces idées, qui paraissent avoir été si familières aux Thasiens, au voisinage et à l'influence des mystères de Samothrace.
L'époque où a été composée cette inscription peut être assez avancée; cette épitaphe est au moins du second et peut-être du troisième siècle après Jésus-Christ. Les formes les plus remar quables et qui accusent le mieux la décadence sont l'S, que l'on trouve figuré de même dans une autre inscription thasienne, celle d'QKlia Macedonia, et la forme, moins rare, W pour (0.
Les lettres sont hautes de o m ,3.