CHAPITRE IX. (1829-18M.) ûi
l'Irlande, sur une population de 8,000,000, obtint une augmentation de cinq.
L'Ecosse augmenta ses représentans d'un par cinq. — Le pays de Galles d'un par six. — L'Irlande d'un par dix, et même un de ceux-ci fut donné contre et non pour llrlande ; — le second membre pour l'Université de Dublin ; mais que ce soit un par dix.
« Ainsi le bill de réforme a renchéri sur l'iniquité primitive de l'Union en ce qui concerne la représentation. L'Irlande, sur le pied de la population et des propriétés, îivait droit à 176 membres sur 658; — nous offrîmes d'en accepter ia5.
« a" Vient ensuite l'injustice la plus criante faite à l'Irlande; elle réside, dans la nature de la franchise.
« Dans les villes , quoique la franchise soit nominalement la même , elle est cependant substantiellement et réellement infiniment plus grande dans l'Irlande qu'en Angleterre : une maison de la valeur de dix livres par an donne la franchise à Londres et à LiVerpool; combien peu, oh! bien peu ! il y a dans l'une ou l'autre de ces villes de maisons qui ne rapportent pas dix livres par an! —
a Une maison de la valeur de dix livres par an donnç la franchise à Ennys ou Ayaughal. — Combien il y a peu de maisons dans ces villes ou dans de semblables villes en Irlande, qui rapportent dix livres par an? — Pour être juste, il faudrait que^
41 L'IRLANDB Et LES IRLANDAIS.
par chaque maison de dix livrea, cette franchise admit mie maison de cinq Uvres en Irlande.
Je me plains de l'injustice qui nous est feite ^i rendant nominalement même ce qui est essentiellement àiffénn%. '
« Pour ce qui est des commettans des comtés , l'injustice fut encore plus flagrante. Nous n'avons, en effet , que deux franchises pour te peuple , l'tme et l'autre sont de dixlivresneff««,Taleurannuelle, r^lée au-dessus du taux de la rente, ~ taux de franchise énonnément élevé; l'une, rederance de frano>tenancier, l'autre, pour un terme de vingt ans. — Comparez cela avec l'Angleterre qui, par son bill de réforme, a multiplié ses franchises, de manière Iqu'il y en a de neuf espèces différentes et distinctes. — L'Angleterre, pays riche, a neuf espèces de franchises pour s'accommoder à toutes les gradations de propriétés , y compris la plus ancienne franchise des francs-fiefs de quarante shillings.
« L'Irlande, pays infiniment plus pauvre, n'a en réalité pour son peuple que deux franchises, et deux franchises de la valeur si énonnément élevée de dix livres netie* par an.
a' Jamais peut-être les annales de l'histoire n'ont fait mention d'une injustice plus dégoûtante que celle qui fut ainsi commise par le bill de la réforme irlandaise contre le peuple irlandais.
« Le troisième acte de basse ingratitude exercé par tea r^Anmistes anglais contre le peuple iHan-
CRAPnBE a. (18S9-18&00 *>
dais, fut l'acte « ignoble et sanguinaire » de coercition, act& dans lequel se retrouve le viritabl* esprit qui fit agir CromweliH Jreton.
« C'est dans ce même esprit que la premier Par« lement réformé passa l'acte atroce de coercition, pour récompenser le peuple Irlandais de ses heureux efforts dans la cause de la Réforme.
« Oui ! Ânglesea, Stanley, lord Grey, Broughamy tous, tous, se sont unis pdur nous récompenser de nos efforts patriotiques, en leur faveur, par l'abolition de toute' liberté constitutionnelle, par l'a* néantissement des procès devant le jury, et en li- Tran» les vies, le» libertés, et les propriétés du peuple d'Irlande , fa la merci des caprices, des violences, Ou des passions militaires.
«E Juste ciel) -— Jamais peuple fut-il 'aussi cruellement, aussi ignominieustnnent traité que le peu* pie d'Irlande! Voilà, en vérité, un échantillon de la reiGonnaissânce des réformistes anglais*. . ! —
« La quatri^b plainte que j'ai à faire, ne concerne que les tories anglais. »
Cette injustice a été faite au peuple dirlande, par la chambre des lords.
L'Angleterre a réformé les corporations municipales. L'Ecosse a réfsrmé les corporations municipales.
« Pendant plusieurs années on a, avec obstination, refusé à l'Irknde la réfiorme des corporation» misnicipale» )
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bk L'IRLANDE ET LES IRLANDAIS.
a L'Irlande aété plus outrageusement encore insultée par le bill pour la réformedes corporations, qui lui a été à la fin, — je ne dirai pas concédé, mais jeté, — ■ comme on jetterait un os à un chien, ■ a L'Irlande a été insultée par le bill, pour la réforme des corporations irlandaises, qu'on lui a jeté, comme nous l'avons dit, après tant d'années de refus;
« Premièrement, parce que par le bill pour la réforme des c9rporations irlandaises, les nouyelles corporations sont dépouillées de tout pouvoir réel et de toute l'autorité nécessaire pour les mettre à raénïe : de donner protection au peuple dans les villes et les cités corporées ; de veiller sur l'administration de la justice; d'introduire l'économie dans la dépense, et la modération dans la perception des contributions locales.
« En un mot, l'acte de réforme des corporations irlandaises a produit une espèce de corporation métia plus morte que vivante , sans pouvoir et paralysée.
« Secondement, — le bill pour la réforme des corporations irlandaises est une insulte aux peuples de nos villes et cités, par le contraste de la franchise municipale en Angleterre et de la franchise municipale en Irlande.
« Dans les villes et cités anglaises , chaque homme taxé pour les pauvres, si minime que soit le montant de sa taxe, a droit à sa franchise