CHAPITRE IX. (1829-18a
municipale, il a son inscription en conséquence sur le rôle de la bourgeoisie, à moins qu'il ne soit taxé pour la somme entière de dix livres.
a La loi comprend ainsi tous les Anglais qui ne sont en aucune façon taxés, et exclut en même temps tous les Irlandais qui sont taxés pour toute somme moindre que dix livres, et qui forme une classe très nombreuse. — Et celte insulte est aggravée par ceux qui proclament qu'il y a Union entre l'Angleterre et l'Irlande! — Union, — bah!
o Troisièmement, un autre contraste rend le bill pour la réforme des corporations irlandaises une insulte plus révoltante encore au peuple d'Irlande.
« Voici les faits : Dans les villes et cités anglaises chaque individu inscrit sur les rôles de la bourgeoisie a son droit de vote modifié par la condition de payer un seul impôt. — Savoir : La taxe pour les pauvres, y compris, s'il en existe, la taxe bourgeoise : tandis qu'en Irlande, dans la ville de Dublin, par exemple, toute personne inscrite sur le rôle de la bourgeoisie a son droit de vote modidifîé par la nécessité de payer au moins neuf, et , dans presque tous les cas pas moins de onze impôts différens; — nécessité qui réduit le nombre des Individus, ayant de fait le droit d'exercer la franchise municipale, d*im tiers au moins. »
11 y a encore dans le bill, pour la réforme des Corporations irlandaises, d'autres points d'infériorité que je ne daignerai pas prendre la peine "de
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4$ UIBLANDË ET LES IRUNDAIS.
wentioiuier, La plainte que je Ëds est suIBsainmeQt intelligible pour justifier notre indignation et notre extrême d^oùt; avec cette plainte je termine le catalogue des injustices actuelles commises envers l'Irlande depuis l'adoption du bill d'émanci- • pation<
§ 7. Reste encore la question des dîmes quç l'on appelle maintenant la « Charge des rentes en dîmes. »
L'Irlande ressent jusque dans ses entrailles l'injustice qui la poursuit depuis les premiers temps et qui continue toujours.
Le peuplecatholiqued'Irlandesoutientet main* tient tme parfaite hiérarchie dans sa propre église.
— Il entretient quatre archevêques, — vingt-cinq évêques, plusieurs doyens, — ^ vicaires-généraux,
— et en outre plus de trois mille prêtres et curés pour administrer les besoins spirituels d'environ sept millions de chrétiens.
Peu^il, doit-il être satisfait de se trouver forcé de contribuer pour quelque chose que ce soit au maintien d'une hiérarchie avec laquelle il n'a point de comtnimlon ? Noîi ! — il ne l'est pas, — il ne peut pas l'être. —Il ne peut pas être satis&it ,tant que continuera d'exister un atome du système actuel des dimes.
Si les dimes sont une propriété publique, et de quelle autre nature sont-elles? Soulagez le public de ce fardeau , et appliques le reste à des choses
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OONGI^USIOil. «7
piil^iques et natiopales , surtout k l'éducatioii.
C'est du SOIS commun, c'est de l'honnêteté eoramune.
Sans cela nous ne serons jamais êmH^aiit,
CONCLVSION.
Ces pages coutiennent une faible esquisse de la triste histoire des mœurs et des misères de l'Irlande; les faits de cette histoire sont caractérisés par les crimes les plus odieux commis parles gouvemans anglais sur le peuple irlandais.
Rapines, confiscations, meurtres, sacril^es, dévastations en masse, et injustices de toute espèce , Toilà-ce qui existe à celte heure , sous plusieurs de leur formes les plus odieuses.
Le mode de persécution a changé, l'esprit en est le même.
Ceux qui, avant ce moment, se seraient servis du poignard ou du couteau de l'assassin, n'emploient plus maintenant que la langue ou la plume du calomniateur.
Au lieu de tuer le corps ils éteignent l'énergie en assassinant la réputation.
Au meurtre a été substituée la calomnie; et la faction, qui s'était si longtemps abreuvée du sang irlandais , soulage ses virulentes et malignes pas-
4S L1RLAMDE ET LES IRL^DAIS.
Bions parla tromperie, par la fourberie, véritable protée qui ne meurt pas, par de féroces médisances.
Quelle eist la disposition actuelle de l'esprit irlandais ? Quels doivent être les projets des patriotes irlandais?
Nous sentons et nous comprenons parfaitement que si rUniou n'existait pas, que si l'Irlaude avait son Parlement à elle, la majorité populaire aurait, il y a long-temps, emporté toutes les réformes salutaires et utiles.
Au lieu d'être en arrière avec l'Angleterre et l'Ecosse, nous eussions pris les devante, et nous eussions accompli pour nous-mêmes tout et plus que ce que nous avons contribué à accomplir pour elles.
L'Irlande serait, de toutes les contrées soumises à la couronne d'Angleterre, la partie de l'empire britannique où se seraient effectués les plus grands progrès.
Si l'union n'avait pas eu lieu, l'Irlande aurait payé il y a longtemps sa dette nationale, et serait aujourd'hui presque exempte d'impôts. >
L'Union , l'Union seule fait obstacle à ce que nous exécutions pour nous-mêmes tous les bienfaits politiques.
L'injustice, — la dégradation, — le paupérisme le plus étendu, l'insupportable infériorité politique, voilà quels senties fruits de l'union.
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