‹ Mémoire sur l'Irlande indigène et saxonneChapitre 2 sur 41 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

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Temperel » bclir^mii.

J'!adresse humblement le mémoire suivant h sa 1res gracieu&e Majesté la Reine, rod pas dans les formes d'une dédicace, ni avec la présomptueuse espérance d'avoir pu produire uu ouvrage qui soit d'un iuiérét sndisaui pour occuper l'esprit Royal. Toutefois il n'y a rien qui soii plusà désirer que la souveraine de ces Royaumes comprenue la véritable nature de l'Histoire d'Irlande, sache combien les Irlandais ont souffert par le mauvais gouvernement des Anglais, pénètre les causes secrètes du mécontentement Irlandais, et n'ignore pas combien de vertus éminentes la nation Irlandaise a déployées dans toutes les phases de son étrange destinée. Il est à "sonbaiier surtout qu'elle puisse avoir une connaissance iuUme des confiscations, dn pillage, des vols, des trahisons domestiques, de la violation de la foi publique et de la sainteté des traités, des fréquentes lnei^es{en^masse, véritables boncberies, des meui^ ires prémédités, des massacres concertés, que les gonver* netfefls d'Angleterre ont fait subir an people Irlandais.

Le peuple anglais en général semble avoir pris plaisir à oublier les faits de l'Histoire Irlandaise. Il s'est aussi gracieusement octroyé même le pardon de tous ces crimes! Et le peuple Iriandais le lui accorderait volontiers aussi, s'il ne voyait, pas que beaucoup du pins mauvato esprit

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xviij PREFACE.

des plus mauvais jonrs survit encore. Le système que l'on met, à l'heure qu'il est, en pratique de se débarrasser des tenanciers, provient et doit être considéré comme une manifestation de celle hajne coqire le peuple Irlandais, qui inspira les conseils de Spenser et la conduite de Cromwell.

It est bien vrai que maintenant l'on ne gagne plus les juges en leur payant a. quatre thUlingt par livre » (30 pour 0|0) sur le prix de la propriété en litige, mais le préjugé et la bigoterie ne peuvent-ils pas produire des jugemens injustes aussi bien que la corruption pécuniaire? Et sont-elles exemptes de reproches on de crime, ces personnes qoi toujours sont prêtes à choisir pour le banc de la justice, des hommes qui ne se sont distingués que par U parade de leur animosité contre la religion et le peuple d'Irlande?

Siauley n'a-t-il pas montré lesdisposiUons d'Ireton dans son bill de coercition ? Ne reirouve-t-on pas quelques restes de l'esprit des Coote et des parsons (sous une forme adoucie) dans ceux qui relisent au peuple catholique diriande un juste partage des franchises électorales et nunicipales; qui insistent pour que les Irlandais continuent d'être une caste inférieure et dégradée, privée de cette égalité parfaite de libertés civiles et religieuses, de fraqcbises et de privilèges, — égalité qui seule pouvait eonstitner une Union, ou rendre une Union tolérable ?

Je désire éveiller l'atteniion de la Souveraine, et de la partie honnête du peuple anglais uir les injustices qu'a subies l'Irlande, et que l'Iriande subit encore par la ma^ veillauoe du gouvernement britannique. Le peuple I^Ihdais est résolu à conserver sa fidélité pleine et epliére MVenle trdnejmaia il est également résolu à obtenir justice pour lui^nême, k insister sur le rétablîsseœal de 4Qn parlement nttioual, et à le réclamer aveC' persévérance Milli iifll«rlealoM,ipaisaqiaiaan8r^h«tUiM U^ve ^4^

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PBEF&CR. xix

e^orls jusqu'à ce que le faitsoUaccompjleiIesiiccèsatteiot!

Ce que la Souveraine et les hommes d'ëtat d'ADgleierre doivent comprendre , c'est tjue le peuple Irlvidais sait et sent qu'il ne saurait arriver de plus grand malbeur à l'Irlande que la prospérité et la puissance de I4 Grande-Bretagne. Quand la Grande-Bretagne prospère, la faciioii anii -Irlandaise, dans ce pays-ci , reçoit des primes d'eucouragement, de l'avancement ; on la flatte , on la choie ; on se moque des droits de l'Irlande, lesquels sont un sujet de raillerie; on nous force à accepter des franchises restreintes, ou rien du tout! des privilèges limités, ou rien du tout ! à nous soumettre à une infériorité politique , doublement afflictive , par le contraste des avantages dont jouissent les peuples d'Angleterre et d'Ecosse.

L^ propriétaires tories, les exterminateurs, les spoliateurs universels! sont surtout bien accueillis au château ; ils sont appuyés et soutenus comme le noyau de cette faction anti-Irlandaise ^ui -voudrait de nouveau transporter les catholiques d'Irlande aux régions les plus éloignées , si cette faction le pouvait encore ; et qui , de fait , pousse ces catholiques à émigrer par milliers dans tous les autres pays.

Le plus mauvais résultat de la prospérité anglaise, c'est la protection, qui par suite, est accordée à la classe la plus endurcie et bigote parmi les propriétaires irlandais.

Ce qu'il importe aussi bien particulièrement que la Sonveraine et les hommes d'état d'Angleterre sachent , c'est que llrlande connaît et sent l'intérêt profond et vital qu'il a dans la faiblesse et l'adversité de l'Angleterre ! Ce ne fut pas à leur seul avanuge que les Américains remportèrent la victoire sur Burgoyne à Sarratoga. Us triomphèrent pour la liberté irlandaise aussi bien que pour la liberté américaine. Ce n'a pas été non plus pour la France seulç que Dumourier défit l'armée autrichienne à Jemmapef ,

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i% ■ PREFACE.

Les catholiques d'Irlande participèrent aux fruits de celle victoire.

Vainement aujourd'hui l'on tenterait de dissimuler la satisfaction que causent au peuple d'Irlande les embarras financiers de l'Aogleterre. Il regrette amèrement et cordialement les souffrances et les privations des artisans et des ouvriers anglais et écossais ; mais il ne regrette nullement la faiblesse da gouvernement anglais , qui est le résultat d'un commerce mourant et de manufactures qui cessent de produire. Pour les maux, de chaque individu qui souffre, il éprouve une chaleureuse compassion et une vive sympathie. De la faiblesse, qui en est la conséquence pour le parti gouvernemental, il ne relire d'autre sensation que celle de la satisfaction et dé l'espérance.

Y eut-il jamais folie, y eul-H jamais fatuité aussi grande que celles qui se remarquent dans le système de gouverner un pays comme l'Irlande de manière à créer et à perpétuer les sentimens e*t le^ opinions que j'ai représentés et t£iché de décrire?

DE SA MAJESTÉ, )e pins fidèle, le plus soumis et le plus dévoué sujet ,

DANIEL O'CONNEL.

H. B. — Lei prewei et let t±pliaitlons ne mmt dans et volam» que juiqu'à la Butauration, Le lecond volume les conduira jusqu'à t'^o^aê

HÉHOIRË HISTORIQUE

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