CHAPITRE n. — PABTIE n
Nous avons déjà tu, sous la forme d*un acte du Parlement passé durant le règne d'Elisabeth, le «Titre» burlesque qu'elle invoqua, titre qui descendait en ligne directe du roi Gurmond, notez-le bien ! ! Il nous faut arriver mainteùant & des horreurs plus substantielles.
Écoutons le révérend docteur Leland. Il nous dira comment le roi lacques s'appuya d'un titrey remontant au roi Henri II, pour apporter du troU' ble à des possédions de plus de quatre cents années, depuis le règne de ce monarque.
L'extrait suivant, dans lequel Leland a présenté l'affaire sous le point de vue le plus favorable po»sible, servira à donner à mes lecteurs anglais une idée de l'espèce de justice que les Irlandais trouvèrent auprès du roi Jacques :
« Dans la poursuite de cet objet favori (savoir, la « Plantation » (colonie) d'Ulster), il (c'est-à-dire Jacques) 0Ut quelquefois recours à de» droit» que le» indigène» traitèrent de surannés et d'i^usie». La saisie de ces terres, dont les possesseurs avaient récemment projeté une révolte, et avaient échappé au^ condamnations portées contre euxf excita
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18& L.1RLÂNDE ET LES IRUNDAIS.
peu de bniitou de murmures, mais lorsqu'il invoqua les concessions faites au roi Henri II poub invalidée LES TITSBS DÉRIVABT DE LA POSSESSION DE PLUSIEURS SIÈCLES, Cette sévérité apparente!!! pro- ' duisit son entier et plein efïet sur ceux qtii n'étaient pas versés dans la connaissance intime de tous les ra£Giieinens de la loi, et qui he se pr]éoc-
CUPÈHElsr SDLLEMEST De' l'iÉQUITÉ DE CES BAFFIBE- MBTfS'LORSQU'OH LES EMPLOYA PODR LES DÉPOUILLER
DE LEURS PROPRIÉTÉS d'awciehhe DATE. » — Leland, livre IV, chap. 8.
Voilà donc avec quelle légèreté Leland se plidt à qualifier le projet de spoliation que Jacques et ses successeurs ne se bornèrent pas à imaginer seulement , mais qu'ils poursuivirent et exécutèrent. Je ne puis employer un langage plus fort que celui dont Leland, — Leland lui-même !. — s'est servi pour décrire les procédés de ce vol au nom de la loi. Voici la manière dont il décrit « l'esprit d'aventure, » comme U l'appelle, quand il aurait dû l'appeler « l'esprit de vol, » qui poussait et animait des hordes de voleurs étrangers à piller le peuple d'Irlande :
« Ce fut une ère de projets et d'aventures ; l'esprit des hommes était particulièrement possédé de la passion des découvertes et de la colonisation de pays nouveaux. Ceux qui étaient trop pauvres ou trop peu entreprenans pour s'engager dans des aventures lointaines, courtisèrent la fortune en
OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. ii.) 185
Irlande «***». Ils obtinreutdes commissions pour s'enquérir des titres défectueux, des terres et des rentes sur lesquelles la couronne pouvait avoir un droit latent. Mais qui généralemoit retira le plus grand bénéfice de ces sortes de démarches? Le faiseur de projets, et non pas le roi qui se contenta le plus souvent d'une très faible portion de la trouvaille et d'une modique redevance. On employa avec empreteement et partout de» agens de découvertes ^ qui se mirent à la piste des titres de propriété défectueux i On fouilla dans tous les vieux r^istres pour trouver l'origine des rentes qui y étaient inscrites. Les dossiers enfouis dans la tour de Londres furent mis à sac afin d'examiner toutes les anciennes concessions; tous les artifices, toutes les vieilles ruses de guerre furent mises en jeu pour contraindre les possesseurs va accepter des concessions nouvelles, moyennant une redevance de rente. Soit que leurs titres ne fussent véritablement pas en règle, soit qu'ils reculassent devant les difficultés et les dépenses d'une lutte avec la couronne, ou qu'ils éprouvassent des craintes sur l'issue d'une telle lutte, à une époque et dans un pays ou les juges soutenaient hardiment la prérogative royale jusque dans ses dernières limites, les propriétaires en général cédèrent « * • *. d Les
PREUVES POORMILLEMT BBS PRATIQUES LES PLUS lîfl- QUES, DES CHUAQT^ LES PLtfS HORRIBLES, SES PAR- JURES ET DE LA PLUa ^AlfDALEOSE SCBORHATIOfl',
186 LIRLANDE ET LÈS lALARDÀÎS.
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